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Pourquoi faire du vélo (VTT) le long du canal entre les 2 mers : latéral à la Garonne de Bordeaux à Toulouse, du Midi de Toulouse à la Méditerranée ? Ce canal ayant étant créé pour relier la Méditerranée à l'Atlantique sans faire le tour de l'Espagne, a sur toute sa longueur un ancien chemin de halage (pour tirer les barges). Comme ce chemin est interdit à la circulation (sauf aux véhicule de service des Voies Navigables de France), il n'y circule pas d'automobile (c'est dangereux, bruyant et ça pue). Le canal d'entre les 2 mers a été réalisé pour le transport de marchandise, il traverse donc un grand nombre de villes que vous pouvez découvrir sans vous intégrer dans la circulation. Vous pouvez vous y ravitailler ou y dormir. Vous découvrirez les paysages variés de la campagne toujours dans la sérénité apportée par le calme et le lent écoulement de l'eau du canal. Le plus souvent à l'ombre des arbres qui ont été planter pour retenir les berges par leur racines. Il vous suffit de suivre le tracé de ce ruban bleu ou plutôt vert sans avoir à consulter une carte pour suivre son itinéraire. Mais surtout l'avantage majeur c'est que c'est plat ! Bien sûr sur le canal du Midi l'eau descend depuis le seuil de partage des eaux de Naurouze à l'Est vers la Méditerranée et descend à l'Ouest vers Toulouse. Bien sûr sur le Canal latéral à la Garonne l'eau s'écoule vers Bordeaux. Mais cette pente est pratiquement imperceptible et c'est un atout majeur lorsque l'on veut voyager en vélo plusieurs jours avec des bagages. Quand je dis vélo je devrais plutôt dire VTT car si le chemin de halage a par endroit été remplacé par une piste cyclable goudronnée il ressemble le plus souvent à un chemin de terre parfois agréable à rouler parfois empierré et souvent encombré par les racines des magnifiques arbres qui le bordent. Depuis que le canal a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, des aménagements sont en cours mais ce n'est pas demain que l'on pourra joindre Bordeaux à Sète en vélo de course. Et j'ai peur que les premières parties de la chaussée soient dégradées avant que le reste soit terminé. On peut d'ailleurs tomber sur des travaux en cours pour la réalisation de cette piste cyclable. C'est ce qui m'est arrivé lors de ce printemps 2007 en avance. Dimanche 11/03 Valence d'Agen 08h15 Toulouse (Rangueil) 16h30 97 Km en 8h15 6h sur le vélo Départ sur le chemin récemment goudronné le long du Canal Latéral à la Garonne, les premières écluses et en approchant de Moissac la piste devient un billard jusqu'à Castelsarrasin où après le port Cousteau on retrouve le classique chemin de halage en terre avec ses cailloux, ses racines et ses trous de ragondin. Enfin pas pour longtemps car je tombe sur les ornières crées par les tractopelles et les bulldozers qui heureusement sont en repos dominical. Un tas de gravats plus haut que moi barre toute la largeur du chemin. Je ne souhaite pas faire demi-tour pour retrouver le précédent pont et rouler sur l'autre rive pas plus praticable (herbe dense). Pas facile de porter un vélo avec des sacoches pleines alors je le hisse et passe plusieurs monticules. Je continue parfois à pied ne sachant pas jusqu'où se font les travaux. Autre bulldozer, heureusement que le terrain est sec. En fait les travaux vont jusqu'à Montech et le chemin est impraticable. Je conseille donc de prendre la N113 qui est parallèle (c'est ce que j'ai fait au retour). A Montech la célèbre pente d'eau est au repos en attendant les touristes. Pour de nombreux kilomètres je retrouve le traditionnel chemin de halage. Puis plus on approche de Toulouse plus le revêtement s'améliore et plus il y a de cyclistes et de piétons jusqu'au centre ville où y a un trafic incessant de cyclistes surtout d'étudiants en allant sur Rangueil. Lundi 12/03 Rangueil 09h10 Revel 16h30 86 Km en 7h20 5h30 sur le vélo Dés que l'on arrive sur Toulouse, on effectue un 90° pour suivre le raccordement entre le canal latéral et le canal du Midi. Direction Est on passe devant la péniche qui vend les célèbres souvenirs à la Violette de Toulouse. Une véritable piste cyclable a été réalisée pendant 50 Km jusqu'à Port Lauragais. C'est un vrai bonheur pour les Toulousains et les voyageurs. Des sanitaires ont été installés ou partagés avec les aires de repos de l'autoroute. Ce qui permet de s'approvisionner en eau (Bien sûr les vélos sont interdits sur aires ASF mais des supports judicieusement placés permettent d'attacher sa monture et de rentrer à pied). A port Lauragais c'est encore une aire de repos qui se partage entre usagers de l'autoroute, de la piste cyclable et les navigateurs. On trouve ici cafétéria, restaurant et hôtel, boutique de souvenirs régionaux. Mais le grand plaisir c'est d'arriver au seuil de partage des eaux de Naurouze où l'eau s'écoule d'un côté vers la méditerranée et de l'autre vers l'Atlantique. Là j'ai décidé de quitté le canal du Midi qui continue vers Castelnaudary avec un chemin de halage beaucoup moins roulant pour suivre la Rigole qui alimente le canal en eau depuis le bassin de Saint Ferréol. Pour moi ce fut un retour à la source un peu comme un pèlerinage en hommage au génial Pierre Paul Riquet concepteur de ce magnifique ouvrage. J'ai donc suivi le sentier de service qui longe la rigole. C'est en fait une variante de GR 653 qui mène à Revel en longeant ce cours d'eau artificiel. Il est alimenté en eau de la Montagne Noire et je craignais de devoir suivre une pente importante. Il n'en est rien car la rigole serpente sur 40 Km en s'écoulant doucement sous les arbres. C'est mieux qu'en rêve : un chemin de terre assez roulant avec le crissement de feuilles ou des épines des pins sous les roues sur lequel je n'ai croisé que quelques pêcheurs... Et pour soulager les fesses douloureuses les derniers km sont en terre battue, un paradis (Moto quad s'abstenir) où l'on croise davantage de promeneurs et cyclistes. Mardi 13/03 Après une nuit réconfortante à Revel j'ai attaqué la matinée par le tour à pied du Lac de St Ferréol. Une randonnée de 10 km très agréable que je déconseille au Vététistes à moins d'avoir le pied montagnard et le mollet musclé. Sinon vous pouvez aussi vous y rendre par la route. Il y a au moins 2 hôtels prés du lac. Après-midi début du retour vers Le Tarn et Garonne par le même chemin avec le même plaisir. Total 378 km de souffrance et de bonheur pour lesquels je dois remercier les conseils généraux et régionaux qui subventionnent, les VNF qui entretiennent et les bénévoles qui balisent les chemins de randonnée. Et tu ne crois pas que tu exagères un peu avec tes 378 km de bonheur et le paradis de la rigole ? Bon c'est vrai que ce n'était pas toujours aussi idyllique parfois le chemin était carrément pierrique... mais j'ai eu un temps magnifique et les paysages sont si beaux (eau, soleil, végétation)… Sous la pluie ou dans la boue c'eut été moins drôle. Là tu déblogues complément çà veut dire quoi pierrique ? Pierrique c'est pire que pierreux. J'en connais un Pierrick et c'est un dur. Et pourquoi Facteur4 ? C'est l'objectif pour la France de réduire par 4 l'émission de gaz à effet de serre pour 2050. J'y participe en allant travailler 3 fois sur 4 en vélo. Et ton cassoulet ? Là je plaide coupable. J'ai mangé le meilleur cassoulet de ma vie à l'hôtel du Midi à Revel. Mais il a été très productif en méthane. J'ai eu tellement mal au ventre que cela m'a empêché de dormir et que j'ai écrit mes cartes postales entre 3 et 4h du mat. Que de bons souvenirs ! |  |  |  |  |  | Facteur4 : Objectif pour 2050 de diviser par 4 l'émission de gaz à effet de serre. |  |
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MajusC00L
Lutèce, France
Photo/image personnelle du membre MajusC00L.
Description de la photo/image: Montée du Ventoux par un beau jour de juillet. Arrivé au sommet, il faisait presque zéro degré et il grêlait.
Monter le ventoux, c'est complètement con. Ça ne sert à rien et ça ne mène nulle part. Bref, tout ce que j'aime quoi.
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Re: [yannick33] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
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16 juin 2007 à 16:29
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Re: [yannick33] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
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19 juin 2007 à 13:26
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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
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25 juin 2007 à 14:59
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Franchement j'ai bien aimé ton récit sur le canal. Je ne suis pas une pro, loin de là, mais l'envie me démange de partir tranquilou avec mon vélo, me prendre un bon bol d'oxygène, et en lisant ce récit ça me conforte dans mon projet. Je manque de temps, d'argent, mais j'ai réussi à me concocter un mini-voyage de 3 jours (en attendant mieux) entre Toulouse et Millau. Petit à petit je m'équipe : incapable de dire la marque, le prix, le poids de mon dérailleur, de ma selle, de mes sacoches et l'âge du capitaine. Mais bon, rien qu'en regardant les cartes, les possibilités d'hébergement (plutôt camping), les voies vertes et les petites routes sans trop de voitures, je m'évade.
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Re: [sylvania] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
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26 juin 2007 à 14:20
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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
(en réponse à...)

22 septembre 2007 à 5:32
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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
(en réponse à...)

22 septembre 2007 à 5:47
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J’avais prévu de longer en VTT le Canal latéral à la Garonne en direction de Bordeaux puis de profiter des pistes cyclables du bassin d’Arcachon. Mais à la vue des prévisions météorologiques : vent de Nord-Ouest soutenu toute la semaine, j’ai décidé d’inverser la vapeur et de partir vers la Méditerranée. Lundi 03/09/07 Valence d’Agen 08h00 Rangueuil 14h00 95 km Pour cette première partie du parcours que j’ai déjà décrite reprendre Chapitre 1 (03/07). Parvenu jusqu’à Castelsarrasin sur une belle piste cyclable, je fus très surpris 6 mois plus tard de tomber de nouveau sur des travaux sur la portion Castelsarrasin Montech. La piste cyclable a été crée mais des portions sont inachevées d’autres en cours comme-ci des problèmes techniques empêchaient la réalisation ou si l’ouvrage était fait à contrecœur. Par exemple quand on arrive sous un pont le bitume s’arrête parce que les engins ne passent pas dessous. Je rencontre un camion déversant des gravillons et suit le chemin d’accès à une ancienne maison du canal. Son propriétaire m’accueille très mal finissant par reconnaître que mon erreur est due aux travaux en cours (j’avais déjà remarqué lors mes nombreux passages précédents que ce monsieur faisait tout pour dissuader les gens de passer devant sa maison en longeant la canal). Plus loin je dois suivre une déviation pour la réalisation d’un autopont qu’un marcheur m’indique spontanément allant par gentillesse jusqu’à me proposer de l’eau. Ces petits désagréments ne m’empêchent pas de réaliser ma première étape en 6H (10h15 en Mars 2007). Il faut dire que j’ai le vent dans le dos et que j’ai réduit les poses au minimum. Je devais être à 15 h à l’INSA de Toulouse pour effectuer l’inscription de ma fille (celle-ci effectuant un stage chez AIRBUS). Mardi 04/09 Rangueuil 08h45 Castelnaudary 16h00 73 Km Une petite pluie matinale s’étant mise à tomber alors que je chargeais mon vélo. Je décidai d’attendre un peu sous le porche d’accès à la résidence étudiante où ma fille a son studio. C’est là qu’il est utile d’avoir emporté un livre (Le canal du Midi et les voies navigables de l’Atlantique à la Méditerranée Editions Ouest-France) même s’il pèse 570 g. Ce qui n’est pas négligeable en vélo. La pluie ayant cessé je retrouve la piste cyclable qui relie Toulouse à Port Lauragais. A peine ai-je effectué quelques kilomètres que je sens un flou dans le pédalier. C’est ma pédale gauche qui s’est desserrée. Je sors de ma trousse la clé multi têtes (6-15 mm) et la resserre. 20 km plus loin elle a de nouveau du jeu. Cette fois j’utilise mon tournevis pour faire bras de levier et serrer davantage. Cette petite clé très pratique et légère (aluminium) n’y résiste pas et je me retrouve avec 2 morceaux, heureusement la pédale est resserrée. N’ayant plus de contrainte horaire j’effectue quelques excursions à proximité du canal. Je vais admirer le clocher mur de l’église de Villenouvelle (l’un des plus beaux de la région toulousaine) et par chance je passe devant un petit magasin moto. Où j’emprunte une clé de 14 pour finir de resserrer le pédalier. Je vais admirer le village de St Rome qui est composé de maisons de différent style architectural. Mais n’en aurai qu’un aperçu par-dessus le mur d’enceinte, les visites n’étant pas autorisées. Je pousse alors jusqu’à Villefranche de Lauragais où pour 12 euros je déguste le menu du jour à l’auberge de la Pradelle. Je rejoins le canal pour à nouveau m’en éloigner le temps de monter à pied à Montferrand dont il reste une belle porte fortifiée. De cette hauteur j’admire le panorama sur le Lauragais et la montagne Noire et découvre le phare aéronautique érigé en 1927 pour guider les pilotes de l’Aéropostale. Ayant retrouvé le canal du Midi à l’écluse de l’océan, je longe le bief de partage des eaux jusqu’à l’écluse de la Méditerranée sur le chemin de halage en terre qui se situe rive droite jusqu’à Castelnaudary. (Il faudrait atteindre Béziers pour revoir du bitume : piste cyclable jusqu’à Portiragnes). Je choisis de dormir (chambre 45 euros) à l’hôtel restaurant la Maison du Cassoulet et bien sûr prend la demi-pension (60 euros). Je ne suis pas seul à venir placer mon vélo dans le petit réduit en bas de l’escalier. Je reconnais un couple de personnes âgées (j’en ferai bientôt partie) que j’ai doublé sur le canal et qui dormiront dans l’hôtel d’en face (50 euros la chambre) mais ce sont les mêmes propriétaires. A 19h35 je descend dîner (début du service 19h30) et attend une ½ h pour me voir servir un cassoulet brûlant que je dois encore laisser refroidir (je ne dispose pas d’assiette) .Tout le temps de ma présence, le garçon refuse des clients. Je ne suis pas le seul à vouloir dîner à la maison du Cassoulet à Castelnaudary. Peut-être pas le meilleur plan ! Celui-ci ne laissera pas un excellent souvenir gastronomique même s’il ne m’indisposera pas comme celui de Revel (Ch. 1). Pour la chambre aucun soucis elle a était refaite à neuf (rachat par ceux d’en face). Pour la première fois, je mets les pieds dans un cybercafé. Cyber oui café ? Il y a effectivement une cafetière (comme à la maison) et une armoire réfrigérée contenant des boissons sans alcool. Pour 3.80 euros je dispose d’une heure de connexion à Internet et pour 1.20 d’une cannette. Je peux ainsi consulter la météo qui annonce toujours un vent de Nord-Ouest d’environ 15 km/h. je poursuivrai donc avec un vent favorable. C’est ce vent qui m’a aidé que l’on peut identifier par la formation de rides lorsqu’il a la même direction que l’écoulement du canal (dans mon cas après le seuil de Naurouze) et par la formation de vaguelettes lorsqu’il est contraire (avant le seuil de Naurouze). Quand il commence à y avoir des vagues sur le canal là ce n’est pas bon du tout. Ne rigolez pas ! Au port de Castelnaudary il y a le plus grand bassin réalisé sur le canal (pour alimenter l’écluse quadruple de St Roch). Il a été nécessaire de créer une île arborée pour casser les mini tempêtes qui projetaient les barques les plus légères sur le quai et coulaient les embarcations les plus chargées. Mercredi 05/09 Castelnaudary 09h00 Capendu 17h00 73 km Quittant le centre ville je longe le bassin sur la rive gauche. Mais les maisons ont été construites tout au bord. Seul un passage de 30 ou 40 cm permet de circuler. Et des anglais s’apprêtant à faire le plein de leur bateau doivent me laisser passer avant d’accéder à la pompe de gasoil. Il est préférable en venant du seuil de Naurouze de rester rive droite. Il faut simplement faire un crochet pour contourner le hangar atelier de la société CROWN BLUE LINE qui communique par l’eau avec le bassin. Les bateaux de cette compagnie sont omniprésents sur le canal. On en retrouve beaucoup dans le « port » de la Tamarissière qu’ils ont créé sur le canal après Portiragnes. Là un grand nombre d’allemands, suisses… laissent leur voiture au parking fermé pour louer un bateau environ 2000 euros/semaine (95 euros pour faire convoyer sa voiture au lieu d’arrivée). Mais ce sont les anglais qui sont les plus nombreux sur le canal. Est-ce qu’ils viennent chercher le soleil? Disposent-ils d’un meilleur pouvoir d’achat où apprécient-ils plus notre patrimoine que nous-même ? Certainement les trois. C’est encore un anglais qui a écrit le premier ouvrage (Le Canal Entre Deux Mers L.T.C. Rolt EUROMAPPING) qui a provoqué mon engouement pour le canal. Je décide de me rendre à St Papoul éloignée de 6 Km pour admirer l’ancienne cathédrale en suivant le GR7 qui longe le canal puis traverse ce village. J’effectue une partie du trajet à vélo puis décide de l’abandonner attaché à un arbre. Après 3 km de marche je peux admirer le cloître qui toute fois est moins joli que celui de Moissac. L’avantage de se promener en cette saison c’est que l’on peut grappiller des mûres ou des figues et plus au sud quelques grains de raisin. De retour sur le chemin de halage, je redouble les 3 mêmes cyclistes qu’après Toulouse. Des femmes dont la plus jeune doit avoir la cinquantaine. Elles dégustent un café sorti d’un thermos. Elles ont laissé leur voiture à Agde et ont gagné Toulouse en Train. Elles me confirment qu’elles ont fait ce choix en raison du vent. Ayant « perdu » 2 h30 pour visiter St Papoul je crains d’arriver trop tard à la crêperie de L’écluse d’Herminis. J’y parviens à 14 h et suis heureux d’apprendre que l’on peut y manger à toute heure. J’opte pour une galette de sarrasin œuf, jambon, pipérade maison avec une bouteille de cidre. Qu’elle bonne idée d’avoir aménagée cette maison éclusière en crêperie. On peut ici se restaurer en restant sous le charme du canal : soleil, arbres et verdure, eau calme. Je me régale d’en profiter d’autant que la semaine prochaine, l’établissement sera fermé me confie le serveuse après une saison où elle s’affaire de 6h à 23h tous les jours en utilisant des ingrédients frais. Je la félicite regrettant seulement qu’elle utilise du chocolat prêt à l’emploi (comme les autres crêperies) pour la crêpe chocolat banane que j’ai pris en dessert. Mes tours de roue suivants me font traverser Carcassonne et c’est un peu frustrant car depuis le canal on ne voit pas du tout les fortifications. Peut-être y ferai-je une étape au retour. En effet le canal passe dans la ville basse et il y a un petit passage un peu difficile encaissé entre 2 murs presque verticaux où il y a des flaques d’eau et de la boue. J’admire un homme pendu à un filin par son baudrier en train de passer le rotofil sur le talus en face presque à la verticale. Arrivé à la gare SNCF, il faut prendre la rive droite pour continuer. Plus loin alors que je me suis arrêté à l’ombre des platanes, je vois passer 4 jeunes garçons à vélo. Ils ne parlent pas français et je m’étonne de les voir seuls. Je les reverrai arriver avec 4 adultes au gîte ou je vais passer la nuit. Ils sont du Venezuela mais je ne saurai pas dans quel cadre il effectue cette visite du canal. Le lendemain 2 de ces enfants semblent impatient de repartir et sortent leur vélo avec un adulte avant de déjeuner. Je m’étonne qu’aucun ne remarque qu’un des vélos est à plat pourtant c’est très net quand le jeune monte sur le VTT, le pneu est complètement écrasé. Peut-être n’ont-ils pas l’habitude d’utiliser des vélos ? Alors qu’ils prennent leur petit-déjeuner, je marche vers eux en portant le vélo. Les 2 garçons m’observent les yeux écarquillés. Avec mon maigre anglais je m’assure qu’ils ont de quoi réparer et regonfler avant de repartir. Je remercie les cyclistes internautes qui mon fais connaître le Gîte Le relais OCCITAN domaine de Beauvoir route de Capendu 11800 MARSEILLETTE 04 68 79 12 67 http://perso.orange.fr/relais.occitan/ 17 € draps et petit déjeuner compris (pas en chambre d'hôte) C’est le meilleur souvenir de mon voyage. J’ai pu dormir dans un foudre dans lequel a été créé une porte. On y accède par un petit escalier en bois et dispose de 2 lits une chaise et de l’éclairage. Faute de Bordeaux j’ai dormi bercé par d’anciens effluves de Corbières ou de Minervois. Le village De Capendu est à 2 km. Je m’y suis rendu à pied et en ai effectué le tour sans trouver de restaurant ouvert (j’aurai plus de chance au retour). Cela m’a permis de profiter des chaussées récemment refaites pour monter à l’église situer sur un petit piton rocheux qui apporte du charme. De retour après 6 ou 7 km je me contente de quelques biscuits et d’une petite gourde en compote (très pratique bien que produisant des déchets comme tous les emballages en portion). Bien que le propriétaire m’ait proposé de me dépanner d’une assiette de pâtes, je le remerciai rappelant que j’avais très bien déjeuné à la crêperie d’Herminis. Jeudi 06/09 Capendu 09h00 Gruissan 17h00 86 km C’est part un petit-déjeuner au soleil que je commence la journée. Je déguste la confiture de figues et ne peux m’empêcher de demander la recette au propriétaire du gîte : Couper en deux 1 kg de figues à maturité. Laisser macérer une nuit avec 600 g de sucre. Cuire 40 min (plus pour une grande quantité) avec des amandes. Ecumer si nécessaire. Je conseille de verser chaud dans des pots. De les fermer et de les retourner. En refroidissant le vide va se créer sans qu’il soit nécessaire d’utiliser de la paraffine pour assurer la conservation. Il faut reprendre la rive gauche du chemin de halage à l’écluse de Marseillette. Mon attention est retenue par un coffret électrique. Il s’agit d’une borne de chargement ELECTRA pour des bateaux de croisière électrique. Projet conduit par Réseau Aquitain Véhicules ELectriques et soutenu par l’Association Française Bateau Electrique. J’ai alors une révélation. Je ne m’étais jamais imaginé faire le canal en pénichette. Vitesse max autorisée 8 Km/H (en vélo on les double avec une facilité déconcertante) Longue attente aux écluses. Contrainte horaire (elles sont fermées de 12 à 13h). En fait le canal c’est l éloge de la lenteur. Il ne faut pas faire le canal mais le découvrir lui et ses alentours. Et j’envisage désormais de le parcourir à la retraite sur un bateau pourvu qu’il soit électrique… Pour l’instant je pédale et je redouble 2 jeunes filles. L’une dotée d’une physionomie généreuse (elle remplit bien son cycliste) arbore un large sourire en me disant que finalement je ne vais pas plus vite qu’elles. En fait c’est le principe du lièvre et de la tortue et mes visites me font perdre le temps gagné. Elles souhaitent aller jusqu’à Sète et je leur apprends qu’après Agde le chemin est vraiment très mauvais (voir Ch.2 08/07) Je traverse à l’écluse de l’Aiguille pour reprendre rive droite. Entre Argens et Paraza le chemin de halage et remplacé par une route départementale. Le château de Ventenac Minervois attire mon regard et je décide de déjeuner au Grilladou qui propose pour 10 euros un coucous (tous les jeudi midi). Agréable endroit où bien que situé dans le village le restaurant dispose d’une très grande terrasse sous les muriers-platanes. J’opte pour le carafon de vin rouge (compris). Ici tout à le goût du vin même l’eau servie dans un bouteille à vin, bue dans des verres ayant contenu du vin et presque la couleur surtout pour ma petite carafe ébréchée toute auréolée de minervois. Et tout ceci se digère assez bien. Toutefois je vérifie rapidement que plus on mange moins on pédale et dois oublier le grand plateau pour les 15 km suivants sous la chaleur du zénith. Ayant exploré la fin du canal du midi cet été (Ch.2), au Point Kilomètrique 169 je bifurque à droite direction Sallèles d’Aude pour longer le canal de jonction vers le canal de la Robine. Ici les écluses ont été automatisées et pour un temps les pins parasol ont remplacé les platanes sur le chemin de halage. Habitué à souffrir des sauts provoqués par les racines de ces derniers à chaque fois que l’on ne soulève pas les fesses pour utiliser les jambes comme amortisseur, je m’aperçois que les racines des pins sont pires parce que plus noueuses et plus difficiles à éviter. J’effectue une dizaine de km avant que le canal de jonction ne se jette dans l’Aude dans laquelle les bateaux effectuent un petit km avant de descendre dans le canal de la Robine. C’est là que je regrette de n’avoir pas mieux préparé mon itinéraire. En effet j’avais acheté les cartes IGN du secteur Agen Bordeaux Arcachon et avais du les abandonner me contentant de prendre quelques info sur le canal du Midi (merci au site de Philippe Calas) et quelques conseils d’internautes pour les resto et les hébergements. Mais n’ayant pas étudié le parcours du canal de la Robine où tout est prévu pour les bateaux mais rien pour les piétons et les cyclistes, je me retrouvais dans les vignes et pour la première fois me suis senti en difficulté. A pied à travers les fourrés je parviens sur le lit de l’Aude mais cela ne sert à rien, il me faut retrouver le chemin de halage du canal de la Robine (antérieur au canal du Midi). Je retourne à l’épanchoir de Gailhousty (très bel ouvrage) pour constater que la pointe où je vois virer les navires ne m’offre aucune possibilité de traverser à l’horizon. Seul un pont de chemin fer qui semble inaccessible surplombe l’Aude d’une trentaine de mètres. Heureusement j’aperçois un parcours VTT balisé indiquant Narbonne. Je le suis à travers les arbustes et monte aux niveaux de la voie ferrée. La fin du chemin est constituée par du ballast et je préfère finir à pied n’ayant que très peu d’aptitude au tout terrain surtout avec un vélo chargé. J’arrive à la voie ferrée luisante sous le soleil. Cela m’indique qu’elle n’est pas désaffectée. J’emprunte le pont sans traîner (c’est le cas de le dire). Parvenu sur l’autre rive après une centaine de mètres qui me paraissent assez long, j’ai le choix entre une rampe très vive ou un escalier bétonné. Je peux porté mon VTT dans un escalier mais lorsqu’il est chargé je ne m’en sens pas capable. Je décide de vider mes sacoches et procède en 2 étapes. A l’imposant ouvrage suivant qui assure le liaison entre l’Aude et le canal ce la Robine, je retrouve le chemin de halage qui rapidement est indiqué comme piste cyclable pour Narbonne. Quel plaisir de découvrir cette belle ville et d’en traverser le centre le long du canal, évitant ainsi la circulation. Je m’arrête à l’office du tourisme pour retirer un plan des pistes cyclables. Curieusement l’hôtesse oublie de me demander mon département (j’aurais pourtant été fier de dire que j’en arrivais à vélo). Bonne surprise en continuant mon trajet en direction de Port la Nouvelle, le vais trouver la piste cyclable du littoral qui mène à Narbonne Plage en passant à Gruissan. C’est là que j’ai décidé de séjourner dans un village de vacances de mon comité d’entreprise. Ce parcours empreinte parfois un petit morceau de route et des chemins gravillonnés mais principalement une piste cyclable très agréable même si elle manque de poteaux indicateurs. Je croise un grand groupe d’adolescents en sortie avec leurs profs et ils ont tendance à croire que toute la piste leur est réservée. Quel pied de pouvoir me baigner dans l’étang d’eau de mer de Gruissan. J’apprécie d’autant plus de me rafraîchir que c’est au bout d’un périple de 327 km que j’ai rejoint la Méditerranée. Vendredi 07 et Samedi 08 Gruissan 88 km Je commence ces 2 jours de repos par une randonnée pédestre de 08 h à 12h dans le massif de la Clape suivie d’un bain. L’après-midi je vais visiter le Gruissan village puis le port où je peux consulter la météo à l’Argonaute (cybercafé qui tire son nom du voilier qui réalise des croisières sous les hautes latitudes) pour 1 euro les 10 min non dégressif (préférer connexion offerte à l’office du tourisme où à la capitainerie). Beau temps et vent de Nord-Ouest, il me faudrait attendre jeudi pour partir avec un vent favorable et risquer d’être rattrapé par la pluie. J’ai confirmation de cette météo sur téléviseur situé au bar de village de vacances. Je regarde les informations et les 4 premiers sujets traitent du rugby. Il faut dire que c’est le premier match de la coupe du monde pour la France qui est donnée favori. L’animation a prévu de diffuser TF1 sur l’écran géant et un film sur la télé. Ne me demandez pas si le match était bien, j’ai regardé le DVD acheté pour l’occasion : « Ne t’en fais pas, je vais bien » Très bon film sur l’amour d’un père pour ses enfants. Ne croyez pas que j’aurais préféré un match de foot ou que je sois antisportif. Je suis pour le sport et contre la compétition. Pour moi la seule façon de jouer au foot c’est celle des africains : dés qu’un joueur marque un but, il passe dans l’équipe adverse. Tout le cinéma autour de ces événements me fait penser au temps des romains où le peuple réclamait « du pain et des jeux ! » ou me fait croire que l’opium du peuple n’est plus la religion mais la compétition sportive. Samedi je décide de retourner par la piste cyclable au canal de la Robine pour aller jusqu’à son extrémité Port la Nouvelle. Seul port de mer accessible par un marin d’eau douce. Je vois quelques avirons (curieux tout de même de progresser en marche arrière). Le vent souffle comme toujours dans la région et le contraste et grand entre les zones à l’ombre où l’on a froid et celles où le soleil nous chauffe avec puissance. Le canal longe l’île Sainte Lucie réserve naturelle lieu de randonnées qui offre entre lagunes et étang, ciel bleu et senteur marines la découverte de sa faune. Mais je décide de poursuivre vers Sigean qui me permet quelques minutes de profiter d’une inversion de vent sur le secteur de Perpignan et d’apercevoir des flamands roses. Sur le chemin du retour, je croise un bateau filant à vive allure sur le canal. La femme assise à la barre et l’homme debout tous deux torse nu ne semblent pas connaître la raison de la limitation de vitesse à 8 km/h. C’est pour éviter le batillage (déferlement des vagues de sillage contre les berges) qui emporte peu à peu la terre retenue par les végétaux. J’écris mes dernières cartes postales (même cela n’est pas facile avec le vent) et prépare ma monture. Dimanche 09/09 Gruissan 08h45 Capendu 18h15 82 km 9h30 pour faire 82 km, ce n’est pas brillant. Alors que d’habitude ma vitesse de croisière varie entre 15 et 20 km/h en fonction de l’état du chemin de halage, je ne parviens pas à dépasser 10 avant de gagner le canal de la Robine. Là je croise environ 200 cyclistes (j’ai vu le dossard 189) en sortie familiale. Les canaux et les grandes villes font toujours de bonnes associations. Ils doivent venir de Narbonne. Une jeune fille sur un vélo de ville suivie certainement de sa mère et de son père arrive à ma rencontre. Etonnant l’homme porte dans une sorte de sac à dos un VTT certainement pour permettre à sa fille de changer de vélo. Apparemment il s’agit d’un 24 pouces et cela ne semble pas le déranger pour pédaler. Plus loin je force un peu l’allure pour rattraper un coureur. Je lui annonce qu’il coure à 15 km/h. Il me dit que les tient sur un marathon. Tout de même avec ce vent de face il faut le faire. Après avoir cueilli quelques figues sur un arbre providentiel, j’arrive à Narbonne où j’avais repéré un point d’eau. Au-dessus du canal le marché semble animé et la passerelle piétonnière qui l’enjambe et couverte de monde. Je ne m’attarde pas davantage ayant réservé le foudre pour le soir m’arrêtant toutefois assez souvent pour manger mes biscuits et luxe en vélo une pêche que j’avais soigneusement emballée. Je retrouve le pont de chemin fer où j’effectue le même transbordement et le canal de jonction. J’arrive au canal du midi toujours chargé d’embarcations. Cette fois je bénéficie du restaurant de Capendu où je déguste des moules servies bien chaudes (contrairement à celles que j’avais mangé à Gruissan). Lundi 10/09 Capendu 08h15 Rangueuil 19h15 128 km Ce sera l’étape la plus longue et même si le vent n’est pas aussi fort qu’à Narbonne ce sera aussi la plus difficile. Heureusement sur le canal règne toujours le calme et une ambiance sympathique. Ici tout le monde se dit bonjour. Ce n’est pas comme dans la vie courante (qualificatif bien adapté). Ne voulant pas traverser Carcassonne le long du canal je décide prématurément de passer rive gauche que j’aurais du prendre devant la gare. Je profite d’un pont me croyant arrivé à proximité de Carcassonne mais après 2 ou 3 km je me retrouve bloqué par un cours d’eau alimenté par le canal et dois faire demi-tour (c’est le genre d’erreur dont il vaut mieux se prémunir sur un long parcours). Evitant la boue des berges je traverse Carcassonne sur les boulevards. Je retrouve la circulation et ses affres. J’avais presque oublié que les gaz d’échappement des diesels sont si dégueulasses (cette odeur aigre) et peu de gens font quelques choses pour que cela cesse. Je retrouve l’alpiniste se battant avec sa débrousailleuse à peine 200 m plus loin qu’à mon passage à l’aller. Arrivé à la crêperie de l’écluse d’Herminis, je vois le patron qui dépose les guirlandes lumineuses. Je m’étonne qu’il démonte alors que le temps et si beau et que sur son site Internet la fermeture est fixée aux premières pluies de Septembre. Il me dit qu’il est trop fatigué pour continuer et qu’il a aussi le droit de profiter du beau temps. Je lui souhaite un bon repos. Plus loin, je bénéficie de quelques instants de bonheur à la terrasse du restaurant du port de Bram. Je m’installe à la limite soleil ombre car ce petit vent venant du nord et tout de même frais. Et dans ce paradis de calme de clarté et de verdure je me régale d’une farandole de pâtes (blanches, orangées, vertes et noir) à la carbonara qui constitue le plat du jour. Certes 12 euros cela fait cher les lardons et la crème fraîche. Mais cela vaut aussi pour la présentation l’élégance des nappes et des couverts. A l’occasion d’un méandre et d’une protection partielle du vent, je parviens à dépasser 15 km/h et même plus dans la déclivité suivant une écluse. Hélas je dois piller pour éviter de me jeter dans des cordages que j’aperçois au dernier moment en contre-jour. Des anglais laissant franchir l’écluse aux bateaux venant en contresens et n’ayant pu s’attacher aux bites d’amarrage déjà occupées avaient tendu des cordes entre les arbres et leur embarcation. « sorry ! » Même ici il y a des embouteillages. Pour la première fois je dépasse les 100 km et je dois marcher quelques fois avec le vélo à la main pour décontracter un peu les muscles et grignoter sans perdre de temps. Comment se motiver pour aller au bout. D’abord avoir une bonne motivation. Dans mon cas hébergement gratuit dans l’appart de ma fille (sauf que je paie le loyer) et trouver quelques occupations de l’esprit. Par exemple 4 couples décident d’appeler leur fille Sarah (M. et Mme Fermi, Lenti, Vigote) pas trouvé le 4ème. J’utilise les inscriptions peintes sur la piste cyclable entre Port Lauragais et Toulouse pour vérifier la justesse de mon compteur kilométrique (à la fin du trajet je n’arrête pas de le regarder). Après divers recoupements (entre 2 écluses c’est pas toujours évident) je détermine que l’indication est donnée avec un excès de 2 % Ce n’est pas mal. Sur ma 406 il était de 6 et est de 1 % sur ma 407 (les constructeurs ont le droit d’indiquer la vitesse de leur véhicule par excès mais jamais par défaut). Mardi 11/09 Rangueuil 08h45 Valence d’Agen 18h15 103 km Avant de quitter Toulouse je me rends à l’office du Tourisme (tant pis pour les km supplémentaires) pour acheter du lait de Cocagne à offrir. C’est un lait corporel à l’huile de pastel au doux parfum végétal (comme le lait de bébé) Il est légèrement coloré en bleu pour rappeler que le pastel autrefois utilisé comme colorant après séchage des feuilles et mise en boule (cocagne) a fait la richesse du Lauragais A peine ai-je quitté le canal du Midi au niveau des ponts jumeaux pour rejoindre le canal latéral à la Garonne que des nuages viennent masquer le bleu du ciel comme pour signifier mon passage à l’Ouest. Avantage par rapport au canal du Midi sur les 95 km je vais en faire plus de 60 sur une piste goudronnée. Cela permet de profiter pleinement du paysage sans devoir suivre la meilleure trace (ou la moins mauvaise) guettant sur chaque cm la pierre ou la racine à éviter. Dommage que le canal latéral offre moins de variété de paysage et d’ouvrage d’art. Hormis la pente d’eau de Montech et le pont canal de Moissac qu’il ne faut surtout pas manquer c’est surtout le passage des trains qui offrent un peu de distraction. Mais pour l’heure ce sont les délicieuses mûres qui retiennent mon attention. Beaucoup plus nombreuses que sur le canal du Midi, grâce à la pluviométrie mais surtout à la fréquentation moindre. Retrouvant mon instinct de cueilleur, je repère les fruits rouges. C’est pour cette raison que nous avons été doté de la capacité de voir les couleurs. Pour très rapidement distinguer les fruits à maturité. Faculté que non pas les herbivores ou les carnivores comme les chiens qui voient en noir et blanc. Cette aptitude nous ne sommes pas prêts de la perdre tant dans notre société il est vital de ne pas confondre le vert et le rouge aux intersections. Et autant si je suis supporter de l’équipe en vert mes amis m’excuseront (ou me féliciteront) d’avoir tabassé un des supporters en rouge ou même l’arbitre (après tout il est en noir) autant il serait con que je frappe un vert (daltonien s’abstenir). Ce n’est qu’une trentaine de km avant Montech que je retrouve le chemin de terre puis des gravillons à un passage ou les arbres encore trop jeunes pour me protéger du vent m’incitent à marcher à coté du vélo. C’est là que je retrouve la gentillesse des gens sur le canal. Un cycliste me demande si j’ai un problème. Je lui indique que cela fait 3 jours que je roule avec le vent contraire et il comprend que je souffle un peu. Dés l’arrivée à Montech je trouve la voie verte que je ne vais plus quitter jusqu’à ma commune. Curieusement elle évite le port l’un des endroit les plus agréables du parcours en faisant emprunter 50 m de route aux cyclistes offrant tout de même l’occasion de s’y arrêter en passant devant le restaurant glacier qui à 15h n’est hélas pas ouvert. Ce sera pourtant quasiment le seul établissement devant lequel je passerai. Cela tranche vraiment avec le canal du Midi où plaisanciers et cyclistes se côtoient en permanence avec une affluence telle que l’on risque des accidents. Suivant le ruban d’asphalte je longe les écluses de Montech et me retrouve coincé sur une presqu’île. Je tente vainement de continuer sur la rive gauche (la mauvaise) pour tenter d’accéder à l’autopont encore en chantier. Aucun accès possible pour passer sur l’autre rive. Je dois faire demi-tour. Bien qu’il y ait aucune indication il faut emprunter la route qui longe la pente d’eau pour retrouver la piste cyclable. J’espère que des panneaux seront mis en place tant pour indiquer les directions, les distances et les commerces que pour inviter à découvrir les sites des environs. Je vais écrire en ce sens au Conseil Général après les avoir félicité. Il serait dommage que l’investissement réalisé : Département 1 118 140 euros Europe 525 000 Région 194430 Etat 194430 TOTAL 2 100 000 H T Pour la section Lamagistère Brouzidou dans le Tarn et Garonne ne soit pas suivi d’une mise en valeur et d’un entretien (il y a déjà des fissures dans le bitume à Valence d’Agen) Arrivé à Castelsarrasin au port Cousteau je vois les derniers travaux de liaison de la piste cyclable qui traverse la ville. Puis jusqu’à Moissac beaucoup de promeneurs le long du canal comme d’habitude depuis cet aménagement. Je termine les 313 km du retour en 3 jours beaucoup moins agréables qu’à l’aller mais toujours avec le beau temps. Remarques : VTT (si vous voulez le voir je l’ai décrit sur le Forum VELOTAF car je m’en sers aussi pour aller travailler http://www.velotaf.com/...5666&#entry25666) Poids 19 Kg sans les bagages, 24 avec. Je ne comprends pas pourquoi un surpoids de 25 % du vélo change complètement les sensations. Avec 5 Kg de plus le VTT est moins maniable et semble beaucoup plus lourd. Il devient impossible de conserver l’élan dans les montées. Alors qu’avec moi dessus, le poids total roulant n’a augmenté que de 6 % Peut-être quelqu’un pourra-t-il m’expliquer ? En attendant je continuerai à préférer les chemins de halage qui sont quasiment plats. J’aurai mis presque autant de temps à raconter mon voyage qu’à le faire. Si certains passages ne vous ont pas intéressé, dites vous que cela a pu retenir l’attention de quelqu’un d’autre. Si d’autres non intéressé personne j’en suis désolé. J’espère avoir donné envie à certains de se lancer dans cette petite aventure. Concernant les frais d’hébergement que l’on peut trouver onéreux, il faut les comparer avec les frais occasionné par le même trajet en voiture. D’après ViaMichelin Valence d’Agen Gruissan 254 km en 2h30. Carburant 23 euros (je suis d’accord avec eux je dépense 0.10 euro d’essence par km) Péage 18 (çà ce n’est pas obligatoire) Par contre ce qui est obligatoire et que Michelin semble oublier (comme la plupart des gens) c’est l’investissement l’usure, l’entretien et l’assurance. Ma voiture me revient à 0.30 euro/Km (http://www.velotaf.com/...1641&#entry31641) Soit 254 * 0.30 = 76 euros Alors que j’ai dépensé hôtel 45 + gîte 17 = 62 euros Sans compter la pollution (qui elle est hors de prix)… |  |  |  |  |  | Facteur4 : Objectif pour 2050 de diviser par 4 l'émission de gaz à effet de serre. |  |
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Re: [Facteur4] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
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24 décembre 2007 à 5:39
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Re: [pabalo] Vélo (VTT) le long du canal entre les deux mers (France)
(en réponse à...)

9 juillet 2008 à 16:28
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Préambule : Comme c’est la première fois que je pars en vélo avec un GPS, voici mes premières impressions qui permettront de comprendre l’usage que j’en ferai pendant le voyage. J’ai été séduit par le GPS EVADEO de l’Institut Géographique National qui permet la navigation routière et la Randonnée. Et j’ai craqué pour la version 2008 qui possède une mode VELO. http://www.evadeo.fr/ Cependant je vais de déception en déception. Peut-être suis-je trop exigeant ou est-ce mon inexpérience qui est en cause ? Je reconnais que c’est une merveille technologique mais je m’attendais à être plus convaincu : - A l’intérieur (même d’une voiture) l’écran est lisible mais dès que l’on est à l’extérieur on ne voit rien. Dommage de devoir chercher l’ombre pour consulter les infos. Dès lors je ne vois pas l’intérêt d’acquérir un support pour vélo puisque le soleil empêche de voir l’écran (bien sûr j’ai réglé la luminosité au maximum). - Recherchons tout d’abord ma commune : Valence d’Agen (5000 h). L’évadéo ne connaît pas. Il ne connaît que Valence 82 alors que Via Michelin par exemple connaît. Dommage alors qu’il y a suffisamment de Valence de ne pas distinguer par le nom complet. J’espère que la base de donnée ne vient pas de l’IGN. - Premier guidage MODE PIETON EN VILLE jusqu’à la gare. Impeccable le nom des rues s’affiche et j’arrive à destination. Cependant le GPS ne connaît pas le passage piéton sous la voie ferrée (qui existe depuis des années). Cela me laisse supposer que dans une autre ville je pourrais faire un détour énorme si l’évadéo ne connaît que les routes. Confirmation je souhaite me rendre (à pied) de Sotteville-lès-Rouen au centre ville de Rouen (rue du Gros Horloge). Je démarre le GPS sur le parking d’un supermarché (je tourne en rond un moment pour qu’il me localise) et pas d’indication d’itinéraire tant je ne mets pas le pied sur le bord d’une route. Là le tracé vert m’indique le chemin. Est-ce que l’évadéo ne connaît que les routes ? Pourtant pour faire ce trajet il me fait passer par une voie piétonne ? C’est vrai que c’est une ancienne route (mais je ne pense qu’il m’y fait passer par hasard). - MODE VELO : Je souhaite aller de Valence d’Agen à Moissac. Il me fait prendre la N113 (pardon maintenant c’est une départementale) alors qu’il y a une vélo route parallèle située à 300 m à peine. Catastrophique ! Rassurez moi et dites moi que ce n’est pas toujours comme cela. Que ce n’est pas une super arnaque. Que le mode vélo n’est pas un mode voiture qui se contente d’éviter les autoroutes et qui en plus refuse de donner des itinéraires pour des parcours de plus de 100 km. - Bon je télécharge les cartes 25000 de mon secteur : Pas mieux. Ma maison qui a 10 ans n’est pas dessus. A quoi sert d’afficher compilation 2006 si les données ne sont pas de cette année ? J’essaie le mode RANDONNEE. Là on n’est pas guidée. C’est dommage arrivé à un cul de sac (chez des particuliers) alors que je suis tout prêt de mon objectif, il ne me dit pas comment m’y rendre (cette fois je dois vraiment être trop exigeant). Alors je fais demi-tour. C’est sûr que si j’étais resté sur les routes j’y serais arrivé (sans intérêt). - Pour me consoler j’essaie la NAVIGATION ROUTIERE. Je veux aller à Piquepoule lieu-dit dans le Lot et Garonne. Impossible de l’indiquer dans la fonction Aller à. L’évadéo ne connaît pas. Alors qu’il est indiqué sur ma carte papier au 200000 et que ce lieu-dit est sur les fonds de carte de l’évadeo. Obliger de le rechercher par tâtonnement sur l’écran en déplaçant, zoomant, déplaçant, dé zoomant … Cela sert à quoi d’annoncer une base de donner de 1700000 noms de lieux ? Cette fois j’espère qu’on va me dire que je ne sais pas m’en servir et m’expliquer comment faire. Il faut dire que je trouve également le mode d’emploi sur le DVD EVADEO Primo vraiment light... Lundi 09/06/08 Valence d’Agen 08h30 Fourques sur Garonne 16h30 99 km J’ai prévu de longer le canal latéral à la Garonne jusqu’à qu’il se jette dans le fleuve puis de rejoindre la piste cyclable qui va de Sauveterre de Guyenne à Bordeaux où je pense faire ma 2éme halte pour enfin atteindre le Bassin d’Arcachon et ses nombreuses pistes cyclables. La météo prévoyant de la pluie et des températures peu élevées pour les jours à venir, je suis contraint d’emmener des vêtements en conséquence. Je suis tout de même surpris que mon vélo et son chargement atteigne 30 kg alors que je n’emporte ni tente ni sac de couchage. Mais je ne peux pas partir à l’aventure sans biscuit (ni eau). J’ai gonflé mon pneu avant à 2, 5 bars et arrière à 2, 8 pour le meilleur compromis roulage/confort. Je ne reconnais pas mon VTT que j’utilise pourtant tous les jours pour aller travailler. Heureusement que je ne vais pas à la montagne ! Après un passage au distributeur de la Banque Postale j’accède au canal où Valence d’Agen accueille des touristes sur son port de plaisance. Le chemin de halage désormais transformé en piste cyclable est très roulant est ma vitesse de croisière se stabilise à 20 km/h grâce au macadam. Bien sûr il ne faut pas confondre avec la vitesse moyenne plus proche de 12 en raison des pauses, recherche d’itinéraire ou d’hébergement et des arrêts repas. Rapidement je vois les aéroréfrigérants de la centrale nucléaire de Golfech : http://www.ville-golfech.fr/pageLibre00010811.html Un seul libère un panache de vapeur qui vient se mélanger aux nuages, l’autre unité de production d’électricité étant à l’arrêt pour révision. Après 10 km la voie verte change de rive. Mon premier passage en danseuse pour monter sur le pont me rassure quant à la bonne répartition de mon chargement. Un peu plus loin, je quitte le Tarn et Garonne pour le Lot et Garonne laissant ainsi Midi-Pyrénées pour rentrer en Aquitaine. (Vivre à la frontière entre 2 régions peut poser quelques problèmes par exemple des établissements pourtant proches dépendant de l’académie de Toulouse ou de Bordeaux ont des périodes de vacances scolaires différentes. Gênant quand on a des enfants scolarisés de part et d’autre). Mon premier chien errant est un berger allemand. Lui aussi m’a repéré et il décide de disparaître dans hautes herbes. Est-ce pour m’éviter ou mieux me surprendre ? J’accélère un peu et ne le revois plus. Après seulement 20 km, mon genou droit me fait un peu souffrir. Je ne m’inquiète pas car habituellement cette sensation finit par disparaître. Voici la halte nautique de Montalembert et je profite un moment de cet endroit agréable sous un peu de soleil voilé. Des massifs de coquelicots et autres fleurs dites sauvages ont été créés. Le fléchage de l’opération « Tous à vélo » du 6 et 7 Juin n’a pas été enlevé. Nous sommes sur la commune de Boé : http://www.ville-boe.fr/...ement/villedeau.html Zone résidentielle et commerciale avant Agen. Ayant été victime d’une pub, je décide de passer à DECATHLON pour acheter un maillot et un short cycliste en promotion. Il me faut alors attacher mon vélo et laisser le sac plastique (Go Sport) que j’utilise pour mettre des vêtements par-dessus mes sacoches (déjà pleines) à la consigne. Vraiment trop lourd ce short avec ses multiples épaisseurs de tissus pour le confort et je crains d’y avoir trop chaud. Je me contente d’acheter un pantalon de pluie qui remplacera le pantalon de Kway trop court que j’utilise depuis 20 ans. J’ai profité de mon passage en cabine pour me mettre en short mais à ma sortie, il tombe quelques gouttes. Heureusement le soleil va revenir. Passant devant la déchetterie je vois une classe de préado tous en chasubles fluo en effectuant la visite. C’est peut-être que l’on appelle une classe verte ! Après ce détour de 12 km me voici de nouveau sur le canal. En tout cas cette pose aura fait disparaître ma douleur au genou. Voici Agen et son bassin utilisé aujourd’hui par un club d’aviron. Agréable promenade sur son magnifique pont canal qui enjambe la Garonne. Les piétons peuvent ensuite remonter son cours et retourner en centre ville par la passerelle qui leur est réservée face au Passage d’Agen. Depuis Toulouse, le canal latéral à la Garonne (193 km) ne cesse de se rapprocher et de s’éloigner du fleuve. Mais c’est à Agen le seul moment où il le franchit. Et c’est impressionnant de voir les bateaux naviguer 10 m au dessus de la Garonne en empruntant ce pont canal de 580 m de long édifié en pierre de taille : http://www.ot-agen.org/...isite_pont-canal.asp Je passe devant l’écluse d’Agen et me voici en terre inconnue. C’est la première fois que je pousse si loin vers le Nord-ouest tant j’avais été attiré par le Sud-est lors de mes précédents voyages (ou poussé par le vent voir Chapitre 2 09/2007). D’ailleurs faute d’indication je me trompe de rive et me voici sur le chemin de terre jusqu’au prochain pont. Ce n’est qu’après 40 km que je double un premier cycliste. J’en croise davantage mais la voie verte est peu fréquentée en cette période. Evidemment les probabilités de croiser sont beaucoup plus grandes que celle de voir un cycliste circulant dans la même direction. Je dirais même que la probabilité de voir un vélo qui va dans la même direction à la même vitesse est nulle. Me voici donc circulant à 23 km/h protégé par des arbres de chaque côté quand ma hanche devient douloureuse. Comme pour beaucoup de gens en ce moment, c’est la Droite qui me fait souffrir. Je profite d’une clairière pour manger des biscuits et la pomme golden bien mûre que j’ai emportée. Mais elle a souffert du voyage. Si j’avais été en bus j’aurais dit que le « car l’a brunie » mais là c’est dans ma sacoche de guidon qu’elle est devenue marron. Je domine le canal où passe quelques bateaux de plaisance. Je me demande comment il était possible de haler les bateaux avec des chevaux ou des bœufs vu la différence de hauteur et surtout la présence de tous ces arbres dans le talus. Mais le diamètre de leur tronc m’indique qu’ils sont récents. De retour sur la piste, je parviens à Buzet sur Baïse : http://www.albret-tourisme.com/...rticle.php?storyid=9 Carrefour de la navigation fluviale entre le Canal, la Baïse la Garonne et le Lot. Je m’étonnais de n’avoir pas vu de cerises (beaucoup de cerisiers en sont dépourvus suite aux orages) enfin je peux en goûter quelques-unes mais impossible d’atteindre les plus mûres. Le ciel s’obscurci et le vent frais m’incite à remplacer mon short par mon pantalon de randonnée. Aïe ! Il me faut ma pince à vélo mais elle est au fond d‘une sacoche (car je suis parti en combinaison cycliste). J’improvise avec une tige d’herbe haute qui évitera le cambouis de la chaîne jusqu’au soir. Cette fois beaucoup de cerises sont à ma portée, mais elles sont juste plus grosses que des petits pois et acidulées. Ce sont des "guignes" ou merises dont les merles raffolent. Même si elles sont un peu amères je m’en régale. Il faudra atteindre mon 75ème km pour qu’un vélo de course me double. J’arrive à Lagruère où le canal s’est rapproché de la Garonne jusqu’à en épouser les formes. Je demande au café du canal : http://www.linternaute.com/...-cafe-du-canal.shtml Quelle pâtisserie ils peuvent me proposer ? Mais comme ils n’en ont plus, je savoure une dame blanche (glace vanille sauce chocolat chantilly) sur la terrasse ponton. Arrivé à Pont sur Sable, je cherche un hébergement. Je suis le panneau indiquant l’auberge la Mijotière. Bien que le portail soit ouvert l’établissement semble à l’abandon et il n’y a pas de tarif d’affiché. Je préfère ne pas savoir ce qui s’y mijote. Je retourne sur le canal et m’adresse à l’hôtesse de la base nautique qui bien que sensée ne plus faire l’office du tourisme m’indique une chambre d’hôte à Fourques sur Garonne. Une dame m’accueille avec un accent que je suppose anglais. Elle me précise qu’elle s’appelle Fiona, son mari John qu’ils sont écossais installés en France depuis 5 ans ( elle donne des cours d’anglais et ils trouvent que vivre en France c’est encore mieux que d’y venir en vacances). Je lui demande si Fiona est écossais. « Oui cela vient du gaélique qui veut dire blonde ou belle » elle ajoute « moi je suis l’autre Fiona » (elle est brune et pas spécialement jolie). Quelques minutes après moi arrive un couple de marseillais qui occuperont l’autre chambre d’hôte. En vacances en direction de la Bretagne, ils ont quittés l’autoroute pour que le monsieur ne loupe pas le match de foot. La France jouant à 18 h dans la coupe d’Europe. Décidément je suis poursuivi. Lors de mon précédent voyage, c’était la coupe du monde de rugby (voir Chapitre 2 09/07). Après le kir (liqueur maison) nous partageons le repas avec leurs amis anglais qui viennent de recevoir leurs enfants venus du Canada qu’ils ont été cherchés à Toulouse et amenés en 5 jours sur leur pénichette. Excellent dîner autour du magret de canard ou barbecue, dessert avec cerise maison alcool et cannelle. Whisky 12 ans d’âge juste avant la pluie qui nous conduit a aidé Fiona à débarrasser (enfin nous les Français car les autres ne semblent pas perturbés). Je recommande pour le chaleureux accueil et la cuisine maison : http://www.fionas-bb.com/ Mardi 10/06 Fourques sur Garonne 09h Sauveterre de Guyenne 17h 62 km La pluie a cessé ce matin mais les arbres qui bordent le canal distribuent encore quelques grosses gouttes. Et seulement après quelques km, il commence à pleuvoir. Je vais pouvoir essayer mon poncho acheté à Moissac (où tant de pèlerins s’arrêtent sur le chemin de St Jacques de Compostelle). J’essaie de couvrir le guidon et l’arrière de la selle mais ce n’est pas évident. Déjà il s’accroche sur le support de mon compteur kilométrique provoquant un petit trou. Heureusement la pluie est très faible et je peux le retirer. Je décide tout de même d’aller m’abriter à Couthures sur Garonne en allant voir le spectacle GENS DE GARONNE. Il met en scène des décors et des acteurs filmés en racontant la vie du village. Je ne peux vous en dévoiler toutes les ficelles pour conserver la surprise mais vous conseille de vous y rendre avec votre bouée et de bien vous accrocher lorsque est retracé la grande inondation de 1952 après celle encore plus terrible de 1930. D’ailleurs il est interdit de quitter la salle pendant le spectacle : http://www.gensdegaronne.com/.../i/gensdegaronne.pdf Hélas à la fin du spectacle il pleut davantage et je décide d’attendre à la maison des gens de Garonne en lisant l’hebdomadaire Marianne qu’un collègue m’a passé. Un article inattendu de Matthieu Grimpet « Bienvenue chez les Ch’tis : une illusion, un souvenir qui pourrait se transformer en cauchemar : Ce film conforte les Français dans les clapiers intérieurs où ils aiment se réfugier par gros temps. Se voiler la face, un sport national depuis Alésia. Dans le gnangnan les Français voient la gentillesse. Dans le cliché, l’humour… Dans la vugarité de la tradition. Dans l’union des angoisses de la solidarité. Dans le mauvais français mâchonné par des Rmistes mal nourris, un patois séculaire. » Peut-être un peu trop critique ? Mais je ne regrette pas d’avoir échappé à la déferlante de plus de 10 millions d’entrées. Pourtant ma femme et mes enfants y sont allés 2 fois (la 1ère le cinéma était complet). Il me faudra attendre qu’il soit plus de 13 h pour pouvoir reprendre la route sans pluie. Je souhaite retourner au canal par le même chemin mais dés la sortie du village, je m’aperçois que je me suis trompé. C’est le moment d’allumer mon GPS. Je lui demande de m’emmener à Meilhan sur Garonne prochaine commune sur le canal. Je suis ses indications mais croyant reconnaître le canal derrière l’alignement d’arbres caractéristiques, je quitte la route pour un chemin herbeux qui m’amène sur les berges … de la Garonne. Demi-tour et suivi des instructions. Cependant un peu plus loin je comprends que le GPS va me faire faire un détour pour aller chercher un pont. Apercevant à nouveau une allée d’arbres, je prends un chemin barré par un poteau béton couché en travers et progressant dans la boue je retrouve après le talus la piste cyclable espérée. Je crois voir une mouette ce qui présagerait d’un mauvais temps sur la côte atlantique. Mais il s’agit d’un héron cendré qui plane au-dessus du canal. Voici le premier panneau indicateur sur la voie verte Agen 72 km et Castets en Dorthe 15 km dans ma direction. Je dois être arrivé en Gironde, le département des pistes cyclables. Mais ce qui m’étonne c’est que celle-ci soit baptisée D809. Peut-être un moyen de les faire connaître aux GPS ? Je crains que la dénomination départementale sème le doute et qu’un automobiliste l’emprunte. En tous cas cela explique les différences de balisage d’un département à l’autre. Pourtant cette voie verte revêt un intérêt national. Surtout qu’à terme elle reliera Bordeaux à Sète. Il aurait été judicieux d’homogénéiser les indications. Je passe la halte nautique de Fontet où un « port » à été créé en creusant un bassin communiquant avec le canal. J’arrive à Castets en Dorthe et je peux enfin découvrir l’extrémité du canal qui se jette dans la Garonne par l’intermédiaire de 2 écluses. Un employé des Voies Navigables de France gère les feux de signalisation et les écluses depuis sa cabine d’observation. Un bateau de plaisance se présente pour accéder au canal. L’éclusée et longue en raison de l’important dénivelé. http://www.canal-du-midi.org/...stets_en_dorthe.aspx Il est 15 h et le petit déjeuner de Fiona s’il m’a permis de tenir jusqu’ici est maintenant loin. Je mange 3 barres de céréales en me disant qu’en fait mon vélo avance aux Biocarburants. Mais il ne faut pas rire avec cela. Le suisse Jean Ziegler, ex-rapporteur de L’ONU vient de déclarer « Les agrocarburants sont un crime contre l’humanité » et en France ce crime paye. Puisque devenus compétitifs, ils continuent de bénéficier de subventions alors qu’ils provoquent la famine dans les pays les plus pauvres. Sans compter les déforestations (par exemple en Indonésie) à grand coup d’incendie pour planter de la palme dont on tirera de l’huile pour les diesels. Puisque la voie verte s’arrête, c’est ici que j’avais prévu de démarrer mon GPS (il est inutile sur le long du canal et ne connaît pas les pistes cyclables). En mode VELO, il m’indique le chemin le plus court pour rejoindre Sauveterre de Guyenne en évitant les routes à grande circulation. Avec le soleil, je ne peux voir l’écran donc je le place dans ma sacoche de guidon et écoute la dame qui annonce « dans 100 m prenez à droite », « au rond point prenez la deuxième sortie ». Cela évite de devoir sans cesse déplier une carte. Attention une simple secousse et la voix peut s’évanouir par une simple pression sur le bouton marche/arrêt. Je comprends pourquoi les téléphones réclament 2 touches pour déverrouiller le clavier. Désormais je mettrai le GPS dans le filet extérieur de la sacoche. Je franchit donc la Garonne et au deuxième carrefour où je suis sensé aller tout droit la route et barrée pour travaux. Cela commence mal. Que faire prendre à droite ou à gauche ? Non en vélo je peux passer. Je longe le chantier puis franchi un passage à niveau également barré. Me voici aux milieux des vignes où des ouvriers s’affèrent autour des fils tendus qui conduiront la pousse et supporteront les futures grappes. Mais comme je m’y attendais en quittant la vallée, je dois franchir une succession de coteaux et je ne pense pas que le GPS tienne compte de l’altitude. Bien sûr des descentes succèdent aux montées et cela me permet d’atteindre 46 km/h mais les côtes sont dures avec le VTT chargé et je regrette la platitude du chemin de hallage. J’effectue quelques passages en marchant à côté du vélo et pour me narguer une pancarte annonce vignoble Jalabert. Astucieusement le GPS me fait éviter les routes à grande circulation et me voici à l’entrée de Sauveterre de Guyenne où je repère le début de la piste cyclable que j’emprunterai demain. (A ce lien est associée une carte qui permet de situer mon parcours sur 6 jours) http://www.sauveterre-de-guyenne.com/...ction/3/62/lang, fr/ Très jolie Bastide du vignoble de l’Entre deux Mers. Mais qui ne dispose que d’un hôtel complet pour ce soir. C’est à l’office du tourisme qu’un très serviable jeune homme (dommage qu’il est une haleine de fumeur) finit après plusieurs appels téléphoniques par me trouver une chambre d’hôte. Toutefois je ne pourrai pas y dîner. J’ai le choix entre SuperU et Petit Casino pour faire quelques courses. Pour une fois je fais le choix du petit (c’est aussi cela les modes de déplacement doux : un autre comportement). Une baguette aux graines de sésame, un caprice des dieux, biscuits et soja dessert BIO CASINO, Nectar de fruits et gourdes de compote CASINO (la compote qui voyage bien mieux que les fruits c’est la seule chose que j’avais oubliée au départ) et me voici un peu plus chargé. Heureusement les coordonnées sont indiquées sur la plaquette de présentation du Gîte. Pour la première fois, je vais saisir une Latitude et une Longitude pour me faire guider : 44.6985249 je suis presque entre l’Equateur et le Pôle. C’est cette latitude de climat tempéré qui convient particulièrement à la vigne. - 0.0506830 je suis pratiquement sur le méridien de Greenwich. Mais ce moins correspond-il à une longitude Est ou Ouest que réclame mon GPS ? J’hésite et essaye Ouest. Je visualise le trajet qui ne m’amène pas au bon village. Non bien sûr la progression va de l’Est vers l’Ouest comme les fuseaux horaires. Je saisis 0.0506830 de longitude Est. Et me voilà parti ! Une nouvelle montée puis une petite descente et à 3 km de Sauveterre le GPS me déclare arrivé à destination. Il me faudra encore faire 200 m pour atteindre la chambre d’hôte : http://www.moulindestleger.com/pages/indexpag.html Le propriétaire est intéressé par mon expérience GPS car il vient de démarrer son activité et adhère au label vélo entre 2 mers. Pour moi le petit écart de coordonnées d’un GPS à l’autre n’est pas un problème. Il me remet un dépliant : carte touristique Voie Verte Bordeaux Toulouse (désolé je n’ai pas trouvé de lien Internet pour vous en présenter un plan. Je crois qu’il n’en existe pas). Sa chambre d’hôtes y figure parmi les bonnes adresses vélo. « Enfin une carte que je pourrais afficher dans ma chambre » lui dis-je. Il ne manque plus que la liaison entre Sauveterre et Fontet (sur le canal) tracé ici en pointillé. Peut-être qu’un même plan Toulouse Sète existera dans quelques années ? Pour l’instant cela ne semble pas bouger beaucoup du côté méridional. C’est une demeure de charme avec un joli parc traversé par un cours d’eau. La chambre verte (dans laquelle j’ai dormi) est luxueuse et doit être très agréable par grande chaleur. Mais à déconseiller par température plus basse aux personnes sensibles à l’humidité. Après avoir goûté aux cerises et aux fèves crues du jardin sur invitation de la maîtresse de maison qu’elle apprécie à la croque au sel, j’ai pu dîner au soleil et recevoir la visite (quotidienne) de l’écureuil qui lui aussi apprécie les cerises. Dommage d’être dans le Bordelais et de ne pas déguster un verre de vin avec mon sandwich au fromage. Mercredi 11 Juin Sauveterre de Guyenne 08h45 Arès 17h00 Après un petit déjeuner en compagnie de mes hôtes (j’ai toujours quelques difficultés avec ce mot polysémique qui désigne tantôt celui qui reçoit et celui qui est reçu) et une agréable discussion je rejoins la piste cyclable qui permet d’atteindre Bordeaux. Réaliser il y a une quinzaine d’année sur le tracé d’une ancienne voie ferrée la piste Roger Lapebie : http://www.tourisme-gironde.fr/...yclable_latresne.asp est roulante et très bien sécurisée. A chaque intersection un aménagement permet aux cyclistes de céder le passage et traverser les carrefours dans les meilleures conditions. A l’inverse à chaque sortie de propriété et même des champs les riverains sont avertis et doivent laisser passer les vélos. Pourtant à part quelques promeneurs avec leur chien, l’endroit n’est pas très fréquenté. Il faut dire que c’est dans la brume que commence cette journée. Décidément cette année l’été se fait désirer. Et il me faudra faire 15 km pour voir un premier vélo et 25 km pour en croiser plusieurs. Certainement des Bordelais en échappée vers la campagne. Alors que mon totalisateur atteint 200 Km, je parviens à la vélo gare de Créon : http://www.tourisme-creonnais.fr/index.php?id=50 C’est la première vélo station de France. On peut y faire réparer son vélo ou en louer. L’office du tourisme de Créon situé au milieu de la piste Roger Lapebie (vainqueur du tour en 1937) propose de nombreuses animations autour de la petite reine. Je discute un moment avec l’hôtesse et félicite la Gironde ambassadrice du Vélo entre 2 Mers. Précisant que les hébergements proposer le long de la piste deviendront vraiment intéressant (pour l’instant faire une étape sur une piste cyclable de 50 km ?) lorsqu’elle sera reliée à la piste du canal. Elle me confirme que le budget est voté. J’arrive rapidement à Lastresne ou s’achève la piste cyclable. Le restaurant de la Gare tombe à pic à 11h50 je ne serai pas à la traîne pour déjeuner. A si j’y suis ! Je craque pour un plat unique suprême de poulet aux langoustines et St Jacques. Une seule goutte de pluie viendra perturber mon déjeuner en terrasse. Mon arrivée sur Bordeaux est moins poétique avec le trafic de poids lourds. C’est à un autocar que j’attribue le prix de celui qui me passe le plus près. Cela donne chaud et comme le soleil pointe. Je choisi de me dissimuler dans l’ombre de la ruelle formée entre le magasin NORAUTO et KIABI pour passer en mode short tee-shirt. Je suis les indications du GPS, cela me permettra de traverser Bordeaux sereinement. Me voici sur le pont de pierre et les façades blanches alignées le long de la Garonne brillent sous le soleil. C’est magnifique et j’approuve leur classement au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le métro que je croise qui lui aussi emprunte le pont de pierre ne rompt pas le charme. Il est élégant et discret grâce à l’induction. Aucun cable ne vient gâcher le décor. Le système a été difficile à mettre au point mais c’est une réussite : http://www.tramway-bordeaux.veoliaenvironnement.com/ Cependant le tram étant prioritaire, les autres usagers doivent attendre longtemps aux feux à proximité du pont. Je parviens rive gauche et passe devant la rue commerçante St Catherine toujours chargées de piétons. Je passe devant le Conseil général et la patinoire. Mon GPS transforme ce qui aurait pu être une corvée en une agréable visite. Sauf lorsque le bruit couvre ses indications. Pas de panique il recalcule l’itinéraire et me fait emprunter la prochaine à droite qui est en sens interdit sauf pour les vélo (finalement il est très fort). Même qu’en je suis tenté de poursuivre la piste cyclable sur laquelle je roule. Il m’invite à tourner pour prendre la bonne direction (ce qui m’oblige à traverser une haie de séparation) sans lui j’aurais filé tout droit. Voici Mérignac et son aéroport qui m’accueille dans un bruit assourdissant, des centaines de litres de kérosène (non taxé http://lesverts.fr/article.php3?id_article=2319 ) se transforment en gaz à effet de serre. Plus loin c’est la base militaire où est exposé au bord de la route un magnifique avion de chasse. Ce doit être un intercepteur Mirage IV (je ne suis pas spécialiste) : http://fr.wikipedia.org/...:Mirage_IVP_-_CF.jpg 370000 heures de vols de 1964 à 2005 (je ne m’en venterai pas) Me voici sur la D106. Je peux éteindre mon GPS maintenant c’est tout droit jusqu’à Arès. Je m’achète quelques cerises et les déguste à l’ombre providentielle d’un arbre unique à côté d’une chapelle. Le soleil est au zénith et commence à chauffer. Je mets sous tension mon portable (cela peut parfois être utile) et appelle l’accueil du centre de vacances pour m’assurer qu’il y a de la place dans un des gîtes de mon CE. Arrivée à St Jean d’Illac, le soleil brille toujours mais il pleut. Je dédaigne les devantures des magasins qui auraient pu m’offrir un abri, persuadé qu’il ne s’agit que de quelques gouttes. Curieusement le collège est implanté au milieu de nulle part. Une zone ou le pins ont été abattus pour le construire en pleine pinède. Je me fais violemment klaxonné par un poids lourd. Je comprends qu’il y a une piste cyclable de l’autre côté (pour que les collégiens). Mais comment y accéder ? Un fossé m’empêche d’y accéder. Il est rempli d’eau stagnante. Je le longe en marchant un moment. Puis trouve un endroit moins profond où mes roues ne s’enfoncent pas trop dans la boue. Effort pour pas grand-chose : la piste se termine rapidement. Sur ses 30 derniers km la D106 se transforme en voie rapide limitée à 110 km/h. Je ne suis pas fier et roule à l’extrême droite de la pseudo voie d’arrêt d’urgence. Je doute même que cette route soit autorisée au vélo. Pourtant aucun panneau ne les interdit. En plus le ciel est tout noir à l’horizon. Par chance j’échapperai à la pluie. Je subirai que quelques projections des voitures sur la chaussée encore mouillée. J’arrive au village de vacances juste avant la fermeture de l’accueil. Je ne prends pas le temps de m’installer dans mon gîte, enfile mon maillot et me dirige vers la lagune. Justement un homme qui semble être arrivé en vélo et en train d’enfiler une combinaison des lunettes et un bonnet de bain. Contraste avec moi qui arrive avec ma serviette de plage de 50 x 30 cm. Même s’il a plu, l’eau ne me semble pas froide. C’est super de pouvoir se baigner dans cette piscine d’eau de mer. Car le Bassin d’Arcachon étant très plat, il n’est pas rare que l’eau se retire très loin. Pour les petits cela permet d’éviter de se rendre à la plage de Lacanau Océan (avec ses dangers). Ici ils peuvent même faire leur première glisse sur des voiliers Optimist. Epatante cette journée où j’ai eu la chance d’éviter la pluie (alors que dans le Gers par exemple les gens ont subi des inondations) et même pris des coups de soleil sur les bras (heureusement j’ai prévu un sachet échantillon de crème hydratante). Bon ce n’est qu’un grand trou dans le sable rempli d’eau de mer stagnante avec de la vase et des algues dont on ne peut renouveler l’eau qu’aux grandes marées par une trappe. Des systèmes équivalents sont utilisés à pour la récolte du sel, l’élevage d’alvins et la culture de la salicorne : http://pagesperso-orange.fr/algues/salicorne.htm Après une bonne douche, je peux bénéficier du service de plats cuisinés et de l’animation cartes de la soirée. Un des vacanciers s’étant proposé d’interpréter des chansons et du jazz manouche avec sa guitare, je remporte 3 manches de belote attablé sur cette terrasse musicale. Bizarre le couple de mes adversaires prêtant que l’on peut battre les cartes à la belote. Ce qui est sûr c’est qu’après avoir mélangé plus personne n’a de jeu. Mon partenaire responsable de l’animation me propose de participer à l’excursion du lendemain car il reste de la place dans le bus. J’hésite car la météo est incertaine. J’avais prévu de profiter des pistes cyclables qui longent la côte au milieu des pins pour rejoindre Soulac. Puis de prendre le bac pour traverser la Gironde et poursuive jusqu’à Saumur. Où nous sommes invités à un mariage le week-end suivant (le vélo aurait alors fait le retour sur la voiture). Mais ma femme m’en a dissuadé. Elle préfère que nous partions ensemble avec nos 3 enfants. Il faut dire que nous devons séjourner chez la grand-mère de la mariée que nous ne connaissons pas et il vaut mieux ne pas y arriver en ordre dispersé. Et puis c’est un peu le rôle de la femme-mère de faire revenir à la maison l’homme-enfant explorateur. Jeudi 12/06 0 km en vélo 150 km en car. Tous volets fermés, le jour me réveille bien avant la sonnerie et cela me permet de découvrir que la fonction réveil est opérationnelle quand mon téléphone est éteint (je croyais naïvement qu’il fallait qu’il soit en service). Je peux même écrire mes cartes postales avant de partir. Départ 8 h sous le soleil pour cette découverte du Médoc. La Gironde est le plus grand de nos départements. Sur les 120000 hectares consacrés à la vigne, 12000 sont dans la Médoc. C’est le territoire de l’appellation la plus étendue que nous allons découvrir. Nous avons beaucoup de chances car notre guide habite le village de Margaux et un de ses enfants travaille au château Margaux. Ce 1er cru classé est tellement célèbre que beaucoup pensent avoir bu du vin de cette propriété. Mais c’est peu probable car une bouteille vaut 200 euros et jusqu'à 500 pour les grandes années. Surtout que 99, 5 % de la production va à l’exportation. Pourtant le prestige est un peu artificiel car il date du classement organisé à l’occasion de l’exposition universelle de 1855 et ne sera jamais remis en cause. Un seul changement a été effectué dans les grands crus avec l’entrée en 5ème position de Mouton-Rotschild en 1973 (il fallait qu’il ait les reins solides). En fait il ne faut pas confondre appellation Margaux et Château Margaux. Pour la première nous irons découvrir la production d’un cru artisan. Et même dans cette petite propriété ne couvrant qu’une faible superficie, toute la récolte ne peut prétendre à l’appellation Margaux. Seuls les pieds qui s’enracinent dans des graves (cailloux arrachés aux Pyrénées et apportés par la Garonne il y a 2 millions d’années) en ont le droit. La vigne pourtant toute proche située dans un terrain plus argileux devra se contenter de l’appellation Haut Médoc. Nous pouvons en apprécier la différence lors la dégustation généreusement accompagnée de fromages. Pour le second nous devrons nous contenter d’une vue sur le parc et le château. (pour être autoriser à visiter, il faut mieux arriver en hélicoptère). Le château Margaux est le premier à avoir décidé d’enterrer son chai (soit disant à cause du risque de la radioactivité). Sous une superbe pelouse grande comme un terrain de foot et sous haute surveillance reposent les précieuses bouteilles. Nous circulons à travers les vignes et je suis étonné que les propriétés soient si proches et si nombreuses. Quelques centaines de mètres séparent un château d’un autre. Parfois il s’agit d’une simple bâtisse mais souvent de superbes châteaux avec parc et notre guide en connaît tous les noms ainsi que celui des propriétaires successifs. Même pour celui qui ne s’intéresse pas au vin la visite est plaisante. Voici le petit Versailles puis les jardins somptueux d’un des châteaux Rotschild. Ici s’affèrent toutes l’années une douzaine de jardiniers car le propriétaire ne souhaite consommer que les légumes de sa propriété. Voilà qui nous amène à la pose déjeuner dans le restaurant d’un village. Ici 100 à 200 personnes chaque midi (seul le plat principal est servi à la table). On peut y reconnaître plusieurs équipes d’embouteillages grâce à leurs « bleus » bordeaux. C’est en ce moment qu’avec leur camion ils vont effectuer les mises en bouteilles du nouveau millésime de propriété en propriété. Après une attente en file indienne et un repas copieux nous reprenons notre visite. Beaucoup de gens s’affairent à raboter la vigne. Il faut rappeler qu’à l’origine c’est une liane et qu’elle peut pousser de 8 cm en 24h. On peut pénétrer dans les vignes avec des engins à tout moment de l’année car le sol est très drainant. C’est important pour le taux du sucre des raisins qui ne doivent pas être gorgés d’eau. D’ailleurs il est interdit d’arroser la vigne. Par contre on peut chaptaliser le vin (ajouter du sucre avant la fermentation pour augmenter le degré d’alcool) ou s’il contient trop d’eau en éliminer par osmose. Nous traversons la voie ferrée ou circule le TGV (Train des Grands Vignobles). Puis nous nous dirigeons vers l’estuaire pour atteindre le château de la tour de By. Notre visite commence à l’extérieur. Ici comme dans d’autres propriétés on a conservé avant chaque rang de vigne un pied de rosier. C’était lui l’avertisseur qui attraper le premier le mildiou. Lorsque le rosier était atteint par le champignon, il fallait vite traiter la vigne. Séparés en 2 groupes d’une vingtaine, nous empruntons l’escalier circulaire pour accéder au sommet de la tour placée au milieu du vignoble : http://www.la-tour-de-by.com/ C’est un ancien phare et nous avons une magnifique vu sur la Gironde. Ici l’estuaire fait 12 km de large et c’est impressionnant un peu comme si la mer avait phagocyté la Garonne. Nous voyons la drague qui à longueur d’année s’active pour permettre le passage des plus gros navire. Nous visitons le chai où ce Cru Bourgeois est encore élevé en cuves de bois. J’aperçois dans le caveau des bouteilles de 1959 (mon année de naissance, c’est vrai que je prends de la bouteille) et n’ose pas en demander le prix. Nous terminons par la dégustation. Ce circuit s’achève par la visite de la « Noisetine du Médoc » confiserie constituée d’une noisette enrobée d’un délicieux sirop caramélisé. Accompagnées d’un verre de vin nous dégustons les productions artisanales présentées par une facétieuse hôtesse qui nous narre l’histoire de la petite société de ses patrons. J’achète un petit sachet de Noisetine que je pourrai ramener en vélo. Cela alourdira moins mes sacoches qu’un château Margaux qui aurait pourtant bien allégé mon porte-monnaie. Le retour en car s’effectue dans le calme. L’animateur (mon partenaire de belote) prend soin de prévenir par téléphone le service de plat cuisiné que nous aurons un peu de retard. Mais je n’ai pas très faim et me contenterai d’une salade composée. Projection de l’excellente comédie « Prête-moi ta main » avec Charlotte Gainsbourg et Alain Chabat sur écran géant. Dommage que le bas de l’écran soit masqué par les premiers spectateurs mais je ne manque de remercier mon CE par l’intermédiaire de la fiche d’appréciation pour la qualité de mon cours séjour. Vendredi 13/06 Arès 09h15 Bazas 17h 102 km Pas besoin davantage d’un réveil même si je ne pourrai partir qu’après 09h à l’ouverture de l’accueil. De toutes façons, il faut que je m’active à tout ranger sur le vélo, faire la vaisselle et le ménage. Heureusement à mon arrivée on m’a remis une dose de détergent désinfectant et une lingette (ils ont tout prévu). Je retrouve rapidement la piste cyclable qui longe le bassin d’Arcachon. Inaugurée en 1988 elle a été réalisé sur l’emprise de l’ancienne voie ferrée. Pour ses 20 ans elle me porte bien mais je suppose qu’elle a subi des rénovations. J’en ai la confirmation quand je tombe sur une portion en travaux d’élargissement. C’est aujourd’hui la route départementale 802. C’est aussi l’un des 4 chemins vers St jacques de Compostelle. Celui qu’empruntaient les Bretons, Normands et Anglais débarqués à Soulac. Je parviens à Andernos ou je mets pied à terre pour traverser le marché très animé. Je poursuis jusqu’à Biganos où je dois prendre la direction de Mios-Bazas. C’est facile de suivre une piste cyclable. Mais cela se complique lorsque deux doivent se couper et qu’il n’y a aucune indication. Je longe plusieurs fois la piste qui traverse Biganos (en profite pour acheter 250g de bigarreaux) demande vainement de l’aide et finalement prends la route qui va à Mios pour après être passé sous la voie ferré d’Arcachon retrouver une voie réservée au vélo. Mais cette piste fait un 90° et semble m’emmener vers l’Océan alors que je veux aller vers l’intérieur. En réalité la piste cyclable fait un détour visible sur le plan au niveau de Facture : http://www.tourisme-gironde.fr/...les_gironde_2008.pdf pour aller chercher une passerelle qui passe au-dessus l’A66. Arrivé à Mios les panneaux réapparaissent. Il y a les pistes cyclables du bassin d’Arcachon, celle de Mios à Bazas et entre les deux c’est celle de nulle part ! Me voici dans le parc naturel des Landes et de Gascogne. Je suis au milieu des pins sans une âme qui vive pendant des km. Sauf une brune qui portant son sac à main à l’épaule gauche et son portable à la main droite me semble comme sortie d’un autre décor. Puis je vois une classe de primaire profitant du pique-nique de leur sortie vélo. Plus inattendue une 206 vient vers moi à cheval sur le bitume et le bas côté. C’est un jeune homme qui me demande si je n’ai pas vu une fille tombée en panne d’essence qui rentre par la piste. Je comprends mieux le rassure en lui confirmant qu’il la trouvera dans quelques km. En traversant une route j’aperçois une ancienne station essence transformée en vidéothèque fast-food. Je suis à Salles sur la route entre Mios et Belin-Beliet. Comme il est midi je pense que c’est un signe du destin et fait demi-tour pour m’offrir un kebab landais. Point de pain arabe, de frite ou de mouton mais des gésiers de canard de la salade et une sauce à base de tomates. J’envisageais de retourner chez Fiona mais vu ma progression je renonce à cette option. Me voici de nouveau au milieu des pins. Si le mot lande évoque aujourd’hui la pinède, à l’origine il désignait une région déserte, insalubre et inculte à l’exception des parties les mieux drainées aux abords des cours d’eau. Les eaux stagnantes en hiver faisaient pourrir tout ce qui avait réussi à y germer. Ce n’est que par la pratique de l’écobuage en brûlant les grandes bruyères et les ajoncs impénétrables que les bergers ont pu conquérir certaines zones. C’est par l’arrivée du chemin de fer qui permit l’apport de pierres inexistantes dans la région que l’on a pu créer des voies de circulation et drainer les terrains. On a ensuite planté de pins maritimes utilisés pour la menuiserie du bâtiment, les parquets, les bois de mine, les poteaux télégraphiques, la fibre d'emballage et la papeterie. En ce vendredi 13 j’ai une pensée pour tous les gogos (dont je fais parfois partie) qui vont participer à cet impôt volontaire que sont les jeux de loterie. Je ne pense pas qu’il porte bonheur car cette fois-ci je ne vais pas échapper à la pluie. J’ai déjà troqué mon short et mes sandalettes pour mon pantalon de randonnée et mes tennis et bientôt j’enfile le poncho ou me protège sous un chêne. Mais les grosses gouttes qui tombent des feuilles font tinter ma sonnette. Plus loin je croise 7 ou 8 retraités qui ont endossé leur Kway (jaune : couleur préférée des cyclistes) et il me semble sentir une projection de fines gouttelettes mais c’est un nuage de moucherons qui tape sur ma capuche. L’orage n’est pas loin. Je ne suis pas très fier et je compte le nombre de secondes qui sépare l’éclair du grondement. Comme la vitesse de la lumière est de 300 000 km/s, je vois l’éclair à l’instant ou la foudre tombe. La vitesse du son étant de 300 m/s, il me parvient après quelques secondes. Chacune rajoute 300 m à la distance qui me sépare de l’impact. Heureusement l’orage n’est pas très proche, sont intensité et faible et il s’éloigne. Finalement je ne suis pratiquement pas mouillé quand j’arrive à Bazas. Je découvre cette citée épiscopale qui a conservé un rempart médiéval sur une assise Gallo-Romaine : http://www.ville-bazas.fr/hishisto.htm Je repère une chambre d’hôte au-dessus d’un restaurant à l’entrée de la rue piétonne avant de me rendre à l’office du Tourisme. « Je cherche un endroit pour dormir ». « Vous souhaitez aller à l’hébergement municipal » me demande une demoiselle s’apprêtant à noter mon nom sur un cahier. « Ah mais vous n’êtes pas pèlerin, vous n’avais pas de crédenciale (carnet de route que l’on fait tamponner à chaque étape) ». Dommage j’aurais pu être logé à moindre frais. Désirant resté en centre ville je retourne au restaurant Indigo http://www.petitfute.com/...nt_DP033_14_171.html Le propriétaire me remet les clés de la chambre après m’avoir autorisé à laisser mon vélo dans le couloir entre l’entrée et l’escalier. Je ne discuterai en tout et pour tout que moins de 3 min avec lui. Comme quoi l’accueil peut être très différent d’une chambre d’hôte à l’autre. Il faut dire qu’il est restaurateur et je le retrouverai devant les fourneaux de son très bel établissement sans qu’il m’adresse davantage la parole. Puisque c’est une serveuse qui m’apportera ma salade de St Jacques puis ma tarte tatin. La chambre est à l’image du restaurant et je bénéficie même de la TNT ce qui pour moi est inhabituel. Je tombe par chance sur le reportage de la famille faisant le tour du monde des innovations sociales diffusé sur France 5 http://www.reussirmavie.net/...-d-espoir-_a154.html Laurent et Marie-Hélène de Cherisey sont partis quatorze mois avec leurs cinq enfants pour rencontrer ceux qui agissent pour la planète et pour les hommes. Samedi 14/06 Bazas 08h15 Valence d’Agen 18h 131 Km Pas un mot de plus échangé avec mes hôtes, je prépare moi-même mon petit-déjeuner dans une pièce attenante. Je comprends pourquoi il m’avait parler de biscottes. En fait il y a des tranches de pain grillé et des biscuits qui accompagnerons le thé. Les fruits ne sont pas vraiment de saison : une poire consommée tout de suite (c’est plus facile à table) et une pomme pour la route. L’avantage c’est que je claque la porte (en laissant la clé) et je pars de bonne heure. Beaucoup de fraîcheur et d’humidité. Le ciel est quadrillé des traînées laissées par les avions. Cela n’est pas bon signe pour la météo. En effet en altitude il fait froid, jusqu’à – 50°C et la vapeur d’eau sortant des réacteurs se transforme en glace. Si cette ligne blanche persiste c’est que l’air est saturé d’humidité et qu’il ne fera pas beau. On observe un peu le même phénomène sur les tours réfrigérantes des centrales nucléaires. Si le panache de vapeur sort de l’aérorefrigérant en s’élevant rapidement comme avalé par le ciel c’est le beau temps assuré. S’il peine à sortir en bourgeonnant c’est le mauvais temps. A la sortie de Bazas, je décide de ne pas suivre le panneau indicateur qui invite les automobilistes à se rendre à La Réole. Mais de prendre l’autre route départementale qui passe par Pondaurat et me fera franchir moins de courbes de niveau (sur la carte) pour rejoindre le canal. Après tout de même quelques montées et davantage de descentes, je rejoins en 1h15 et 21 km le canal latéral à la Garonne à Puybarban. http://city.zorgloob.com/...17&lib=PUYBARBAN Ce doit être là qu’ils ont tourné Cohnare le Barban. Non c’est Cohan le Barbare. Je traverse sur le pont de Gravilla et me voici sur la voie verte au Point Kilomètrique 185.5. Je suis 8 km après Castets en Dorthe (Extrémité du canal). Je vais profiter des plaques des VNF qui indique le PK sur chaque pont pour valider mon compteur. Le totalisateur indique 400 km et la piste change de rive. Me trouvant à l’ombre j’apprécie mon collant et mon maillot (vous avez du remarqué que je suis frileux). Mais voici la Halte nautique de Fontet et son port baigné de soleil. Cela mérite bien une pause surtout que 3 mûriers platanes me tendent leurs fruits. C’est délicieux. Je les fais goûter à jeune garçon qui ne semble pas convaincu. Ici les pelouses les parterres et le bassin de baignade invite les plaisanciers fluviaux ou en camping car à profiter des aménagements. Il y a même un service de blanchisserie qui passe ici. Une affiche pour la péniche du don du sang qui va de ville en ville sur le canal. Les anglais chez Fiona m’avaient dit s’être amarrés à côté lors de leur arrêt à Valence d’Agen. Cela me fait penser que dés que je disposerai de 458 euros je pourrais retourner mon dossier de Don du Corps à la Médecine. C’est ce que demande la faculté de médecine de Toulouse Rangueil pour participer aux frais de fonctionnement. Finalement c’est moins cher qu’une inhumation. Une petite annonce : Echangerai terrain 12000 m2 hameau (31) valeur 80000 euros contre bateau fluviale ! Je quitte ce lieu agréable et me demande ou ai-je mis mes lunettes de soleil ? En fait je les ai sur le nez. A ma droite le canal, à gauche la Garonne qui conserve sa couleur ocre. Je ressens un profond apaisement procurer par le lent écoulement des eaux. Enfin un cycliste avec des bagages, je ne suis plus seul à voyager sur la voie verte. A son allure il à l’air étranger. Short, chemise déboutonnée et casque ce doit être un anglais. J’envisage de faire route avec lui mais plusieurs paramètres m’en dissuadent : il est jeune moins chargé et à des pneus étroits. Surtout je dois faire ma 3éme pause pipi. Avec la fraîcheur et le fait que je boive je m’arrête tous les 10 km. On pourrait me taxer de potomanie. Un urologue vient de dénoncer cette mode qui consiste à dire qu’il faut boire 1, 5 l d’eau par jour. Pour lui l’eau apportée par les aliments est suffisante. Cela n’est pas nouveau. Il y a 20 ans un collègue nous traitait de potomanes quand après une matinée de travail nous avalions plusieurs verres d’eau au déjeuner. Finalement je retrouve plus loin et décide de le suivre à distance. Cela m’oblige à rouler entre 23 et 25 km/h. Je pourrais tenir cette cadence pendant 1 heure mais pas toute la journée Et puis c’est trop rapide pour profiter de l’environnement : un ragondin qui croise au milieu du canal indifférent à notre passage, une jolie embarcation avec une roue à aube, cette magnifique péniche Moêt & Chandon. Un petit bijou sur l’eau : http://www.moet-chandon.co.uk/...vial-magazine-fr.htm Heureusement il s’arrête pour consulter un panneau indicateur ; j’engage la conversation. Il veut faire étape à Agen puis Toulouse puis faire le canal du Midi, rentrer à Bordeaux en train pour retourner en Angleterre et ne dispose que de 4 jours. Voilà ce qui justifie son allure. Je lui montre sur mon super dépliant le trajet que j’ai effectué. Il trouve ce plan très bien, lui ne dispose que d’une carte routière. Mais je ne peux pas lui cédé jusqu’à présent j’en ignorais l’existence et ne pense pouvoir en obtenir un autre. J’hésite à lui proposer l’hébergement mais je ne crois que ma femme apprécierait surtout que ce soir mon fils participe à un concert. Il me quitte en me disant que nous allons nous revoir mais j’en doute. Dans une contre-allée menant à une habitation, je vois les fesses d’une femme accroupie devant un spider Alfa Roméo. Elle et son mari m’aperçoivent. J’évite de les saluer mais nous esquissons un sourire que la distance suffisante entre nous autorise. Il faut bien se soulager des besoins naturels. Puis un tracteur équipé en balayeuse enlève les feuilles et les branches tombées sur la piste cyclable. Ce n’est pas en Lot et Garonne ni en Tarn et Garonne que je verrai cela. Plus loin une belle desherbeuse le pulvérisateur à la main traite les allées à côté d’une écluse. Décidément le canal se fait beau pour l’arrivée de l’été. En ce samedi les touristes montent en nombre à bord des bateaux loués pour la semaine et préparent leur croisière. Le gasoil sera facturé en fonction du nombre d’heure durant les quelles les moteurs auront tourné. Je retourne au café du canal ou les photos de bruschettas avaient attiré mon regard. C’est une grosse tartine de pain grillé garnie comme une pizza. http://www.goosto.fr/...zarella-10009160.htm Je choisis celle aux trois fromages avec une salade. Je retrouve Le Lot et Garonne et les indications disparaissent. Même plus de P. K. sur les ponts. A se demander si c’est toujours les Voies Navigables de France. Puis le Tarn et Garonne et une seule indication : Base de Loisir de St Nicolas de la Grave (au confluent du Tarn et de la Garonne) et Moissac. Et arrive sans encombre à mon domicile après 509 km agréables. Je sais désormais que de Valence D’Agen je peux rejoindre une des 2 extrémités du canal latéral à la Garonne (Castets en Dorthe ou Toulouse) en une journée. Je ne peux que vous inviter à profiter de cette voie verte. Pour une journée, un week-end ou pour les vacances. Cela ne demande pas de capacités particulières, il suffit d’en avoir l’envie. Merci aux régions et aux départements auxquels je ne manquerai pas de transmettre mes impressions. Pardon aux randonneurs et joggers qui regrettent de plus pouvoir fouler la terre. Mes excuses à l’IGN dont le GPS m’a finalement était utile. Même si je rêve toujours d’un GPS avec une deuxième base de données comportant les pistes cyclables et les passages piétons. |  |  |  |  |  | Facteur4 : Objectif pour 2050 de diviser par 4 l'émission de gaz à effet de serre. |  |
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