
nanyouth
Nan, Thaïlande

14 juin 2007 à 9:36
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Quelques mots sur cette Ethnie: C'est le cinquième groupe ethnique en terme d'individus parmi les 56 nationalités de Chine et le recensement chinois de 1989 estima leur nombre à environ 7 millions. Les Hmong vivant au Laos représentent 7,4 % de la population laotienne, soit environ 438 300 personnes. Ils font partie des 49 ethnies recensées par le gouvernement laotien en 1989. Aujourd'hui, une partie des Hmong est encore réfugiée dans la jungle, dans la zone de Xaysomboun, car traquée par les armées laotienne et vietnamienne pour avoir aidé les Français pendant la guerre d'Indochine puis les Américains pendant la guerre du Viêt Nam. En 2005, ils n'y sont plus que 8 000 alors qu'ils étaient plus de 30 000 il y a une dizaine d'années . Voulant s'opposer au régime communiste de l'époque, cette ethnie paye donc aujourd'hui un lourd tribut. Au cours des dernières décennies, une forte population de Hmong a émigré aux États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Allemagne, Japon, Argentine et France (estimation à 30 000 selon Chô LY, 2004), dont environ 2 000 en Guyane française. La plus grande partie vit encore en Asie du sud-est : Chine, Viêt Nam, Laos, Thaïlande et Birmanie. Les Hmong connurent des débuts paisibles au Laos, vivant en autarcie sur les sommets des montagnes. Avec la colonisation de l’Indochine, ils furent encouragés à produire de l’opium pour les Français. Ces derniers, comme les Laotiens, les appelaient Méo, une déformation du Miao chinois avec une connotation péjorative ( signifiant montagnard sauvage). L’accumulation des taxes et de divers impôts, ainsi que le fait de se faire administrer systématiquement par des non-Hmong et les nombreux cas de corruption sont autant de facteurs qui amenèrent les Hmong à se soulever contre le colonisateur. Cette révolte nommée « Guerre du fou » durera cinq ans (1917-1922), jusqu’à la mort de Pa Chay, le leader hmong de la révolte. Cet épisode amena les Français à changer leur politique avec cette ethnie en particulier. Ils se virent désigner des responsables hmong, dont l’un, Ly Foung, devint administrateur de sous-district. Ce poste permit à Ly Foung d’envoyer ses enfants à l’école, et l’un de ses fils, Touby, obtint même le baccalauréat, fait assez rare à l’époque. Son éducation et ses talents de bureaucrate valurent à Touby Ly foung de gravir rapidement les échelons dans l’administration coloniale française et surtout, de devenir un des grands leaders hmong de l’histoire récente Malgré son décès, il reste pour les Hmong de la diaspora un personnage de toute première importance. Il occupera successivement les postes de Ministre de la Santé, de Ministre des Postes et Télécommunications et le poste de Conseiller du Roi. Il fut le meneur des Hmong de XiengKhouang, à la fin de la seconde guerre mondiale, pour aider l'armée Française à reconquérir la ville et reprendre le contrôle du pays. Il profitera de son rang de dirigeant pour pousser les Hmong à l'éducation d'un côté et à combattre les communistes vietnamiens de l'autre. Les Français ont employé les Hmong, connus pour leur efficacité à se déplacer en milieu hostile, lors de la bataille de Dien Bien Phû.Ils furent abandonnés par la France après la défaite, en 1954 En 1962, les Etats-Unis les recrutent à nouveau, pendant la guerre du Vietnam, pour combattre la présence des soldats vietnamiens au Laos. Cette opération appelée « US Secret War » a été financée par la CIA. Elle consistait à sécuriser la zone et à récupérer les pilotes Américains abattus en venant bombarder la piste Ho Chi Minh. Au retrait de ces derniers du Vietnam en 1975, ils fermèrent les camps d’entraînements et suspendirent toute aide militaire et financière envers le Laos et les Hmong. Quand le parti communiste du Pathet-Lao pris le contrôle du pays, les Hmong furent alors persécutés, considérés comme des traîtres.Leur leader politique, Touby Lyfoung, fut emprisonné et mourut en détention tandis que leur leader militaire, Vang Pao, s’enfuit aux Etats-Unis Les représailles laotiennes et vietnamiennes envers les Hmong continuent à l’heure actuelle. Les reportages de Philip Blenkinsop en 2002, Thierry Falise en 2003, de Grégoire Deniau et Cyril Payen en 2005, et de l'américain Roger Arnold en septembre 2006, dans la presse occidentale, ont montré la situation désastreuse des Hmong dans la forêt laotienne. Ils sont traqués et exterminés depuis plus de trente ans maintenant, sans pouvoir espérer fuir le pays. Ceux d'entre eux qui y parviennent, s'enfuient en Thaïlande d’où ils peuvent être accueillis, pour certains d'entre eux dans d’autres pays occidentaux. Cependant, beaucoup aussi restent dans une situation délicate au Laos. En Thailande, parqués dans des prisons à ciel ouvert, ils n'ont pas le statut de réfugiés, mais celui "d'immigrant économique illégal". Environ dix mille d'entre eux sont enfermés dans ces camps de prisonniers, dans la province de Phetchabun, par exemple, ou dans d'autres prisons du Nord et du centre de la Thailande. La situation humanitaire y est préoccupante comme en témoigne une association française, qui a eu accès aux Hmong des camps et des prisons thailandaises. ------- "En évitant le tigre, on rencontre le crocodile" Proverbe Thailandais
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