Forum voyage
 Billets d'avion   Chambres d'hôtel   Séjours   Circuits   Croisières   Thalasso   Weeks ends   Voitures   Annonceurs 
 Forum   Rechercher   Communauté VF   Mon compte 
Forum > Entre deux voyages > Carnets de voyage, textes de voyageurs > Anergui, jour de souk (Maroc)
 

Maroc
 Voyages au Maroc 
sejourVoyages au Maroc
chambre hôtelChambres d'hôtel au Maroc
billets avionBillets d'avion pour le Maroc
Voitures de locationVoitures de location au Maroc

Maroc
 Voyages au Maroc 

 


scourtoi
Sologne, France

Photo/image personnelle du membre scourtoi.


17 octobre 2006 à 15:38

Message 1 de 16
Consulté 2 507 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Anergui, jour de souk (Maroc) Répondre

Le sept septembre était un jeudi. A Anergui le souk battait son plein.Sourire
Voici quelques souvenirs éparpillés...
Sam

* * *

Aujourd’hui, jour de souk.
Tous les jeudis.
Je retrouve mes amis
Avec du thé et des galettes.
Le petit café au coin
Domine la place entière.
La terre battue et les cailloux
Se sont mêlés aux eaux de pluie.
Nous nous agglutinons
A l'abri des rafales.
Les rires et les salutations
Pleuvent
Entre les familles réunies.
Joyeux microcosme bigarré,
Trop petit pour s’y perdre.
Je cherche Moha des yeux.
La foule est dense.
Nous partons ce soir vers Kousser.
Je l’aperçois au fond du souk,
Où sont vendus les animaux.
Moutons, chèvres, mulets, ânes…
Les transactions sont graves.
Les regards sont sévères.
Un vieillard me vend sa chèvre.
Une petite chèvre noiraude.
Aussi sèche que le vieux.
Même regard lumineux,
Même barbiche.
Et je retrouve enfin Moha,
Sa peau usée,
Ses vastes sourires,
Ses yeux couleur de braise.
Il ne parle que tamazight.
Ni français, ni arabe.
Pour ce qui est de rire,
Les gestes suffisent.
Nous faisons quelques achats.
Du pain, de l’huile,
Des pommes de terre et des tomates,
Des oignons,
Des épices multicolores,
Des bougies, du thé, du sucre,
Un bon quartier de viande,
Des sardines et du fromage.
Tout ce qu’il faut pour vivre bien.
Fatima et Aïcha sont là,
Toujours secrètement aguicheuses.
J’aime le souk.
Cette manière de parler
A tous ceux que l’on croise.
Manière de se rencontrer,
De vivre l’unité du clan.
Et puis le thé,
Versé de haut,
Est toujours partagé.
Je quitte le petit café
Les bras chargés de provisions.
J’évite à grandes enjambées
Les flaques sur le chemin.
Entre les maisons de terre crue,
Je ne ressens plus les regards.
Je suis ici chez moi.
Si je veux faire partie du clan ?
Libre à moi d’y entrer.
Déroutante liberté,
Tout seul et venant de loin.
Liberté O combien légère
Lorsque l’on s’en saisit.

* * *

Départ après le souk.
Charger la mule,
Et suivre le chemin
Entre les amas caillouteux
Et les pans de la terre.
Les crêtes ensanglantées
Se sont dressées verticales.
La lessive d’une famille
Sèche encore sur les arbustes.
Des fillettes me regardent.
Une heure de marche encore,
Un pont dans les jardins,
Et puis Aït Boulmane
Blotti au fond de la vallée.
Au-delà, les hauts plateaux.
Pour le moment,
Les maisons s’empilent hésitantes
Autour d’un grenier millénaire.
Des provisions sur six étages
Pour le prochain hiver.
Sur le chemin vers le col,
Ali nous ouvre sa porte.
Il est un oncle de Moha.
Nous l’aidons rapidement
A pousser quelques chèvres
Dans le fond de la cour.
Et puis les nattes sont étalées
Sur le toit de la bergerie.
Le pain encore chaud nous accueille,
Les dattes, le thé,
L’huile et les arachides.
La lune, silencieuse,
Glisse au dessus des crêtes.
Pleine.
Unique.
Les reliefs se dessinent
Bleutés par les ténèbres.
Plus bas dans les jardins,
Le murmure d’un tamtam.
Celui du bendir qui se lève,
Honoré par les cieux.
Enfin, le couscous est servi.
Sec et pimenté.
La faim est assouvie.
Je plonge alors dans la nuit,
Seul,
Ne comprenant pas un mot
Des conversations autour de moi.

* * *

Un son de flûte résonne encore
Sur le rocher d’Aït Boulmane
Avec une douleur dans le corps
De la terre des Imazighen.

* * *
-------
Les âmes des sorciers disparus reposent
La nuit sur la cîme d'arbres anciens

Annonceurs en lien avec le Maroc:

» Annoncer sur VoyageForum.com
  Riad du Lion (deg.club.fr/riads.htm)
Un riad avec une situation exeptionnelle, avec vue sur la place Djema el Fnaa.
Rabais aux membres de VF: 5% de réduction pour tous séjour de 7 nuits ou plus [coupon-rabais]
   
  Location de Voiture a agadir ! (www.valoc.com)
Prix réduits ! kilométrage illimité,assistance routière 24/24,assurances...
   
  Riad Zehar, Maison d'hôtes à Marrakech (www.riadzehar.com)
3 chambres dont suite familiale. Prix entre 70 et 110€ la nuit. Pdj inclu.
Rabais aux membres de VF: 7 nuits = Rafraîchissements offerts durant votre séjour [coupon-rabais]
   
  Riad à Marrakech Dar Kaotar Maison d'Hôtes (www.darkaotar.com)
Medina.Loc.chambre nuitée,weekend,semaine de 70à90 euros 2 personnes PdJ inclus
Rabais aux membres de VF: Rabais 10% sur tarif (sauf repas-prestations annexes) [coupon-rabais]
   
  ¥€$ Change (www.yes-change.com)
Change de Dirhams Marocains : Cours - Services - Informations.
   
  Riad de charme à Marrakech (dar-fangui1.e-monsite.com/)
Tradition et hospitalité ; de 2 à 11 personnes; à partir de 35 €.
   
  Ateliers du Film (www.ateliersdufilm.fr)
Vente de DVD documentaire sur le MAROC et autres destinations.
   
Répertoire des annonceurs Répertoire des annonceurs


Dolma
Paris & PardelàlOcéan, France

Photo/image personnelle du membre Dolma.

Description de la photo/image: couleurs québécoises en méli-mélo...


18 octobre 2006 à 2:42

Message 2 de 16
Consulté 2 489 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Tes mots-musique et tes souvenirs-poésie confortent mon idée que la vie est faite de petits bonheurS à glaner par-ci par-là et il est évident que tu les savoures avec délectation...

Merci Sam de nous les faire partager d'une aussi belle manière Sourire.

Dolma
-------
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...

(Ce message a été modifié par Dolma le 18 octobre 2006 à 2:43.)


pataugas
outback NSW, Australie



18 octobre 2006 à 3:12

Message 3 de 16
Consulté 2 483 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Du merveilleux vécu. Savoureux, comme dit Dolma.
C'est bon, de lire des gens heureux. Merci. Infiniment merci.
-------
je penche donc j'essuie


scourtoi
Sologne, France

Photo/image personnelle du membre scourtoi.


18 octobre 2006 à 8:04

Message 4 de 16
Consulté 2 466 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [pataugas] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Coucou !
Merci pour tes bons mots, et aussi pour ceux de Dolma.
J'ai besoin d'un avis... avisé ! Clin d'oeil
Je me demande si la lecture de tout cela ne serait pas plus digeste en prose ?
Certains semblent avoir du mal avec le style un peu haché.
Qu'est-ce que tu en penses ?
Merci
Sam
-------
Les âmes des sorciers disparus reposent
La nuit sur la cîme d'arbres anciens


framboise14
caen, France

18 octobre 2006 à 9:30

Message 5 de 16
Consulté 2 454 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

c'est très beau , je sens les odeurs , je vois les couleurs et je savoure ce miel et ce couscous ..... merci


catherineGil
Montpellier, France



18 octobre 2006 à 9:39

Message 6 de 16
Consulté 2 453 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Mon avis n'est probablement pas plus avisé qu'autorisé .....Clin d'oeil

Cependant, je me suis rendu compte que pour te lire, il suffit d'adopter le rythme, ton rythme . Et pour ma part, il me semble qu'il s'adapte parfaitement à ces scènes de vie partagée au delà des mots .
-------
Catherine
La seule manière de cultiver sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger.

http://www.catherinegil.over-blog.com


Maroc
 Voyages au Maroc 
sejourVoyages au Maroc
chambre hôtelChambres d'hôtel au Maroc
billets avionBillets d'avion pour le Maroc
Voitures de locationVoitures de location au Maroc

Maroc
 Voyages au Maroc 


scourtoi
Sologne, France

Photo/image personnelle du membre scourtoi.


18 octobre 2006 à 9:49

Message 7 de 16
Consulté 2 451 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [catherineGil] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Tous les avis sont avisés et autorisés ! Ils sont même les bienvenus. Sourire
Merci en tout cas pour le tien, qui s'ajoute aux quelques autres qui me recommandent de ne rien changer.
Dans le duel entre les vers et la prose, c'est pour le moment les vers qui l'emportent !!
Ouf Clin d'oeil Pour une fois que la poésie gagne du terrain, je m'en réjouis !!!
Sam
-------
Les âmes des sorciers disparus reposent
La nuit sur la cîme d'arbres anciens


catherineGil
Montpellier, France



18 octobre 2006 à 10:19

Message 8 de 16
Consulté 2 442 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

J'avais trouvé très poétiques tes textes en prose

" En route pour Agadez "
" On n'y accède qu'à pieds"

De mon point de vue, de façon générale dans un texte, c'est le fond qui est ou non poétique.

Ce que je trouve intéressant dans ce texte, "Anergui " c'est que la forme en vers, comme je te le disais dans mon post précédant imprime un rythme, qui me paraît coller exactement à la réalité partagée. De mon point de vue, c'est ce rythme qui est un plus. Comme la prose, correspondait bien à la chaleur et à la lenteur de ton texte "En route pour Agadez "

Clin d'oeil, puisque je suis autorisée, j'en profite !
-------
Catherine
La seule manière de cultiver sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger.

http://www.catherinegil.over-blog.com


scourtoi
Sologne, France

Photo/image personnelle du membre scourtoi.


18 octobre 2006 à 10:39

Message 9 de 16
Consulté 2 438 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [catherineGil] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Vraiment, je te remercie beaucoup pour ton avis très constructif !
Et pourtant, le texte "On n'y accède qu'à pieds" avait initialement été écrit en vers. Et c'est comme ça que je le garde actuellement. Mais au moment de le poster, je doutais tellement de sa lisibilité, que j'avais recollé toutes les phrases sous forme de paragraphes.Tire la langue
Comment ça je complique tout ?? Mais non... Cool
Sam
-------
Les âmes des sorciers disparus reposent
La nuit sur la cîme d'arbres anciens


catherineGil
Montpellier, France



18 octobre 2006 à 11:30

Message 10 de 16
Consulté 2 428 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Clin d'oeil, Mon point de vue, mais ce n'est que ça hein, c'est que, si la forme n'apporte rien au fond, elle est inutile si ce n'est +/- vulgaire.
En ce moment, je lis beaucoup René Daumal et ses textes en prose sont aussi riches que ces textes en vers.....Et pourtant, je ne suis pas certaine qu'il pourrait entrer au rayon "poésie" rose et bleu....

" D'un fruit qu'on laisse pourrir à terre, il peut encore sortir un arbre. De cet arbre, des fruits nouveaux par centaines.
Mais, si le poème est un fruit, le poète n'est pas un arbre. Il vous demande de prendre ses paroles et de les manger sur le champ. Car il ne peut à lui tout seul, produire son fruit. Il faut être deux pour faire un poème. Celui qui parle est le père, celui qui écoute est la mère, le poème est leur enfant. "

René Daumal - Les dernières paroles du poète -
-------
Catherine
La seule manière de cultiver sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger.

http://www.catherinegil.over-blog.com


scourtoi
Sologne, France

Photo/image personnelle du membre scourtoi.


18 octobre 2006 à 11:47

Message 11 de 16
Consulté 2 424 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [catherineGil] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Belle citation de René Daumal. Avec laquelle je suis assez d'accord.
Là où je ne suis pas d'accord, c'est que selon moi la forme apporte bel et bien au fond.
Si je relis "Le fou d'Elsa", d'un auteur bien connu, l'alternance entre la prose et les vers apporte beaucoup. Et si Lautréamont avait écrit en vers, ses textes se liraient différemment. Le fait que Christian Bobin n'écrive qu'en prose n'enlève rien à la poésie. Mais ses textes ne peuvent exister que comme tel. Peut-être est-ce aussi un parti pris à prendre, qu'importe que l'on nomme poésie où non le texte concerné. Je vais prendre le parti des vers, car c'est comme ça que les textes sont sortis au départ. Tant pis pour les coupures, les soubressauts, les hésitations. C'est un autre voyage. Si je choisis le bus plutôt que le dromadaire, parce que c'est plus lisse et prévisible, je gagne sur un plan, et je perds sur un autre...
Merci Catherine Sourire
Sam
-------
Les âmes des sorciers disparus reposent
La nuit sur la cîme d'arbres anciens


catherineGil
Montpellier, France



19 octobre 2006 à 3:25

Message 12 de 16
Consulté 2 391 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Merci à toi surtout pour tes beaux textes..... en prose ou en versSourire
-------
Catherine
La seule manière de cultiver sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger.

http://www.catherinegil.over-blog.com


Maroc
 Voyages au Maroc 
sejourVoyages au Maroc
chambre hôtelChambres d'hôtel au Maroc
billets avionBillets d'avion pour le Maroc
Voitures de locationVoitures de location au Maroc

Maroc
 Voyages au Maroc 


freestyler
Casablanca, Maroc

19 octobre 2006 à 8:42

Message 13 de 16
Consulté 2 369 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Merci pour ce voyage par les motss, en un seul mot c'est super, et merci encore une fois de nous faire partager ce voyage au coeur de mon pays.....vraiment j apprécie ton texte....juste une question: tu l'as écrit quand t'es de retour?ou lors de on voyage??!
Bisoux
-------
A vous tous un message de peace and love à toute âme à n importe quel coin du globe!!!!


scourtoi
Sologne, France

Photo/image personnelle du membre scourtoi.


19 octobre 2006 à 9:58

Message 14 de 16
Consulté 2 359 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [freestyler] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Bonjour Fadoua,
Mon séjour au Maroc, bien que n'ayant pas dépassé un mois, était vraiment un beau voyage. Une dizaine de jours dans les montagnes du Haut Atlas, et trois semaines dans le désert. J'ai écrit tous ces petits textes en voyage, parfois à la lumière de la bougie, ou sur le dos du mulet. Pas toujours bien confortable... Fou
Tu habites en tout cas un très beau pays, et je te souhaite à toi aussi de pouvoir un jour effectuer tous tes projets de voyages. Incha Allah.
B'sslama
Sam
-------
Les âmes des sorciers disparus reposent
La nuit sur la cîme d'arbres anciens


freestyler
Casablanca, Maroc

19 octobre 2006 à 10:45

Message 15 de 16
Consulté 2 352 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

CoolMerci pour ta réponse, en tous cas je ne cesse de bouger dés que je peux, il me reste le grand sud à faire..c'est le truc qui me motive le plus aujourd'hui...Cet été j ai fait la cote atlantique en solo mais rapidement durant une semaine:Essaouira, Sidi kaouki, Taghazout, agadir(pas intéressant), tifnit, sidi ifni, et essaouira..me reste Aglou et Mirleft pour mes prochains voyages, mais le désert..je le ferai et tous tes messages sur ce site je les ai lu et çe me donne encore plus d'envie à le faire...Le contexte danq lequel tu as écrit ce texte est une raison de plus, c est un message vif et expressif au delà de tout commentaaire..merci en touss cas...
à bientôt aussi. bsslama Clin d'oeil
-------
A vous tous un message de peace and love à toute âme à n importe quel coin du globe!!!!


josé
France



19 octobre 2006 à 13:01

Message 16 de 16
Consulté 2 342 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [scourtoi] Anergui, jour de souk (Maroc) [En réponse à] Répondre

Prose ou vers
Verres et pros...hic
Pardon
Verres et ...prosit
A titre personnel
Je préfère la prose
Mais ne refuse jamais
Un verre, un toast
A la santé d'un ami
Tiens... à Jean et sa modestie
A son texte livré ici
Sur cette vallée d'Anergui
A ta santé mon ami
A la vôtre les amis
Prosit
Et tant pis
Pour les roumis
Qui n'y comprendront que t'chi



Wihalane

C’est le nom d’un gîte du Haut Atlas Central.
Il se situe précisément dans la vallée d’Anergui. On trouve le nom de cette vallée sur les cartes, mais n’y cherchez pas une piste pour y accéder. Celle qui a été achevée voici six ans n’y figure sur aucune, même pas sur les cartes d’état-major. Alors seuls quelques randonneurs accompagnés de guides locaux passent parfois à Anergui. On peut les compter sur les doigts de la main dans une année.
C’est un endroit magique.

La terrasse de terre battue surplombe l’Assif Melloul qui serpente dans la vallée d’Anergui. Elle fait face, au Sud-Est, à une muraille de roches de près de mille cinq cents mètres de hauteur. Au centre, une pyramide granitique culmine : Tagoujimt-n-Ouzdoud, “ la queue de pigeon” en tamazight. Elle attire invariablement le regard.

C’est celle-ci que les quatre occupants du gîte regardent en premier. C’est sur celle-ci que les premiers nuages s’accrochent avant de s’effilocher puis de s’évanouir mystérieusement lorsque le temps s’annonce favorable. Mais parfois, c’est aussi sur elle qu’ils s’amoncellent en une masse sombre, frangée de pourpre, annonciateur d’orages sur Imilchil.

C’est une menace qu’on ne prend pas à la légère chez les Aït Sokhmane d’Anergui, ces Berbères du Haut Atlas, isolés dans une région des plus inaccessibles. Lorsque les orages éclatent sur les hauts plateaux d’Imilchil, la terre n’a pas le temps de s’en nourrir, elle la laisse passer. Ce ne sont pas d’orages dont le sol a besoin, c’est une eau trop pressée, elle dévale les chemins, forme des rigoles, ravine la pente des hamadas pour s’engouffrer dans les akkas.

S’ensuit un processus complexe et irréversible, d’innombrables ruissellements se rejoignent, enflent en petits torrents, descendent dans les vallées pour atteindre irrémédiablement les oueds. C’est ainsi que gonfle l’assif Melloul. Il peut se contenter de rougir de colère, ses flots colorés des terres pourpres des djbels, mais il peut déchaîner sa fureur et répandre la terreur tout au long de son cours : cultures saccagées, ponts emportés, hélas aussi des morts.

Il y a trois semaines, une vague de trois mètres de haut a déboulé, ange exterminateur, dans le village d’Anergui. Dans un fracas apocalyptique, elle a tout balayé, dévastant le souk, emportant dans sa déferlante un gamin et son mulet. Le corps du malheureux fut retrouvé plusieurs kilomètres en aval, le mulet prisonnier des branches d’un noyer.
Chaque année des maisons ou des bergeries de la vallée sont détruites, fragiles constructions de pisé, qui n’offrent que peu de résistance aux eaux tumultueuses de la rivière en furie. Alors leurs occupants rebâtissent un peu plus loin, un peu plus haut, à regret car il est source de vie, pour lui échapper quand il se transforme en imprévisible prédateur.

Maintenant, c’est cette rivière que les quatre hommes du gîte observent. Elle est calme pour le moment, claire ou presque, à peine un peu jaunâtre. Elle occupe, sage, son lit habituel. Hier, teintée de sang, elle était menaçante. Elle avait commencé à charrier les boues rouges arrachées à la terre de l’Atlas. Allait-elle s’en tenir là ?
Dieu merci, ce n’était qu’un avertissement. Elle n’a pas enflé, comme il y a huit jours, venant inquiéter le Toyota en panne, immobilisé sur sa rive.

Ce soir là, l’orage avait grondé derrière “ la queue de pigeon ”. Il avait déversé quelques gouttes de pluie sur la vallée, détrempant le sol de terre glaise lie de vin de la terrasse du gîte. Une terre qui s’accroche à la semelle des chaussures des “Roumis” qui sont venus surveiller, inquiets, l’augmentation du débit de la rivière. Lorsque la nuit est tombée, à l’abri dans le salon, c’est par le son de l’eau qui ne cesse d’enfler, qu’ils peuvent mesurer la montée du torrent. Leurs regards interrogent Ali le gardien. Il hoche la tête avec une grimace. Ce n’est pas bon signe. Ici, la pluie a cessé, mais qu’en est-il sur Imilchil, à quarante kilomètres ? C’est peut-être le déluge !

Plus tard, dans la nuit, ils sont descendus constater le niveau du fleuve. Il est monté d’au moins deux mètres. Il reste une marge de cinquante centimètres avant qu’il n’atteigne les roues du 4X4. Que faire ? Aucun ancrage solide, arbre ou rocher, ne permet d’assurer le véhicule. Il ne reste qu’à s’en remettre au ciel et aller se coucher.

Le lendemain, ils constatent les dégâts : le Toyota est resté à l’abri des débordements de l’assif, mais des seguias ont été démolies, des petits jardins de maïs, de tomates et de melons ont été inondés, ravinés, les maigres cultures détruites. Il faudra recommencer le travail. Ici on est habitué aux colères du fleuve, on se tait, résigné, fataliste.
Le ciel est redevenu limpide.

A l’Est, la montagne se noie dans un halo de brume, que la pluie de la veille a généré. De l’autre côté, on devine l’ascension du soleil, à l’assaut du djbel. Sa lumière grandissante, à la lisière des sommets accentue la nébulosité de la roche. Le contre-jour tamise ses reliefs. Puis une goutte d’or émerge. Un liquide incandescent, qui aveugle et se répand à la cime du cirque. Alors, naissent de longues raies de lumière rectilignes qui plongent dans la vallée, trouant la brume un peu plus épaisse. Derrière, à l’Ouest, au sommet de l’akka qui domine le gîte, un pic triangulaire s’éclaire d’orange vif.

En bas, le village dort, immobile. Il semble d’ailleurs ne jamais sortir de sa léthargie de toute la journée. Existe-t-il un village plus paisible sur terre ? C’est à peine s’il s’anime de temps à autre par la présence d’un troupeau de moutons blancs à tête marron qui descend d’une colline et que suit une bergère. Disciplinés, ils se suivent en file indienne, pointillés blancs sur la terre ocre.

Plus difficiles à distinguer, des chèvres folles et espiègles les précèdent, sautant et s’égayant en tous sens. La petite gardienne les rappelle à l’ordre d’un jet de caillou précis.
Quelques ânes et mulets sont éparpillés sur les pentes, une longe les retient par un pied, penchés vers le sol à la recherche de la moindre nourriture, eux aussi, comme le village semblent figés. Par instant, l’un d’entre eux paraît se révolter contre sa condition, il lance une plainte déchirante et interminable qui se répercute le long de la vallée.
De temps à autres, quelques femmes aux vêtements colorés descendent à la rivière, laver du linge ou puiser de l’eau. Un Berbère, juché sur son mulet, passe sur la piste en direction du souk, que cache une colline.

Tous ces mouvements sont silencieux, tournent au ralenti. Ils fascinent et anesthésient la pensée. Aucun bruit ne vient parasiter la quiétude ambiante, pas de machine, pas de voiture, pas de poste de radio, pas de télé. L’électricité n’atteint pas le village. Même les voix humaines paraissent refuser l’effort de gravir la pente abrupte qui mène au refuge.
Les maisons semblent désertées, les aires de battage, inutiles en cette saison, sont vides. Dans les quelques jardins qui bordent la rivière, un semblant d’activité subsiste encore.
Seul le bruissement de l’assif parvient au refuge. Quelle meilleure musique pour agrémenter le tableau !

Ces menues scènes pourront paraître bien monotones à certains. Pourtant les roumis les contemplent des heures durant, silencieux, sans se lasser, l’esprit bercé par leur lenteur.
Peut-être est-ce la distance qui freine le mouvement des êtres ?
Ils sont là, tous les quatre, assis cote à cote, sur le banc de ciment qui longe le salon. Ou bien ils sont debout, sur le bord de la terrasse, pour mieux observer la rivière. On dirait des vieux, que la sagesse des années a guéri des besoin d’une activité qui occupe la conscience et qui rassure, au profit de la contemplation, qui apaise et d’où émane un étrange bien-être.

C’est une sensation trop souvent absente et inconcevable au pays d’où ils viennent, un pays animé d’une fébrilité épuisante et somme toute stérile. Leurs regards balaient les collines proches sur lesquelles sont accrochées les habitations et les greniers, fouillent les plus petits détails, repèrent les moindres mouvements, s’extasient sur l’admirable façon dont les constructions s’intègrent dans la nature. Chaque maison est bâtie avec la terre sur laquelle elle repose, elle se fond ainsi dans son environnement. Il n’y a que son relief et ses ombres pour la distinguer, avec les trous sombres bordés de chaux blanche de ses ouvertures pour la décorer. Ainsi, chaque maison possède sa propre teinte, car la terre de l’Atlas possède une richesse d’ocres infinie, d’une subtilité de tons à ravir un peintre. Une évolution du blanc de kaolin aux ocres les plus rouges, aux bruns les plus sombres, en passant par une palette sage de jaunes, avec parfois de légères nuances de verts d’eau. Mais on peut aussi découvrir des couleurs plus insolites, extravagantes même, des aubergine, des parme, des violets, des lilas.

Toutes ces teintes évoluent au fil de la journée, en fonction de la couleur du ciel, de la hauteur du soleil, de la chaleur. Les jours de pluie elles se ravivent encore. Plus loin, derrière ces collines, la masse impressionnante du djbel s’impose : un rempart qui escalade le ciel. Lui, en apparence, nulle vie ne l’anime. Il est trop loin pour qu’on puisse distinguer quelque être, animal ou humain. C’est ce qui fait son mystère, car on imagine dans ses failles, ses grottes, entre ses sommets ou occupant ses vires, toute une faune : renards, chacals, singes, marmottes et autres, puis des millions d’oiseaux et d’insectes.
On sait également, mais on ne les voit pas, que des villageois et leur mulet montent presque jusqu’au sommet chercher du bois, au péril de leur vie. Le moindre faux pas et c’est la glissade mortelle !

Cette masse minérale hypnotise les “roumis”, un peu de la façon dont fascine la mer, dans laquelle on lit sans le voir, le monde fantastique sous-marin. A la différence, cette montagne est pétrifiée, ou presque, car au gré de la course du soleil, elle modifie son aspect, se creuse, se complique, accouche de nouveaux pics, s’assombrit là, se met à rutiler ici, se ternit ailleurs, revêt trente-six couleurs, jusqu'à des transparences. Mais à l’instar du village elle se meut avec lenteur.

C’est ainsi que les “roumis” attendent chaque jour de sa part de nouvelles transformations, de nouveaux artifices. Et c’est chaque jour un véritable exploit, elle fait des miracles. Ils ne sont jamais déçus. Ils sont rentrés, harassés, de cette course un peu folle sur les pentes abruptes de Tagoujimt n’Ouzdoud. Une course contre la nuit qui menaçait de les surprendre au beau milieu des éboulis. Harcelés par les crampes, ils ont rejoint le gîte, la sécurité.

Maintenant, apaisés, ils ont repris leur emplacement sur le banc de pisé. Qu’importe qu’il fasse nuit, la même fascination les gagne, leur regard converge encore vers l’est, vers l’endroit où ils crapahutaient tout à l’heure. Dans le silence intense qu’ils s’imposent, ils assistent à la naissance des constellations, c’est toujours un moment émouvant. Puis le ciel s’obscurcit encore derrière la queue de pigeon.

Ce soir est une nuit sans lune et la lisière de la montagne s’efface peu à peu. Ils contemplent la marée montante des astres. Lorsque la nuit s’installe pour de bon, dans le lac d’encre que forme maintenant, à leurs pieds, la vallée, et en réponse à l’apparition des étoiles, éclosent çà et là de minuscules points lumineux. Ce ne sont au début que de petites flammèches vacillantes qui hésitent, puis s’affirment, elles jettent par instant des lueurs franches, révélant un morceau de mur, un cercle de terre battue ou bien le trou d’une fenêtre. Parfois une ombre furtive occulte un instant le feu, ou bien une silhouette frangée d’un rougeoiement attise la braise, lançant au vide une brassée d’étincelles.

Les "roumis" scrutent les ténèbres, sondent l’espace du cirque d’Anergui, leur regard transperce les murs des maisons. Ils imaginent les scènes qui s’y déroulent pour les avoir vécues. Ils savent que le soir, à l’abri des murs en terre des maisons, assis sur des tapis épais de haute laine, on aborde les thèmes où se mêlent religions et vieilles croyances animistes, phénomènes mystérieux, inexplicables, qui ont trait à la maladie, la folie et la mort. On parle de Djinns, de l’esprit des ancêtres, sur un ton réservé, chuchoté, avec crainte de quelque chose, ou pire… de Quelqu’un !

Mais le sujet incontournable, celui qui revient invariablement, c’est la Nature, avec un grand N, la Nature à laquelle on prête une âme, la Nature toute puissante. Une maîtresse bienfaitrice, généreuse… ou vengeresse, imprévisible, capricieuse
C’est le sujet majeur, car la nature est Dieu, la mère nourricière, c’est elle qui décide de la vie du Berbère. Les occasions d’en parler ne manquent pas. Les rencontres sont constantes. Impossible de s’ignorer. Ici tout le monde marche à pied. On se croise à se toucher, sur des sentiers étroits. On offre l’hospitalité à la moindre circonstance, dans les abris sous roches et les bergeries, en partageant l’eau, le thé, le pain trempé dans l’huile d’olive.

Les conversations ne tarissent pas sur cette nature dont la vie dépend.
En premier, naturellement, viennent les sources. Elles sont volages, aujourd’hui ici, demain ailleurs, dérangées par la montée de l’assif ou par un éboulis. Quand elles ne disparaissent pas tout simplement pour une raison inconnue. S’ensuit alors l’exode dramatique, l’abandon des terres et des maisons.

Nous sommes montés avec José au Kousser, sur les plateaux qui dominent Anergui, à plus de deux mille cinq cents mètres d’altitude. Nous étions reçus par la sœur d’Ali, le gardien du gîte. Là-haut, la vie est d’une rigueur inconcevable. L’été, durant la journée, règne une chaleur et un vent implacable, qu’aucune végétation n’arrête. La nuit, c’est le froid qui transit, malgré le peu de chaleur que dispense un poêle de fortune fabriqué dans un vieux fût de deux cents litres. Que dire des hivers sous la neige, totalement coupé du reste du monde. Mais tout cela ne compte pas. Le véritable enjeu, c’est la présence d’une source. Sans elle, pas de vie. Deux se sont déjà taries. Il faut désormais à la famille six heures, une corvée de six heures chaque jour, pour rejoindre la plus proche et apporter, à dos de mulet, l’eau pour le besoin des hommes et des bêtes. Si cette dernière disparaît, il faudra tout abandonner, descendre dans la vallée, dans un « pays » qui leur est étranger.

Après les sources, viennent les oueds, les assifs, en tamazight. Ils sont le principal sujet des discussions. Ils baissent avec la sécheresse, alors, se meurent les seguias, elles n’abreuvent plus les jardins, les arbres fruitiers se déshydratent et périssent. A l’inverse, lorsque ils enflent brutalement, gonflés par un orage, ils sont capables de détruire les plantations, de balayer les fragiles murettes de pierres sèches qui retiennent la terre des terrasses.

On parle des sentiers muletiers, on les recense, on les classe. On en invente qui, dit-on, rejoindraient tel plateau, lieu de pèlerinage, où se tiennent à la disposition du dévot : théières, verres, plats pour cuisiner. Mais personne n’en est sûr, personne n’y est allé.
On échange des propos sur les pistes, celles des 4X4, elles ne sont pas nombreuses, mais vitales pour les quelques souks qui approvisionnent le pays. Elles aussi sont fragiles, tributaires de cette nature parfois féroce, qui les coupe selon son humeur, à coup de crues et d’éboulement de rochers, condamnant l’accès aux vallées.
Puis on en vient au passé, on évoque les batailles de jadis.

Le narrateur se grise de ses propres paroles. Il en devient l’un des héros. L’auditoire fasciné voit son visage se transformer. Les flammes vacillantes des bougies animent les murs de personnages et inventent le décor du récit. Les champions des fractions surgissent, se défient afin d’épargner un carnage général. "Cette bataille aurait eu lieu au Tizi(…)" dit l’un des hommes présent. "Non, c’était sur le versant Est du Djebel(…), c’est là que les Aït Addidou auraient enfoui leurs biens avant le combat. On n’a jamais rien retrouvé." dit celui qui verse le thé.

Bientôt les conversations s’enflamment et s’irrationalisent. On parle d’animaux malfaisants, de chats sauvages de la taille d’un gros chien, qui égorgent pour le plaisir canards et agneaux, de la fameuse panthère de Boutferda – La race est déclarée officiellement éteinte depuis plus de trente ans, mais les bergers assurent relever ses traces régulièrement. Juste des traces, car jamais personne ne la voit.

Viennent les bêtes fantastiques, "Bête de Gévaudan" locales, les animaux féroces qui hantent les grottes. Alors on pénètre celles-ci pour les explorer ou s’y mettre à l’abri en prononçant : "Bismilla". Un animal pensant être pris au piège pourrait fondre sur soi. "Bismillah" signifie "Au nom de Dieu" On prononce le mot avec respect, discrètement, pour soi-même, d’une voix presque inaudible, pour se rassurer, pour exorciser, quand on franchit le seuil d’une maison, d’un grenier, quand on s’apprête à manger… Avant toute décision importante.

C’est un pays retranché du monde, de la civilisation moderne, qui n’a pas à attendre d’aide de l’extérieur. Les médecins de ‘‘la plaine’’ ne viennent pas jusqu’ici, ils craindraient de rayer la carrosserie de leurs beaux 4X4. De toutes façons on ne pourrait pas les payer. Alors on se fait soigner par des médecines traditionnelles. On fait venir le rebouteux ou le guérisseur d’une tribu voisine. On règle souvent en nature, selon ses ressources. Il est de coutume d’offrir un objet blanc, cela peut-être, par exemple, un simple morceau de sucre.
L’hôpital de Beni Mellal refuse d’envoyer des ambulances tout terrain. Sans doute un Berbère n’en vaut pas le coût !

Il reste à la population à se débrouiller seule. Si un malade ou un blessé doit se faire hospitaliser, s’il a quelque argent, il loue lui même un petit Land-Rover, qu’il fera "médicaliser !" à grand renfort de tapis et de coussins. Non, "la plaine" * n’envoie aucun secours aux gens de la montagne, en revanche, elle tente de déléguer des "fonctionnaires" : gardes forestiers, gardes chasse, gendarmes. Elle voudrait bien contrôler étroitement le pays.

Les Berbères savent que ce serait la fin de leur identité. Alors, ils réagissent à leur façon, des fonctionnaires subissent les moqueries de la population et démissionnent. D’autres s’avèrent inutiles, les forêts ont disparus, des bergers ont brûlé les grands arbres des plateaux. Désespérés, certains habitants se sont résignés à pratiquer la politique de la terre brûlée !

Les "roumis" ont encore dans les yeux les silhouettes torturées des grands genévriers, dont les branches dénudées et calcinées se tendent désespérément vers l’azur.
Leur regard vient s’apaiser sur les amandiers fleuris de l