
hgb
Mayence (Mainz), Allemagne
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18 avril 2006 à 11:45
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Bonjour, croyez-vous vraiment pouvoir apprendre le malinké avec ce livre ?! Vous vous forgez des chimères !!! Pour apprendre une langue (quelconque), il faut un manuel scolaire !!! "Parlons malinké" n'est pas un tel et donc inadapté à apprendre cette langue mandé !!! A vrai dire, je ne doute pas que ce livre soit utile pour se faire une idée d'ensemble sur la grammaire ou sur la "manière de fonction" de cette langue ... (je ne connais pas très bien ce livre mais d'autres de cette série dont "Parlons bambara" et "Parlons Soninké"). Par ailleurs, le terme "Malinké" est ambigu et souvent mal usé ... En permettez-moi un petit exposé : A l'origine, ce terme francophone pourrait être un ethnonyme, un nom propre qui sert à qualifier plusieurs groupes de parlers « MANDING » (p.ex. le Maninka, le Mandinka etc.), à savoir « les gens du Mali ». Il s'en agit des groupes qui ont, au fil de plusieurs époques, quitté l'empire légendaire du Mande pour se nommer donc par leur pays natal. Le nom « Manding » est simplement une autre façon d'écrire et de s'exprimer du mot « Mali » qui se rapporte à cet ancien empire; sa population capitale a parlé le « MANDEKAN », une forme primitive du Manding d'aujourd'hui. Ce qui est resté, entre autres, de son importance, est le fait qu'au moins, deux variantes du Manding ont gardé leur fonction comme lingua franca jusqu'à ce moment : le Bambara et le Dioula ... dont le premier est en train d'augmenter sa position de premier ordre continuellement. Il s'agit vraiment d'une progressive extension du Bambara qui a, par résult, qu'on y parle d'une « bambarisation » ... Relatif au terme « Malinké », on trouve au Manding d'aujourd'hui dont le Bamana est son représentant le plus parlé, des évidences correspondantes ... (pour les exposer, ça supposerait des connaissances en langues mandé) ! Plus tard, à partir de 1900 (1), on a utilisé « Malinké » aussi comme un terme linguistique pour qualifier un des trois (2) dialectes principaux du Mandingue ou Mandingo (son équivalent anglais) mais son emploi est trop étendu ... D'un côté, il n'y a pas de matériels de langues des régions où on dit que le Malinké soit parlé ... Donc, la diffusion du Malinké supposée comportent des lacunes. D'autre côté, il y a deux formes du Manding (à savoir le Mandinka et le Maninka qui doivent appartenir soi-disant au Malinké) qui sont, sans doute, deux dialectes différents. A vrai dire, la distance dialectale entre le Mandinka (le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau) et le Maninka (la Guinée, le Mali) est extrêmement large. En plus, quelques variantes du Manding parlées au nord-ouest du Côte-d'Ivoire qui avaient été classées jusqu'ici dans le Malinké sont considérées, selon des recherches plus actuelles, comme de propres dialectes Manding ... Pour clarifier la diversification écrite en haut, voici les dialectes Manding qualifiés comme « Malinké » (ou « Mandingo ») dont le Worodugukan (la Côte-d'Ivoire), le Koyagakan (la Côte-d'Ivoire), le Korokan (la Côte-d'Ivoire), le Wasulunkan (Côte-d'Ivoire, Guinée, Mali) (3), le Manenka (la Sierra Léone, la Guinée), le (Manden-)Maninka (le Mali, la Guinée), le Kita-Maninka (le Mali), le Maniya (la Libéria), le Maninkaxanwo (le Mali, le Sénégal), le Nyoxolonkan (le Sénégal) et le Mandinka (le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau) ... Vous voyez, le terme "Malinké" n'est qu'un terme collectif pour qualifier tant des variantes Manding proches que des variantes Manding extrêmement différentes et est donc un terme peu utilisable ... Bien sûr, en tant que non-mandéiste (que je suppose de la part de vous), vous en a rien à cirer ... Pourtant, je souhaite que vous ayez du succès en apprendre le Malinké ! Sincèrement, hgb (1) Delafosse, Maurice 1901. Essai de manuel pratique de la langue mandé ou mandingue, Paris. (2) Les deux autres sont le Bambara et le Dioula (Côte-d'Ivoire). (3) Ou classé au Bambara aussi.
"En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle" Amadou Hampaté Bâ (Mali)
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