Forum voyage
 Billets d'avion   Chambres d'hôtel   Séjours   Circuits   Croisières   Thalasso   Weeks ends   Voitures   Annonceurs 
 Forum   Rechercher   Communauté VF   Mon compte 
Forum > Entre deux voyages > Carnets de voyage, textes de voyageurs > Australie: 5833 kilomètres en 25 jours, souvenirs de voyage
 
billets avionBillets d'avion pour l'Australie
chambre hôtelChambres d'hôtel en Australie

 


Christian70
Cusco, Pérou



4 septembre 2006 à 8:42

Message 1 de 3
Consulté 1 996 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Australie: 5833 kilomètres en 25 jours, souvenirs de voyage Répondre

Ayant découvert ce site, il y a seulement quelques jours. Je me suis dit que mon souvenir australien de l'été 2005 pourrait peut être servir à quelqu'un. Si ce n'est pas le cas, au-moins vous passerez un moment de détente. Bonne lecture.
Christian


03 septembre 2005

A 10h00, je quitte la maison pour l’aéroport de Roma-Fiumicino. Le chauffeur volubile m’a fait la conversation durant tout le trajet. Devant le guichet d’embarquement n° 326, secteur C, j’attendais les deux autres protagonistes de cette aventure, au pays de Crocodile Dundee. Lorsque l’équipe fut complète, nous avons procédé à l’enregistrement des bagages. Le quai d’embarquement est le C22. Au contrôle de la police, lorsque je passe au détecteur de métaux, ça sonne ! On me fait enlever la ceinture, le portemonnaie, le trousseau de clés, mais ça sonne toujours. Alors la responsable, avec un détecteur portable, me contrôle et à la fin me laisse passer, sans avoir compris pourquoi j’ai déclenché l’alarme. En y repensant, ça doit être la montre. L’embarquement est prévu pour 12h10. Nous arrivons au quai avec un peu d’avance et chose surprenante, les passagers ont déjà commencé à embarquer. Avant de me mettre dans la file, qui d’ailleurs est petite pour un avion aussi grand (BOEING 747-400), je passe le dernier coup de fil sur le sol italien, concernant mon livre.
Je prends place au 55B, qui se trouve dans la dernière partie de l’avion, devant une paroi. Il n’y a pas de sièges devant, pas de vue non plus, mais en contre partie, il y a quelques centimètres en plus pour allonger les jambes. Lorsque tous les passagers sont montés à bord, l’avion se met en mouvement et se dirige au début de la piste de décollage. Au moment où il était prêt à décoller, le commandant annonce que pour un problème technique, l’avion doit revenir sur le quai d’embarquement. « Ce n’est rien !!! Tout va bien !!! Un tout petit détail à régler !!! » Nous sommes restés à l’arrêt 90 minutes. Le deuxième décollage a eu lieu 2h10 plus tard que l’horaire prévu. Vu qu’à Hong Kong, l’escale est de deux heures, il est fort probable que nous manquerons la correspondance. Si ce n’est pas le cas et que nous arrivons à monter dans l’avion, les bagages ne suivront pas et seront consignés le jour suivant. Ayant déjà vécu ce genre d’expérience, j’ai pris les devants, en portant avec moi un bagage à main contenant le nécessaire. En observant l’écran devant moi, montrant la route et l’horaire indicatif d’atterrissage, durant le trajet, le commandant a repris un peu du retard. Nous volons à une altitude d’environ 11000 mètres, à une vitesse qui avoisine les 1000km/h, un vent favorable de 180 km/h nous accompagne. La température externe est de -47°c. La distance, à vol d’oiseau, jusqu’à Hong Kong est de plus ou moins 10000 km. Les pays que nous survoleront sont : l’Italie, la Macédoine, la Grèce, la Bulgarie, la Turquie, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, puis la Chine en passant au nord de la chaîne montagneuse de l’Himalaya.

04 septembre

A minuit, heure de Rome, du hublot, nous apercevons le lever de soleil, qui correspond en fait à 06h00 du matin, heure de Hong Kong. Je me sens tout bizarre, car maintenant, c’est l’heure où commence la journée, ici en Chine, mais pour nous, à Rome elle se termine. De passage pour une heure seulement à Hong Kong, nous ne pouvons pas nous habituer à cette différence horaire avant d’arriver à destination. Une “toile de fond”, composée d’une forte lumière rouge coupant en deux l’horizon sert d’écrin à ce spectaculaire lever de soleil. Il reste maintenant une trentaine de minutes avant l’arrivée et en descendant, nous traversons les nuages et une forte zone de turbulences remue énormément l’avion.
L’atterrissage est surprenant, jusqu’au dernier moment l’avion se trouve sur l’eau, soit pour descendre, soit pour freiner, puis dès que nous apercevons la terre, nous touchons le plancher des vaches. A Hong Kong, il est 7h30, la température est de 20° degrés, le temps est couvert et l’air très humide. Toute la piste est mouillée. Nous longeons les couloirs, comme indiqué, présentons le billet pour le contrôle, passons au détecteur de métaux et nous voilà arrivés sur le quai d’embarquement. Chose surprenante, au début et à la fin des tapis roulants, il y a une voix qui dit en chinois et puis en anglais : « Attention à la marche ». Quarante minutes plus tard, commença l’embarquement. J’ai le poste 30G, dans le corridor central, raisonnablement spacieux pour la classe touriste. A 09h00 précise, l’avion se met en mouvement puis nous décollons au premier essai ! Le personnel rencontré dans l’aéroport semble sortir d’un moule, ils sont tous petits, de même grandeurs et maigres. Habillés du même uniforme, les hommes portent les cheveux courts et les femmes ont les cheveux tirés en arrière, recueillis en chignon. Un autre détail encore : une grande partie du personnel porte des gants blancs !
Le deuxième vol, en direction de Sydney, distante de 7500 km, dure environ huit heures, la vitesse de croisière est de 850 km/h. Nous survolons le globe à une altitude de 11800 m. La température externe est de -53°c, et il n’y a pas de vent. Vers 08h00, heure de Rome (16h30 à Sydney), nous apercevons la pointe nord du continent australien. Quelle émotion ! De couleur verte dans la zone de la côte, nous pouvons apprécier le dégradé de couleur brun-beige, puis rouge, qui s’étend à l’intérieur du continent : le gigantesque désert.
20h10, heure locale, nous touchons terre à Sydney Airport. Le temps de passer le contrôle des passeports et arrivés devant les tapis roulants, pour la consigne des bagages, les valises étaient déjà là. Quel service ! Avant de sortir de l’aéroport, tous les bagages sont scannés, car il est interdit de porter de la nourriture en Australie. De ce fait, dans l’avion, il a fallu remplir une déclaration de douane sur le contenu de la valise. Le train nous porte au centre-ville. A pied, nous rejoignons l’auberge située près de la gare centrale. En début de soirée, arrivé en chambre, avec le décalage horaire, mon intestin commençait à se rebeller. Une douche chaude suivie de l’eau glacée eut raison de cette looongue journée.

05 septembre

A 03h30 j’étais déjà réveillé, un moment plus tard, les deux autres compères l’étaient aussi. Tout en restant au lit, nous avons élaboré le programme de la journée jusqu’à être finalement gagnés par la fatigue. A 08h00 nous étions déjà dans le café de l’auberge pour prendre le déjeuner. Ensuite nous avons fait le tour du quartier pour acheter des adaptateurs de prise électrique, car le système australien est différent de celui européen. Lorsque le commerçant nous a entendu parler italien, il nous dit qu’il appréciait la nourriture italienne. Puis sans aucune raison apparente, il nous offrit une revue érotique en nous souhaitant de bonnes vacances. Le temps est très changeant, il y a beaucoup de vent et il pleut par moment. Il faut préciser que nous sommes de l’autre côté de l’équateur donc les saisons ne sont pas les mêmes qu’en Europe. Il y a deux jours encore, c’était la fin de l’été en Europe, ici par contre, l’hiver laisse la place au printemps. Un habillement chaud avec pull et veste est de rigueur. Durant la journée, le ciel s’est ouvert et nous avons eu droit à un beau soleil. Sur l’avenue où nous logeons, en direction du port, il y a la Sydney Tower. C’est une tour panoramique qui s’élève à 250 m de hauteur et qui domine la ville. En son sommet, il y a une vue à 360 degrés. Le fort vent a balayé les nuages et le ciel est complètement bleu. Nous pouvions observer le panorama à plusieurs kilomètres à la ronde. Les coupons qui nous ont été fournis par la réceptionniste de l’auberge, nous ont donné droit à une réduction de 20% sur le prix du billet de l’ascenseur. De retour sur terre, dans la rue, sur nos têtes, nous notons la présence d’un monorail, à une hauteur d’environ 5-6 m du sol, monté sur pylônes. Chaque cinq minute passe un métro aérien de petite dimension, avec quelques wagons. En fait, il effectue une boucle sur le centre ville. Nous rejoignons à pied, le Sydney Aquarium, qui est un zoo marin énorme, ou l’on trouve tous les animaux australiens, dont l’habitat naturel est l’eau. La liste est longue, elle va du crocodile au minuscule poisson d’un centimètre, des crustacés à l’ornithorynque (appelé : platypus, en anglais), des otaries aux requins et j’en passe. Avec le coupon de l’auberge, ici aussi, nous avons droit à une réduction de 20% sur le prix du billet d’entrée. Deux heures furent nécessaires pour compléter le parcours proposé, tellement il y avait d’animaux à voir. Je voyais certaines espèces pour la première fois de ma vie. Ce qui m’a fasciné tout particulièrement, c’était le grand bassin avec les requins. Une rampe permettait d’accéder à un corridor en U vitré et blindé, situé sous le bassin. Le long du parcours, il y avait un fond musical (type : Vangelis). Au premier contact, j’ai d’abord eu les frissons, car en étant près de la vitre, les requins me passaient à 10 cm du bout du nez. Puis, en observant plus attentivement, j’ai eu l’impression qu’ils dansaient au son de la musique. Ce fut un moment de très grande émotion, de pouvoir se balader sans risque au milieu d’un ballet aquatique, dont les protagonistes sont des requins d’environ 2,50 m. Leur mâchoire peut vous arracher un bras sans aucun effort.
Durant l’après-midi, nous avons effectué une balade en ville puis, gagnés par la fatigue, nous sommes rentrés à l’auberge pour nous reposer. L’assommante sonnerie d’un téléphone portable nous a rendu à la réalité, en début de soirée. L’estomac exigeant son dû, nous nous sommes arrêtés dans une boulangerie française située à quelques centaines de mètres d’où nous logions. J’ai commandé un chausson aux pommes. Avant de retourner au lit, nous avons pris un verre dans le bar de l’auberge. Il y avait beaucoup de jeunes, j’avais l’impression d’être le plus vieux. En fait je l’étais. La moyenne d’âge allait de 18 à 25 ans. Je me suis pris un cocktail explosif et après m’être fait enfumer, vu qu’en Australie c’est légal de fumer dans les lieux publics, un peu après minuit, je suis remonté en chambre. Les yeux me brûlaient. Une heure plus tard, j’éteignais la lumière, très fatigué. Bonne nuit.

06 septembre

A 05h30, je me suis levé un moment, puis je me suis rendormi jusqu’à 08h00. Par rapport à hier, j’ai déjà gagné deux heures sur le décalage horaire. Demain ça ira mieux, espérant “remettre les pendules à l’heure”. La matinée, qui commence par le déjeuner, est dédiée à la visite du port et de l’Opera House, sur la baie de Sydney. Afin de nous éviter une partie de la promenade, nous avons pris le monorail jusqu’à la Sydney Tower. Le reste du trajet, nous l’avons fait à pied, en effectuant un détour, traversant le Royal Botanic Gardens, nous y trouvons aussi un aperçu de la forêt pluviale, qui est une avant-première de ce que nous verrons dans deux semaines. Un secteur est réservé à toutes les variétés de plantes grasses et de cactus qu’il est possible de trouver en Australie. Je n’avais jamais vu un choix aussi vaste. Pendus aux arbres, nous sommes surpris de découvrir de nombreuses chauves-souris.
Ensuite nous contournons la baie jusqu’à l’Opera House. Ce bâtiment a été construit au début des années ’60 et il fut au centre de différentes polémiques (architecture particulière, coûts des travaux élevés, etc.). Sa forme représente des quartiers d’une sphère. Dans le quartier historique de The Rock, toujours près du port, nous prenons un en-cas. Notre promenade continue jusqu’à la base du pont qui traverse la baie, le Sydney Harbour Bridge puis nous rejoignons l’Observatory. Arrivés dans la zone de Darling Harbour, nous avons voulu visiter le jardin chinois (Chinese Gardens), vu l’heure tardive, une porte close nous accueillait. Dans les environs, il y a le quartier chinois appelé Chinatown, nous l’avons traversé en regardant ce que l’on pourrait manger ce soir : des trucs qui flottent dans un bol de soupe. Vu qu’il était tôt pour souper, nous décidons de rejoindre l’auberge pour nous rafraîchir. En sortant de ce quartier, nous prenons la direction opposée, car nous lisions la carte à l’envers ! Un autochtone, en nous voyant un peu emprunté, nous a remis le plan de la ville à l’endroit et nous a indiqué la bonne direction.
En début de soirée, nous sommes retournés dans un grand bâtiment situé au centre du quartier chinois, visité en fin d’après-midi. Un grand choix de toutes les spécialités des différentes cuisines orientales, nous était proposé. Ce n’était pas excessivement mauvais, mais je ne suis pas en mesure de dire ce que j’ai mangé. Pour le dessert, nous avons préféré une saveur européenne et nous sommes retournés à la boulangerie française de hier. Nous avons pris un méga croissant fourré et un café. De retour en chambre, malgré la fatigue due aux nombreux kilomètres parcourus durant la journée, il a fallu préparer la valise avant d’aller au lit. Demain matin nous quitterons la chambre de l’auberge et la ville de Sydney par la même occasion. Avant la venue du marchand de sable, j’ai écrit quelques cartes postales.

07 septembre

Afin d’être dehors de la chambre avant 10h00, le marathon commence dès le réveil à 08h00. Dans cette auberge, comme pratiquement tout ce qui concerne la catégorie “touriste”, le système est basé sur le porte-monnaie du client. Pour accéder aux étages, il faut absolument posséder une carte magnétique mise à disposition par la réceptionniste, sinon il n’est pas possible de rentrer dans le complexe. La même carte est aussi nécessaire pour la porte d’entrée de la chambre. A 10h00, la carte doit être consignée à la réception, si ce n’est pas le cas, de 11h00 à 13h00, il faut payer une surtaxe équivalente à une ½ journée du prix de la chambre. Dès 13h00, les enchères montent et l’on paie un jour entier. Je n’ai pas été content de cette chambre, car elle était pleine de courants d’air. Durant la journée, afin de ne pas nous encombrer des bagages, nous les avons laissés en consigne à la réception.
La matinée a été dédiée à la visite du jardin chinois. C’est un complexe composé de pavillons, d’une cascade, d’un petit lac artificiel et d’arbres typiques importés directement de la Chine. Cette structure a été construite en 1988, à l’occasion de la commémoration des 200 ans de la découverte de l’Australie, en tant que lien entre la Chine et l’Australie. Puis nous nous sommes dirigés vers le port. A 12h30, nous avons rejoint le lieu de rendez-vous fixé, à l’entrée de la Sydney Tower. Là, nous attendait une jeune Romaine, qui était arrivée de la Nouvelle Zélande, où elle était restée durant trois mois. Le lendemain, elle terminerait son voyage et rentrerait à Rome. Nous avons dîné tous ensemble, dégustant les saveurs de la cuisine japonaise, dans le même bâtiment où nous avons soupé hier soir. Ce n’était pas mauvais, mais pas fantastique non plus. J’ai commandé un truc au nom imprononçable et illisible, que ce soit de droite à gauche ou de gauche à droite. Puis pour favoriser la digestion, nous avons fait une ballade dans Hyde Park. En son extrémité, en direction de l’Opera House, il y a un sympathique bistrot italien, où nous servit un Napolitain DOC. Il habite en Australie depuis 2 ans, avec son épouse et ses trois enfants. Visiblement, il était content de parler italien. En fin d’après-midi, nous avons quitté le parc et nous nous sommes congédiés de la jeune Romaine qui voulait encore profiter de ses dernières heures en ville, avant le coucher du soleil.
Nous rejoignons l’auberge à pied et retirons nos valises. Un bus nous accompagne à l’aéroport pour prendre le vol Sydney-Darwin. Depuis cette ville, commencera réellement l’immersion dans la nature australienne. A destination, quatre heures de vol plus tard, le climat est très différent, il y a un décalage horaire de -30 minutes par rapport à Sydney. Il faisait chaud et humide. Le pull et la veste, nécessaires jusqu’à cet après-midi, devenaient complètement inutiles ici. J’ai découvert que même en Australie, il y a des taxis pirates !!! La distance à parcourir semblait longue depuis l’aéroport jusqu’au motel. Pour 35 AUS $, ce vieux bonhomme tout ramolli, nous avait baladé pendant un long moment dans la campagne, avant d’arriver en ville. Le lendemain, avec une carte de la ville, nous nous sommes rendus compte de la supercherie. A 01h00, heure locale, nous rejoignons le lit, exténués. La nuit a été bruyante, car les ronrons des appareils d’air conditionné du bâtiment d’en face, nous ont fait profiter de leur symphonie.

08 septembre

Lors du réveil, je me suis levé déjà fatigué, n’ayant pas bien dormi, à cause de l’humidité ambiante et du bruit. Nous avons bouclé les valises, puis ingurgité le déjeuner dans le supermarché en face du motel. A l’extérieur de la ville, dans l’agence de location, nous avons retiré le mini-bus Toyota, qui avait été réservé via internet. Quelques modifications ont été apportées comme : un four à micro-ondes, un réchaud à gaz, un frigo, un lavabo qui donne de l’eau tiède car le réservoir (d’environ 40 litres) est placé à côté du moteur, une petite armoire avec de la vaisselle et des casseroles. Il est aussi muni de deux “lits” superposés, l’un supérieur, pour une personne, est un ensemble de panneaux coulissants. Le lit inférieur est prévu pour deux personnes et doit être monté entre les bancs et la table. Inutile de préciser que tout cet arrangement est conçu pour des personnes de petite taille. Des sacs de couchage, des draps et des coussins complétaient l’aménagement de cet hôtel Hilton sur roue, la version sans étoiles. Sur le chemin de retour pour le motel, nous avons effectué quelques achats dans le supermarché. Nous remarquons que les denrées sont vendues en grande quantité. Par exemple, nous avons achetés 3 bouteilles d’eau de 15 litres l’une. Le dîner a été préparé au magasin, avec des sandwiches au fromage et au jambon. Avant de partir, nous récupérons les valises au motel, puis c’est le départ pour l’aventure…
La première étape choisie était la bourgade de Jabiru. Sur le chemin, nous nous sommes arrêtés près d’une station d’essence perdue au milieu de nulle part, pour manger notre pic-nic. Arrivés à destination en fin d’après-midi, nous avons décidé de continuer notre route en direction d’un point panoramique qui s’appelle Ubirr, d’òu l’on a observé un magnifique coucher de soleil. Un vrai spectacle. Ensuite nous avons rejoint le camping où nous devions passer la nuit. Avant de passer à table et nous goinfrer, comme des affamés avec un délicieux plat de spaghetti rigati al pomodoro, nous avons fait quelques brasses dans la piscine du camping. Un café conclut la journée.
C’est à ce moment précis que le voyage devient intéressant, lorsque la fatigue commence à peser sur les paupières et que l’on ne pense plus qu’à dormir… Et non ! il faut préparer le lit, déplacer les panneaux mobiles, démonter la table, aligner les différentes parties du matelas, placer les valises d’une certaine manière, afin qu’elles rentrent dans le véhicule. Lorsque tout cela est fait, finalement le marchand de sable nous souhaite la bonne nuit. Tout compte fait, on ne dort pas si mal, entre la table et les bancs, mis à part le fait que j’avais les pieds qui dépassaient de 15 centimètres hors du lit.
Distance parcourue durant la journée : 343 KM
Total : 343 KM

09 septembre

Avec l’humidité nocturne, le réveil a été difficile. Je me suis levé en étant un peu pâteux. Puis après avoir pris une douche dans les sanitaires du camping, habités par des grenouilles vertes (des vraies et vivantes !!) et mangé le déjeuner, j’émergeais lentement. Hier après être sorti de la ville, nous avons parcouru la plus grande partie des kilomètres dans un paysage qui se ressemble, du 1er au dernier kilomètre. Il se compose en grande partie d’arbres d’environ 7 mètres de hauteur, avec un tronc d’un diamètre de 30 centimètres tout blanc. Par contre, les trois premiers mètres des arbres depuis le sol sont noirs et calcinés, car il y a beaucoup d’incendies. Je présume que pour le même motif, la végétation est pauvre. Le long de la route Kakadu Highway, nous nous sommes arrêtés, selon les conseils du guide touristique, où se trouvaient des sites “à ne pas manquer”. Selon moi, nous aurions pu éviter quelques arrêts qui n’étaient pas d’un grand intérêt. D’autre part certains points panoramiques et quelques peintures sur roche vieilles d’environ 20000 ans, qui valaient le détour. Continuant en direction du sud, nous nous sommes arrêtés près d’un lac qui s’appelle Yellow Water. Nous voulions observer les crocodiles, mais nous ne les avons pas vus ! Il était environ 12h30 et à cette heure, même en les payant, ils ne nous auraient de toute façon pas montré une dent.
Durant la période des pluies, la route nationale que nous empruntons ne serait pas accessible et il ne serait pas possible non plus de suivre le parcours que nous avons prévu. Avec une constance régulière, le long des routes, nous trouvons des panneaux losanges jaunes avec l’indication FLOODWAY (route inondée) et des échelles graduées, qui dans la plus grande partie des cas s’arrêtent à 1,40 m. Certaines fois, la graduation continue jusqu’à 2 m. A un seul endroit sur notre route, la graduation s’arrêtait à 6 m ! De la bourgade de Jabiru nous avons rejoint Katherine, en fin d’après-midi. Sur les différents sites où nous nous sommes arrêtés, nous avons rencontré des aborigènes qui, par leur anatomie sont tout de suite reconnaissables. Le soir, terrassés par la fatigue et pour éviter de cuisiner, nous avons mangé un bon steak, dans un restaurant. Le soleil de plomb, qui nous a accompagnés toute la journée, durant les visites des différents sites, m’avait complètement brûlé. Le soir, je me retrouvais avec les bras et le visage couleur rouge feu. J’étais cuit, comme le steak que je venais à peine de manger.
De retour dans le camping sans étoiles, mais sous les étoiles, nous avons dû encore laver le linge. Quelle aventure ! Entre la cuite de blanc et celle de couleurs, puis entre le lave-linge et le séchoir, il aura fallu plus d’une heure et demie de patience à regarder tourner en rond ces chiffons. En plus, après avoir passé dans le séchoir, qui ne fonctionnait pas correctement, le linge n’était pas tout à fait sec. Il était donc nécessaire de l’étendre. C’était vraiment à pleurer de rire. Voici la situation : à une heure du matin, mort de fatigue et sans lumière, il a fallu trouver à tâtons l’étendage. Au bout d’un moment, après avoir jonglé avec les pinces, les chiffons et un fort vent, j’ai tout laissé tomber par terre. Malheureusement la terre rouge de cette contrée, sympathique lorsque l’on prend une photo, avait tachés les habits humides et il n’était plus était possible de la faire partir. A la première occasion, tout devra être relavé. Content, le monsieur !
Distance parcourue durant la journée : 364 KM
Total : 707 KM

10 septembre

Le matin, je me suis réveillé fatigué. Vivre 24 heures sur 24, dans un minibus, où l’espace est restreint et chaque centimètre carré est compté, ce n’est pas fait pour moi. J’écris ces lignes, alors que nous nous dirigeons vers Katherine Gorges, qui est une vallée étroite creusée par un fleuve, il y a des millions d’années. Aujourd’hui le temps est nuageux, et durant le déjeuner, il a même donné quelques gouttes. En début d’année 1998, lors de la période des pluies, il y eut une inondation impressionnante. En l’espace de 15 à 20 minutes, le niveau de l’eau est monté de 3 mètres. Toute la plaine a été recouverte, seulement les toits des maisons sont restés “au sec”. Des photographies exposées dans les lieux publics rappellent aux visiteurs, que la nature est indomptable.
Vingt-neuf kilomètres séparent la bourgade de Katherine aux Katherine Gorges. Des visites en barque, d’une durée de 2 heures, de 4 heures, de 8 heures ou tout le jour et la nuit, avec camping, sont proposées. Nous avons opté pour le tour de 2 heures, avec départ à 11h00. Ce fut une sympathique visite en barque, pour ainsi dire, car elle contenait 60 personnes. La moyenne d’âge des participants dépassait largement la catégorie : dentier et arthrose. Après une vingtaine de minutes au rythme de “la croisière s’amuse”, il y a eu un arrêt. Puis tout le monde a débarqué. Un sentier d’environ 600 mètres nous conduisait à la deuxième gorge, et là, nous embarquons dans un rafiot plus petit et plus étroit. A un certain point, la rivière tourne à 90° sur la gauche, puis arrivés à la 3ème gorge, après une heure de ballade, il était temps de rejoindre la base. Durant cette visite, j’ai rempli ma carte mémoire de l’appareil photo. En une semaine, j’avais déjà pris 250 photos. De retour sur la terre ferme, nous avons préparé quelques sandwiches, en guise de “dîner”. Le temps nuageux du matin, avait complètement changé lors de la visite en barque, durant l’après-midi la chaleur était devenue étouffante et le ciel limpide.
Avec notre carriole, nous sommes revenus sur nos pas, jusqu’à Katherine, car il y avait une seule route d’accès, puis par la Stuart Highway, nous avons pris la direction du sud, pour le village de Mataranka. Cet endroit est connu pour sa source thermale naturelle, d’une température constante de 30°c. A notre arrivée dans le camping, aux abords de la source, il a commencé à pleuvoir, comme “vache qui pisse”, pour environ une demi-heure. Les gouttes d’eau avaient pratiquement la grandeur de balles de ping-pong. C’était impressionnant. Toute la zone de camping, légèrement en pente, s’était transformée en terrain boueux. Le temps restant incertain, nous avons décidé de prendre une chambre, plutôt que de dormir dans le minibus. Lorsque la pluie a cessé, nous avons rejoint la zone aménagée pour le bain, tout près de la source. Une passerelle surélevée, longue d’une centaine de mètres, traversant une forêt de palmiers, nous y conduisait. A peine plongé dans l’eau, autour de nous, des wallabies (prononcer : « oua-la-bi », espèce de kangourou nain) nous observaient. C’est un endroit absolument irréel, j’avais l’impression de rêver les yeux ouverts. En contrebas, une grille de fer empêche les crocodiles de remonter le cours d’eau et de vous manger tout cru. Eh oui…Ce lieu idyllique a son prix ! Après avoir effectué quelques brasses, nous regagnons le camping pour préparer le souper. La cuisine communautaire était habitée par de très nombreuses petites bestioles, que ce soit dans les plats ou dans les casseroles. A la fin du repas, nous avons fait la connaissance du cuisinier du restaurant, où nous avions hésité à manger. Finalement nous n’avons eu aucun regret, car il puait la vinasse et ne respirait pas non plus l’hygiène. Qui sait ce qu’il nous aurait préparé ? Avant d’aller dormir, nous avons pris un verre dans l’unique bar à 20 kilomètres à la ronde. Sur une des parois, il y avait une marque, avec l’inscription du niveau de l’inondation du 27 janvier 1998. Elle se trouvait à une hauteur d’environ 4 mètres. A un certain moment, pour nous faire comprendre que le bar fermait, le barman a commencé à laver le sol avec un jet à pression. Finalement, cette nuit, je dors dans un lit, même si il ressemblait plus à un hamac qu’à autre chose. J’ai dormi 10h d’affilée.
Distance parcourue durant la journée : 183 KM
Total : 890 KM

11 septembre

Pour changer, ce matin, je me suis réveillé reposé. Aux fenêtres de ce boui-boui, il n’y avait pas de vitres, ce sont seulement des lamelles métalliques horizontales mobiles de 10 cm de largeur, qui protègent la chambre de la lumière. Vu la chaleur et le peu d’humidité ambiante, la fenêtre et l’air conditionné sont deux accessoires complètement inutile. En chambre, comme dans tous les espaces communautaires y compris le bar, il y a de grands ventilateurs fixés au plafond, contribuant à donner une sensation de fraîcheur. En cette période sèche de l’année, il est très agréable de rester à rien faire, à l’ombre d’un palmier, caressé par la brise légère. Naturellement, je ne parle pas de travail !
Le déjeuner a été pris en compagnie des petites bêtes, certaines flottaient dans le café. Puis nous avons pris quelques photos des wallabies (« oua-la-bi ») et de la forêt autour de la source. Le voyage continue en direction du sud, pour Tennant Creek. Sur le bord de la route, chose que j’avais déjà remarqué hier, en plus des arbres et des termitières, il y a de l’herbe sèche d’une hauteur de cinquante centimètres aux reflets dorés, argentés et rouge argile, comme la terre. De nombreux petits animaux très sympathiques, qui ne demandent qu’à vous offrir leur venin, s’y cachent Les panneaux avec l’indication FLOODWAY, deviennent de plus en plus rares, car il faut préciser que nous rejoignons le centre du continent qui est plus sec. Les camions, que nous croisons, sont énormes et tirent trois remorques. Quant aux camions-citernes, ils tirent quatre citernes ! Ce sont des trains routiers qui n’ont pas le problème de limitation de poids fixé à 40 tonnes comme c’est le cas dans certains pays européens. Lorsque que nous les croisons, avec le déplacement d’air qu’ils engendrent, il faut se cramponner au volant, sinon nous sommes propulsés hors de la route. La partie frontale de ces mastodontes est complètement blindée, avec un grillage devant le pare-brise et trois rangées de tubes d’acier protègent le moteur.
Environ 170 km après notre départ, nous avons dû nous arrêter pour faire le plein d’essence. Nous sortons de la Stuart Highway et nous rejoignons les quelques maisons qui forment le hameau de Daly Waters. C’est un endroit complètement hors du monde, à deux kilomètres de la route principale. A l’exception de quelques maisons, il y a un pub et une pompe à essence. Pour utiliser cette dernière, il faut informer le patron du pub qui se trouve de l’autre côté de l’unique route traversant ce hameau. A côté de la pompe, est parquée une carcasse d’un vieil hélicoptère qui, tomba probablement dans les environs et fut porté là. L’aménagement intérieur du pub est composé de dix tables, avec le bar sur la gauche et la cuisine dans le fond. Sur toute la structure boisée, qui compose le local, on trouve épinglés, des photos passeports, des cartes d’étudiants, des cartes d’identités, des permis de conduire, des cartes universitaires, des billets de visite ou des photos de groupe avec les commentaires des personnes qui y ont fait escale et voulant laisser un signe de leur passage. D’autres souvenirs plus frivoles sont associés à des fins de soirées bien arrosées, et qui sait s’il doit y en avoir dans cet endroit… Les poutres, qui soutiennent le plafond fatigué de ce vieux bâtiment, sont “habillées” de sous-vêtements qui vont du classique à l’extravagant. La paroi, située derrière le bar, a été tapissée de billets de banque et de pièces de monnaie provenant du monde entier.
Petit à petit, en descendant vers le sud, la végétation devient toujours plus sèche et les arbres plus rares. Ici la terre est rouge comme l’ocre. A l’heure du dîner, nous nous sommes arrêtés près d’une station d’essence, dont les fenêtres étaient grillagées. L’endroit étant isolé, le propriétaire des lieux a dû se prémunir contre les pilleurs. Le soleil de plomb, presque au zénith, brûle et même l’air sec que je respire est chaud.
En fin d’après-midi, nous arrivons à Tennant Creek. Dans le camping, nous parquons le bus à l’emplacement qui nous est attribué, puis nous commençons à préparer le souper, avant le coucher du soleil. La température s’est abaissée durant la soirée et le vent s’est levé, des habits chauds étaient de rigueur. Après la corvée vaisselle, nous pensions faire une ballade digestive et prendre un verre dans un pub de la bourgade. A notre arrivée, l’endroit semblait accueillant, mais à peine sortis de cette structure touristique, nous nous sommes retrouvés pratiquement au milieu de la brousse, sans aucune illumination. Ne voulant pas prendre le risque de marcher sur un animal mortellement venimeux, nous sommes revenus sur nos pas et avons préparé le bus pour y passer une autre nuit. Pour se protéger de cette température antipathique, il a fallu utiliser les sacs de couchage.
Distance parcourue durant la journée : 581 KM
Total : 1471 KM

12 septembre

La fraicheur matinale, accompagnée d’un fort vent, anticipa notre réveil. Le soleil, jouant à cache-cache avec les nuages, annonça timidement cette nouvelle journée. Nous avons déjeuné rapidement, transis par la température. Ces changements climatiques ont eu un effet positif sur le plan horaire, car pour la première fois, nous étions prêts au départ avant 10h00. Dans un magasin d’électronique du village, nous avons cherché quelques informations intéressantes sur internet, pour la suite du voyage. Les recherches terminées, nous avons effectué un arrêt au supermarché, pour refournir notre garde-manger. Il faut préciser que les magasins ferment entre 17h00 et 17h30. De ce village, jusqu’à la prochaine zone habitée, que nous rejoindrons ce soir, toute la journée se déroulera dans le désert. Lors de notre arrivée à destination, nous ne trouverons plus rien, car tout sera fermé. Il en est de même durant la journée, car dans le désert, à part les kangourous écrasés le long des routes, il est difficile de trouver quoi que ce soit pour se nourrir. Nous reprenons la route avec le frigo rempli de bonnes choses fraîches, sous vide ou en boîte.
Ce véhicule est un puits sans fond, il consomme énormément d’essence : 25 litres pour 150 kilomètres ! A chaque arrêt, nous sommes contraints de remplir le réservoir, car nous ne sommes jamais sûrs de rejoindre sereinement la successive station de benzine. Dans le désert, se trouver devant une pompe d’essence fermée avec un réservoir presque vide rendrait la situation rapidement catastrophique. Le prix de la benzine sans plomb, que boit cet assoiffé de bus, puisant dans notre porte-monnaie, coûte entre 1,42 et 1,47 $. Lorsque nous rejoindrons Ayer’s Rock / Uluru, le prix plafonnera à 1,74$ ! Notre chariote n’est pas très aérodynamique et le grillage fixé sur la partie inférieure du pare-brise avant, d’une hauteur de 25 centimètres, protégeant le chauffeur et les passagers d’une violente rencontre avec un kangourou, n’y contribue pas non plus.
En suivant la Stuart Highway, à environ 90 kilomètres au sud de Tennant Creek, nous nous sommes arrêtés sur un site qui s’appelle Devil’s Marble (signifiant : les boules du diable). Uniquement à cet endroit, il est possible d’apercevoir des roches sphériques de couleur beige-orangées, dont certaines ont un diamètre d’environ 4 mètres. Les conditions climatiques “pèlent” ces pierres comme une orange. Les prochains siècles ou les prochains millénaires auront raison de leur dureté, en les réduisant à de petits cailloux.
En début d’après-midi et suivant les supplications de l’estomac, nous nous sommes arrêtés pour dîner. Avec l’aide de notre cuisine de camp, nous avons préparé le menu : salade grecque et sandwiches avec jambon, fromage, feuille de salade verte et une tartinée de beurre salé. Sur l’aire de repos où nous nous sommes parqués, à l’ombre d’un arbre sans feuilles, il y avait des carcasses de voitures d’un autre siècle, complètement rouillées. Peut être qu’elles attendaient patiemment leur chauffeur, pour continuer leur route ?
Chemin faisant, le paysage change de couleur et l’herbe sèche a laissé la place à de l’herbe verte. Les arbres qui nous donnaient une illusion d’ombre, lors de nos arrêts ont été relayés par des buissons touffus et secs. Aux abords de la ville d’Alice Springs, des arbustes timides font de nouveau leur apparition. A environ 40 kilomètres au nord de la ville, nous avons dépassé le tropique du capricorne, qui est signalé par une sculpture en forme de globe. La similitude est frappante, avec celle que j’ai vue, en juillet 2004, lorsque je me trouvais au Cap Nord, en Norvège. J’ai pris seulement quelques photos, avant de me réfugier dans le bus. Assaillis par une nuée de mouches, plus petites que celle que nous voyons en Europe, mais en nombre bien supérieur, j’ai dû battre en retraite. Le bas-côté de la route, que nous avons parcouru aujourd’hui, était peuplé de carcasses de kangourous, de chevaux et de vaches (les deux derniers plus rarement) complètement éclatées. Certains de ces animaux ne sortent qu’à la nuit tombée, lorsqu’il faut moins chaud et traversant la route, ils restent figés sur place, ébahis par les phares des véhicules. Je suppose que le choc n’est pas trop important, pour les trains routiers mais pour les voitures, c’est une autre affaire. De ce fait, on remarque aussi quelques véhicules retournés sur le toit, certains carbonisés et abandonnés-là.
Arrivés à destination, dans la ville d’Alice Springs, nous avons pris une chambre dans un motel. Cette nuit, nous dormirons dans un vrai lit. Après tous les kilomètres que nous avons parcourus durant la journée, ce n’est pas un luxe de bien dormir. Dans le complexe, où nous logeons, il y a un abri couvert avec un angle cuisine, géré par un cuisinier à pieds nus, qui prépare le souper, entre autre le nôtre. Le menu est composé de différentes grillades et un choix de salades. La fatigue accumulée a anéanti toute volonté de cuisiner, de ce fait, nous confions notre faim à cet expert culinaire. Pour favoriser la digestion de la bidoche ingurgitée, nous avons pris un verre dans un pub renommé de la ville. Il est signalé dans différents guides touristiques, car à une certaine heure de la soirée, la couleur du plancher disparait complètement, sous un “matelas” de pelures de cacahuètes. La journée ayant été longue, nous avons écouté un moment la musique mixée par dj local, puis nous avons regagné le motel. Sur notre programme figurait encore la lessive. La fatigue a pris le dessus et les tâches ménagères ont été renvoyées à un autre jour.
Distance parcourue durant la journée : 529 KM
Total : 2000 KM

13 septembre

Dixième jour de vacances, dans ce pays, ce continent, où nous traversons des paysages magnifiques mais très arides, avec une végétation des plus surprenantes. Chaque kilomètre parcouru est un nouveau spectacle. L’horizon plat donne une sensation d’infini. J’ai l’impression que le stress n’a aucune emprise sur les personnes, car ici le temps à un autre rythme. Pourquoi courir ? C’est ici au milieu de nulle part que je me rends compte que cela ne sert à rien. Il faut laisser le temps au temps. (fin de l’homélie)
Ce matin, nous avons dû changer nos habitudes, car dans le prix de la chambre, était aussi compris le déjeuner. L’horaire nous était antipathique car, il était servi entre 06h00 et 08h30. Dès 08h00, nous nous sommes levés pour prendre le déjeuner. Puis après une frugale et timide collation, qui était en fait une illusion de nourriture, nous nous sommes préparés pour la suite du voyage.
Cette nuit, n’ayant pas dormi dans un camping, où chaque place est équipée d’une prise de courant électrique et d’une arrivée d’eau potable, il a fallu trouver un subterfuge pour remplir le réservoir d’eau du bus. Dans le jardin du motel, j’ai trouvé un robinet, puis en rapprochant le bus, vu que le tuyau fourni est court, j’ai rempli le réservoir. En quelques minutes, tout était fait avant que le propriétaire s’en rende compte. Avant de retourner dans le désert, nous nous sommes arrêtés dans un supermarché, pour faire le plein du garde-manger. La diète décidée pour ce soir est : beefsteak d’au moins ½ kg par personne.
A la sortie de la ville d’Alice Springs, sur la Stuart Highway, qui continue en direction du sud, jusqu’à Port Augusta, nous nous retrouvons devant un immense panneau blanc. Il retient notre attention. En son centre était dessiné un camion de couleur noire, avec deux remorques et l’inscription disait : TRAIN ROUTIER 53,50 m ! Environ 200 kilomètres au sud de la ville, nous quittons la Stuart Highway, pour la Lasseter Highway, qui nous permettra de rejoindre le symbole naturel du continent australien. A l’heure du dîner, lorsque l’estomac commençait à crier famine, nous nous sommes arrêtés près d’une station d’essence. L’endroit était complètement isolé. Le réchaud à gaz nous permit de préparer une bonne casserolée de spaghetti rigati, avec des petits pois et des lardons. Nous pensions manger dehors, à l’ombre du véhicule en installant la table et les chaises que nous avions dans le bus. Malheureusement, la quantité incroyablement élevée de mouches qui nous ont assaillis, nous ont fait capituler et nous avons dû nous retrancher dans le bus. Durant la journée, les mouches nous empoisonnent la vie, elles sont absolument insupportables et collantes, puis au coucher du soleil, elles disparaissent.
Chemin faisant, sur notre gauche, au fond de l’horizon, nous voyons apparaître un mont rouge. Avec conviction, nous nous arrêtons pour le photographier en pensant voir Ayer’s Rock / Uluru. En fait c’était un autre monolithe : le Mont Gonner. Comparant les photos prises, avec celles des guides touristiques, nous nous sommes aperçus de notre erreur. Un peu désabusé de cette “tromperie”, nous reprenons notre route. Finalement, en fin d’après-midi, nous arrivons à destination, au Resort de Yulara, qui est une agglomération d’établissements touristiques, située à une vingtaine de kilomètres de Ayer’s Rock / Uluru.
Pourquoi ces deux noms : Ayer’s Rock est le nom donné par les Australiens ou les premiers colons, lorsqu’ils ont pris possession de ces terres. Uluru est le nom original donné par les Aborigènes, qui avaient perdus les droits sur ces terres et en sont redevenus propriétaire en 1985 après de longues tractations.
Tout de suite après avoir enregistré notre arrivée dans le camping, nous avons gagné l’entrée du parc national, avant le coucher du soleil. Nous avons ainsi été les spectateurs privilégiés d’un spectacle magnifique. La vue de cet immense rocher d’une circonférence de 10 kilomètres et d’une hauteur de 900 mètres, est indescriptible. Les photos, que j’ai prises, complètent les paroles qui me manquent, même si elles ne décrivent pas les impressions. Progressivement, lorsque la lumière baisse, la roche change de couleur et vire au rouge vif, puis quand le soleil a disparu derrière la ligne d’horizon, le monolithe[1] semble s’éteindre. Il se “rallumera” le matin suivant, au moment du lever du soleil. Pour accéder au parc national, qui commence à environ 5 kilomètres après le Resort, il y a un péage, avec guichet et barrières basculantes, sur l’unique route d’accès ! Nous avons été délestés de 25 AU$ chacun, nous consolant du fait que le billet est valable 3 jours. Ce billet inclut aussi l’accès aux Monts Olgas / Kata Tjuta que nous visiterons demain soir. A l’endroit où je me trouvais pour prendre les photos de ce coucher de soleil, les personnes, d’un certain âge, qui se trouvaient autour de moi, parlaient à voix basse. Ces chuchotements me donnaient l’impression qu’une parole plus haute que l’autre aurait pu déranger le cours des choses et perturber ce moment presque magique.
Sur le chemin du retour, en direction du village touristique, à quelques centaines de mètres avant de pénétrer dans la zone habitée, nous avons évité de peu un accident. La surprise fut tellement grande que nous nous sommes demandé, avant de pouvoir freiner, si nous n’étions pas victimes d’une hallucination. A dix mètres devant notre véhicule, un énorme dromadaire a traversé la route au pas de course ! Ce n’est pas une plaisanterie, car il y a effectivement des dromadaires dans la région.
De retour au campement, nous avons préparé la grillade et chacun a eu droit à son ½ kilo de viande, grillé sur le barbecue oxydé du camping, accompagné d’une salade mêlée. A la fin du souper, tout près du barbecue, passa un lapin, lui aussi habitant de la région (considéré comme un fléau, vu qu’il n’a pas de prédateur), suivi d’une souris. Comme nous l’avons constaté, les côtelettes se promènent aussi sur la route et pas seulement dans la boucherie locale ! Dans la caravane stationnée, à côté de notre véhicule, le propriétaire ronflait horriblement fort, au point de faire vibrer notre véhicule. Ce fut une désagréable berceuse nocturne.
Distance parcourue durant la journée : 482 KM
Total : 2482 KM
14 septembre

Durant la nuit, afin de ne pas suffoquer dans ce véhicule, nous dormons avec les fenêtres ouvertes. Très tôt le matin, l’air frais nous a tiré de notre torpeur. Autant il fait chaud durant la journée, autant il fait frais durant la nuit. Après le déjeuner, nous avons effectué le tour de Ayer’s Rock / Uluru en véhicule. Vu la chaleur et le soleil de plomb, qui nous accompagnent durant la journée, il n’aurait pas été raisonnable de parcourir le chemin à pied, comme proposé. A un point précis, un accès pour grimper sur le monolithe a été aménagé, mais il est fortement déconseillé de le faire, pour plusieurs raisons. La première : la sécurité personnelle, tout simplement par ce que c’est dangereux, l’ascension étant très abrupte, la deuxième : la préservation de la santé, la chaleur ambiante et la lumière du soleil qui reflète de la roche, augmentent le risque de déshydratation et d’infarctus. La troisième : qui à mon avis, est la plus importante, le respect de la croyance des Aborigènes, ce lieu est considéré comme sacré et le gravir, reviendrait pour un catholique, de se mettre debout sur l’autel d’une église. Malgré cela, les touristes grimpent.
Le dîner a été pris au centre touristique du parc. L’après-midi, nous sommes rentrés au camping pour effectuer la lessive et écrire quelques cartes postales. Le plein d’essence était aussi au programme, car pour changer, le réservoir était vide ! Durant la journée, il n’est pas possible d’avoir un peu de tranquillité dans ce camping. Depuis hier après-midi, le camping accueille une rencontre de Harley Davidson et plus d’une cinquantaine de motos vont et viennent. Le moteur de ces engins n’est pas des plus silencieux. Du lave-linge, les chiffons font escale dans le séchoir, cette fois le résultat a été largement plus satisfaisant qu’à Katherine, le 09 septembre, ayant été lavés et séchés ! Pour ces vacances, j’ai pris seulement des t-shirts et non des chemises, car la forte sollicitation imposée à ces chiffons durant le séjour, les aurait certainement condamnés à la poubelle..
Lorsque la corvée de lessive est terminée, nous partons en direction des Monts Olgas / Kata Tjuta. Ce site, qui est un ensemble de 36 monts, a aussi deux noms, pour les mêmes raisons politiques et historiques que j’ai citées plus haut, concernant Ayer’s Rock / Uluru. Ces monts se trouvent à environ 50 kilomètres du camping, où nous nous trouvons actuellement.
Au moment où je suis rentré à l’arrière du bus, j’avais remarqué que le plateau de la table, qui est aussi le sommier du lit, normalement positionné contre la porte arrière, était monté à l’envers. De ce fait, la fixation du plateau appuyait contre la porte. En apparence elle semblait fermée, donc je n’y ai pas attaché beaucoup d’importance. Après quelques kilomètres, j’ai commencé à avoir des nausées, la tête me faisait mal et l’intérieur du véhicule empestait de vapeurs d’essence. En fait, j’étais en train de m’intoxiquer, car la porte ne se fermait pas correctement et il y avait un retour de gaz dans le véhicule. Nous nous arrêtons un instant sur le bas-côté de la route pour arranger la situation.
Arrivés aux Monts Olgas / Kata Tjuta, le panorama qui s’offre à nous est tout aussi étrange que celui de hier soir à Uluru. Le coucher de soleil est spectaculaire. Les caresses des derniers rayons sur ces roches rouges, modifient les dégradés des couleurs, pour finalement “s’éteindre” à 19h00, lorsque le soleil a disparu. A ce moment, le spectacle se termine et nous rentrons au camping. Sur le chemin du retour, nous remarquons très distinctement la ligne du jour et de la nuit. Nous pouvons nous rendre compte de ce phénomène, vu que le paysage est complètement plat. Alors que sur un côté de l’horizon, nous apercevons encore la luminosité du soleil, à l’opposé, c’est “nuit noire”.
Quand le véhicule est parqué, j’appelle la société de carte de crédit, pour savoir si les modifications de retrait que j’avais demandées pour le mois de septembre ont été exécutées. Vu les problèmes que j’ai eus lors des vacances des années précédentes, mon subconscient connaissait déjà la réponse. On me confirme qu’aucune demande n’a été présentée pas ma banque ! J’explique donc où je suis et ce que j’avais demandé. Malheureusement on me répond que cette requête n’est prise en considération uniquement si elle est présentée par la banque. Merci et au revoir. J’appelle la banque et demande à parler avec la responsable de mon compte, on me passe la ligne interne mais personne ne répond. Je raccroche puis je rappelle tout de suite après, en demandant cette fois de parler avec le directeur et de ne pas me faire attendre, car j’appelle de l’Australie ! En moins de temps qu’il faut pour le dire, il était au bout du fil. Je lui expliquais ce que j’avais demandé avant de partir en vacances, requête qui n’avait pas eu de suite. En contrôlant mon compte, il m’assure que les modifications désirées seront exécutées durant la journée et qu’il enverra un fax de confirmation à la société de carte de crédit. Grazie ed arrivederci.
Un abondant plat de pâte conclut cette journée riche en émotion, puis peu de temps après, le marchand de sable passe tout près.
Distance parcourue durant la journée : 159 KM
Total : 2641 KM

15 septembre

Ce matin, nous nous sommes levés sous un ciel nuageux, sombre et menaçant. Le déjeuner, suivi d’un dernier coup d’œil vers Uluru, puis nous repartons en direction d’Alice Springs. Pour ne pas devoir cuisiner en route et gagner du temps sur le déplacement, nous avons attendu d’arriver en ville pour manger. Le repas à l’emporter a été pris en début d’après-midi. Mon estomac, avec la faim, était tombé dans les talons. Une forte pluie nous a accueillis à Alice Springs. La réceptionniste de l’auberge nous consigne la clé de la chambre. Nous avions réservé pour deux nuits, ce qui veut dire que nous passerons deux nuits dans un lit et non dans un bus ! Ce complexe est en fait un ancien cinéma en plein air, restructuré et agrémenté d’une piscine dans la cour intérieure. Nous rencontrons plusieurs jeunes pensionnaires au moment où nous rejoignons notre chambre. Les logements sont prévus pour quatre personnes et toutes les chambres sont occupées. Nous nous sommes demandé d’où provenait le quatrième pensionnaire ? Surprise ! En ouvrant la porte, nous découvrons un homme allongé dans un des lits. Il devait déjà avoir un certain âge lors de la Deuxième Guerre mondiale. L’air conditionné était réglé au maximum et la chambre était terriblement froide. La vision de ce corps, d’un blanc cadavérique, consumé par les années, et la température ambiante, nous donnaient vraiment l’impression de nous trouver dans une salle d’autopsie d’une morgue. Pris d’un fou rire nerveux, nous préparons nos lits en vitesse, avec les draps fournis par la réception, puis nous quittons la chambre.
Notre réserve de provisions était à sec, le supermarché nous offrira de nombreuses propositions culinaires pour le souper. L’après-midi avait laissé place au soir, le soleil à la lune, il est temps de se mettre derrière les fourneaux. Le menu est : blanc de poulet et salade maison avec un dessert à base de crème. Dans le réfectoire, deux Italiens de la Padania, un jeune avec son amie préparent aussi leur souper. Nous faisons connaissance et nous passons la soirée en leur compagnie. Ils nous expliquent les sites qu’ils ont visités et nous en faisons de même. Leur trajet est plus ou moins le contraire du nôtre, de ce fait, leurs conseils nous sont très utiles pour continuer notre voyage. Avant de quitter le réfectoire, nous rangeons nos affaires dans les casiers prévus pour les hôtes de l’auberge puis nous rejoignons la chambre.
Quelle nuit cauchemardesque ! En chambre, nous sommes accueillis par le bruit assourdissant de la ventilation alimentant tout le complexe. Il consiste en un tube de tôle galvanisée, d’un diamètre d’environ 50 centimètres, traversant la chambre de part en part. Le bruit de l’air sifflant entre les lamelles de la bouche de ventilation, nous bercera toute la nuit. En plus, Mathusalem[1] m’a réveillé chaque heure, ayant probablement des faiblesses de vessie. Tout compte fait et c’est difficile à l’avouer, j’aurai certainement mieux dormi dans le bus !
Distance parcourue durant la journée : 453 KM
Total : 3094 KM

[1] Mathusalem : le dictionnaire Larousse (édition 2004, page 1522), dit ceci à son sujet : c’est un patriarche biblique antédiluvien. Selon la Genèse, il aurait vécu 969 ans.


16 septembre

Hier soir, nous sommes allés au lit très tard, de ce fait nous avons décidé de ne pas enclencher le réveil. Malgré tout, à 08h30 nous étions déjà en train de tourner en rond dans la chambre. Dehors le vent souffle très fort, ce qui a complètement changé le temps. L’air est frais et sec, le ciel est limpide et sans aucun nuage. Dans le réfectoire, nous préparons le déjeuner. En voulant récupérer nos vivres laissés là la veille, dûment étiquetés, nous constatons qu’on a fait main basse sur nos victuailles. Il ne restait plus que de l’air dans les cartons vides !
Avant de partir en ballade, en fin de matinée, je surfe un moment sur Internet afin de m’assurer que les opérations bancaires sollicitées deux jours plus tôt, ont été effectuées. C’est largement plus que ce que j’avais demandé ! Quelle générosité !
Le programme d’aujourd’hui comprend la visite de la chaîne montagneuse Mac Donnell Ranges, qui commence à environ 20 kilomètres à l’ouest de la ville et qui s’étend sur quelques centaines de kilomètres. Le premier site s’appelle Simpson’s Gap, qui consiste en une faille dans une paroi rocheuse, où courre une rivière durant la période des pluies. En remontant dans le bus, j’ai coincé la main entre la porte coulissante arrière et le lavabo ! La douleur m’a fait admirer les étoiles en plein jour. La deuxième visite se déroula à Stanley Chasm, qui sont des gorges très étroites, d’environ 5 à 8 mètres de largeur au sol et s’élevant à environ 80 mètres de hauteur. Le sentier qui conduit à ces gorges est en fait le lit asséché de la rivière. Le long du parcours nous apercevons des eucalyptus. Leur senteur accompagne le visiteur durant sa promenade. Au milieu de ces gorges, comme à Simpson’s Gap, il y a beaucoup de vent. J’en ressors tout dépeigné. Nous reprenons le bus pour Ellery Creek Big Hole. C’est un grand puits d’environ 30 mètres de diamètre entre des gorges. A cet endroit il est même possible de se baigner, mais les panneaux rendent attentif au fait que cette eau est toujours ombragée, donc glacée. L’eau étant opaque, il est fortement déconseillé de plonger, pour éviter un choc frontal avec un rocher. La dernière visite nous mènera aux Ochre Pits, une mine d’ocre à ciel ouvert. Outre le rouge, qui est la couleur standard, nous apercevons tout un dégradé de couleurs qui passe du rose pour se conclure avec des teintes jaunes. Cette mine se situe aussi dans le lit d’une vieille rivière sèche. Les aborigènes, dans le passé, y prenaient les couleurs pour leurs peintures. Aujourd’hui encore, elle est utilisée par leurs descendants.
Nous avons sauté à pieds joints sur le dîner, car sur le parcours, il n’y avait même pas une buvette. A un certain moment, nous avons décidé de revenir sur nos pas pour regagner la ville. Durant toutes les visites, les mouches nous ont tenu compagnie et nous ont littéralement mangés. Dans les oreilles, dans le nez, entre les verres des lunettes et les yeux, devant l’objectif lorsque je faisais des photos, elles étaient très collantes. Il faut se faire une raison, pour ne pas perdre son calme et ne pas devenir complètement cinglé, car vous ne pouvez pas vous en débarrasser.
De retour à l’auberge, nous remontons un moment en chambre pour déposer quelques affaires. Là nous retrouvons Mathusalem endormi. Le bruit que nous faisons, le réveille. A cette période, en Australie, c’est le printemps, donc l’hibernation devrait se conclure ! Il est déjà 18h00 et l’estomac devient impatient. Nous nous dépêchons de rejoindre le supermarché pour acheter le souper, avant qu’il ferme. Nous nous sommes décidés pour un steak de 500 grammes par personne. Lorsque nous commençons à cuisiner, le revêtement en téflon de la plaque que nous utilisons pour faire griller la première tranche s’est collé à la viande. Le steak a pris un goût chimique immonde et est devenu absolument immangeable. Il a fallu se résigner à en acheter un autre. Pendant que les deux autres tranches étaient grillées dans une vieille poêle à frire, je retournais au magasin pour acheter la tranche manquante. Nous soupons de nouveau en compagnie des deux Italiens d’hier soir.
Pour favoriser la digestion, nous décidons de vider le bus de tout son contenu, entassé durant le voyage. Demain matin, il devra être consigné vide à l’agence de location. Cette corvée terminée, nous prenons encore un café avant de rejoindre la chambre. Oh, miracle ! Mathusalem n’y est pas. Afin de gagner du temps demain matin, nous bouclons déjà les valises, puis extinction des feux.
Distance parcourue durant la journée : 262 KM
Total : 3356 KM

17 septembre

Ce matin nous nous sommes levés plus tôt qu’à l’accoutumée. Nous avons limité les tracasseries domestiques, en déjeunant dans un bar. Le lait du cappuccino avait tourné, je n’ai donc pas pu le boire. Nous revenons au pas de course en chambre pour reprendre nos valises et profiter des dernières heures en ville avant de rejoindre l’aéroport. Mathusalem sort de sa léthargie et remarque que j’ai une grande quantité de dépliants publicitaires dans ma valise. Il me propose de tout lui donner, pour alléger ma valise. A peine rentré en Italie, je lui envoie l’argent pour couvrir les frais de port et il me fait parvenir le tout par poste ! A son âge… il croit encore au Père Noël !! Cette théorie m’a seulement fait perdre du temps. Au pas de course, je quitte ce lieu et je rejoins la réception, car si je rends la clé de la chambre après 10h00, on ne me restitue pas les 20 AU$ de consigne. Au même moment et pour le restant de la matinée, il y eut une coupure d’eau dans tout le complexe. Par chance, nous quittons cet endroit.
Avant de charger les valises dans le bus, il a fallu encore nettoyer le sol et les meubles, sinon là aussi, la taxe nous aurait pendu au bout du nez ! Chronomètre en main, après toutes ces péripéties, il nous restait encore 90 minutes, jusqu’au moment où il faudra rendre le bus à l’agence de location. Nous nous décidons de visiter le Reptile Center, où sont exposés vivants des serpents dont certains mortels, des lézards avec des formes bizarres, des varans ridés, des grenouilles vertes, comme celles que j’avais vu dans les douches à Jabiru et un crocodile aux dents cariées. A peine rentrés dans ce centre, on nous invite à nous asseoir dans la première des deux salles pour regarder le show. Une employée a sorti d’une cage, un gros lézard dodu qui devait peser plus d’un demi-kilo et a commencé à le tourner et à le retourner, expliquant les particularités de cet animal. Ensuite nous avons apprécié l’exhibition d’une autre variété de lézard, tout aussi sympathique que le premier. En dernière partie, la deuxième employée disparaissait dans une salle attenante et quelques instants plus tard, elle réapparaissait avec un python de trois mètres, pesant environ 11 kilos, autour du cou. Avec tout ce que j’ai entendu sur ces animaux et les autres derrière les vitres blindées, j’ai maintenant la certitude que si je me retrouve en face de l’une de ces créatures, le salut n’est même pas dans la fuite ! Notre charmante hôtesse a tout de suite remarqué que sur la dizaine de personnes qui composaient le public, j’étais le seul à ne pas m’être approché de ces bêtes. Elle a donc insisté pour me mettre le python autour du cou et me faire caresser les lézards. Je l’ai remerciée avec mon plus beau sourire et sans demander mon reste, j’ai débarrassé le plancher.
Nous voilà de nouveau dans le minibus et cela pour la dernière fois, car dans vingt minutes, il sera consigné à l’agence de location. L’employé a été très surpris de constater le nombre de kilomètres parcourus. La distance à vol d’oiseau entre Darwin et Alice Springs compte environ 1500 kilomètres, en un seul trajet, nous en avons effectués plus du double. Un taxi nous conduit jusqu’à l’aéroport. Dans la salle d’attente, nous rencontrons un couple de Napolitains en voyage de noce. Nous sympathisons avec eux, en échangeant des informations sur notre itinéraire. Il est très probable que nos routes se croiseront encore ces prochains jours, sur la côte est.
Deux heures de vol plus tard, en débarquant à Cairns, le fuseau horaire est différent. C’est le même qu’à Sydney, il faut donc avancer la montre de 30 minutes. Sur le parking, nous attend une jeep NISSAN PATROL grise métallisée et flambante neuve que nous avions réservée par internet.
Nous grimpons dans ce char d’assaut et nous partons en direction du village de Kuranda, distant d’une trentaine de kilomètres au nord de l’aéroport, sur le coteau, au cœur de la forêt pluviale. Les bungalows composant ce complexe hôtelier, où nous logeons pour la nuit, ont été construits au milieu des arbres. Les chambres sont petites et meublées, par quatre lits à étage. Après s’être rafraîchis du voyage, nous soupons sur la terrasse du restaurant, devant la piscine, admirant la vue panoramique sur toute la vallée, jusqu’à l’océan. Comme menu, je me lance dans un choix typiquement australien : de l’émincé de kangourou. La viande à un arrière goût de chevaline. Le dessert sera composé de crêpes fourrées aux fruits exotiques. Un café, accompagné d’un Grand Marnier aidera à digérer l’animal ingurgité. Gagnés par la fatigue, nous rejoignons notre mini chambre. En lieu et place des fenêtres, il y a des lamelles de bois mobiles qui substituent les vitres. Le tableau est très accueillant. Nous logeons au milieu d’un courant d’air et en altitude. Durant la nuit, je me suis congelé, car on nous avait fourni seulement un drap et une couverture légère. J’ai dû dormir avec un pull en laine.
Distance parcourue durant la journée : 30 KM Total : 3386 KM
La suite viendrai plus tard Sourire
(Ce message a été modifié par Christian70 le 4 septembre 2006 à 12:02.)

Annonceurs en lien avec l'Australie:

» Annoncer sur VoyageForum.com
  Comptoir de Change Opera (www.ccopera.com)
Achetez vos dollars australiens en ligne et recevez-les chez vous !
   
  ¥€$ Change (www.yes-change.com)
Dollar Australien: Billets & Travellers Chèques: Cours - Services - Informations.
   
  Trocmaison (www.trocmaison.com)
Echangez votre maison: 1er réseau mondial + de 24 000 offres dans 110 pays !
Rabais aux membres de VF: Trois mois supplémentaires gratuits d'abonnement. [coupon-rabais]
   
  Oihana Voyage (www.oihanavoyages.com)
Nous remuons le ciel pour vous.
   
  Hiboo Mobile (www.hiboo.mobi)
vos appels moins chers depuis votre mobile. sans changer d'opérateur.
Rabais aux membres de VF: 5€ offerts avec le code promo VF5E [coupon-rabais]
   
Répertoire des annonceurs Répertoire des annonceurs


kalkan
/, France

Photo/image personnelle du membre kalkan.

4 septembre 2006 à 9:23

Message 2 de 3
Consulté 1 982 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Christian70] Australie: 5833 kilomètres en 25 jours (souvenirs de voyage) [En réponse à] Répondre

merciClin d'oeil
je viens de lire ton récit et j'y ai retrouvé l'australie connue il y a 20 ans
à l'époque à sydney on se régalait à king cross , un immense resto ou l'on servait le steak au poids
et puis la tower ,le petit harbour restauré au pieds du pont
le métro aérien existait déjà mais ne désservait que la city
et puis ta description du bush ,la terre rouge ,les mouches!!!
eh oui ces damnées mouches ! j'y ai bousillé un chapeau australien en le piquettant de fils et de bouchons de liége pour écarter ces maudites mouches
et la température .... un four!
perso je me suis arrêter à alice springs en venant d'adelaïde
encore merci Rire
-------
"tujoh gunong sembilan lautan
sept montagnes , neuf mers
kalau ta-mati sahaya turutkan
si je ne meurs , j'explorerai "
pantoun


Christian70
Cusco, Pérou



4 septembre 2006 à 13:12

Message 3 de 3
Consulté 1 969 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [kalkan] Australie: 5833 kilomètres en 25 jours (souvenirs de voyage) [En réponse à] Répondre

hé hé hé

des bouchons de liège.... je n'y avais pas pensé, c'est vrai que c'est original!Clin d'oeil
Après quelques jours, j'ai tout simplement abandonné la bataille.
Malgré tout j'y repense très souvent, ce fut une aventure merveilleuse.
Le séjour a été organisé avec un budget de 0 € et en grattant ici et là, il a été réalisé.
L'aventure a commencé par la préparation et a continué par la réalisation, c'est donc une double satisfaction.
J'espère pouvoir y retourner un jour. La prochaine destination pour 2007 est le Canada.

Salutations.
Christian
-------
- Je voudrais une place au soleil.
- C'est bien mon garçon, mais avant de vouloir une place, fais du soleil.
Giono

 

Discussions récentes sur l'Australie:
Sujet de la discussion Réponses Auteur RubriqueDate et heure
Australie: voyager le centre rouge en 4x4 1 vanesspatou Voyager en 4x4 7 jan. 2009 à 12:38
Aménagement en Australie: possibilités d'emplois? 1 Oceannah Travailler, étudier et vivre à l'étranger 7 jan. 2009 à 11:41
Trouver un job à Darwin? 1 Falard Océanie 7 jan. 2009 à 3:06
Se procurer le visa ETA pour l'Australie après le WHV? 2 AustralieVIS Formalités administratives 6 jan. 2009 à 20:20
S'installer et travailler en Australie 0 rama76 Travailler, étudier et vivre à l'étranger 6 jan. 2009 à 20:03
Australie: louer un camping-car de quatre places pour cinq personnes? 7 cocoortho Voyager en camping-car 6 jan. 2009 à 16:49
Température en Australie en juin-juillet-août? 6 vangaal Climats et météo 6 jan. 2009 à 14:59
Travailler en Australie 2 Txipie Travailler, étudier et vivre à l'étranger 6 jan. 2009 à 8:07
Drover en Australie 2 IndyTrek Océanie 6 jan. 2009 à 7:17
Ferry Malaisie - Australie pour un voyage en camping-car 0 natetjean Voyager en camping-car 5 jan. 2009 à 14:44
Ferry Australie - Amérique du Sud pour un voyage en camping-car 0 natetjean Voyager en camping-car 5 jan. 2009 à 14:39
Projets d'itinéraire en Australie en septembre 2009 15 calahan59 Océanie 5 jan. 2009 à 5:30
Quoi voir: Australie, région Cairns, Brisbane, Tasmanie et Nouvelle-Zélande 8 Minounne22 Océanie 4 jan. 2009 à 21:21
Travailler en Australie: salaires, budget, hébergement... 21 sepha Travailler, étudier et vivre à l'étranger 4 jan. 2009 à 16:34
Ca y est on se lance: installation en Australie! 2 neillito Travailler, étudier et vivre à l'étranger 4 jan. 2009 à 3:41
Autres discussions et informations sur l'Australie toutes les discussions

Haut de la page

VoyageForum, pour ceux qui ont le coeur aux voyages!

Aide - faq | Vie privée | Conditions d'utilisation | Contacts | Annoncer sur ce site

VoyageForum.com est le forum officiel de l'association ABM.

Tous droits réservés. Copyright © 2002-2009 VoyageRéseau Inc.

billets avion Billets d'avion:
Ville ou pays 
de départ: 
Ville ou pays 
d'arrivée: 

Date de départ:
  

Date de retour: