
Christian70
Roma, Italie

4 septembre 2006 à 13:02
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Australie: 5833 kilomètres en 25 jours, souvenirs de voyage (deuxième partie et fin)
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2ème partie. Après avoir traversé le désert durant deux semaines, l'aventure continue sur la côte est australienne, avec d'autres surprises. 18 septembre Très tôt le matin, aux alentours de 05h00, je me suis réveillé en sursaut. Car les animaux, qui peuplent la forêt qui nous entoure, sont très bruyants. La sérénade est incroyablement forte, mais paradoxalement, aucun “choriste” n’est visible. J’ai eu de la peine à me rendormir, transis par le froid et l’humidité. Aux premières lueurs de l’aube, je sautais hors du lit, en pensant prendre une douche pour me réchauffer. Ce ne fut pas le cas, car l’installation fonctionnant avec l’énergie solaire, donc le matin, l’eau était glacée ! Encore transis, nous nous rendons au restaurant pour déjeuner. C’est une structure complètement ouverte. Hier soir avec la fatigue, je ne l’avais même pas remarqué. Le bâtiment est composé d’un toit à deux pans, long de 20 mètres, fermé seulement sur trois côtés. De grands ventilateurs sont fixés au plafond et brassent l’air. Sur le long côté ouvert, la piscine rentre dans le restaurant. A la hauteur du niveau de la piscine, il y a un bar, les tabourets qui l’entourent sont positionnés sous l’eau ! Nous commençons finalement à nous réchauffer, lorsque le soleil nous dit bonjour. Un abondant déjeuner, composé de salade de fruits tropicaux nous donnera l’énergie nécessaire pour affronter cette nouvelle journée. Le programme culturel de la matinée débute par une visite au zoo local. Il n’est pas très étendu en contrepartie, les espèces présentées sont très variées et chose inhabituelle, il est possible de rentrer dans les enclos de certains animaux. Outre une dizaine de crocodiles d’environ deux mètres, flottant lascivement dans leur secteur et protégés par des doubles barrières électrifiées, que nous avons observés d’une distance raisonnable, nous avons aperçu de sympathiques créatures. Le koala, pour ne citer que le plus surprenant, est un animal qui nait pour dormir. Se nourrissant principalement de feuilles d’eucalyptus, sa grande préoccupation est de trouver un arbre où il pourra se caler aisément, pour ses 18 à 20 heures de repos quotidien La visite terminée, nous redescendons dans la vallée pour prendre la route Highway Captain Cook (nom de l’Anglais qui a découvert l’Australie au XVIIIe siècle) en direction du nord pour Cap Tribulation (dans le dialecte local on dit : Cap Trib’). Sur la route, nous nous sommes arrêtés dans la forêt de Dantree, pour observer le panorama. Cette végétation luxuriante est magnifique. Avant d’accéder à la forêt, il a fallu traverser un fleuve avec des crocodiles. La jeep a fait le trajet sur une barge et nous dedans………la jeep ! En fin d’après-midi, nous arrivons à destination, dans une grande propriété où, au milieu des cocotiers, nous découvrons des bungalows montés sur pilotis. L’un d’eux nous hébergera certainement. Ce n’était pas le cas ! Après avoir tourné en rond au milieu des cocotiers pour trouver la maison du propriétaire, madame la proprio nous accueillait sur le pas de porte et nous prépara un café en signe de bienvenue. A peine nous nous étions assis autour de la table de la cuisine, qu’elle s’est prestement emparée de ma carte de crédit, pour rentrer en possession de mon argent. Malgré notre réservation, tous les bungalows sont occupés. Nous nous regardons déconcertés, en pensant qu’il y a comme une arnaque. Avec un large sourire, elle nous propose une expérience unique dans la forêt pluviale : dormir dehors ! A ce moment, nous pensons sérieusement qu’elle nous prend pour des imbéciles. Elle nous invite à la suivre sur un petit sentier, d’une vingtaine de mètres, qui nous conduit derrière sa maison. Nous nous retrouvons devant deux structures en bois sans parois et sans toit, avec une base de 3 mètres par 3 et une hauteur de 2,50 mètres. En lieu et place des parois, il y a une moustiquaire verte qui recouvre cette structure. Le toit n’est rien d’autre qu’une bâche étanche. Du jamais vu ! La nuit précédente je m’étais congelé, avec l’altitude et l’humidité. Cette nuit je devrai combattre seulement contre l’humidité. Je me méprenais sur ces installations, car chaque lit était équipé d’un duvet nordique douillet et bien chaud. Ayant un gîte assuré pour la nuit, mais pas très sûr, nous décidons d’aller nous balader au bord de l’océan, qui se trouve à environ 500 mètres de la propriété. Pour y accéder, il faut passer sur un ponton, au milieu d’une forêt de mangroves, qui lorsque la marée est haute, est peuplée de crocodiles. La propriétaire nous mit en garde : « restez au centre du passage et ne vous penchez pas à l’extérieur de la main courante, ça pourrait vous être fatal ! » Avec une recommandation de ce genre, vous regardez devant et derrière à la fois. Finalement, nous nous retrouvons sur une plage très étendue, d’environ 150 mètres de largeur, avec du sable beige très fin. Puis l’océan, immense et infini, qui disparaît au loin, se fondant avec la ligne d’horizon. Après quelques pas, nous entendons parler italien dans notre dos, c’était le couple de Napolitains, rencontré à l’aéroport d’Alice Springs, qui se baladait sur la même plage que nous. Tous ensembles, nous nous rendons dans un restaurant dont le guide touristique loue les délices culinaires. Je tente une spécialité : le barramundi. On m’explique que c’est un poisson local, très bon, qu’il a une certaine forme, avec des nageoires, etc. etc. Voyant que j’étais gagné par l’incompréhension, le cuisinier s’éclipse et revient quelques instants plus tard avec le poisson en question. En l’ayant sous mes yeux, je m’exclame : « ha, c’est seulement une espèce de grande truite ! » Je n’avais rien compris à son explication et je m’étais fait une idée d’un crustacé avec beaucoup de pattes et des longues moustaches. C’est adjugé, pour le souper ce sera : la grande truite ! Lorsqu’on me la servit, avec tout l’accompagnement, j’ai eu droit à un spectacle visuel et olfactif. En soit, c’était goûtu ! Sur le chemin du retour, nous accompagnons les Napolitains jusqu’à leur camping, puis nous rejoignons notre “résidence”. La fatigue accumulée durant la journée pesa fortement sur les paupières. Vu l’emplacement de cette cabane et sa structure, un bruit de fond de forêt tropicale meubla l’atmosphère. Le plancher, reposant sur pilotis et non par terre, laissait suffisamment de place pour que les petites bêtes peuplant cet endroit puissent aller et venir sous le plancher. Le même cas se produisait sur la bâche nous servant de toit, nous entendions de nombreux mouvements. J’avais l’impression d’être au zoo, comme ce matin, à la seule différence, que cette fois, les animaux étaient à l’extérieur de la cage et moi à l’intérieur. Distance parcourue durant la journée : 117 KM Total : 3503 KM 19 septembre Lorsque je me suis réveillé, j’avais l’impression d’être dans une baignoire. Le matelas devait avoir plusieurs décennies et il était complètement affaissé. L’humidité nocturne a transformé le duvet en éponge ! Nous nous levons et allons prendre le déjeuner, mais là, une autre surprise nous attend. En cuisine, pour chaque bungalow, il y a un panier de fruits tropicaux, mais pour notre cabine : rien ! La propriétaire pense certainement que le frisson de cette nuit en forêt doit suffisamment nous satisfaire pour sauter à pieds joints sur le déjeuner. Deux possibilités se présentent à nous ; soit d’autres clients ont fait main basse sur notre panier, soit rien n’a été préparé pour nous et nous devons nous contenter des boîtes de corn flakes déjà ouvertes. En cherchant, nous apercevons un panier avec l’inscription : cabine 1 & 2, nous nous disons que ça doit être pour nous. Tout en buvant le café, nous puisons généreusement dans le panier, jusqu’à ce que deux couples arrivent en cuisine et nous demandent si nous sommes logés dans les cabines 1 et 2 ! Nous répondons que nous sommes dans les cabines qui se trouvent derrière la maison. Ils affirment avec un air sombre que c’est leur déjeuner. « Désolé, m’sieur-dame ». Ils reprennent rapidement le restant du contenu, en nous cédant généreusement une papaye, car ils n’en veulent pas…. Moi non plus ! Durant le temps que nous passons en cuisine, une des propriétaires a déjà retiré toutes les taies d’oreillers, draps, housses de duvet, signifiant clairement que le temps de permanence dans cet endroit est écoulé. Nous quittons cette propriété et continuons notre trajet en direction du nord. Peu après Cap Trib’, la route n’est plus goudronnée et débute la piste en terre battue dans la forêt. Un panneau indique clairement que depuis ce point, seulement les véhicules 4x4 peuvent poursuivre la route. Nous engageons les quatre roues motrices et le gymkhana de plus de trente kilomètres commence. Les déclivités sont très fortes et inattendues, il faut donc procéder avec prudence. Je ne vois plus le soleil, car les arbres et la végétation très dense, forment une voûte sur la route. A plusieurs reprises, il faut passer les rivières à guai. Après trente kilomètres de brousse, nous arrivons aux cascades de Wujal Wujal. Endroit magnifique, mais qui peut être mortel. Le plan d’eau, au pied de la cascade et la petite rivière qui court le long des rochers sont infestés de crocodiles. Plusieurs panneaux nous mettent en garde sur la faune présente sur ce lieu. Passé ce point, la route redevient “normale”, toujours en terre battue, mais sans montagnes russes. Certains tronçons étaient même goudronnés ! Nous avons traversés quelques villages complètement isolés, soit au milieu de la brousse, soit au milieu d’une prairie très verte. Dans un de ces villages, nous nous sommes arrêtés pour dîner. Dans un magasin d’alimentation, grand comme une cabine téléphonique, nous avons pris un poulet entier grillé sur place et l’avons mangé avec les doigts. Dans cet espace restreint, il y avait un angle cuisine où une dame d’un certain âge préparait les repas chaud à l’emporter. Nous l’avons dévoré à peine sorti du four. Avec la faim qui nous tenaillait l’estomac, c’était délicieux. Après un “burps” digestif, nous reprenons la piste jusqu’au croisement avec la route départementale interne, à environ trente kilomètres au sud de Mossman. De ce point, nous reprenons la direction du sud jusqu’à Mareeba. Sur la première partie du parcours, il y avait des travaux. Des camions, des trax et des rouleaux compresseurs géants aplanissaient la route. Avec la jeep, nous empruntions une piste à côté de la route principale qui était en train d’être élargie et améliorée sur plusieurs kilomètres. Un travail de longue haleine. A deux reprises, nous avons aperçus des feux de forêts. C’était très impressionnant, de voir l’étendue des dégâts. Le fond du paysage était rouge et le ciel obscurci par une fumée noire et dense. Le deuxième incendie arrivait pratiquement à la hauteur de la route où nous passions. Les pompiers bloquaient sa progression, avec beaucoup de difficulté. L’heure tournait et il a fallu se dépêcher de consigner la jeep à l’aéroport avant 17h30. Passé ce délai, nous aurions dû payer un surplus. Arrivés sur le parking où nous avons pris le véhicule, nous consigné les clés dans les délais à l’agence de location. A mon avis, ils ne vont pas reconnaître le véhicule, car avec tous les kilomètres que nous avons effectués en forêt et sur les pistes, d’une couleur initiale gris métallisé, il a passé au brun. Un taxi nous accompagne à la nouvelle auberge, où nous passerons deux nuits. La chambre est minuscule… mais vraiment minuscule. Une boîte d’allumettes est plus spacieuse. En contrepartie l’ambiance est sympathique et les clients ont un âge raisonnable, non comme à Alice Springs. Malgré tout, il y a deux hôtes désagréables de cet endroit, hantant surtout la cuisine et la table : le chat et le chien de la propriétaire. Après un plat de pâte, je me suis mis à écrire ces quelque lignes d’aujourd’hui, en ayant déjà préparé le sac de voyage pour demain matin. . Nous partirons tôt le matin et pour toute la journée. Nous visiterons la Grande Barrière Coralline. Je suis fatigué et en ce moment, il est 22h30. Distance parcourue durant la journée : 366 KM Total : 3869 KM 20 septembre 07h00, ce matin la diane a été avancée et le déjeuner qui a suivi fut très léger. Nonante minutes plus tard, nous quittions l’auberge pour rejoindre le lieu de rendez-vous, où un bus devait nous prendre et nous accompagner au port. En fait, nous nous sommes fait rouler dans la farine, comme des débutants. De notre logement, jusqu’au port, il y avait environ 700 – 800 mètres à pied. Dans ce bus de 50 places, nous étions les premiers à y rentrer, puis le chauffeur a commencé à faire son tour pour prendre les autres personnes qui effectuaient la croisière en même temps que nous. A part un groupe de nordique, nous étions entourés de Japonais et de Chinois, qui étaient tous logés dans des hôtels de luxe. Le chauffeur a effectué une boucle autour du centre-ville. C’est avec stupeur qu’à un certain moment, nous repassons devant notre auberge, pour finalement continuer en ligne droite vers le port ! De l’auberge, en faisant un L, nous aurions rejoint la destination en dix minutes. Naturellement le bus est à paiement et un surplus a été retenu sur le billet du bateau. Arrivés au port, il faut donc passer à la caisse avant d’embarquer. Merci la carte de crédit. Le nombre de passagers s’élève à plus de 300 personnes. Les attrapes touristes commencent avant de monter à bord. Devant la passerelle, deux photographes insistent pour me faire faire la pose devant une bouée avec le nom de la compagnie maritime. Je montre le billet d’embarquement en demandant si c’est compris dans le prix ? On me répond, avec un large sourire de publicité pour dentifrice « après pour les détails ! ». Je dis donc que « pour la photo ce sera : après ! » Lorsque tous les honorables clients sont montés sur le pont, nous partons quelques minutes après 10h00. Le déplacement dure environ 90 minutes pour rejoindre la plate-forme ancrée dans la Grande Barrière Coralline. Aujourd’hui le temps est couvert et les nuages sont bas. La température est supportable et pas trop chaude. Sans soleil, j’ai quand même brûlé la nuque et les bras. Les pieds aussi ont eu leur part, car ce jour je portais des sandales. Un peu après midi, pour le dîner, deux buffets froid et chaud, de poisson et de viande, étaient servis dans le bateau. J’ai goûté à tout. C’était bon sans être exceptionnel. Poissons, viandes, riz, pâtes, fruits, salades, verdures composaient le principal du buffet. Vu la nombreuse clientèle asiatique, à côté des couteaux et fourchettes, il y avait des baguettes. A digestion terminée, j’ai pris part aux deux visites sur les barques, qui étaient comprises dans le forfait. Pour la première, je me retrouvais dans un long corridor vitré, fixé sous la barque et complètement immergé dans l’eau à 2,50 – 3 mètres. Le tour durait 20 minutes en slalomant entre les coraux de toutes les couleurs et de toutes les formes. Des poissons multicolores passaient devant la vitre, à la hauteur des yeux. La deuxième visite, se faisait sur une barque avec un fond plat vitré et cette fois, j’étais à l’air libre. Ce fut une vision vraiment unique. Malgré tous les messages publicitaires soûlant en anglais, puis en japonais et enfin en chinois, ça valait la peine de voir au moins une fois ce que la nature a créé tout au long de millions d’années et qu’il faut absolument conserver et protéger pour les générations futures. Dès 15h30, petit à petit, les passagers ont été invités à quitter la plate-forme et à regagner le bateau. Quelques minutes avant le départ, fixé à 16h00, il y eut un message radio, disant que « chacun devait rester assis à sa place et ne devait pas se déplacer ». Le personnel procéda au comptage des passagers afin de ne pas en oublier un sur la plate-forme ou dans l’eau. Après deux contrôles, nous sommes repartis en direction du port de Cairns, avec tous les passagers. Nonante minutes plus tard, nous étions de retour sur le plancher des vaches. Du port, pour ne pas nous faire arnaquer une deuxième fois avec le bus, nous sommes rentrés à pieds à l’auberge. En cette fin d’après-midi, une corvée de lessive nous attendait. Quelle aventure ! Entre les machines occupées, le linge éparpillé des autres clients dans les quatre coins de la buanderie, sans compter les “chiffons” puants, oubliés par leur propriétaire, ce fut tout sauf agréable. Nous avons remplis deux machines avec tout ce qu’il y avait à laver. Pour économiser… du temps, des deux lave-linges, tout a été concentré dans un seul séchoir. En fait, ce fut un calcul stupide, car le linge était trop compressé et il est resté mouillé. Le comble dans l’histoire, c’est qu’à ce moment il y a commencé à pleuvoir et il a fallu étendre tout le linge dans notre mini chambre, sur les lits. Finalement, en début de soirée, nous sommes sortis de l’auberge, sous une pluie fine. Evénement inattendu durant cette période, vu que nous sommes en pleine saison sèche et que septembre est le mois le plus sec de l’année. Nous décidons de manger quelque chose sur le pouce, car sur le bateau, à dîner, nous nous étions goinfrés comme des affamés ! En revenant en chambre, il a fallu finir de sécher les habits avec le fœhn, car la buanderie étant fermée à cette heure-ci. Les horaires d’ouverture ne sont pas très “touristiques”, vu le nombre élevé de clients et le peu de machines à disposition (07h00 - 08h30 / après-midi – 19h45). Après cinq paires de chaussettes, le fœhn est devenu bouillant et j’ai failli le brûler. Distance parcourue durant la journée : 0 KM Total : 3869 KM 21 septembre Aujourd’hui nous n’avons pas de bateau à prendre, mais le réveil a été réglé à 7h30, car dans cet établissement, on nous expulse à 9h30. Une des deux patronnes, m’a vu prendre le déjeuner en cuisine. Ensuite j’ai lavé la tasse et la cuillère, en les laissant s’égoutter sur la plonge, seulement le temps qu’il faut pour prendre le berlingot de lait qui se trouvait sur la table et le placer dans le frigo. La gueuse m’a fait comprendre d’un ton acide que ça devait être rangé tout de suite ! Je lui dis « une seconde, restez calme ». Elle s’éloigne et, le temps que je fasse le nécessaire, elle repasse et remarque qu’il y a une autre tasse sur la plonge. Dédaigneusement elle me la montre du doigt, et moi, avec le sourire, je lui montre du doigt la mienne sur l’étagère. Morigénant, elle range tout ce qui n’est pas à sa place. A mon avis elle ne doit pas avoir le sens de l’humour très développé. Lorsque l’autre copropriétaire remarque que nous quittions les lieux à l’heure, elle a esquissé un sourire. Un taxi nous accompagne à l’agence de location située à l’extérieur du centre-ville. Le minibus consigné, ressemble à celui que nous avions depuis Darwin, mais sans la partie supérieure pour dormir et la grille antérieure contre les kangourous ! Il a été repeint à la mode Woodstock ! D’un côté, il y a une grande grenouille et de l’autre une espèce de lézard ou de salamandre. De Cairns, nous avons emprunté la Bruce Highway en direction du sud. Entre les différentes agglomérations que nous avons traversées, il y avait beaucoup de champs de cannes à sucre et des plantations de bananes. Les plants de bananiers ont une hauteur d’environ 4 mètres et le “régime” est enveloppée dans du plastique. La raison doit être soit pour la protéger des intempéries, soit pour des motifs thermiques, accélérant la croissance. A un certain moment, nous passons tout près d’un champ de cannes à sucre qui a été enfumé, peut être pour faire fuir les bestioles qui s’y trouvent, avant la récolte, qui va de juin à décembre. Vers 13h00, après avoir avalé de nombreux kilomètres, l’estomac réclamait son dû. Nous nous arrêtons dans un supermarché au centre d’un village. Le restaurant et la terrasse où nous avons dégusté le sandwich au fromage et au jambon frais du frigo, était l’intérieur du bus, sur le parking du magasin. En se rapprochant de la destination, la route était bordée d’arbres plus verts que dans le désert. A la nuit tombée, nous n’étions toujours pas arrivés à destination. 150 kilomètres devaient encore être parcourus. Finalement, vers 19h30, un panneau illuminé à l’entrée de la bourgade nous annonce que nous entrons à Airlie Beach. Vu l’heure de notre arrivée, la réception était déjà fermée. Le gérant nous avait informé que nous trouverions une enveloppe à notre nom, avec la clé de la chambre, scotchée sur la porte de la réception. Nous déposons nos affaires dans la chambre composée de deux lits à étage. Pour le souper, un plat de pâte aux tomates et lardons, malheureusement un peu trop cuit, nous rassasiera. Avec la fatigue du voyage, il manqua l’attention voulue pour contrôler le temps de cuisson. En fait c’était absolument immangeable. A la dernière fourchetée de spaghetti, les paupières étaient lourdes et un quart d’heure plus tard, tout le monde dormait. Distance parcourue durant la journée : 620 KM Total : 4489 KM 22 septembre 07h00, réveil suivi d’un déjeuner très léger, car aujourd’hui le programme prévoit une journée maritime. Vers 08h15, nous rejoignons le port. En traversant la bourgade de jour, nous remarquons qu’elle a un aspect complètement différent et très animé. Hier soir, avec la fatigue, j’avais à peine remarqué les lumières. Sur le quai, nous cherchons où est amarré notre bateau. Nous nous renseignons à la capitainerie du port et au même moment, le capitaine de notre bateau sort du bureau. Il nous invite à le suivre. Avant de monter sur la passerelle, un animateur nous demande le nom de la réservation. En contrôlant sur la liste, derrière nos noms il trouve l’indication “déjà payé”, puis il nous gratifie d’un sourire et d’un « welcome on the bord » Ha ! l’argent… Trente minutes plus tard, nous quittons le port, avec à bord une trentaine de passagers et trois membres d’équipage. Le ciel était bleu, avec seulement quelques timides nuages, l’océan était lisse comme un miroir. A la sortie de la baie, le capitaine à augmenté la vitesse au maximum et nous avons été passablement secoué. J’avais trouvé place sur le pont supérieur, près du poste de pilotage avec dix autres personnes. Il y avait beaucoup de vent, car tout était ouvert. Dans un éclair de génie, j’avais eu le bon sens de prendre un pull en laine, qui est fondamental dans ce genre de ballade. La destination que nous avions choisie, étaient les Whitsunday Island. C’est un ensemble d’îles au large d’Airlie Beach. Ici, entre autre se trouve une des plus belles plages au monde. Environ une heure et demie de croisière plus tard, le bateau jette son ancre dans une petite baie, au milieu de ces îles. Avec un zodiac, l’animateur nous débarque sur la plage, en quatre allers et retours. C’est en fait une minuscule crique, qui est le point de départ pour une petite promenade en forêt, d’environ 700 mètres qui nous permettra de rejoindre le sommet de la colline. Une plate-forme, qui fait office de point d’observation panoramique, se présente comme un balcon donnant accès au paradis. Le versant opposé de l’île est magnifique, il est possible d’apercevoir la plage de Whitehaven Beach, qui est un delta pénétrant environ quatre kilomètres dans l’île. La partie qui rejoint l’océan est composée d’une plage de presque six kilomètres de largeur, pratiquement plate. Le “sable” qui est en fait composé de silice, lui donne cette couleur blanche comme de la neige. Après quelques photos au sommet de la colline, il faut redescendre sur la crique, pour reprendre le bateau et rejoindre la deuxième escale. De retour à bord, un café et quelques biscuits, nous sont servis. Une demi-heure plus tard, ayant contourné l’île sur la droite, l’ancre est jetée dans le prolongement de la plage que nous venions à peine de photographier. L’animateur et son zodiac font les allers et retour pour accompagner les passagers à terre, certains y vont à la nage. Je n’avais jamais vu, ni de l’eau si claire et limpide, ni une plage si blanche et si propre. Le personnel a insisté sur le fait que l’on ne jette absolument rien sur la plage ou par-dessus bord. A peine quelques secondes furent nécessaires pour se retrouver en costume de bain et plonger dans cette eau transparente, suivi d’un bain de soleil. L’eau est très salée, ce qui fait que sans effort, je flotte. Quarante minutes sont déjà passées, lorsque le capitaine, qui s’est transformé en chef cuistot, nous annonce que le dîner est servi. Durant le temps de la trempette, le personnel a préparé le barbecue avec bœuf, saucisses, hamburgers et poisson. Un buffet de salade accompagnait la viande et un choix de fruits tropicaux coupés en tranche étaient servis comme dessert. En quittant la plage, il y eut une inspection de la part du personnel du parc national de Whitsunday Island pour contrôler si la place a été laissée propre. Le dîner terminé, la digestion bien commencée, nous remontons sur le bateau pour la troisième escale. Durant le trajet, le personnel donna une information sur ce que nous ferons dans un moment et comment nous devrons le faire. Les passagers qui le désiraient, pouvaient effectuer du snorkelling, en restant en surface, avec la tête sous l’eau et respirant par le tuba. Chaque personne intéressée a dû signer une décharge de responsabilité envers la compagnie maritime, concernant d’éventuels problèmes d’asthme, cardio-vasculaires ou cardiaques. Ayant une excellente santé, je signais sans problème cette déclaration. Arrivés au point d’immersion, je me dirige vers l’arrière du bateau pour rejoindre la plate-forme. J’étais le dernier à renter dans l’eau. Le personnel m’a bombardé d’information lorsque j’enfilais les palmes et de temps en temps je répondais « yes ». A un certain moment, lorsqu’ils se sont tus, insatisfaits de ma réponse, je me suis repris en disant « no », puis ils ont retrouvé le sourire. Le contact avec l’eau fut électrique, car elle était glacée. Ca m’a bloqué la respiration. Il m’a fallu quelques minutes pour m’y habituer. Je nageais en direction de la côte, où le fond était plus clair. Au bout de quelques mètres, le masque commença à se remplir d’eau, pénétrant dans le nez et me faisant violemment éternuer. L’eau est tellement salée, qu’elle m’a brûlé les sinus. La tête sous l’eau, avec ce tube dans la bouche, la surprise n’a pas été très agréable. Un éclair de bon sens m’avait fait endosser, avant l’immersion, un gilet-bouée. Cela me permit de rester en surface, au lieu de couler à pic, comme une clé à molette. En ajustant le masque et en le vidant de son eau salée, j’étais prêt pour reprendre mon exploration. Ce n’est pas évident de respirer avec la bouche et le tuba, en ayant la tête sous l’eau. Si je tourne la tête et je regarde le fond, le tuba se rempli d’eau et je bois la tasse. Après une dizaine de minutes à gigoter comme une truite pendue à son hameçon, je commence à prendre le rythme et à apprécier les beautés maritimes qui se trouvent à quelques mètres sous moi. Des coraux de toutes les formes, de toutes les couleurs, de toutes les grandeurs se succèdent, plus beaux les uns des autres. Des poissons bleus fluorescents, avec des reflets jaunes, passent à quelques centimètres devant mon nez. En allongeant le bras, je réussis à les caresser. C’est un spectacle à couper le souffle (dans tous les sens du terme). C’est une sensation merveilleuse, que de flotter dans cette eau transparente. Le soleil reflétait mon ombre dansante sur les coraux. J’en oublie presque de respirer tellement je suis pris par la beauté de ce que je vois. Pour un moment, je suis resté à regarder des millions d’années et le temps s’est arrêté... Stop… Et oui, il a fallu revenir à la réalité et regagner le bateau. Le temps de se changer, puis, tout en regagnant le port, nous avons observé le couché de soleil. Cinquante minutes à plein régime suffirent pour nous retrouver au point d’embarquement du matin. Un peu avant 17h00, nous touchions terre. Ce fut une journée très agréable, car nous étions peu de personnes et le temps était magnifique. Du port, nous rentrons à l’auberge pour nous doucher et enlever la couche de sel accumulé durant la baignade. Le souper a été pris sur le pouce dans la bourgade. En revenant en chambre, il y avait quelqu’un qui dormait dans le quatrième lit, car l’auberge affichait complet. Le matin à notre réveil, il était déjà parti. Le soir nous sommes allés au lit tôt, gagnés par la fatigue de cette journée en mer. Après le souper, nous avons encore fait quelques photos sur la plage. Distance parcourue durant la journée : 6 KM Total : 4495 KM 23 septembre A 07h30, le quatrième occupant quittait la chambre. Lorsque je déjeunais dans le réfectoire, la femme de ménage a commencé le nettoyage. Une personne petite et extrêmement maigre, habillée avec un t-shirt et une paire de bermuda, d’où deux baguettes rejoignaient, presque par hasard, les souliers, qui se trouvaient 60 centimètres plus bas. Lorsqu’elle passa l’aspirateur, elle fit lever les pieds à tous ceux qui déjeunaient. Vers 10h00, nous partons en direction d’une halte que nous avons dû rajouter au programme de route. Initialement, nous avions prévus d’effectuer d’une seule traite le trajet d’aujourd’hui, qui est d’environ 950 kilomètres, entre Airlie Beach et Hervey Bay. Tenant compte de la fatigue accumulée avant-hier, suite aux 620 kilomètres parcourus, il était absolument inconscient de vouloir “avaler” d’une traite une distance aussi importante. Nous traversons quelques bourgades et quelques hameaux, entre lesquels se succèdent les champs de cannes à sucre. Une forêt peu dense prend petit à petit le relais sur les plantations. A un certain moment, en début d’après-midi, nous nous sommes retrouvés dans une situation critique, car nous avons omis une chose fondamentale avec le véhicule. Lorsque le réservoir était au ¾ vide, nous sommes passés devant une station d’essence en nous disant : « on fera le plein à la prochaine ». Autant de forêt devant que derrière… Les kilomètres défilaient et plus aucun signe de civilisation qui se profile à l’horizon. Au moment où l’aiguille de la jauge avait rejoint le E de Empty (vide) et le voyant lumineux de la réserve s’était allumé depuis bien longtemps, un panneau salvateur nous annonça qu’une station de benzine se trouvait un kilomètre plus loin. Sur les 49 litres que contient le réservoir, nous en avons mis 46 ! La tension de rester à sec, pour qui sait combien de temps, au milieu d’une forêt où personne ne passe, retomba peu à peu. Nous continuons notre route en direction de la bourgade de Yeppon. Le motel se situe tout près de l’océan, séparé de la plage par une route. Il y a énormément de vent et l’air est frais. Il n’est donc pas possible de se baigner ou de prendre le soleil. Nous décidons de nous balader dans cette agglomération composée d’une rue principale où sont concentrées la majeure partie des activités commerciales. Distance parcourue durant la journée : 502 KM Total : 4997 KM 24 septembre Après le réveil, nous déjeunons rapidement, car à 9h30 nous devons vider les lieux. Notre route continue en direction du sud, le long de la côte jusqu’à Emu Park. Puis nous rentrons dans l’entre terre pour rejoindre la Bruce Highway, qui nous portera à Hervey Bay. Nous arrivons à destination peu après 16h00. Nous prenons hâtivement possession du mini appartement réservé, dans un camping. Il a une vue imprenable, d’un côté sur les roulottes, de l’autre sur la palissade boisée. Aujourd’hui c’est samedi, jour où les magasins ferment tôt et demain dimanche, ils resteront fermés. C’est donc sur les chapeaux de roues que nous rejoignons le supermarché. Au pas de course entre les différents rayons, nous remplissons le cadi de victuailles, pour deux jours. La ville, composée principalement de villas, est étendue et compte environ 26000 habitants. Au souper, le chef propose : tortiglioni alla carbonara. Pour faciliter la digestion de cette cuisine italo-australienne, nous effectuons une promenade le long de l’océan. J’en ai profité pour faire quelques photos du ciel et des étoiles. Malheureusement ça n’a rien donné. Ici nous avons une voûte céleste différente de l’Europe. Par exemple, il n’y a pas de Grande Ourse, visible seulement du planisphère nord ! N’étant pas un spécialiste, j’apprécie ce que je vois, sans pouvoir donner un nom aux différentes constellations. Gagnés par la fatigue, nous sommes retournés au camping. Stupeur ! Toute la présentation très publicitaire qui vantait cet endroit, pour découvrir que sous les couvre-lits, il n’y avait ni draps, ni fourres de coussin et de duvet. Pour couronner le tout, la propreté des lits laissait à désirer. Nous avons dû prendre les draps fournis avec le minibus et nous les partager. C’était vraiment à pleurer de rire. Le cirque qu’il a fallu faire afin que chacun ait au moins un drap et une fourre de coussin pour lui. Distance parcourue durant la journée : 467 KM Total : 5464 KM 25 septembre Le lit est tellement petit que je touche la tête et les pieds lorsque j’y suis allongé. Il est encaissé dans un mur et le seul côté ouvert est bloqué par l’échelle qui permet d’accéder au lit supérieur. J’ai vraiment l’impression de me trouver dans un cercueil sans couvercle. 7h00, réveil, puis déjeuner léger, car aujourd’hui, il y a une autre ballade en mer. Nous passerons toute la journée sur l’île de Frazer Island. A 8h40, du port, partait le bateau-navette pour l’île, effectuant les allers et retours durant toute la journée. Si nous le manquions, il aurait fallu attendre le prochain à 11h00. Vu le peu de temps à disposition, pour nous, ça n’aurait plus valu la peine d’aller sur l’île. Au guichet de la compagnie maritime, nous retirons les billets, qui avaient déjà été réservés et payés depuis l’Italie, nous permettant de monter à bord du bateau. Le trajet dura environ 45 minutes. A l’arrivée, nous posons pied sur l’embarcadère de Kingfisher Bay. Depuis le quai, en dix minutes à pied, nous rejoignons l’agence de location du véhicule 4x4. Chacun consigna au guichet, son permis de conduire. Pour ma part, je dois aussi présenter ma carte de crédit. Elle servira à émettre un chèque en blanc, comme garantie, si durant la journée nous avons un accident et nous détruisons la jeep. Pendant que l’employé remplit toutes les formalités administratives, nous sommes obligés de regarder une vidéo sur la sécurité routière dans l’île. Le film dure environ une dizaine de minutes et explique tout ce à quoi il faut être attentif, lorsque l’on conduit un véhicule. Cela peut sembler étrange, mais ça va des dingos aux oiseaux, car toute l’île est un parc national, en passant par les petits avions à hélices qui atterrissent sur la plage. La particularité principale de cette île est qu’il y a des véhicules, mais pas de routes. A la place des routes, nous trouvons des pistes, non pas en terre battue comme dans le désert, mais de sable ! A certains endroits, les sillons laissés par les véhicules ont une profondeur qui atteint les 50 centimètres. Lorsque le film est terminé, nous signons un document de prise de connaissance du film, de la sécurité routière et du contrôle de l’état du véhicule. Sur le parking, assis dans le 4x4, l’employé de l’agence, nous donne une information pratique sur la manière de changer les tractions – 2 roues, – 4 roues, – avant, – arrière, etc. C’est parti, mon kiki ! Le premier kilomètre fut terriblement laborieux. Nous nous sommes ensablés deux fois dans une montée extrêmement raide. C’était mal parti pour cette sympathique journée de découverte. Après avoir essayé toutes les combinaisons de traction et de marche, puis changé le chauffeur, nous avons finalement pris le rythme de croisière. La balade devint plus sportive et intéressante. Nous avons effectué une première halte, sur un site panoramique, d’où nous apercevons le lac Wabby. Lorsque nous nous baladons à pied, nous devons toujours rester ensemble, pour éviter de se faire attaquer par les dingos. Notre parcours continuait en direction de la plage. Nous devions nous dépêcher, car à 14h00, à marée haute, la plage disparaissait sous l’eau. En conséquence il ne nous aurait plus été possible de rejoindre le village de vacances au sud de l’île, empruntant le bord de l’océan. De l’endroit où nous nous trouvions, c’était la seule possibilité pour faire une boucle sans revenir au point de départ et reprendre une autre piste interne. Finalement à 13h00, nous sommes arrivés dans le village, et nous pouvions nous rendre compte à quelle vitesse surprenante, l’eau “mangeait” la plage. Dans le film visionné à l’agence de location, on déconseillait fortement de rouler sur la plage, deux heures avant et deux heures après la marée. C’était vraiment limite pour nous ! Dans le village de Eurong, nous nous sommes arrêtés une heure, pour nous restaurer. Initialement nous pensions prendre un bain de soleil et éventuellement nous baigner. Nous avons dû nous contenter de prendre quelques photos sur la plage. Sur la bande de plage restante, les véhicules transitaient et les avions atterrissaient. En ce qui concerne le bain, toute la zone est fortement peuplée de requins, dissuadant quiconque de s’y aventurer. Nous sommes remontés dans notre 4x4 et nous avons continué notre exploration, jusqu’au centre de l’île, où se trouve le lac Mc Kenzie, peuplé de nombreux baigneurs. Le peu de temps à disposition, nous obligea à rejoindre la base, pour consigner le véhicule à l’heure prévue et avec le plein d’essence. La piste était très labourée, ce qui rendait la conduite difficile. Sur certains tronçons, rouler à 30 km/h, relevait d’un exploit d’adresse, pour maintenir le véhicule sur la piste. Arrivés à destination, l’employé de l’agence de location, avec mon chèque en blanc à la main, effectua l’inspection du véhicule, contrôlant minutieusement si nous l’avions cabossé ou rayé. Avec le sourire et satisfait du constat, il déchira le chèque et il me consigna les morceaux. Je souris moi aussi, car mon compte en banque est sain et sauf. Sur cette île, à une vitesse moyenne de 18km/h, nous avons parcourus 64 kilomètres. Pour un jour, ça nous change des 400 – 450 kilomètres quotidiens. Profitant du temps qu’il nous reste sur cette île, nous regagnons tranquillement l’embarcadère, pour prendre le bateau de 17h00. Le dernier départ est à 20h00, mais cet horaire ne nous est pas propice, car ce soir nous avons prévu de faire une grillade. Environ une heure plus tard, nous mettons pied à terre et nous rejoignons notre “résidence”. Durant la journée, nous avons grignoté quelque chose de léger, en prévision de l’abondant souper. Le menu approuvé à l’unanimité est : T-born steak, je m’en suis pris deux, à 500 grammes l’un. Nous vidons le frigo des victuailles achetées la veille et nous commençons à préparer la grillade sur le barbecue du camping. Cet appareil à une alimentation à gaz et pour des motifs de sécurité, chaque dix minutes, il se déclenche automatiquement. A 21h00, il s’éteindra définitivement pour toute la nuit. Voilà pourquoi il était fondamental de prendre le bateau-navette de 17h00, sinon nous n’aurions pas pu faire la grillade. La cuisine de l’appartement n’était pas suffisamment fournie pour permettre d’y préparer le souper. Une abondante salade mêlée accompagna cette délicieuse viande et une salade de fruits frais conclut le repas. Après avoir nettoyé le barbecue, nous sommes allés prendre un verre sur le bord de mer. C’est surprenant de constater le peu de personnes qui se trouvent dans les rues pour un dimanche soir. En rentrant au camping, nous préparons la valise, nous permettant, le lendemain matin, de partir sans perdre de temps…Vu que ce matin, la réception ouvrait au moment de notre départ et lors de notre retour, elle était déjà fermée, nous avons dû nous contenter du même arrangement sympathique que la nuit précédente, concernant les draps. La dernière étape, distante d’un peu plus de 200 kilomètres, nous permettrait d’arriver tôt à destination et d’effectuer quelques achats avant de rentrer en Italie. Distance parcourue durant la journée : 78 KM Total : 5542 KM 26 septembre 08h00, réveil puis déjeuner. Avant de partir, nous nous débarrassons de nos sacs de provisions, contenant presque exclusivement des confections vides. Deux heures plus tard, nous quittons Hervey Bay, nous dirigeant vers notre dernière étape : la ville de Brisbaine. Le déplacement se déroule sans encombre. A mesure que nous nous rapprochons de la ville, le trafic devient plus dense. La température est fraîche. Vers 14h00, nous prenons possession de la chambre, dans une auberge à l’architecture coloniale, tout en bois, d’un très bel aspect. Il y a aussi une salle de bain dans la chambre, mais sans porte ! Durant l’après-midi, nous effectuons une visite en ville. L’auberge se trouvant près du centre, il ne faut que quelques minutes à pied pour le rejoindre. Nous commençons par la rue piétonne Brunswick Street Mail, puis la rue parallèle Chinatown, qui est le quartier chinois, plus caractéristique que celle que nous avons vu à Sydney. A une dizaine de minutes de marche, au cœur de la City, proprement dit la zone des centres commerciaux de la ville, il y a une autre rue piétonne : Queen Street Mail, mais ici, les prix sont plus élevés. Chacun de nous était parti pour son compte et nous nous étions donné rendez-vous sur la Queen Street Mail, mais vers 18h00, un forte pluie s’est abattue sur la ville et chacun est rentré par ses propres moyens à l’auberge. En début de soirée, après avoir déjà préparé la valise pour le voyage de retour, nous sommes allés manger un kebab dans un bar turc sur la Brunswick Street Mail. Une balade dans le centre, très tranquille pour une ville de plus d’un million d’habitants, conclut cette dernière soirée en Australie. Distance parcourue durant la journée : 289 KM Total : 5831 KM 27 septembre Selon les informations du guide touristique que nous avions et qui nous a joué quelques tours durant les vacances, aujourd’hui, il y eut un autre épisode. Au réveil, nous nous dirigeons vers la réception, pour demander ou est servi le déjeuner inclut dans le forfait. La réceptionniste nous regarde d’un air interrogatif en nous demandant : « quel déjeuner ? Car ici, rien de prévu. » En contrepartie, elle nous indique l’adresse d’un bistrot à 100 mètres de l’auberge, qui propose un grand choix de déjeuner. Nous nous regardons stupéfaits, puis nous nous dirigeons vers l’endroit indiqué. A 10h00, nous quittons l’auberge, rejoignant la compagnie de location du minibus ridicule. Arrivé au dépôt, je me rends compte qu’il y a pire que le nôtre et que nous aurions pu tomber plus mal. Avec un taxi, nous rejoignons l’aéroport. Au contrôle des passeports, il faut remplir une autre fiche d’immigration. Après être rentrés dans ce pays, les autorités veulent avoir la certitude que nous y ressortons. L’avion part à 13h05, heure de Brisbaine. A l’escale de Hong Kong, il y a quatre heures d’attente et deux heures de décalage horaire (-2h). J’ai effectué plusieurs fois et sans intérêt, le tour des magasins, où tous les employés ont un uniforme identique. Pour tuer le temps, j’ai décidé de me rafraîchir en prenant une douche. Arrivé au guichet, à l’étage supérieur de l’aéroport, je présente la carte d’embarquement et paie mon dû en dollars de Hong Kong. Ensuite, une hôtesse d’un certain âge, m’accompagne dans un labyrinthe de corridors, jusqu’aux douches, en m’assignant une salle individuelle. Lorsque j’eus fini, et que je sortis, elle m’attendait devant la porte, pour m’accompagner dans une autre salle où se trouvent les fœhns. Les cheveux secs, elle me raccompagna à la sortie, en faisant la courbette. Surprenant ces gens… Il me reste encore un peu de temps avant de me rendre sur le quai d’embarquement et de monter dans l’avion, suffisamment pour prendre un apéro. 23h55 précise, heure de Hong Kong, l’avion se met en mouvement pour rejoindre la piste de décollage. Le voyage a été long. L’air conditionné et la fatigue m’ont bloqué l’estomac. Ce ne fut une partie de plaisir. En fait, je n’ai presque rien dormi dans l’avion, car j’étais trop fatigué et complètement déboussolé avec le fuseau horaire. Distance parcourue durant la journée : 2 KM Total des kilomètres parcourus en terre australienne : 5833 KM 28 septembre L’heure d’arrivée à Rome était prévue pour 06h35. En fait, à 06h10 nous étions déjà descendus de l’avion et nous traversions l’aéroport avec le bus, qui était venu nous prendre sur le tarmac. Le contrôle d’identité passé, avec un avenant sourire du policier à peine sorti du lit, je récupère ma valise et je rejoins la sortie. Dans le hall d’entrée, on m’attend pour me raccompagner chez moi. 7h30, arrivée à la maison. FIN DES VACANCES Ca fait une année que je suis parti en Australie et pourtant j’y repense très souvent à ces merveilles que j’ai vues. Le grand silence, qui règne dans le désert, me fascine. Les 585 photos prises durant ce séjour, ainsi que les diverses heures de prises de vue, me rappellent que je n’ai pas rêvé. Si vous avez un doute sur la faisabilité d’une telle aventure, n’ayez crainte, faites-le. Je suis de l’avis qu’il est mieux rencontrer quelques difficultés sur la route, que d’avoir des remords toute sa vie. Si vous avez des commentaires où vous désirez des informations supplémentaires, n'hésitez pas les demander. Christian
(Ce message a été modifié par Christian70 le 13 septembre 2006 à 16:01.)
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Image postée par le membre Christian70 dans la discussion «Australie: 5833 kilomètres en 25 jours, souvenirs de voyage (deuxième partie et fin)».
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