
hery
Mainz, Allemagne
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Description de la photo/image: Pirogues au Lac Koriéntzé (delta intérieur du fleuve Niger au Mali) ...
24 juillet 2008 à 2:29
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"Bambara" ou "Bamana": une réponse (Mali)
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Bonjour ! La discussion sur les termes « bambara/bamana » parcourt l’histoire de la Mandeistik comme un fil rouge, débutant par Bazin 1906 (1), suivi de Delafosse 1929 (2) et de N’Diaye 1970 (3) jusqu’à une proposition faite récemment sur Wikipédia : http://en.wikipedia.org/...nguage#language_name : The name of this article needs to be changed, please. The term 'Bambara' floating around in other articles as an alternative name can still link to the new correctly titled article. The name of the ethnic group is the BAMANA and the language is BAMANA (English, German) or BAMANANKAN (lit. 'Bamana sound') in the native language. The term BAMBARA is pejorative on several levels. It's a mispronunciation by the Colonial French (and therefore smacks of colonialism) and has stuck in much of French literature as well as art circles. However, this article is English wiki, and Americans and British anthropologists, sociologists and LINGUISTS call the language BAMANA. The term BAMBARA meant 'riverworking / hardworking *slave*' during the slave trade in Senegal, used by the whites and the Wolof to refer to the Bamana, Boso, Kagoro, etc. And, BAMBARA literally means in Fula (and has connotations in other West African languages) 'pagan, infidel' as the Fula converted many other ethnic groups to Islam. Many Fula still consider the Bamana as 'bad muslims.' The term BAMBARA is tinted with racsim, colonialism, ethnic hatred/distrust and religious tension. Professionals call the language and its speakers the same term that those speakers do. The article's name needs to be changes. Using BAMBARA in Wiki is like titling a page Beaner or Yank or Lapp or Polack or Limey. Change it. 71.210.91.4 (talk) 02:34, 3 May 2008 (UTC) 1. Du point de vue étymologique, Bambara est la forme originale, et Bamana ou Bamanan (le n final indique la nasalité de la voyelle précédente) le résultat d’un double processus phonologique régulier en bamana (assimilation) : a. *-Nb- > -m- ; par exemple : *bamba > bama « crocodile ». [N = nasal] b. *-r- > -n- dans une syllabe précédée par une syllabe nasale ; par exemple : en bamana, -ra est la marque de l’accompli figurant dans des constructions intransitives : a bè taa « il part » > a taara « il est parti » mais a bè dimi « il se fâche » > a dimina (*a dimira) « il s’est fâché ». Donc, Ba-mba-ra se transforme par une double assimilation en Ba-ma-na ! En référence à l’article de Wikipédia (en haut), Bambara n’est, strictement parlant, plus péjoratif que Bamana. Au contexte bamana (selon Bailleul 1996 et autres), Bambara porte plusieurs sens dont surtout « Bambara (ethnie) » (4) et « langue bambara » (5), mais aussi, d’usage assez rare, « animiste, fétichiste », « magicien » ou « païen ». Il est à supposer que ce terme fut pris par les ancêtres bambara à l’époque des Royaumes (non-musulmans) de Ségou et de Kaarta pour insister sur leur désapprobation de l’islam. Dans nos jours, son composant religieux a disparu presque totalement, excepté, dans des régions du nord de la Côte d’Ivoire, où les Bambara sont des Sénoufo non-islamisés, opposés aux Dioula musulmans, locuteurs mandé eux aussi, et dans la région de Bla et Touna au Mali où les Bambara reconnaissent les Minyanka non-musulmans comme Bamana sur le plan religieux, mais les qualifient de Myanka quant à leur appartenance linguistique ... 2. Sans pouvoir faire la preuve, il est tout à fait possible que Bambara (et par conséquence, Bamana aussi) soit originaire du mot arabe barbar « barbare » (< lat. barbarus < gr. bárbaros). 3. En vérifiant de divers dictionnaires des langues voisines du bamana, que ce soit le soninké (Smeltzer 1997), le fulfuldé (de Wolf 1995), le wolof (Diouf 2003), le sonraï (Heath 1998), etc., je n’ai trouvé aucunes indications racistes, méfiantes, ..., relatives au terme Bambara. Par conclusion, le terme concerné désigne chaque fois et exclusivement l’ethnie bamana resp. la langue bamana. 4. A mon point de vue, le peuple bamana ne ressent pas le terme Bambara (ou Bamana) comme « péjoratif », pas du tout. Il les utilisent sans réserve, comme variantes du même terme. 5. Personnellement, je plaide autant que possible pour des auto-ethnonymes ainsi que pour des auto-linguonymes, donc je préfère Bamana auprès de Bambara ... hgb Références : Bailleul, Charles 1996. Dictionnaire Bambara-Français. Bamako. Bazin, Hippolyte 1906. « Les Bambara et leur langue », Anthropos 1 : 681-694. Delafosse, Maurice 1929. La langue Mandingue et ses dialectes (Malinké, Bambara, Dioula). Paris. Diouf, Jean-Léopold 2003. Dictionnaire wolof-français et français-wolof. Paris. Dombrowky-Hahn, Klaudia 1999. Phénomènes de contact entre les langues minyanka et bambara (Sud du Mali). Köln. Heath, Jeffrey 1998. Dictionnaire Songhay-Anglais-Français. Tome 1 : Koyra Chiini. Paris. Smeltzer, Brad & Susan 1997. Xannun xaranka, Sooninken do Tubaabun, xannen sefetaanu : lexique soninké-français. Bamako. Vydrine, Valentin 1995. « Who speaks ‘Mandekan’ ? », Mande Studies Association Newsletter 29 : 6-9. Vydrine, Valentin 1999. Manding-English Dictionary (Maninka, Bamana). St. Petersburg. De Wolf, Paul 1995. English-Fula Dictionary (Fulfulde, Pulaar, Fulani). A multidialectal approach. 3 volumes. Berlin. (1) Selon l’interprétation de Bazin, Bamana est un mot dérivé au sens « gens du crocodile » : bama (crocodile) et –na, suffixe d’agent (« celui/celle qui »), variante combinatoire de –la, contexte phonétique nasal. (2) « ... donner le nom qu’il porte, Banmana ou Bambara signifiait ‘renonciation (ban) à la mère (ma-na ou ba-ra)’ et n’ayant absolument une relation avec le nom du crocodile (bamba ou bama) en dépit des efforts des partisans du totémisme universel pour justifier cette étymologie de pure fantaisie ». A mon avis, l’interprétation de Delafosse sort de la même fantaisie que celle de Bazin qu’il rejette à juste titre (voir (1)). (3) N’Diaye est d’avis que Bamana est un composé étant en ban (renoncer) et mana (maître, souverain), au sens « gens qui renoncent le maître ». Mais en y regardant de plus près, le mot pour « maître » n’est pas mana mais maa. On est disposé à croire que cette interprétation doit étayer un contexte historique : à l'implantation progressive de l'islam au Mali, les quelques Bambara ont refusé de se convertir à l’islam, et ses partisans les ont qualifiés de « gens qui renoncent Allah ». (4) Les Bambara représentent actuellement le groupe ethnique majoritaire de la République du Mali et occupent les régions administratives de Koulikoro, Ségou et Sikasso avec des concentrations importantes à Bamako, Kati, Kolokani, Ségou, Diola, Bougouni … (5) Pour distinguer ethnie de langue, le terme bamanakan resp. bamanankan est à préférer. Le composé ethnonyme + kan (voix ; langue parlée) désigne sans équivoque une langue. Exemples : alimanikan « allemand », angilisikan « anglais », faransikan « français », fulakan « fulfuldé », hèburukan « hébreu », sinisikan « chinois », etc. ------- « Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs. » (Amadou Hampâté Bâ, Mali)
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