
Grobi
France

5 avril 2004 à 14:14
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Les plateaux desertiques de l'Oregon et du Washington reverdissent pour quelques semaines. Assis dans une des plus grandes reserves indiennes (dont les limites correspondent exactement avec les limites du desert, bizarement...), je regarde incredule la masse enorme de vie que supporte ce desert. Il s'est en effet couvert de nouvelles pousses de gramines avec des zones remplis d'une espece de sauge qui distille sa forte odeur. Le tout est parcouru par une dense circulation d'insecte en tout genre sur le trente premiers centimetres au dessus du sol. Ces insectes amenent par leur simple presence le spectacle: chants et couleurs, des nombreuses especes d'oiseaux qui s'etaient fais rare durant l'hiver. Et apparait alors une des plus belles scenes a laquelle il m'eut ete donne d'assister, certains des coteaux sont jaunes, d'un jaune eclatant... Ils sont couverts de fleurs, si bien qu'il devient impossible de ne pas marcher dessus. En fait le desert tout entier est rempli de violette, de tournesol, de lily, de lupin... Blanches, jaunes, bleu, rouge, violet, d'innombrables variations le rendant ironiquement un des lieux les plus haut en couleur qu'il ne m'ait jamais ete donne de voir. Quelle spectacle d'une admirable beaute qu'est le printemps dans le desert. Un canyon parcouru par une riviere me donnera l'occasion de voir deux aigles chauves (fonce avec juste la tete et la queue blanche) dont, bien souvent, seule l'ombre sur le sol trahit leur presence. Dans un vol silencieux, jouant avec les courants d'air et le soleil, il couvre le canyon. Surpris dans ma vacuite, un reflexe m'a fait verifier dans un mouvement rapide la position de cette ombre. Reflexe venu probablement de tres loin a bien y penser, une subite et breve impression d'etre redevenue une proie, ou du moins le rappel que je suis une part de cet ecosysteme et non un observateur isole. Subtile message inconscient de cette ombre planante : si tu n'avais ete si gros tu etais mort. Quel luxe bien humain de pouvoir flaner et divaguer sans soucis. J'aurais meme la chance de surprendre deux coyotes (dont les congeneres ont donne un petit concerto durant la nuit) et d'admirer quelques troupeaux de chevaux sauvages. Tout ca pour dire que je suis bien d'accord avec toi, Sandrine. C'est... Amicalement.
Voyager c'est demander d'un coup a la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu a peu...
(Ce message a été modifié par Grobi le 5 avril 2004 à 14:29.)
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