
Tchoops
Seattle, États-Unis

8 juin 2006 à 16:54
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suite.. Aziz est rentré à la maison. Il accourt vers son père et le retient par sa tunique maculée de poussière. Un sourire orne son visage. Il a rencontré quelqu’un. Son père l’écoute qu’à moitié, encore absorbé dans ses pensées. Aziz est enthousiaste et s’emballe : - J’ai rencontré quelqu’un ! – insiste t-il. A première vue cela ne semble guère surprenant puisque des cars bondés de touristes enduits de crème solaire se déversent tous les jours à l’entrée de son village. Pourtant, aux yeux d’Aziz, celui-là était bien différent des autres. Il compare les touristes ordinaires aux chèvres de son père. Ils se déplacent en troupeau et bêlent bruyamment en suivant le berger. A l’instar des chèvres qui se précipitent à la vue de la moindre petite touffe d’herbe ; les touristes, eux, s’empressent d’aller acheter des souvenirs dans les échoppes. Le seul contact qu’il a pu avoir avec eux, était celui de la pièce de monnaie qu’ils lui glissent dans la main en échange de ses fines tranches de melon. Mais lui, c’était différent ! Il était venu vers lui et lui avait acheté toutes ses tranches de melon. Ce qui était plus étonnant encore, c’est qu’il lui avait proposé de venir boire le thé avec lui et de discuter. Aziz aurait sans doute préféré jouer avec ses copains, mais le monsieur lui avait proposé du thé, une offre qu’on ne refuse pas. Le bonhomme était curieux et lui posait beaucoup de questions. Ce n’est pas que cette discussion l’intéressait, mais au moins tant que le monsieur lui posait des questions, il pouvait étancher sa soif.. Et puis finalement il avait été intrigué par cet homme.. C’était bien la première fois qu’un touriste s’intéressait à lui, à ce qu’il faisait. Au moment où l’homme s’était levé pour s’en aller, Aziz aurait voulu le retenir ; pas pour pouvoir jouir du thé un peu plus longtemps, mais seulement pour le remercier… le remercier d’avoir eu un peu de considération pour lui, de ne pas être un porte-monnaie ambulant comme tous les autres touristes… Le père ne l’écoutait plus. Ce n’est pas qu’il délaissait son fils, mais il était préoccupé ces temps-ci. Une chèvre malade venait de rendre l’âme. Comment allait-il faire pour nourrir sa famille avec seulement six chèvres maintenant ? Le petit Aziz, lui, était loin... Il regardait ses quelques petites pièces miroitants des reflets cuivrés au creux de sa main… suite..à suivre ------- citoyen du monde ^^
(Ce message a été modifié par Tchoops le 8 juin 2006 à 16:57.)
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