
hialle
Pau, France

11 avril 2007 à 11:28
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Cambodge: coucher de soleil à la grimace
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On remonte dans notre 4x4 pour Kompong Cham. Sur le trajet, on doit traverser le Tonlé Sap dans un bac digne de celui de mon enfance pour traverser la Seine. Ces traversées sont toujours assez pittoresques : une barge assez étroite, chargée à bloc de camions croulant sous leur cargaison, des bus et leurs passagers, des autos, des motos, des tuck-tucks, des vendeurs de cacahuètes grillées auxquels on ne peut résister. Tout le monde sort du bac de l’autre côté de la rivière, comme s’il se dépliait après un long sommeil. La traversée n’aura pourtant durée que quelques minutes.
La route défile et c’est toujours un spectacle fascinant : les hautes maisons en bois bleu, perchées sur les pilotis ; les motos qui deviennent invisibles sous le volume de ce qu’elles transportent ; les pistes temporairement fermées pour plusieurs heures parce qu’un mariage s’y déroule dans le bruit assourdissant de la musique et les couleurs des invités ; les vendeurs de poissons séchés, dans leur cahute en bord de chemins ; les enfants qui rentrent de l’école avec leur cahier sous le bras, dans leur uniforme impeccable bleu et blanc. Des kilomètres comme ceux-là, impossible de s’en lasser.
Les maisons se font plus denses, il y a de plus en plus de gamins qui courent dans tous les sens. On arrive à Kompong Cham. Direction le Mékong en franchissant un pont digne du pont de Tancarville. En fait, pas tout à fait, parce qu’il n’est pas suspendu. Mais le plus étonnant, c’est qu’il a été fabriqué pas les japonais, seul passage pour aller de Saïgon à Bangkok !! C’est effectivement l’heure du coucher de soleil, impossible de louper un tel spectacle. Loran trouve une piste qui remonte le long de la rivière. De chaque côté de la piste, des maisons en feuilles de palmier alignées. Dans chaque «jardin», quelques vaches un peu efflanquées, 5 ou 6 bananiers, des cocotiers, les grandes cuves rondes qui permettent de conserver l’eau. On aperçoit entre les maisons, au-delà du Mékong, le ciel qui commence à rougir sérieusement et le soleil amorce sa descente. Histoire d’admirer le spectacle de plus près, on s’approche de l’eau, pour arriver en fait à un petit village de pêcheurs et ses quantités de barques amarrées le long de la berge. Elles sont un peu toutes sur le même modèle : longue pirogue en bois, étroite et au raz de l’eau, avec quelques nasses à poissons en sorte de rotin, et un abris en tunnel pour s’abriter des rayons ardents du soleil. Quelques hommes et des femmes voilées réparent des filets.
A peine à quelques pas du village, c’est une nuée d’enfants qui surgit, chacun ayant plus envie que son voisin de faire le pitre. Tous les enfants du monde se ressemblent quand ils chahutent. Il y a les forts en gueule, les timides, les curieux, ceux qui rigolent plus forts, et ceux qui ont des bouilles à faire craquer. Le grand jeu, c’est de se faire prendre en photos en faisant un maximum de grimaces, pour avoir le plaisir de se regarder ensuite dans l’écran de l’appareil. Rires et fous rires garantis. Un vrai concours de clowns. Peu importe la langue, dans ces cas là, il n’y a plus de barrage, plus de différence de culture. Juste se regarder et éclater de rire.
Petite leçon pour leur apprendre à siffler avec deux doigts dans la bouche. Là, je crois bien que je les ai scotchés. Je pense que maintenant, certains doivent y arriver sans problèmes, et que d’autres s’entraînent encore. Du coup, j’ai un peu oublié le soleil qui se couchait. Il est effectivement bien bas.
Alors les gamins rentrent chez eux, je les entends encore rire de loin, et essayer de souffler dans leur doigt pour émettre un son strident.
Pascale.
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