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Forum > Entre deux voyages > Livres, films et documentaires > Cambodge : S21
 

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ouais
fos sur mer, France



3 avril 2004 à 15:10

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Cambodge : S21 Répondre

Salut,

Qui a vu S21 machine de guerre (il me semble), j'aimerai savoir s'il est sortie en DVD ou comment avez vous trouvé le film???

merci


un grand voyage commence toujours par un petit pas.
Association NE POUR VIVRE

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espritzen
France

Photo/image personnelle du membre espritzen.


8 avril 2004 à 10:25

Message 2 de 11
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Re: [ouais] cambodge [En réponse à] Répondre

interessant à voir, un peu lent...mais le sujet est bien traité

Tire la langue
http://community.webshots.com/user/pbas400


Khaldoun
Strasbourg, France

Photo/image personnelle du membre Khaldoun.


8 avril 2004 à 16:14

Message 3 de 11
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Re: [ouais] cambodge [En réponse à] Répondre

Le film s'intitule " S21, La machine de mort Khmère Rouge". Il faut le voir pour enfin le croire, le voir et le revoir...Et au cinéma, les images sont encore plus éloquentes, plus glaçantes. Le réalisateur a réuni des acteurs du drame, victimes et tortionnaires qui rejouent leur rôle et on entre alors dans les arcanes de l'abjection. Les soldats de base du génocide rejouent méticuleusement les gestes et les méthodes qu'ils utilisaient à l'époque dans les "camps de rééducation", d'une violence inouïe, précise, terrifiante. L'homme est bourreau, qui réduit en miettes son prochain: 1 million de morts, tout est dit.

Khaldoun


cobraphil8
Oyonnax, France



8 juin 2004 à 7:08

Message 4 de 11
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Re: [Khaldoun] cambodge [En réponse à] Répondre

Est-ce que d'autres personnes l'ont vu?

Merci de donner vos avis

PS: il n'est pas passé par les cinémas de ma ville, un peu dégoûté de ne pas l'avoir vu.

Exposition Photos sur mes voyages:
http://fr.trekearth.com/...s/cobraphil8/photos/


Alan
Nice Côte d'azur ..., France

8 juin 2004 à 7:15

Message 5 de 11
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Re: [cobraphil8] cambodge [En réponse à] Répondre

Je reviens de Phnom Penh, je suis allé sur place voir le S 21......j'essaye de faire un post dessus, mais j'ai du mal à en parler, sans commentaires, c'est atroce, barbare.........

De voir les tortionnaires parler de tout celà avec les victimes qui ont échappées au massacre accentue le malaise.......

Aucun procés n'a encore eu lieu afin de juger les coupables de ce génocide.....

Alan

Est ce que ce monde est sérieux ..... ?


Kiki
France

16 juin 2004 à 8:25

Message 6 de 11
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Re: [ouais] cambodge [En réponse à] Répondre

Ce film m'a mit les larmes aux yeux. Non pas à cause des images de torture ou des mises en scènes par les gardiens. Mais parce que cet homme, qui se retrouve devant ce batiment craque et se remémore les siens.
Comment cela a-t-il pu être possible?
La réponse est dans le film: les gens ont eu le cerveau retourné et pas une fois, ils ne se sont remis en question. Suivre les ordres car c'est ce que Angkar (le gouvernement personnifié) voulait et aussi, parce que s'ils ne donnaient pas la mort, c'est à eux qu'on la donnerait.

Je suis pessimiste par nature: Alan parle de procès. Il est nécessaire pour une question de mémoire, et surtout pour nous autres occidentaux. Mais pour ceux qui ont commis ces crimes, ça ne changera rien.
Cet homme qui reproduit mot pour mot et geste pour geste son statut de gardien... il n'a pas changé. Il a suivi les ordres et recommencerait si on le lui redemande.

Il n'y a pas eu de conscience de crime pour eux. Jusqu'au bout, les tortionnaires (les cerveaux ou les simples éxécuteurs) ont fait croire que c'était pour le "bien du peuple". Jusqu'où peuvent mener de telles idéologies?
Nous en avons un exemple.


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ouais
fos sur mer, France



28 juillet 2004 à 15:53

Message 7 de 11
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Re: [ouais] cambodge [En réponse à] Répondre

J'ai reussi a trouver une petite interview du realisateur:

Retranscription de la rencontre entre Rithy Panh et les spectateurs, suite à la projection du film S21, La machine de mort Khmère Rouge, le 27 janvier 2004 à Toulouse, dans le cadre du Clemi :



- Rithy Panh : « Dans tous les systèmes totalitaires, la première chose qu’on fait c’est déshumaniser les gens. Les systèmes se ressemblent de ce point de vue là, mais idéologiquement ce n’est pas pareil. »



- Spectateur : « Tous les systèmes totalitaires essaient de déshumaniser. Est-ce qu’on ne peut pas aller plus loin. Est-ce qu’il n’y a pas chez l’être humain quelque chose d’inhumain qui se révèle à certaines occasions ? »



- Rithy Panh : « Cette histoire s’est passée au Cambodge mais ça aurait pu se passer ailleurs. Et depuis le Cambodge, il s’est passé d’autres choses, en Bosnie ou au Rwanda. Je comprends ce que vous dites mais en même temps vu mon histoire je crois que même si en chaque homme existent l’inhumain et l’humain, avec l’histoire que j’ai, je voudrais être optimiste. Je crois que l’humanité progresse avec la bataille que donne chaque homme pour la liberté. Je ne crois pas que l’on naisse assassin. On le devient et beaucoup d’entres eux le deviennent idéologiquement. Sinon c’est désespérant. Je ne veux pas être désespéré. Si je me suis lancé dans ce projet c’est parce que je crois que rien ne restera inchangé comme ça. Mais bien sur à des moments, je ne vous cache pas que j’ai eu des moments de désarroi, quand on découvre des choses qui vous heurtent, qui vous frappent. C’est pour ça que ce film là s’adresse à tous et pas seulement aux cambodgiens. »



- Spectateur : « Comment avez-vous pu obtenir le témoignage des bourreaux ? »



- Rithy Panh : « Quand on a commencé le film avec eux, on leur a dit qu’on était pas un tribunal. Je ne suis pas un procureur, je n’instruis pas la charge. Je ne suis pas neutre non plus. Je ne suis pas de leur côté. Les choses étaient très claires au départ. On a toujours essayé d’être le plus humain possible, même quand on filmait. Je crois qu’on a surtout essayé de filmer le génocide à niveau humain. Les anciens bourreaux sentaient très bien qu’elle était notre intention. C’est un film qui s’est tourné sur une distance très longue donc on pouvait à chaque instant arrêter de venir parler ou interrompre leur participation. Mais je crois que même pour les bourreaux, quand on a vécu des choses aussi terribles que ce qui s’est passé à S21, c’est très difficile de garder le secret pour toujours. Ceux là ont accepté de parler mais d’autres bourreaux n’accepteront jamais de parler. Ils mourront avec le secret. Et je pense qu’ils font parti de la pire espèce. Après, pour les gestes, je ne crois pas qu’ils mimaient. Je crois qu’il y a deux ou trois sortent de niveau de mémoire. Il y a la mémoire qui sort par la parole. Il y a la mémoire des lieux, de l’espace et puis il y a la mémoire du corps, du geste. Comme c’est un régime qui était quand même très dur, totalitaire, je crois que ça bloquait la parole même pour les bourreaux. Ca semble être bloqué et ne plus bouger mais le corps garde les traces de cette violence là. Et je m’en suis rendu compte en parlant avec un des anciens gardes, après avoir décidé de travailler sur la façon dont le corps se souvient, à travers des choses, des gestes. Après on a décidé d’inscrire ces gestes dans ce lieu. Vous ne pouvez pas faire sortir spontanément ces gestes là. Ca vient d’eux-mêmes ou ça ne vient pas. C’est venu mais ça aurait pu ne pas venir aussi. Ce que je pensais s’est traduit dans la manière dont ils le faisaient. C’est pour ça qu’aux premiers plans, quand ils fouillent, on est resté très sobres. Il n’y a pas d’artifice. Pas de tentative de dramatiser cette situation. »



- Spectateur : « Pourquoi retrouve-t-on dans tous ces systèmes ce désir d’amener l’homme à mentir à celui qui l’interroge mais aussi à se mentir à lui-même ? Pourquoi cette volonté de détruire par le mensonge ? »



- Rithy Panh : « Je pense parce que la révolution, le but de la révolution, c’est d’amener la justice. A moment donné quand dans le système, la violence s’est imposée, la révolution ne pouvait pas détruire les gens sans preuve. Donc, il a fallu les fabriquer ces preuves. Il ne faut pas seulement mentir pour que le mensonge soit utilisable, il faut que la victime mente par elle-même. La machine S21 c’est ça : effacer la mémoire puis réécrire une nouvelle mémoire, fausse, extorquée sous la torture. Cette nouvelle mémoire ne sert à rien sauf à détruire l’ennemi. Il n’y avait pas de tribunal après les confessions des prisonniers. Cela servait de preuve pour que la révolution puisse détruire. Et c’est de cette manière là que les gardiens peuvent continuer encore à croire et détruire. C’est la révolution qui commande. C’est pourquoi ils devaient passer par là. »



- Spectateur : « A un moment donné du film, une personne dit qu’il ne peut pas y avoir de jugement parce qu’on a pas reconnu le fait qu’il y ait eu une faute pendant le génocide, hors à la fin on voit un mémoriel du génocide à S21. Je voulais savoir qu’elle était la position des cambodgiens et qu’est-ce qui s’est passé par rapport à ça ? »



- Rithy Panh : « Ce qu’il voulait dire c’est qu’aucun chef Khmer Rouge n’a été jugé et qu’aucun n’a demandé pardon, et à partir du moment où il n’y a pas de tribunal, il n’y a pas de justice qui passe. Si personne n’a demandé pardon, on ne peut pas pardonner non plus dans le vide. On demande toujours s’il y aura une réconciliation nationale. Il y aura réconciliation nationale quand on saura qui est la victime et qui est le bourreau. Réconcilier avec qui si personne n’est coupable, si personne n’a commis de faute. Je crois que le procès est essentiel pour nous, pour faire le deuil. Pour commencer à faire le deuil, il faut que la justice passe. »



- Spectateur : « Ce qui est étonnant justement dans le film, c’est qu’on a l’impression que les anciens Khmers Rouges ne demandent pas pardon non plus. Les bourreaux qu’on voit là… »



- Rithy Panh : « Ce n’était pas le but du film. Le film n’est pas l’endroit où on vient demander pardon, ni l’endroit pour pardonner. Parce que le pardon est quelque chose de très personnel, de privé. Je ne peux pas décréter qu’il faut pardonner les Khmers Rouges ou pas. Je ne pouvais pas non plus ouvrir l’espace aux Khmers Rouges en ajoutant des sentiments. Le film devait rester dans les faits. Ce que je voulais c’est démonter une mécanique, comprendre comment ça fonctionnait. Ce que je voulais savoir, c’est quand on lève la main pour frapper quelqu’un, où est passé l’homme. C’est vraiment une idée de départ que je me suis mis dans la tête. Ce que je leur demandais c’est de rester le plus concret possible sur les actes que chacun a fait, a commis. Je ne voulais pas de sentiment, pas d’explication, sauf la lecture de leurs actes, l’analyse de leurs actes. Je ne voulais surtout pas de sentiments parce que après on part dans tous les sens et on ne sait plus. Je crois que ce n’est pas à un film de faire ça. »



- Spectateur : « Est-ce que ce film a été présenté aux cambodgiens. J’aurais voulu savoir comment les cambodgiens on réagit ? »



- Rithy Panh : « On a projeté le film un dizaine de fois et la salle a très bien réagit. Ce que je souhaitais c’est que le film devienne un espace de dialogue et c’est arrivé à la fin de chaque projection. Les adultes n’osaient pas en parler à leurs enfants pour plusieurs raisons, car dans toutes les tragédies, les catastrophes comme ça, les survivants se sentent toujours coupables, et ils ont du mal à en parler. Les nouvelles générations ne savaient pas ce qui s’était passé, et à chaque fin de projection il y toujours eu des adultes qui ont parlé et des jeunes qui ont posés des questions. C’est ce que je voulais. Je voulais simplement qu’il y ait un dialogue entre les générations et que ce temps de génocide ne constitue pas pour toujours un bloc obscur dans notre histoire, dans notre mémoire. Je crois que de ce point de vue là, le film ouvre ce dialogue, commence à donner la possibilité aux gens de prendre la parole et c’est très important qu’on parle de cette histoire. Parce que quand on parle de cette histoire, cette histoire devient universelle, et si elle devient universelle, on pourra peut-être un jour tourner la page, ou faire le deuil. Si on ne parle pas, on ne pourra jamais faire le deuil. »



- Spectateur : « Actuellement on entend pas mal d’ex-dirigeants Khmers Rouges très influents qui vivent en liberté et qui aujourd’hui ont un discours où ils disent qu’ils ne savaient pas, contrairement aux bourreaux du film. Comme je crois récemment Khieu Samphan. Il dit qu’il ne savait pas et se cache derrière un discours nationaliste pour… »



- Rithy Panh : « Oui, c’est le danger quand on ne fait pas le travail sur la mémoire. En fait personne ne croit qu’il ne savait pas. Qu’il ne soit pas impliqué directement dans la décision, c’est à discuter, c’est à lui de nous le dire aussi, mais qu’il ne savait pas c’est impossible. Il reconnaît dans sa lettre, après avoir vu ce film, que S21 était une institution d’état. Il a toujours su ça. Il était au cœur même de l’état. D’autre part, S21 se trouve au milieu de Phnom Penh. Ce n’est pas deux, trois bâtiments : c’est un km². Puis, il y a ses anciens copains qui ont été tués là dedans. Il ne s’est jamais posé de questions ? Moi je ne crois pas. Je crois qu’il savait. Il essaye d’utiliser le film en fait. Il dit qu’il vient de l’apprendre et ça, ça ne me plait pas du tout. Au contraire, ceux qui croient que Samphan a peur parce que le tribunal va bientôt s’approcher, je crois qu’ils font une erreur de penser comme ça. Il n’a jamais peur. Les Khmers Rouges n’ont pas peur de ça. Cette déclaration de Khieu Samphan s’adresse plutôt aux opinions cambodgiennes pour préparer le procès. Ils attaquent même le procès. C’est pourquoi ils utilisent beaucoup le mot nationaliste. Ils ont peut-être fait une erreur mais ils étaient nationalistes, ils voulaient protéger le pays. Et comme le tribunal est un tribunal mixte, international, si ce procès a lieu sans une forme de pédagogie, sans qu’on parle, sans qu’on fasse le travail de mémoire, ce procès est voué à l’échec. Vous voyez ce qui s’est passé avec Milosevic. On l’a amené à l’Haye, on l’a jugé et en même temps il a été élu député chez lui. C’est le côté dangereux des justices internationales. Il faut faire attention à ne pas réveiller le sentiment nationaliste. Les Khmers Rouges sont très intelligents. Ils vont attaquer sur ce terrain là. C’est à nous parallèlement au procès d’entamer un travail pédagogique. Qu’est-ce que c’est ce procès, qu’est-ce que ce crime, qu’est-ce que c’est ce génocide. On espère que ce film sera utilisé plutôt comme un instrument pédagogique, pour informer les jeunes, pour expliquer. Un procès, la justice, ça ne règle pas tout. Un tribunal ne règle pas tous les problèmes. On ne peut pas faire l’économie d’un travail sur la mémoire, sur notre histoire. C’est essentiel que ce travail se fasse maintenant. »



- Spectateur : « Vous avez dit que l’un des objectifs du film est d’analyser cette machine de destruction. Pensez vous que cette machine traduit la personnalité de quelques leaders. Ce sens, cette obsession du secret, n’est-elle pas le reflet de la personnalité de Douch ou même de Pol Pot. »



- Rithy Panh : « Certainement, oui. En plus, je crois que ce n’est pas un hasard si les Khmers Rouges on choisit un lycée pour en faire une prison. Douch était professeur de formation. S21 n’est pas né en 75. L’ancêtre de S21 c’est M13. Douch a créé M13 dans les années 72-73, et déjà la méthode S21 était en place. Certains gardiens sont des anciens formés à M13 dans les années 72-73. J’ouvre une parenthèse : ils ne pouvaient pas dire qu’ils ne savaient pas non plus, parce que ce n’est pas du jour au lendemain de la victoire qu’on trouve un bâtiment pour faire une prison. Douch a perfectionné l’instrument, le système, au service de l’état. Douch travaillait directement avec le ministre de la défense de l’époque qui était Son Sen, membre du comité central. Les rapports de S21 partaient toujours vers le haut. Et je crois que Douch était quelqu’un de très discipliné, très rigoureux, très intelligent, comme la plupart des chefs dans ce cas là, à ces postes là. Il est devenu bourreau par idéologie. Il exécutait les choses froidement et rendait des comptes à quelqu’un. Sans doute à Pol Pot personnellement. On trouve dans les archives de Tuol Seng des recommandations. Pol Pot ne signait jamais mais on reconnaît son écriture. Par contre son ministre de la défense signait. Signait et demandait des informations complémentaires. D’autre part, le ministre de la défense de l’époque venait faire des conférences, des séances d’autocritique ou d’endoctrinement à l’intérieur même de S21. Je pense que Douch est une expression de ce régime là, totalitaire. Ce genre de régime détruit la liberté de chaque individu. Comment détruire cet individu, cette liberté là, pour intégrer l’individu dans un collectif. Une utopie quoi. Un paradis pour tous, tout le monde vous ressemble, tout le monde est égal, tout le monde est pareil. Donc tout ce qui est initiative personnelle, individuelle, tout désir de liberté individuel, il fallait tout de suite l’éliminer. »



- Spectateur : « Comment vous avez trouvé et convaincu les personnes de participer ? »



- Rithy Panh : « Très lentement. A l’époque je n’avais pas d’idée préconçue, j’ai réagi un peu par instinct. Je me donnais toujours une certaine rigueur, une certaine exigence morale. La première chose que j’ai faite, c’est d’aller chez eux avant de commencer le film sur S21. Je voulais d’abord travailler sur la parole et le fait d’aller jusqu’à eux, d’être patient, de les retrouver... à moment donné certains d’entre eux m’ont dit mais comment t’as fait pour me trouver. C’était loin, les endroits étaient très difficiles d’accès, mais on était quand même là, souvent, parfois presque tous les jours. C’est ça qui a fait qu’ils ont petit à petit commencés à nous parler. C’est vers la deuxième année seulement que j’ai décidé de filmer à Tuol Seng. Je voulais qu’ils sachent que je les retrouverais quoi qu’il arrive, où qu’ils aillent. Ma première volonté c’était ça : où que vous soyez, je vous trouverez. Il vaut mieux essayer de me parler à moi que d’essayer de fuir. Au bout de huit, neuf mois, ils ont compris. Une autre idée était que je ne voulais pas filmer tout de suite à Tuol Seng parce que je ne voulais pas utiliser ce lieu comme un élément cinématographiquement utile, dramatiquement utile. Je voulais me cantonner aux faits. C’est un peu les idées que j’ai eues comme ça, dans le désordre, mais le hasard a fait que ça c’est passé dans le bon ordre. Ca a favorisé le travail du film mais je ne le sais que maintenant. Quand je regarde les trois années de travail, je me dis que si j’avais fait Tuol Seng avant d’aller chez eux ça aurait été un échec. Peut-être qu’au bout de deux entretiens ils ne seraient plus venus. »



- Spectateur : « Les grandes planches photographiques ont été tirées dans le cadre de la constitution d’un mémorial ou elles ont étés tirées par l’institution elle-même, par les internes ? »



- Rithy Panh : « S21 ne faisait que de toutes petites photos, pour les pièces de dossier. C’est nous qui avons fait développer plus grand pour pouvoir les filmer, pour voir les détails. On a développé énormément de photos parce que on ne voyait rien sur les petites photos. En les agrandissant, on a vu qu’il y avait un sac plastique dans un coin, plein de boulettes de papier dans un autre. Le sac de plastique franchement, je n’ai pas pensé que c’était pour étouffer les prisonniers. Ce qui nous a frappé, c’était les boulettes de papier blanches. Du coup, j’ai pris chaque photo et j’ai demandé à l’ancien personnel de m’expliquer. Pourquoi les papiers sont là, pourquoi le sac, et ce sont eux qui m’ont dit que le sac servait à étouffer, que les papiers étaient jetés quand on n’acceptait pas une confession faite par un prisonnier. Sur certaines photos, des prisonniers n’étaient pas attachés sur le dos mais le ventre au sol. Il fallait être très attentif à toutes ces choses. Ce n’était pas anodin. Quand on attache les gens à plat ventre, on peut mieux leur plonger la tête dans l’eau. Rien chez eux n’a été fait par hasard. On a été obligé de repasser par toutes les photos. Pas tout lire parce qu’il y a plus de 400 000 pages de confessions mais on a beaucoup lu. Ces archives ont été une de nos bases de travail. Je n’allais pas les voir sans les archives avec moi. J’avais toute une équipe derrière qui me fournissait ce que je cherchais. Par exemple, quand je travaillais sur les infirmiers, ils me donnaient tous les rapports quotidiens des infirmiers, la liste de nom des infirmiers. Tout ça était noté de façon très précise. Pourquoi quelqu’un était malade, quand, à quelle heure, quand quelqu’un s’était pendu. Si quelqu’un se pendait, pour eux, c’était une défaite. C’est très intéressant de voir qui est cette personne, comment ça s’est passé, trouver plusieurs personnes autour de ce suicide. C’était une grande défaite pour S21. En général, pour chaque photo ou chaque archive, quand on décidait de travailler avec, on essayait de trouver plusieurs personnes qui pouvaient parler, qui pouvaient décrire, qui pouvaient lire. Pour qu’on ait plusieurs témoignages sur le même sujet. On a souvent suivi le trajet d’un prisonnier de son arrivée au jour de sa mort. A S21, pour chaque personne qui mourrait, soit sous la torture ou en se suicidant, on devait prendre une photo, pour l’envoyer toujours vers le haut. Pour dire que l’ennemi était bien mort, parce que là haut on n’avait pas encore décidé de le détruire. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de photos de gens qui sont morts à Tuol Seng. »



- Spectateur : « Les gardiens, les bourreaux, disent qu’ils se sentaient en danger. S’ils obéissaient c’est aussi parce qu’ils avaient peur de mourir et je voulais savoir ce qu’il en était vraiment. S’il y avait vraiment une répression forte sur eux. »



- Rithy Panh : « Oui. S’ils commettaient une faute, par exemple s’ils laissaient échapper un prisonnier, ce qui était très rare. Je crois que dans toute l’existence de Tuol Seng, il y en a un qui a une fois sauté de la voiture pendant qu’on le transportait pour l’emmener à son exécution. Mais il était attaché, ils l’ont attrapé très vite. Je crois que le chef de convoi a été limogé ou exécuté. Il y a aussi le cas où les gardiens violaient les prisonnières, ce qui arrivait assez souvent. Dans le cas d’un flagrant délit, on l’exécutait. Ou alors parce qu’un prisonnier arrivait à se suicider pendant l’interrogatoire. Il y a pas mal de cas comme ça. Ces actes de prisonniers sont des actes de résistance parce que ces gens savaient que non seulement ils étaient déjà condamnés mais que le système S21 ne leur donnait pas la liberté de mourir. C’était leur manière de se battre contre le système. Il y en a qui avalaient des boulons ou toutes sortes de choses. Je n’ai pas beaucoup étudié les camps nazis ou les camps staliniens, mais dans un camp comme S21, la déshumanisation était double. Du côté des bourreaux comme du côté des victimes. Du côté des victimes parce que ce n’est pas facile de détruire un être humain s’il n’est pas déshumanisé avant. Et du côté des bourreaux, pour que ceux-ci continus à détruire et croient dans les directives du parti, il fallait aussi leur enlever tout ce qu’il y a d’humain. C’est là qu’ils vous apparaissent comme des êtres durs, parce qu’on a aussi touché à leur humanité. Je ne cherche pas à les dédouaner ou les pardonner. Encore une fois, je suis très prudent avec ça, mais j’essaye de comprendre, j’essaye d’être le plus possible avec tout le monde. Mais je ne place pas, évidemment, ces bourreaux au même niveau que les victimes. Ce n’est pas ce que je veux dire. »



- Spectateur : « Houy est une personne, autant par sa présence physique, son calme, sa détermination, qui fout vraiment la trouille. »



- Rithy Panh : « Oui, c’est un mec dur. Il a fait un trajet assez important. Il est rentré à S21 en simple soldat, et il a fini chef adjoint à la sécurité. C’est un mec solide. Psychologiquement, il se défend bien. Il peut vous dire aujourd’hui qu’il n’a tué personne, demain vous dire qu’il a tué cinq personnes, et le lendemain qu’il en a tué mille. Je ne crois pas qu’il n’ait rien tué, je ne crois pas au cinq, je ne crois pas au mille. C’était très fort sa façon de faire. Je ne cherchais pas à le coincer non plus mais à le mettre dans une situation de dialogue avec nous. Avec Nath, on a passé des nuits entières avec Houy. Rien qu’a essayé de lui faire dire une dizaine, vingtaine ou trentaine de gens qu’il a tué. Il n’arrivait pas à le dire. Soit il en disait trop, soit il se bloquait complètement. A force de répéter, « je n’ai fait qu’obéir aux ordres, si je ne le faisais pas j’aurais été tué », on finit par être bloqué dans son esprit. J’étais toujours prudent avec lui. On a réussit à faire parler Houy, non pas par la confrontation victime-bourreau ou bourreau-archive mais par la confrontation bourreau-bourreau. Avec ses anciens subordonnés, un jour quelqu’un a dit « je t’ai vu ». Houy n’a dit à mon avis que 10% de ce qu’il sait. Mais c’est déjà pas mal pour nous parce que c’est un mec vraiment solide. Psychologiquement dur. Et ça c’est grâce à un ou deux gardiens qui ont dit, écoute je t’ai vu venir, je t’ai vu monter, je t’ai vu faire. Et après on revient dessus et il accepte de reconnaître certaines choses. Je ne dis pas qu’il est cynique ou quoi que ce soit mais il y a un blocage en lui. Il est tellement entraîné à une certaine réponse. Houy, c’est la personne qui a été le plus interrogé par les journalistes. D’une certaine manière, ces journalistes là l’ont entraîné aussi à répéter. Quand un journaliste arrive, c’est un quart d’heure, une heure maximum. En général le journaliste ne parle même pas la langue. Houy se confortait dans son discours. Il s’est construit un barrage, un système de défense assez solide. Je crois que c’est une personne avec qui il faut passer plus d’années, et à chaque fois trouver un indice, quelque chose qui puisse lui parler. On n’a pas eu assez de temps avec lui. Les premières années on a rien pu obtenir de plus que ce qu’on a obtenu pour Bophana. Dans Bophana je l’ai eu par surprise. Quand il a accepté de dire comment on tuait. Parce que il ne s’attendait pas à ce que ça soit moi. Je pense que j’avais tout d’un coup un type qui parlait la même langue et qui osait tenir face. La première fois que je l’ai vu j’ai failli me battre avec lui. Je n’avais pas compris non plus parce qu’il me souriait tout le temps mais c’était plus nerveux qu’autre chose. J’ai fait beaucoup d’erreurs avec lui au départ en 95. Houy a aussi accepté de témoigner parce que, en général les gens venaient une fois puis disparaissaient. Mais nous on est revenu plusieurs fois, on l’a filmé et quand il disait le contraire on lui disait, « viens voir, t’as dit ça il y a deux ans, pourquoi tu dis ça maintenant ? ». Et vous faites ça deux ou trois fois et il commence à comprendre qui vous êtes. D’un côté il était prudent, de l’autre côté ce qu’il nous donnait c’était vrai. Ce n’était plus une manipulation. Mais parce qu’il savait qu’on contrôlait toujours ce qu’il disait, il était hyper prudent à nous donner des choses. »



- Spectateur : « Est-ce que vous avez montré le film aux bourreaux ? »



- Rithy Panh : « Non, je n’irai pas jusqu’à leur montrer le film. Peut-être qu’un jour ils viendront voir le film. Ils ont dit ce qu’ils avaient à dire. Je ne vais pas faire une projection quand même pour ces mecs là. Peut-être qu’un jour il faut que je sois courageux et que j’aille encore les voir. Pour l’instant je n’ai pas envie de les voir. J’ai beaucoup vu ces gens là pendant ces trois années. Peut-être qu’un jour je serai plus calme. Vous savez quand vous sortez d’un film comme ça vous êtes quand même un peu épuisé. Il faut pas aller les voir en leur disant voilà ce que t’as dit. Si je retourne un jour les voir, c’est pour aller au-delà de ça. Pas juste pour montrer le film. Mais sinon le film est dans le centre de documentation sur le génocide. Ils viendront le voir quand ils veulent. Nous à chaque fois qu’on les faisait venir, on les prenait entièrement en charge au niveau de leur sécurité. On était sérieux avec eux, très respectueux. Parce qu’eux n’ont pas été respectueux avec d’autres. Donc on essayait d’être le plus correct possible. Mais là, le film est fini et je n’ai aucune envie de les revoir. Parce que vous savez, ils ont acceptés de me parler et je suis presque devenu leur confesseur. C’est un secret lourd à porter et je n’ai pas envie de devenir le confesseur de ces types. J’avais malheureusement besoin d’eux pour faire un certain travail sur la mémoire. Malheureusement, on a besoin de ces bourreaux là, on a besoin de leur souvenir, de leur mémoire, pour éclaircir, pour comprendre certaines choses. Mais maintenant que j’ai fait une étape de ce travail, je n’ai pas envie d’être copain avec eux. Dans le fait d’être le confesseur de quelqu’un, que vous le vouliez ou pas, il s’approche de vous. Et pour l’instant je n’ai pas la force pour ça. Je ne suis pas un prêtre. Je ne suis pas encore prêt à leur pardonner. Si un jour j’ai le courage de pardonner personnellement, je le garderai pour moi, je ne le dirai pas. Et puis dans ce cas là j’irai les voir. Je discuterai avec eux. Pour l’instant non. »

Et je ne l'ai toujours pas vu...Fâché


un grand voyage commence toujours par un petit pas.
Association NE POUR VIVRE


Alan
Nice Côte d'azur ..., France

31 juillet 2004 à 9:49

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Re: [ouais] cambodge [En réponse à] Répondre

...... et il faut le voir, moi je l'ai vu au camp S21 et juste avant de visiter le camp, et c'est ce qu'il faut faire pour bien s'imprégner de ce qu'il s'est réellement passé, sinon le camp est assez dépouillé et une visite sans le film ne donnerait pas la même dimension à l'immensité de l'horreur .....

Il faut savoir qu'au S21, on torturait les gens afin de leur faire signer des aveux qui étaient en fait des rhétoriques contre la pensée idéologique khmer rouge et qui permettait ensuite de re torturer les gens pour les assasiner, mais les douleurs subies étaient telles que les victimes signaient sachant bien qu'ils signaient là leur arrêt de mort, mais bien souvent celui ci était le seul bonheur qui leur restait à espérer ......

Dans le film, outre les bourreaux qui parlent en fait de leurs forfaitures sans en parler, en disant simplement que oui c'est comme celà que ça se passait, mais sans dire que c'est eux qui tuaient et on a du mal au début à rentrer dans leur jeu, je me souviens de la souffrance de cette vieille femme qui parlait de ses neveux et nièces disparues, et les enfants qui étaient à ses côtés ne pouvait s'empêcher de pleurer également entraîner par une sorte de mouvement du chagrin ......

Et cet homme, accompagnant le peintre qui a retranscrit sur toile toutes les atrocités, et qui ascquiescait aux questions de celui ci, qui le tenait par l'épaule ....... j'ai mis un moment à comprende qu'il avait été bourreau, il a fallu qu'il explique comment aux " killing fields ", il faisait agenouiller les gens au bord des fosses avant de leur asséner un coup de barre de fer sur le cou par l'arrière .....

Dans certaines pièces ou les " vietnamiens libérateurs " ont retrouvés les dernières victimes agonisantes, des photos ont été prises avec des corps ensanglantés et révulsés par la douleur, recouverts de sang, c'est assez insoutenable et une odeur de sang flotte encore à l'intérieur de ces pièces ...... les paillasses en fer sont là avec les photos accrochées au mur, ça secoue pas mal ...... et on n'aimerait pas s'y retrouver tout seul tant les fantômes de l'horreur parourent encore ces sombres couloirs .....

Maintenant les gens ne vous parlent pas trop de cette période, ils vous disent " pendant la guerre " ....... mais il est vrai que l'on ne peut pas savoir à qui l'on parle dans la rue, bourreau ou victime, difficile de savoir ..... difficile de comprendre ...... aprés les nouvelles élections qui viennent d'avoir lieu, on commence à parler d'un éventuel procés, mais qui à vraiment intérêt .... pourtant un deuil reste à faire et on sent que les gens dans leur ensemble le souhaitent mais sans voir revenir ces fantômes .......

Alan

Est ce que ce monde est sérieux ..... ?
(Ce message a été modifié par Alan le 31 juillet 2004 à 11:09.)


ouais
fos sur mer, France



31 juillet 2004 à 10:10

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Re: [Alan] cambodge [En réponse à] Répondre

C'est vrai que c'est boulversant...Incertain je revois encore les photos de tous ces detenus du camps d'auchwistz accroché sur les murs.... On se demande comment l'humain arrive a se deshumaniser, peut etre a force de se faire laver le cerveau par des fous qui prennent le pouvoir au moment ou le pays va tres mal et vehicule une haine dans une propagande souvent raciste, cela ne peut que donner ces moments d'histoire qu'on aimerait oublier...


un grand voyage commence toujours par un petit pas.
Association NE POUR VIVRE


Parvat
Perpette les vaches, Belgique



25 août 2004 à 9:20

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Re: [ouais] cambodge [En réponse à] Répondre

   

Chwam Ribsou!

Un grand merci cher Ouais, pour cette interview vraiment très interressante. Je n'ai pas été visité S21 quand j'étais là bas, (raison personnelle) mais j'ai trouvé les cambodgiens assez détruits psycholiquement, par ce qu'ils ont vécu...

Je repense à cette grand mère battant sa petite fille avec un baton, voulant m'interposer elle m'a répondu avec un bête sourire "Here not same your country" (Ici, c'est pas la même chose que chez toi) Je l'entendais souvent crier cette petite voisine (+ ou - 6 ans), durant les 4 mois de mon séjour à Phnom Penh...

Ou alors le long du Mékong, ce vieux marchand de glace fait maison, parlant parfaitement français, les yeux beaux, expressifs mais tellement tristes... On a papoté cinq minutes, ce que je fais en Belgique, ma famille, puis la sienne... Aie, les pieds dans le plat... Dubitatif Sur 4 enfants, il a encore une fille... Il est rare qu'une famille soit complète...

Cette histoire me glace le sang. Un bouquin qui me fait jaillir des larmes, "Children Of Cambodia" Memoirs by Survivors. (Ed: Silkwormbooks) Une trentaine de témoignages en anglais, mais facile à lire.

Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations...
(N.Bouvier)




sonken
France

29 janvier 2005 à 18:40

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Re: [Alan] cambodge [En réponse à] Répondre

Salut,
je suis allé à Tuol seng en décembre. Le film qui passe là bas est "Bophana, une tragédie cambodgienne", le précédent film de Rithy Panh.
Dans S21, il y a le peintre et plusieurs anciens gardiens, le film se deroule presque exclusivement à la prison, contrairement à Bophana ou il y a d'autres interventions et des images d'archives. Je trouve Bophana plus explicatif sur l'ensemble du génocide, alors que S-21 se concentre sur le "fonctionnement" du centre. Il n'y a pas de mot, c'est tout ce qu'il y a de plus horrible. Voir comment les prisonniers etaient traités pire que des animaux, comment ont les forçait à avouer des fautes toutes aussi imaginaires que débiles pour tenter de "justifier" leurs executions...

J'aimerais beaucoup revoir "Bophana", les conditions de diffusion sur place étaient plutôt médiocres.

 
 

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