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wapiti74
Annecy (74), France

12 janvier 2008 à 5:20

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Souvenirs canadiens, extraits Répondre

Il y a parfois au fond des tiroirs, dans les coins du cœur et de l’âme, des trésors.
Des trésors de souvenirs. Des trésors de mots couchés sur papier.
Et voilà qu’à l’occasion d’un déménagement, un vieux cahier refait surface… un cahier rempli de trésors.

Aujourd’hui j’aimerais en partager quelques extraits avec vous.
Des extraits seulement… il y a des trésors que je ne suis pas prête à partager sur quelque forum que ce soit…

De temps à autres, je viendrai donc poser un extrait sur ce post.
Pas tout en même temps, j’ai besoin de savourer.
Vous aussi, peut-être.

Ces extraits je les dédie en premier à ma lointaine amie Cosette qui en est à l’origine ; même si elle ne les lira peut-être jamais par ici...
Je les dédie ensuite à quelqu’un de magnifique qui les attend, qui les lira j’en suis certaine, avec plaisir je l’espère… et qui se reconnaîtra, sûrement. Clin d'oeil

"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac

Annonceur en lien avec le Canada (sauf le Québec):

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wapiti74
Annecy (74), France

12 janvier 2008 à 5:22

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Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Le Défi.

Ces images qui reviennent quand on ferme les yeux, images de bonheur, images de beauté ou de surprise, souvenirs simples mais tendres…
Beaucoup de souvenirs s’estompent avec le temps. Certains persistent de façon tellement forte que le cœur s’emballe à les revivre mentalement.
Mais peut-on les coucher sur papier avec des mots ? Je n’en suis pas sûre.
L’angoisse de la page blanche me saisit ; ou, pire encore, l’angoisse de perdre ces images à vouloir essayer de les transcrire avec des mots ; des mots écrits, qui plus est, des mots figés, simples constructions logiques, qui assemblées les unes aux autres sont sensées prendre sens et forme…
Ô mon amie Cosette, imagines-tu seulement ce que tu me demandes là ? Toi la littéraire, la prof de français, qui aime cet exercice d’écriture ; toi, l’artiste qui aime créer, qui aime les défis.
Et dis-moi, pourquoi, aujourd’hui, je tente de le relever ce défi ? Quelles puissances me poussent à me lancer dans l’aventure de mes souvenirs canadiens ? Sont-ce les mêmes que celles qui, un jour, m’ont poussée vers mon premier voyage chez nos « maudits cousins » d’outre-atlantique ?
Le défi, véritable point de départ de cette histoire canadienne…
(Ce message a été modifié par wapiti74 le 19 janvier 2008 à 2:48.)


wapiti74
Annecy (74), France

12 janvier 2008 à 5:30

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Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Premier voyage

Avril 1993, j’ai 20 ans.
Mon meilleur ami parti pour 8 mois d’études à Montréal me lance en défi : « Tu viens me voir au Québec cette année ? Même pas cap’ ! »
Véritable défi contre la personne que j’étais, plus timide que réservée, trop anxieuse du lendemain pour apprécier le jour même à sa juste valeur. Petite fille rarement partie de la maison, encore moins seule. Jeune étudiante sans le sou.
Défi contre cette vie qui se déroulait comme un chemin trop bien tracé, sur lequel il me semblait que je n’avais aucune emprise.
Mais voilà, je l’ai relevé ce défi, billet d’avion en poche, sac au dos, en partance pour l’aventure de ma vie, pour mon rêve américain : le Québec.

De cette première expérience québécoise il me reste un souvenir doux-amer, mélange de bonheurs et de déceptions. Quelques flashs précis, des sensations diffuses, une révélation.


Terrible sentiment d’abandon qui m’étreint lorsque je suis seule dans le train qui monte à Paris, dans l’avion qui traverse l’Atlantique, dans les couloirs et salles des aéroports et de Berri Uqam où j’attendrais une heure mon hôte en retard… Que d’actions héroïques en cette longue journée de voyage. Car toutes ces actions a priori banales représentaient pour moi à cette époque de véritables actes héroïques… Et soudain, cette silhouette, cette démarche, ce visage… ce n’est pas un appel que je lance, c’est un cri où désespoir et bonheur se mêlent. Délivrance.

Flashs fugitifs.

Le dédale des couloirs du département informatique de l’UdeM, l’atmosphère feutrée de ces salles informatiques où règne une ambiance bon enfant, les figures souriantes des étudiants québécois.

Claude, amie et colocataire de mon hôte, qui sera une véritable grande sœur pour moi durant ce séjour, et dès le premier jour en me rentrant et me bordant au lit en fin d’après-midi, après une délicieuse soupe aux tomates. La première de ma vie. Pourquoi ce genre de détail peut-il rester en mémoire, alors que le visage même de Claude, je ne m’en souviens pratiquement pas ? Les mystères de l’inconscient…

La maison dont nous occupions le premier étage dans le quartier Jean Talon, au nord de la ville. Jolie petite maison si semblable à ses voisines, avec son escalier tournant en façade -était-il blanc ou vert ?- et son arbre nu comme un ver dans le petit jardin sans haie ni fleur.

Cette impression magique ressentie, perdue au milieu de la fameuse ville souterraine, avec ses places si différentes les unes des autres, s’étalant sur des kilomètres carrés. Quelques années plus tard, en montant vivre vers Paris, je me suis aperçue qu’il existe le même type de centres commerciaux et d’affaires en France, dans les grandes villes. A l’époque, petite fille de la campagne que j’étais, je découvrais un univers urbain assez grandiose et fantastique…

La surprise d’approcher un écureuil à moins de 5 mètres dans le parc de l’UdeM. Et de toute évidence j’étais la plus surprise des deux ! J’ai depuis appris à observer avec amusement ces petits gris, aussi courants dans les villes canadiennes que le sont nos pigeons européens.

Vers le sud

L’autoroute qui descend à Toronto est très fréquentée par les trucks nord-américains. Nous sommes cernés par ces monstres d’acier, rutilants, fonçant à vive allure et crachant leur fumée par leurs cheminées. Petit frère, j’ai beaucoup pensé à toi ce jour-là, toi qui veut être routier et qui rêve de chevaucher un jour une de ces montures sur les highways sans fin de ce continent…

Ma plus grande impression de bonheur aux Niagara ne fut pas la vue des chutes. A tant en entendre parler, à s’entendre promettre la huitième merveille du monde, à s’entendre promettre la lune, on imagine le grandiose, et finalement la réalité peut paraître décevante. Impressionnantes, oui. Grandioses, magnifiques, superbes… non. Ce ne sont pas les adjectifs qui m’arrivaient aux lèvres. Ce n’était pas l’émerveillement attendu, non. Ce qui me réjouissait le plus était aussi du domaine du naturel, mais ce n’était pas cette masse d’eau verdâtre se déversant en un vacarme assourdissant dans une immense cuvette en fer à cheval. Le bonheur, c’était la nature éclatante du printemps avec cette douce tiédeur de début d’été qui régnait ce jour-là en sud-Ontario, avec près d’un mois d’avance sur Montréal.

Car à Montréal, l’arbre devant la maison ne nous montrera son premier bourgeon que la veille de mon départ. Et plus au nord, nous avons rencontré l’hiver avec son air vif et ses lacs encore gelés.

Vers le nord.

La route vers le nord. Belle route en bordure du Saint-Laurent, sur laquelle s’égrènent villages colorés, forêt d’épinettes, collines de prairies et paysages côtiers. Ruban presque rectiligne sur lequel défile un film lumineux et sans parole. Le nez collé à la vitre, les yeux grands ouverts, j’ai bu goulûment à cette source intarissable qu’est la beauté de la nature québécoise, même encore engoncée dans ses grisailles hivernales.

A Tadoussac, point septentrional de ce premier périple canadien, les baleines n’étaient pas au programme de notre expédition. Pas cette année-là. Nous avons tout de même manqué de quelques minutes un dîner d’un steak de cétacé. En guise de consolation, soirée autour du feu de bois avec le gérant de l’auberge de jeunesse, son accent chantant, ses légendes et anecdotes, sa guitare et ses tounes québécoises. Frissons garantis à la découverte de la ballade du phoque en Alaska.

Le lendemain, moment de détente sur une plage de sable fin ponctuée par sa cascade. Sans l’avoir revue depuis, je me souviens parfaitement de cette petite cascade enchanteresse. Aucune dimension comparable aux Niagara. Simple jet d’une eau cristalline et chantante sur des rochers mousseux entourés de buissons. Le rythme de l’océan en fond sonore et la luminosité d’un frais soleil matinal. Tout simplement beau.

Le Lac Saint-Jean nous a surpris, encore en partie gelé. Promenade matinale magique au bord de l’eau, sous les arbres, le long des bungalows colorés précédés de leurs jardins d’été, ces doubles balancelles en bois tellement typiques. Jeux de lumières et de reflets sur les ondes, pure impression de temps suspendu au vol des canards sauvages, simples minutes de bonheur.

De la visite de la ville de Québec durant ce premier voyage, je n’ai que peu de souvenirs précis.
La marmotte des plaines d’Abraham, que nous avons longuement guettée avec succès au sortir de son terrier, petit museau apeuré à moins de deux mètres de nos visages.
Deux énormes et délicieuses crêpes, quelques muffins chocolat-banane… le bonheur d’une journée entière passée seule avec mon hôte…
Une impression forte mais toute simple : j’aime Québec.
Sa vieille ville fortifiée avec son château sorti comme d’un film de Walt Disney. Ses ruelles étroites, ses toits colorés, sa Promenade des Gouverneurs surplombant le Saint-Laurent.
J’ai aimé, instantanément et tout simplement.

Retour sur Montréal.

La vision magique depuis le Mont Royal de la ville illuminée dans la nuit, quand, assoupie à vos pieds, elle semble vous appartenir tout en forçant le respect. Qu’êtes-vous, petite ombre haut perchée, face à ces mille et une lumières identifiant près de trois millions de personnes ? Ce sentiment de toute puissance et d’infiniment petit mêlés, je le connais pour l’expérimenter régulièrement en randonnée dans les Alpes. C’est la même impression qui vous gagne quand, le sommet atteint, vous admirez à perte de vue les sommets des autres massifs, les vallées, les villages si petits au loin, l’immensité naturelle. Tout ce qui est à vos pieds vous appartient pour un instant. L’instant de récompense de l’effort fourni. Quelques minutes ou heures où l’on se sent comme détaché du monde d’en bas. Mais en résonance intérieure, une grande humilité vous gagne obligatoirement. Chacun d’entre nous est si petit, si faible, si ignorant ; simple être humain, véritable poussière dans cet univers. Créé par une puissance supérieure, Dieu ou Dame Nature, être totalement dépendant des autres forces naturelles ; un électron minuscule parmi les composants d’une construction pluri-millénaire, véritable cathédrale naturelle.

Derniers souvenirs.

Une glace dégustée sur les gradins d’un petit stade de quartier désert, quelques minutes avant d’entreprendre le voyage de retour en France. Minutes de connivences amicales. Un aveu : il ne croyait pas en ma venue ici avant de m’avoir trouvée à Berri Uqam quatorze jours plus tôt. Fierté. Tristesse.
Une embrassade des plus chaleureuses, juste avant de monter dans le bus. Ces gestes, ce regard, cet instant si fort que l’on ressent le cœur palpitant, des années plus tard encore… La boucle est bouclée, la détresse à son comble, les larmes encore une fois au coin des yeux.
Ces larmes couleront silencieusement dans l’aérogare bien vitrée devant le spectacle magnifique du coucher de soleil sur les pistes d’où s’envolent les « grands Boeing bleus de mer ». Une promesse : Je reviendrai à Montréal.

(Ce message a été modifié par wapiti74 le 13 janvier 2008 à 4:23.)


Fabricia
Alpes Maritimes, France

Photo/image personnelle du membre Fabricia.

Description de la photo/image: Amber Fort, Rajasthan, octobre 1994 : une belle indienne offre aux visiteurs un gobelet d'eau puisée dans sa cruche.


12 janvier 2008 à 7:31

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Voici, chère Wapiti, de très jolis éclats de vie, émouvants souvenirs jaillis du tiroir aux trésors, enfouis il y a longtemps... mais jamais oubliés !

Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)



Maldita
Saguenay, Québec (Canada)

12 janvier 2008 à 12:59

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Wapiti,
j'ai été émue à la lecture de vos souvenirs et je veux vous dire merci. A trop voir les mêmes paysages, on finit par ne plus les regarder... Vos yeux m'ont fait redécouvrir mon coin de pays (le Québec) sous un jour que j'avais oublié. Merci encore et je vous souhaite de revenir à Montréal!


wapiti74
Annecy (74), France

12 janvier 2008 à 13:11

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Re: [Maldita] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

et le voyage ne fait que commencer Clin d'oeil

"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac


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wapiti74
Annecy (74), France

13 janvier 2008 à 4:29

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Souvenirs canadiens, extraits. [En réponse à] Répondre

Atmosphères

Une question s’est posée à moi : dois-je continuer avec un ordre chronologique ?
A chaque séjour canadien, les lieux sont globalement les mêmes.
Les incontournables Montréal et Québec n’ont pratiquement pas changé entre 1993 et 2001.
Les lieux enchanteurs qui m’ont le plus émue ou surprise restent les mêmes au cours de ces différents passages.
Les souvenirs sont parfois difficiles à resituer sur tel ou tel séjour.
L’idée que j’ai aujourd’hui de chaque endroit n’est qu’une somme d’impressions temporellement distinctes.
Et pourtant, chacun de mes séjours canadiens a son atmosphère propre et m’a laissé des sensations très différentes.

L’été 1994 m’a offert une grande amie et ma première expérience de vacances entre copains. Sept français partis pour trois semaines en Québec et Ontario. Un programme chargé, plus de 3000 km parcourus, de nombreux fous rires, des coups de gueule aussi…
Le moment le plus magique ? L’excursion aux baleines, sans hésitation.
La plus grande émotion ? Le départ de Cap-aux-Os. Comment repartir du paradis, après l’avoir simplement frôlé quelques heures du pied ?…
Des instants marquants ? Naviguer seuls en canots sur les rivières et lacs sauvages, un pot de Nutella partagé devant une cabane à ours, la rencontre d’un troupeau d’orignaux au parc Algonquin, un pique-nique aux pieds des chutes Fraser, la cascade de Port-au-Persil, une esquisse d’aurore boréale à Cap-aux-Os… la liste serait trop longue !

L’été 1998 résonne comme une réponse à une promesse : revenir en Gaspésie et prendre le temps d’apprécier cette région. Il renvoie aussi à un féroce désir de faire profiter mes amis de mon attirance pour cette contrée, et de mon expérience acquise. J’en ai donc convaincu cinq, cinq randonneurs au moins quinquagénaires, à me suivre dans cet itinéraire 100% québécois, très empreint de nature. Au rythme infernal du circuit de 1994 s’est substitué un itinéraire temporisé, aux étapes « à dimension humaine », pour ménager chauffeurs et passagers, en alternance avec des journées locales, incontournables pauses culturelles ou historiques, parfois relativement sportives.
Ces 15 jours furent riches de découvertes, dans une ambiance très décontractée. L’accueil extraordinaire qui nous a été fait dans les diverses auberges de jeunesse de notre parcours restera toujours marqué profondément en nous. Et nous ne pouvons que remercier la chance qui était au rendez-vous avec notamment un temps magnifique et des baleines très coopérantes… C’est sans hésitation mon plus beau parcours québécois réalisé à l’heure actuelle. Je ne renie ni ne dévalorise les précédents et le suivant, mais je ne peux que constater que le rythme, le choix des activités, les rencontres faites cet été-là et les relations avec mes compagnons de route représentent un ensemble jusqu’alors inégalé.

Entre ces deux circuits touristiques, ma plus grande expérience canadienne fut ces 8 mois passés à Montréal pour une année d’études universitaires, sur les traces de mon ami. Je me suis lancée à corps perdu dans cette aventure. Ce séjour reste encore maintenant pour moi LA meilleure année de ma vie. Avec cette sensation de réellement décider de ma vie pour la première fois, d’avoir choisi celle que je veux pendant quelques mois, d’être pleinement maître de mes choix et non de suivre une chemin tout tracé par les autres, par le système…
Ma bonne étoile a encore joué son rôle en mettant sur ma route Jérôme, mon colocataire, mon ami et mon confident durant cette période ; et quelle entente indispensable et appréciable ! Que d’heures passées ensemble à découvrir Montréal « par l’autre bout de la lorgnette », baskets aux pieds et appareils photos armés. Montréal en long, en large, en travers, l’automne, l’hiver, le printemps. Les yeux grands ouverts, le cœur aussi.
De ces huit mois ne restent pas que des images de tourisme, j’en ai peu fait. Je me suis volontairement intégrée au maximum au sein de mes classes, faisant des rencontres intéressantes, appréciant des amitiés précieuses, découvrant -un peu- la culture québécoise « de l’intérieur ».

Eté 2001. Parce qu’il fallait retourner encore sur ces lieux de beauté que j’aime, en espérant recroiser ces personnes qui nous ont fait vibrer en 1998. Parce que j’avais encore besoin de partager « mon » Québec avec mes amis et que 6 d’entre eux étaient partants.
Il m’est néanmoins devenu assez rapidement évident que ce serait probablement le dernier circuit de ce type que j’organiserais. Pas par lassitude du Québec, ho non ! Mais parce qu’au fond de moi quelque chose me criait d’aller aussi voir ailleurs, sur d’autres continents, vers d’autres provinces, plus au nord, plus à l’ouest, plus au sud, à la rencontre d’autres beautés, d’autres cultures... Un peu aussi par déception devant cette alchimie de groupe qui n’a pas été à la hauteur de la précédente ; autres personnalités, plus jeunes, groupe plus d’hétérogène…


NDLR : La suite viendra en désordre, piochant de ci de là des extraits sur mon vieux cahier griffonné, au gré des humeurs et de la nostalgie…
(Ce message a été modifié par wapiti74 le 19 janvier 2008 à 2:48.)


parisljm
BIVILLE, France

14 janvier 2008 à 3:40

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Bjr

vous étes sure..?
sac au dos, en partance pour l’aventure de ma vie, pour mon rêve américain : le Québec.......!

LP


Dolma
Paris & PardelalOcean, France

Photo/image personnelle du membre Dolma.

Description de la photo/image: couleurs québécoises entre feuilles et plume...


14 janvier 2008 à 5:42

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Images-trésors comme je les aime...
Images-sourires d'un pays que j'aime...

Chère Wapiti, je savoure !

Il me semble que nos mots pourraient s'entrecroiser sur les routes, se cacher dans les jardins, se poursuivre sur les rives du fleuve et se cajoler dans les souvenirs !
...Flâner avec ravissement dans l'ombre douce des érables d'une petite rue tranquille..

Dolma

un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
(Ce message a été modifié par Dolma le 14 janvier 2008 à 6:20.)


wapiti74
Annecy (74), France

14 janvier 2008 à 5:51

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Re: [parisljm] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Bonjour !
100% sûre et certaine, oui : mon rêve américain était canadien, et particulièrement québécois.
Où est le problème ? Fou

"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac


Timouss
Île de France, France

Photo/image personnelle du membre Timouss.

Description de la photo/image: Landmannalaugar, au coeur de "mon Islande". C'est ici que seront dispersées mes cendres (le plus tard possible !!!).


14 janvier 2008 à 7:38

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Bonjour Wapiti,

Quand on ouvre la boîte à souvenirs, il en sort de bien jolies choses.
Pour le "rêve américain", tu as raison, mon "rêve américain" à moi c'est l'Islande ...

Fais nous encore parcourir la Belle Province (et le jeune homme, qu'est-il devenu ?GênéGêné)


wapiti74
Annecy (74), France

14 janvier 2008 à 15:18

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Re: [Dolma] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Dolma, tu sais à quel point il me fera plaisir de voir tes mots entrelacés avec les miens !
Que nos fils de souvenirs se croisent et se tissent pour former une jolie toile en hymne à cette Belle Province que nous aimons tant toutes deux...
Sourire

"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac


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wapiti74
Annecy (74), France

14 janvier 2008 à 15:32

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Re: [Timouss] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre


 En réponse à 
(et le jeune homme, qu'est-il devenu ?)

Timouss, petite curieuse ! Tire la langue
Je te rappelle qu'il y a des trésors que je garderai secrets...Angélique

...va donc lire le post "vos récits de voyage qui ont changé vos vies" en rubrique "Divers", tu auras peut-être une piste...

"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac


wapiti74
Annecy (74), France

14 janvier 2008 à 15:35

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Souvenirs canadiens, extraits. [En réponse à] Répondre

Un petit cadeau ce soir...
Peut-être mon préféré :

En canot

A une centaine de kilomètres au nord-ouest de Montréal, nous sommes partis à la rencontre de l’identité profonde du Québec, au Parc du Mont Tremblant. Nous avons troqué là véhicule, bagages et papiers contre trois canots qui devaient nous permettre de vaincre en trois jours la rivière de La Diable, loin de toute civilisation, en pleine nature sauvage.

Il est très difficile de décrire l’expérience.
Raconter les événements de notre expédition ne pourrait faire sourire que ceux qui y ont participé : descente de rapides, traversée de lac (par vent force au moins 7 !), averse surprise à la montée des tentes, raviolis et guimauves au feu de bois, joutes nautiques, histoires de chaussettes, de kleenex, de bûcheron… simples moments entre amis.
Décrire les paysages rencontrés me semble impossible. Je n’ai pas les mots, je n’ai pas l’art d’écriture d’un Bernard CLAVEL. Au mieux pourrais-je vous joindre quelques photos. Et encore, ces images sont-elles fixes, insonores, inodores et ne rendent pas entièrement les luminosités particulières.

Je me dois d’essayer tout de même…

La Diable est une rivière à l’humeur changeante, se la coulant douce entre ses rives proches, un moment transformée en zone marécageuse. Humeur régulièrement nerveuse offrant des rapides à la longueur, la profondeur et la violence variables. Pleine de surprise, s’ouvrant soudain sur un lac de plusieurs hectares battus par les vents, ou sur des chutes vertigineuses.
Son eau est aux mains d’un peintre jouant de sa palette : tantôt noire, plus souvent dans les verts, vert lagune et vert profond, parfois clairement bleue, un moment violette sous l’effet de la luminosité d’un soleil couchant… Eau plutôt fraîche, pour ne pas dire froide, ailleurs beaucoup plus tempérée et agréable à la baignade.

Les rives sont composées d’une forêt dense d’épinettes ou d’essences multiples, forêt typique d’Amérique du Nord. Ici, une zone couverte de joncs où les maringouins pullulent. Un peu plus loi, une petite plage de sable ou de galets. Vert dominant. Camaïeu de verts, du plus sombre au plus tendre.
Au-delà, peu de lignes pour arrêter le regard : le Québec n’est que très peu montagneux sur son flanc ouest. Au mieux apercevons-nous quelques collines verdoyantes. L’horizon, rarement bleu durant notre séjour, mais chargé de nuées orageuses, se colore régulièrement de gris et violets et vire à l’orange en soirée. La voûte céleste si pure nous a servi de baldaquin durant ces nuits fraîches et courtes.

Une dimension sonore. Le bruit de nos canots glissant tranquillement à fleur d’eau au rythme irrégulier de nos pagaies. Le chant naturel de la Diable variant au gré de ses humeurs, tendre murmure des eaux langoureuses, clapotis contre les berges, chant guilleret des rapides ou rythme imprimé des flux et reflux maritimes sur le lac. Le bruissement permanent de la forêt alentour, transformé en grincements et gémissements sous l’orage qui nous envoie une pluie crépitante sur nos capes de pluie et toiles de tentes. Le vent assourdissant durant la traversée du lac. Les marques de présence des autres êtres vivants de ces bois : vrombissements des quelques maringouins croisés, envols et conservations d’oiseaux de toute espèce, renâclement d’un orignal et course d’un wapiti dérangés par notre arrivée, hurlements nocturnes des loups, frôlement et reniflement des tentes par des visiteurs non identifiés aux pattes de velours… Les appels d’un canot à l’autre, les rires, le crépitement du feu de bois, le souffle du voisin de tente, l’insistance régulière de la goutte qui perle à la couture du dôme et s’écrase dans la timbale destinée à la recevoir.

Fermez les yeux, respirez profondément. Fragrances de bois mouillés, de résine, de mousse, de terre. Effluves d’eaux stagnantes. Air vif et pur apporté par le vent. Senteur typique annonciatrice de la pluie qui arrive. Relents de passages animaliers. Odeurs de feu de bois qui imprègne tous les textiles, fumée généralement âcre et irritante, parfois aux essences très parfumées, après le repas un temps sucré par les guimauves qui fondent. Délicieux fumet qui se dégage de la marmite posée sur le feu… petit goût de brûlé quand la cuisinière a oublié sa surveillance rapprochée. Emanations d’humidité stagnante dans nos sacs, dans les tentes trop rapidement pliées le matin, et doux parfums de chaussettes qui accompagnent nos nuits…

Non, il faut le vivre pour le percevoir dans sa réalité et toute sa magie. Mes mots sont loin d’être à la hauteur de cette beauté offerte à tous les sens. Je pense que c’est dans ces lieux que l’on comprend la nature profonde du Canada et que l’on commence à appréhender ce qui a façonné son peuple à la culture si particulière. Un peuple empreint de respect devant cette nature immense et sauvage à peine conquise par ses pionniers aventuriers. Cette nature qui dicte sa loi au rythme des saisons, qui ne pardonne pas l’erreur, qui est si belle et forte et pourtant si fragile devant l’instinct d’appropriation et de destruction de l’Homme. Cette nature qu’il faut absolument respecter et protéger.
En guise de conclusion, je reprendrai une phrase qui n’est pas mienne :

« Quiconque prétend connaître le Canada

sans avoir un jour navigué en canot sur ses lacs,

ne dit pas la vérité. »


Simple vérité.
(Ce message a été modifié par wapiti74 le 14 janvier 2008 à 15:38.)


Timouss
Île de France, France

Photo/image personnelle du membre Timouss.

Description de la photo/image: Landmannalaugar, au coeur de "mon Islande". C'est ici que seront dispersées mes cendres (le plus tard possible !!!).


14 janvier 2008 à 17:32

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits. [En réponse à] Répondre


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histoires de chaussettes, … Et encore, ces images sont-elles fixes, insonores, inodores et ne rendent pas entièrement les luminosités particulières. Histoire de chaussettes inodores ? pas si sûrFouFou

Fermez les yeux, respirez profondément... et doux parfums de chaussettes qui accompagnent nos nuits… Enfin, elle avoue. Pour Wapiti, le Québec c'est avant tout une odeur de chaussettes puantes!!! C'est beau le Québec, Wapiti, quand tu racontes. Encore une histoire (il va falloir que tu t'entraînes pour NathanClin d'oeilClin d'oeil)



wapiti74
Annecy (74), France

15 janvier 2008 à 1:59

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Re: [Timouss] Souvenirs canadiens, extraits. [En réponse à] Répondre

Histoire de chaussettes... mais qui a dit qu'elles étaient inodores ? (chaussette/photo) Et qui a parlé de chaussettes puantes ? ("doux parfum"...)
Pas moi ! Angélique
Finalement, ça ne fait pas sourire que ceux qui y ont participé !... mais ils sont bien les seuls à comprendre ces références chaussettesques !
Tire la langue Malin

"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
(Ce message a été modifié par wapiti74 le 15 janvier 2008 à 2:03.)


Dolma
Paris & PardelalOcean, France

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15 janvier 2008 à 2:45

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits. [En réponse à] Répondre

Les couleurs, les senteurs, les bruits, les silences, les ombres et les lumières... Et je m'évade de ce matin parisien triste et frileux.
Tes petits cadeaux, Wapiti, sont à l'image de ce pays : on se laisse apprivoiser et on les aime immensément. J'en veux bien encore et encore Sourire !

Dolma

un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


15 janvier 2008 à 4:01

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits. [En réponse à] Répondre

comment ça, tu n'as pas l'art des mots, tu n'as pas l'art d'écrire ?
hé bien ! quel don au contraire, écris, écris et fais-le nous partager !
quels jolis souvenirs... je viens de lire ton carnet du Mali, à chaque phrase on est là, près de toi,
j'ai fait aussi un circuit autour de Chingetti et je retrouve toute l'atmosphère du désert dans tes textes.
Merci





La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)


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Dolma
Paris & PardelalOcean, France

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17 janvier 2008 à 6:20

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Re: [wapiti74] Souvenirs canadiens, extraits [En réponse à] Répondre

Quelques mots qui s'entrelacent pour dessiner cet "ailleurs" que nous aimons...

Ce matin, au réveil, on écarte le rideau et Montréal est là, frileuse et enneigée.

Je me souviens…

La plage de la Penouille, d