
djamila65
Paris, France
13 mai 2003 à 10:37
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XIANGCHENG - LITANG - KANGDING C’est le petit matin et la neige continue de tomber. On m’avait prévenu que je risquai d’être refoulée à la gare car cette route a été fermé pendant longtemps aux étrangers . C’est la route qui mène aussi au Tibet sur une portion. Mais apparemment , tout va bien on me donne mon ticket. Je porte une cagoule, un bonnet, un blouson avec une capuche rabattue et des lunettes, on me voit à peine là-dessous Je suis la dernière arrivée et donc mon siège se trouve tout au fond du minibus. Nous sommes à peu près une quinzaine dont 4 femmes avec moi. 2 tibétaines recouvertes de manteau de peau, une chinoise avec son mari et moi. Mon sac va voyager avec moi car le toit est déjà plein. Nous voila donc partis pour une dizaine d’heure de route en direction de Xiangcheng. Une des choses difficiles pour moi à supporter en Chine, c’est la cigarette. Alors bien évidemment, on commence à fumer et moi je suis obligée d’ouvrir la fenêtre , il faut savoir qu’il doit faire entre -5 et -10 degrés et cela réveille. La 2ième phrase que j’ai apprise en chine c’est d’interdire de fumer, c’est trés pratique, tout le monde comprend. Je sais c’est trés intolérant mais se retrouver dans un minibus avec 10 personnes qui fument clopes sur clopes, c’est au dessus de mes forces. Cette année, j’ai pu constater un changement dans les comportements au niveau de la cigarette, dans les trains on ne peut fumer dans les wagons, seulement en bout de voiture et la plupart des gens respectent cela sinon il suffit de leur demander et ils le font. Dans les bus, surtout dans les régions à minorités, il y a encore beaucoup a faire. C’est le dernier de leur souci, ce que je peux comprendre mais pas forcément accepter. Le gouvernement a aussi fait une campagne anti-cigarette surtout pour les jeunes mais dans les campagnes, les mentalités changent trés lentement. En tout cas, mes compagnons se sont un peu calmés avec la cigarette sauf un petit excité qui prend plaisir à me narguer. Je pensais qu’on allait s’arrêter pour manger mais on était en pleine montagne sur des routes enneigées avec nulle part où s’arrêter. Il ne me reste que quelques biscuits et la journée va être longue. Les fenêtres du bus sont embuées et givrées ce qui fait que l’on ne voit pas grand chose. Mon camescope n’a pas tourné une seule fois, c’est impossible avec les fenêtres fermées. Et en plus je n’ai pas la tête à ça. Ce fut trés long et trés fatiguant, j’ai commencé à avoir faim, mes voisins m’ont proposé quelques pommes. Puis il a fallu s’arrêter au bout de 5 ou 6 h car un camion était au milieu de la route en panne. On est restés 1h à attendre la fin des réparations, moi je sautais sur place, mes pieds étaient gelés mais il y avait du soleil. Mes compagnons se sont tous réunis autour du camion en question en donnant leur avis. Finalement on est reparti et le voyage a continué jusqu’à ce que le bus commence à patiner sur la route et là j’ai vraiment eu peur. Moi je suis une fille de la ville, la montagne ce n’est pas mon truc et la neige encore moins. Il a fallu descendre pour pousser le bus et puis lui mettre des semblants de chaine, qui n’ont tenu qu’une heure ou deux. Je commencais à être fatiguée de cette route enneigée qui zigzaguait continuellement , je n’ai pas vraiment apprécié le paysage. La nuit commencait à tomber et on n’était toujours pas arrivé, il faut dire qu’il n’y avait rien, seulement la montagne. Je n’aime pas arriver la nuit dans un nouveau lieu car je n’ai aucun sens de l’orientation et la nuit c’est encore pire. Après 13h de bus, nous sommes arrivés à destination. Il faisait nuit noire, l’éléctricité ne fonctionnait pas, j’ai compris que ca marchait au générateur et qu’à partir d’une certaine heure, on l’arrêtait. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y avait pas de neige. C’était déjà ça. Il ne restait que moi et le couple de chinois dans le bus. J’ai demandé au chinois s’il y avait un hôtel et lui, a demandé au chauffeur. En descendant du bus, il y avait un homme avec un panneau écrit HOSTEL. Il me faisait signe de le suivre, ce que j’ai fait. Il avait également sa lampe de poche. On entendait des grognements de chien qui n’avaient pas l’air d’être commodes. Je ne savais pas s’ils étaient attachés ou pas, alors à chaque fois je regardais autour de moi et le tibetain n’arrêtait pas de me dire : “ ok ok ok “. Moi je n’étais pas ok, j’avais vraiment la trouille. Certains doivent se dire que c’est un peu exagéré d’avoir peur des chiens mais en Asie et surtout dans les régions tibétaines, les chiens sont sauvages, ce ne sont pas des animaux de compagnie et j’en ai déjà fait l’expérience. Bref on est arrivé dans cet hôtel qui n’était pas trés loin de l’arrêt de bus. L’intérieur était magnifique comme dans les monastères tibétains, trés coloré, tout en bois. En fait j’ai cru que c’était un monastère. Pour atteindre la pièce principale il fallait monter un escalier presque à la verticale, trés pratique surtout avec un sac à dos. La pièce était immense avec avec une trentaine de matelas et duvet au sol et un lit double. Mais j’étais toute seule. En remplissant le registre d’arrivée, j’ai vu que 2 israéliens m’avaient précédés et étaient repartis ce matin pour ma prochaine destination. J’étais affamée et je pensais pouvoir manger quelque chose mais je me trompais. Mes hôtes ne parlaient pas anglais et encore moins chinois. Alors j’ai utilisé mes mains pour leur montrer que j’avais faim, mais ils n’arrêtaient pas de me sourir, ils m’ont apporté de l’eau chaude et je me suis contentée de boire du café que j’avais en sachet. Elle a voulu connaître mon âge et là encore, le language des mains a été utilisé. Quand il a fallu aller au toilette, ca été tout une aventure avec elle car il a fallu sortir et marcher dans le noir jusqu’à une petit cabane à l’odeur infecte. Mais j’ai préféré le grand air et elle aussi. C’est dans ces moments là, qu’on a envie d’être un mec. J ‘ai déjà eu l’occasion d’utiliser les trous dans le sol mais là c’était indescriptible. Je ne vais pas m’attarder sur ce sujet mais ça peut-être difficile à supporter.J’ai beaucoup d’anecdote sur ce sujet mais je vais les garder pour moi. J’avais décidé de repartir dés le lendemain pour Litang, j’étais un peu déprimée. Après avoir confirmée avec mes hôtes l’heure de départ du bus, on est tous allés se coucher. Le lendemain matin à 6h00, j’étais prête à partir, mais après une 1ère tentative pour rejoindre la station seule, je suis revenue à l’hôtel et j’ai du réveiller l’hôtelier pour qu’il m’y amène car les chiens étaient toujours aussi enragés et je ne savais pas par où aller. Il est donc venu avec moi et bien sur, tout était fermé car il etait encore tôt, sauf une petite gargotte où j’ai attendu. Le bus devait partir à 6h30 mais on est partis à 11h00. Et pendant tout ce temps, tout le monde attendait debout. Finalement on nous a ouvert le bus et ca été la bousculade pour monter. C’était un vieux bus russe tout pourri. Quand il a fallu acheter mon billet, personne ne voulait me donner de ticket, le chauffeur me renvoyait à la gare qui elle, me renvoyait au chauffeur. Je leur ai dit d’aller se faire voir et j’ai donc voyagé gratuitement puisque personne n’a voulu prendre mon argent. Je n’ai toujours pas compris pourquoi. J’ai retrouvé une partie de mes compagnons de voyage de la veille et tout le monde me souriait , c’était assez sympa, comme si on était de vieux amis même celui qui m’avait cassé les pieds avec sa cigarette. Cette fois-ci j’avais un siège près du chauffeur et près de la sortie donc en plein courant d’air, idéal pour moi. Je n’ai pas de souvenirs précis de ce parcours si ce n’est que le bus était bondé et qu’il a fallu s’arrêter plusieurs fois à cause de panne mais on est arrivé vers 18h00 à Litang. Il faisait encore jour. Une canadienne que j’avais rencontré à Lijiang, m’avait parlé d’un hôtel trés sympa sur la route principale mais après avoir demander à plusieurs personnes qui ne me comprenaient pas et après avoir marchée pendant plus d’1/2 j’ai renoncé et je suis allée à l’hôtel, en face de la gare . Il faisait déjà nuit noire et j’ai du ressortir ma lampe de poche pour trouver un restaurant. J’étais trés décue car j’avais espéré rester quelques jours à Litang mais à la vue de l’hôtel, j’ai changé d’avis et décidé de repartir le lendemain pour Kangding. Le départ était prévu pour 6h30. Maintenant que j’ai le dernier guide de la Chine, je viens de voir que l’hôtel en question n’est pas du tout sur la route principale et trés difficile à trouver. Ca m’a rassuré. Je n’étais pas si idiote que ça. Dans cet hôtel, celui ou j’ai dormi ou plutôt essayé de dormir, il n’y avait pas d’eau ni de toilette, il fallait aller je ne sais pas où pour faire ces besoins. En fait on m’avait indiqué la gare mais en réalité c’était plutôt là où je voulais. Par contre l’eau chaude était disponible pour le thé. Je n’ai quasiment pas dormi et à 5h30 j’étais prête à partir. Il a fallu que je dérange des gens pour ouvrir la porte d’entrée. Un minibus venait de passer devant l’hôtel et j’ai couru pour l’arrêter, il allait à Kangding et me voilà repartie pour à peu près 7h de route. Cette fois-ci j’étais assise près du chauffeur, ce qui était super. De plus j’avais tout loisir d’ouvrir la fenêtre pour filmer, le paysage était magnifique juste comme je me l’imaginai, enfin de l’animation avec des hommes et des animaux, des yaks marchant dans les plaines et des villages tibétains . Malheureusement ce plaisir n’a pas duré trés longtemps car la route qui paraissait sans problème, nous faisait nous envoyer en l’air, littéralement toutes les 5 minutes. Le chauffeur était vraiment un super conducteur mais j’ai du ranger ma caméra pour m’accrocher à mon siège. Sur ce trajet nous avons fait plusieurs arrêts mais la principale pause déjeuner s’est faîte dans un grand village tibétain où - “ oh!!! surprise, j’ai retrouvé mes anciens compagnons de route, leur nombre avait diminué mais plusieurs étaient là, me souriant et me montrant du doigt. Puis nous avons continué notre route sans autre stop jusqu’à notre destination finale, Kangding. Ce fut mon voyage préféré.
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