
geli St-Nazaire, France
12 mai 2008 à 7:41
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Hello MDA, Tu as raison : les plus jeunes restent la vraie promesse de faire sortir l'Afrique du marasme dans lequel l'ont plongée les différentes étapes de l'histoire : - le commerce marchandises : troc de moins en moins équitable pour aboutir à une vraie commercialisation faisant entrer dans la danse le système financier, petite graine de la mondialisation (à mon sens!), - l'islamisation et le christianisme (colonisations religieuses) également pour des questions de pouvoirs, - la colonisation pour asseoir des pouvoirs politiques (et économiques), - la marchandisation de l'homme (esclavage), - la coopération maintenant les indigènes à l'état d'exécutants, enfin la mondialisation nommée aujourd'hui, prônant l'ouverture des frontières pour une libre (?) circulation des marchandises et des personnes ce qui n'est tout de même pas tout à fait le cas ! En ce qui me concerne, le centre de formation professionnelle avec lequel je travaille depuis 3 ans, en terme de partenariat associatif bénévole, me plonge dans une population de jeunes (20 à 30 ans), à qui personne n'a jamais dit qu'ils avaient le droit de poser des questions et surtout d'obtenir des réponses. Ils se contentent donc d'emmagasiner l'information qui leur arrive, sans la remettre en cause pour se l'approprier de façon objective. On leur a fait croire que le développement passait nécessairement par le porte-monnaie au nom de l'autonomie, sans leur préciser qu'il s'agit d'autonomie FINANCIERE, maintenant et créant et au contraire des dépendances. Je t'assure que c'est un sacré plaisir de les amener à ce type de réflexion ! Mais c'est aussi parce que le directeur de ce centre base son système d'enseignement sur la valorisation des ressources humaines, expérience unique pour un centre de formation professionnelle, à ma connaissance au Sénégal. C'est bien sur ce type d'enseignement qu'il faut s'appuyer, qui se rapproche des méthodes Freynet oh combien difficiles à trouver en France ! Pourquoi ? Bonne question. A mon humble avis, le voeu politique du système d'éducation nationale est de mettre les jeunes sur des rails définis par un système, loin de la démocratie qui ne laisse souvent même pas le choix aux gosses de s'orienter en formation professionnelle, selon leurs désirs à eux. Dans ma formation pédagogique, la 1ère question posée était : "qu'est-ce que j'ai fait de ce qu'on a fait de moi ?" Question fondamentale et universelle à poser aux étudiants tous azimuts. Mais les projets dits pédagogiques n'incluent surtout pas cette forme de liberté qui risquerait de "bousculer" le système dans lequel nous vivons. Seulement voilà, il y en a plus qu'on croit qui s'intéressent à la question. C'est avec ceux-là qu'il faut mettre en place une vraie démocratie participative, pour construire une citoyenneté d'abord fidèle aux valeurs humaines. Pour moi, et ça n'engage que moi, l'autonomie c'est faire à travers et malgré l'existant. Pour y parvenir, pas besoin d'argent justement : il s'agit simplement de s'informer pour informer et former. Depuis 1992 que nous accompagnons les populations en démarche de projets pour un mieux-vivre local, nous n'avons jamais établi de rapports financiers. Simplement, nous leur faisons ressortir leurs potentiels naturels et humains, nous leur communiquons des compétences, mais ne faisons rien à leur place. Nous les laissons maîtres d'oeuvre de leurs propres projets, après ils font ou ne font pas, c'est leur problème ! A ce jour, 25 villages ont signé un partenariat pour travailler ensemble à la valorisation de leurs ressources, avec pour responsables les gens issus des communautés rurales concernées, nommés par eux. Notre rêve : qu'ils fonctionnent seuls de façon pérenne, en un mot qu'ils n'aient plus besoin de nous ! Et si certains pensent que l'on se fait plaisir, je réponds sans honte : oui car c'est un épanouissement permanent que nous trouvons là, fruit de nos échanges avec les autochtones qui continuent d'être notre université. Nous sommes prêts à partager ce grand bonheur avec tout le monde, mais attention chacun se prend en charge, notre asso ne bénéficie d'aucune subvention, nous-mêmes payons de notre poche nos déplacements, hébergements et frais de toutes sortes, en France comme au Sénégal. A bientôt, Geli
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