
DeCléricy Rouyn-Noranda, Québec (Canada)

25 octobre 2007 à 13:43
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Re: [montreal2007] Comment vivent les Amérindiens aujourd'hui en Amérique du Nord?
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Quel ramassis de clichés et d’anachronismes! Amalgamer des cas isolés à la fois dans le temps et l’espace ne fait pas un reportage ethnologique. Un exemple : l’expression petit sauvage provient de la correspondance des Jésuites… au 17e siècle. Expression reprise dans les années 1960-80 par d’autres communautés religieuses au Manitoba et à Terre Neuve. Tout dans ton texte est à la fois vrai et faux. Vrai au sens ou les événements mentionnés ont eu lieu et faux du fait qu’aujourd’hui la cohabitation entre autochtones et blancs, au Québec, ne fonctionne plus ainsi. Un certain nombre d’autochtones de nos jours font les cent pas dans les villes du Québec. Quelques centaines tout au plus. Ces individus, avec le temps, sont devenus acculturés, à la fois rejetés par leurs communautés et incapables de s’adapter au monde des blancs. Les Centres d’amitié citadins, mis en place par les autochtones, tentent de leur venir en aide d’une part et servent d’intermédiaires entre les Amérindiens et les blancs. En passant, ces centres sont d’excellentes sources d’informations pour les touristes et voyageurs qui voudraient entrer en contact et visiter une communauté autochtone du Québec. Par contre, ils ne sont pas une référence pour analyser et comprendre le fait amérindien au Québec. Seul le contact quotidien dans les communautés donnera un aperçu du vécu de ces gens et leur intégration, plus ou moins voulue ou désirée, avec la population québécoise. Tu affirmes que les autochtones ont moins de droits que les immigrants. Sache, pour ta gouverne, que les Premières Nations au Québec possèdent collectivement leurs propres territoires pour bâtir leurs villages. Ils ont en priorité des superficies considérables pour la chasse, la pêche et le piégeage d’animaux à fourrures. En tant que québécois, il me serait impossible d’y aller chasser ou pêcher sans leur consentement. Pire, je risque les foudres de la justice blanche si je n’obéis pas aux directives des autochtones sur ces territoires. De plus, les autochtones possèdent des droits négociables inscrits dans des Traités advenant qu’une entreprise quelconque veuille exploiter les richesses naturelles enfouies dans le sous-sol de ces territoires. Autrement dit, un système de redevances financières, négociables entre les parties. L’usage qu’ils font de ces redevances ne relève que d’eux et pour eux uniquement. Au Québec le seul cas que je connaisse est à Kitcisakik, une communauté algonquine dans le parc faunique La Vérendrye, à 400 kilomètres au nord de Montréal. Ils sont une centaine environ sans eau courante ni égouts ni électricité, laissés à eux-mêmes. Une véritable honte nationale! Un chapitre complet ne suffirait pas à expliquer le comment ni le pourquoi. Il suffit d’admettre qu’encore aujourd’hui en 2007, leur condition rappelle l’époque des premiers contacts avec les européens du 16e et 17e siècle, plumes et missionnaires en moins. Voici un résumé de la situation actuelle des Amérindiens au Québec. En tout 62 communautés, divisées en famille linguistique ou dialectes apparentés, le nombre de communautés ou villages est entre parenthèses. Inuits (16), Naskapis (1), Attikameks (4), Montagnais (11), Micmacs (3), Malécites (2), Hurons-Wendat (1), Abénaquis (2), Mohawks (4), Algonquins (9), Cris (9). Pour ma part j’ai vécu pendant 7 ans, travail oblige, parmi les 9 communautés Cris. Idem parmi 4 communautés inuites. De même pour les Algonquins, puisqu’ils sont concentrés dans ma région natale, l’Abitibi-Témiscamingue et une partie de l’Outaouais. J’ai également travaillé sous la gouverne des Naskapis et Montagnais. Mes conclusions personnelles? Je ne leur donnerais pas le Bon Dieu sans confession. Ce sont de durs négociateurs et ils ont vite compris le sens du mot revendication. Je n’ai rien contre cette attitude. Au contraire. Une anecdote : lors de la signature du traité négocié autorisant la phase 2 de la Baie de James (hydroélectricité), le gouvernement du Québec compensa à hauteur de 480 millions de $ les Cris. Ce qui représente environ 40 000 $ par tête de calumet, ou tête de pipe si vous préférez. En contrepartie, la ministre responsable du dossier à l’époque reçut… une paire de mocassins et deux paires de raquettes à neige en échange. Good deal! DeCléricy
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