
platypus14 CAEN, France

6 mars 2008 à 9:01
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bon, on y va: "Le plasmodium, sa vie, son oeuvre". Ce charmant parasite change de forme tout le temps , se développe chez le moustique, est transmis à l'homme lors de la piqûre, va se développer et se multiplier dans le foie, change à nouveau de forme, sort du foie et va se loger dans les globules rouges, où il mange l'hémoglobine, se multiplie encore, casse les globules rouges, va en infecter d'autres, puis, après quelques cycles comme ça, finit par changer à nouveau de forme et attend tapi dans les globules rouges qu'un nouveau moustique vienne prélever du sang pour l'infecter. Ce cycle prend du temps (des jours, voire plus) La fièvre, c'est quand un nombre suffisant de globules rouges infectés explosent en même temps sous la pression des parasites qui sont à l'intérieur, donc c'est un moment précis du cycle . A ce moment là, on peut pratiquer un examen sanguin, dit "goutte épaisse", associé à un "frottis sanguin" (je rentre pas dans la technique) qui va permettre de voir les globules rouges qui contiennent le parasite et surtout de les compter, soit en nombre de globules infectés par mm3 de sang, soit en pourcentage de globules infectés par rapport à ceux qui sont sains. Donc, pour que ces examens soient positifs, il faut que l'on soit en période de développement du parasite dans le sang (s'il est dans le foie, on ne verra rien), donc au moment où il y a de la fièvre... Il existe d'autres examens dits immunologiques, peu pratiqués de façon courante. De plus, dans les populations qui vivent en zone impaludée, il se crée une immunité partielle (il faut des années) qui fait que des crises se produisent sans fièvre. Cela détruit les globules rouges, donne des anémies , des augmentation de taille de la rate, des problèmes de retard de croissance importants chez les enfants. C'est un énorme problème de santé publique. Donc, si l'on pratique des frottis/goutte épaisse chez tout le monde en Afrique, on va trouver des parasites chez beaucoup de gens, sans fièvre. Là, compter les globules infectés est important . Pour revenir à la question de départ, il est important si vous avez de la fièvre en pays impaludé (ou au retour+++) de faire rapidement pratiquer ce frottis/goutte épaisse (ça peut se faire même dans les dispensaires ou les petits hôpitaux de secteur). La prise d'un traitement curatif de votre propre initiative ne se conçoit que si vous êtes vraiment loin de toute structure médicale, et il faut vous diriger tout de suite vers une ville équipée. J'insiste. Le risque étant bien évidemment de laisser évoluer une autre maladie qu'un palu. Personnellement, j'ai fait il ya quelques années un superbe accès de fièvre en retour de voyage, tout à fait évocateur de palu. C'était un abcès amibien du foie...
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