
Balmusette
Awala Yalimapo, Guyane
8 septembre 2005 à 10:41
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De retour à l’instant d’une randonnée cyclotouriste jusqu’aux rivages de la Grande Bleue, je vous fais part toutes affaires cessantes de la façon dont j’ai réglé l’épineux sujet du transport d’un vélo récliné par voie ferroviaire. Voici donc : 1 - Les données du problo Dans la perspective d’une randonnée dans le Sud du pays (un parcours initiatique placé sous le double signe de l’ascèse et du dépouillement), il s’agissait d’assurer le pré acheminement de ma bicyclette sur la ligne Paris / Lyon en train, c'est-à-dire en TGV de type duplex, dans de bonnes conditions de sécurité pour les autres passagers ainsi que le matériel. Pour autant, la collecte d’informations précises ne fut pas chose aisée : -les agents oeuvrant au guichet de la Gare de Lyon n’étaient pas en mesure de me préciser si le duplex disposerait d’un compartiment réservé aux vélos. Ils ignoraient jusqu’à l’existence d’un correspondant train/vélo, pourtant affecté à chaque secteur du réseau ferré. -la Sernam m’informait de ce qu’elle n’assurait pas le transport des vélos exotiques, tels tandems et V.P.H., au motif qu’ils ne sont pas adaptés à leurs cartons normalisés. -contactée, la Fubicy.org ne m’en apprit guère plus, mais m’invita à lui faire part de mon expérience. -enfin, la consultation des échanges sur les forums de voyages – et notamment celui-ci – me laissait très irrésolu, certains rédacteurs prédisant la chose à peu près irréalisable. Plus que tout, je redoutais qu’un contrôleur vétilleux ne me refusât autoritairement l’accès au train, because les dimensions supérieures (et comment !) aux normes admises, soient 120 cm, brisant là mon projet de rando. On le constate, il n’est guère aisé de militer pour la cyclodiversité. 2 - La méthode à pépère Il convenait donc de préparer minutieusement ce transport, et en un mot d’anticiper les difficultés qui étaient susceptibles de se manifester. Ainsi, je réservais 40 jours à l’avance des billets Prem’s sur le plus matinal des TGV, dans l’espoir qu’il ne serait pas bondé. Parallèlement, je procédais à l’acquisition de matériel d’emballage : outre une paire de ciseaux, de sacs poub’s colorés et de grande taille, de rouleaux de ruban adhésif de largeurs variées, d’un tendeur avec crochets, j’achetais une vaste pièce de toile viscose (7 m) destinée à emballer m’sieur le Baron (pour les détails : voir les boutiques d’étoffes du quartier Montmartre – 1m linéaire par 140 cm de largeur à 1 euro). J’emballais minutieusement la poutre maîtresse du low racer (tout ce que je parviens à emballer désormais, c’est un cadre de vélo, on est tombé bien bas bien bas), puis les roues, et consignais dans un robuste sac à dos : les sacoches, le porte-bagages, enfin le siège et son coussin léopard (superbe !). Toutes ces opérations supposent un brin d’organisation, quelques gouttes d’huile de coude et accessoirement une bordée de juron quand, comme ma pomme, on a deux mains gauches avec rien que des pouces ! 3 - In situ A l’heure du berger, chargé comme une mule, je gagne les rames du métropolitain puis les quais de la gare de Lyon. J’accède prestement au second étage du TGV duplex. Je range le sac à dos et les roues dans les compartiments idoines, et fixe le cadre emballé aux barreaux de la grille composant les étagères (en oblique, en raison de la dimension) au moyen d’un tendeur (love me tendeur). Résultat : les contrôleurs, aussi bien à l’aller qu’au retour (Nîmes / Paris), progressant dans la voiture en binôme ou trinôme, ont traité par le mépris mon insolite emballage, ne distinguant pas le beau vélo (de Ravel) ressemblant en l’occurrence davantage à une statue d’albâtre. En marge de ces précautions, je conseille – mais cela va de soi – d’adopter une attitude irréprochable vis à vis des contrôleurs : billets compostés ou pièce d’identité s’il s’agit d’un billet Prem’s, courtoisie, éviter les pinceaux sur les banquettes… en un mot, de ne pas tendre le bâton pour se faire battre. Si c’était à refaire : Il conviendrait de prévoir une bandoulière aux fins de transporter le cadre dans des conditions de confort acceptables Il faudrait également étiqueter les bagages, formalité désormais exigée par la S.N.C.F. Pour conclure, il est bien évident que ma réflexion ne prétend pas être exhaustive et que ma méthode - un brin lourde, je le concède bien volontiers - est susceptible d’amélioration. Toute suggestion judicieuse sera la bienvenue. Avec mes courtoises salutations réclinées Maurice ------- Balmusette
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