
skito
France
8 octobre 2007 à 16:22
Message 166 de 255
Consulté 1 133 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
voyage à Pyongyang Bonjour, Je lis tes 27 chapitres avec beaucoup d'intérêt, car j'ai vécu 2 mois à Pyongyang il y a 20 ans! J'aimerais bien voir tes photos, je suis curieux de voir ce qui a changé... Sur quelle adresse peut-on les visionner? Si j'ai passé 2 mois là-bas, c'était pour bosser... ce qui est un moyen intéressant de séjourner en Corée du Nord, parceque les rapports avec le pays ne sont pas "touristiques", les durées de séjour sont plus longues, plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Les chances d'échapper parfois à la surveillance s'en trouvent augmentées... Ainsi je me promenais dans Pyongyang le soir, bien sûr dans une zône limitée aux beaux quartiers, aux hôtels ou bars pour étrangers... Il faut dire qu'à l'époque (il y a 20 ans, du vivant de Kim Il Sung) je n'avais pas de guides accrochés à mes basques, seulement un interprète aux heures de bureau, les Coréens me dévisageaient dans la rue, parfois me montrant du doigt : Marxou! Marxou!... Explication : certains me prenaient pour Karl Marx (qu' ils prononcent "marxou"!) à cause de ma barbe et mes cheveux longs (je ressemblais vaguement à l'immense portrait dudit Marxou qu'ils pouvaient voir dans l'avenue principale, mais j'imagine que pour eux qui ne devaient pas voir souvent des occidentaux - en tout cas à l'époque - il n'y avait pas lieu de faire de différence!...), il est probable qu' "on" avait omis de leur dire que Marxou, le grand ami de Kim Il Sung n'était plus de ce monde, sinon ces deux-là ne pouvaient plus être les grands amis qu'on prétendait, tiens donc! Tout ça pour vous dire qu'y aller pour du boulot, c'est un bon moyen. Moi, c'était une production de dessin animé* qui m'envoyait là-bas... et il y avait d'autres Français qui surveillaient la construction du fameux hôtel sur l'île (il n'en était qu'aux fondations), envoyés par une grande société de construction française qui avait décroché ce contrat.... Je vais peut-être vous étonner, mais ces quatre français habitaient un appartement en ville, loué par leur employeur... Certes si nous n'étions pas surveillée 24 heures sur 24, on ne nous perdait pas complètement de vue! Mais j'avais trouvé un bar à bières "occidentales" fréquenté par des Nippo-Coréens, tenu par les 2 filles (fort belles, oui!) de la responsable du restaurant de mon hôtel (avec qui j'avais plus ou moins sympathisé) et qui m'avait indiqué l'adresse de ce bar où ses filles étaient serveuses, et ouvert tard la nuit! Ce que je trouvais très sexy, c'étaient les "policières" qui au milieu des carrefours règlaient la circulation (inexistante) en une chorégraphie savante et bien rythmée, jeunes filles moulées dans un uniforme assez seyant quoiqu'un peu sévère! je ne me lassais pas d'observer leur gesticulation assez surréaliste, plantées au milieu de cette avenue gigantesque faite pour les grands défilés, ce qui les faisait paraître, minuscules dans l'immensité, si lointaines et irréelles! Il y avait tellement peu de circulation et de passage dans ces avenues que je me demandais si elles gesticulaient dès qu'elles apercevaient un pékin, un véhicule, ou si elles continuaient leur gymnastique dans le désert... De toute façon elles donnaient à voir une certaine image de la Corée, devaient être triées sur le volet.... je n'ai jamais vu à ce poste des Coréennes disgracieuses et maladroites, bien au contraire! Le bâtiment où je me rendais chaque matin pour bosser était quand même gardé par des sentinelles armées jusqu'aux dents, comme s'il s'était agi d'une caserne.... Bon! Je me replonge dans la passionnante lecture des 27 chapitres! précieux témoignage...... Merci! _______________________________________________ *Il y a toujours des dessins animés français qui se font là-bas, vu que les Coréens du Nord sont les moins chers du monde. Et des Français qui y vont de temps à autre, se relayant pour le boulot... * Il faut lire la BD "Pyongyang" de Guy Delisles (éditions l' Association"), mais aussi Les aquariums de Pyongyang de Kang Chol-hwan (éd R. Laffont) L’Invité, de Hwang Sok-Yong (éd Zulma) qui en dit long sur de vieux comptes à régler entre Coréens chrétiens et Coréens socialiste! Bouleversant, d'ailleurs l'écrivain s'est retrouvé 7 ans en prison - en Corée du Sud, pour avoir osé remuer certaines vérités! _________________________________________________ pour ceux qui veulent en savoir plus sur Hwang Sok-yong : ".... Hwang Sok-yong est né en exil, en 1943. Sa famille, qui a fui l’occupation japonaise, se réinstalle à Pyongang à la libération en 1945. L’enfant est alors témoin des bouleversements qui déchirent le pays – la guerre de Corée, qui commence en 1950. Avec la partition selon le 38e parallèle, il devient de fait un citoyen sud-coréen. Très vite, il oppose à la carrière de médecin qu’on lui destine sa passion pour la littérature. L’auteur fait ses débuts littéraires en 1962 avec La Pagode, nouvelle qui reçoit le prix du Nouvel An du journal Chosun Ilbo. Déjà, son écriture se caractérise comme un mélange d’intimisme et d’innovation narrative. En 1966, il est enrôlé dans le corps expéditionnaire sud-coréen au Viêt Nam, se battant malgré lui pour la cause américaine. Il est chargé du « nettoyage » : effacer les traces des massacres de civils, et enterrer les morts – expérience qui lui inspirera l’Ombre des armes (1985). Hwang Sok-yong publie ensuite un récit épique, Jang Gilsan, succès en Corée du Sud autant qu’au Nord. Le roman, qui se vend à plus d’un million d’exemplaires, utilise la parabole d’un bandit du temps passé afin de décrire la réalité de la dictature sud-coréenne en déjouant la censure. Il écrit aussi pour le théâtre. Plusieurs membres d’une troupe perdent la vie en jouant l’une de ses pièces lors du soulèvement de Kwangju en 1980. C’est à cette époque que Hwang Sok-yong passe du statut d’écrivain engagé, vénéré par les intellectuels, à celui d’homme d’action qui participe directement à la lutte. Il lance alors une station de radio clandestine, « La Voix de Kwangju libre ». En 1989 il se rend à Pyongyang, Corée du Nord, via Tôkyô et Pékin, en tant que représentant du mouvement démocratique naissant. Ce passage illégal au Nord lui vaut d’être considéré comme un espion par les services d’enquête criminelle de la Corée du Sud. Plutôt que de retourner au Sud, il choisit de s’exiler à New York, et à Berlin. La chute du mur transforme sa vision du monde : « Après la guerre du Viêt Nam, mon écriture a changé une première fois, la deuxième fois cela a été après mon exil à Berlin (…). Avant, le réalisme objectif, critique, m’importait. Après, j’ai commencé à m’intéresser à ce qui est de l’ordre de l’intime, du quotidien. (...) Et j’ai senti à Berlin qu’il existait une sorte d’universalité dans le monde que je n’ai pas vue lorsque je me trouvais en Corée. » (entretien à Libération, mai 2002.) En 1993, Hwang Sok-yong retourne à Séoul, se sachant pourtant voué à l’incarcération – « un écrivain doit vivre dans le pays de sa langue maternelle » affirme-t-il. Après sept ans de prison pour atteinte à la sûreté nationale, il est enfin gracié à l’arrivée du président Kim Dae-jung en 1998. En 2000, après une interruption de dix ans, Hwang Sok-Yong publie Le Vieux Jardin, « requiem décrivant la vie intérieure de la génération des années quatre-vingt qui rêvait d’une vie meilleure ». Le livre connaît un succès considérable. En 2002 paraît L’Invité, roman majeur dans son œuvre, qui revisite la période précédant immédiatement la guerre de Corée et dans lequel Hwang Sok-yong jette un éclairage nouveau sur les massacres imputés aux Américains.
(Ce message a été modifié par skito le 4 mai 2008 à 18:44.)
| |