
skito
France
16 novembre 2007 à 11:08
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Oui, il est évident que l'homogénéïté de l'ethnie coréenne a comme corrolaire un racisme bien ancré, que j'ai pu constater sur place à diverses occasions... Par exemple au cours d'une sortie "encadrée" de toute l'unité de travail au bord de la mer, surprise : la plage était séparée en plusieurs lots par des cordes fixées à des piquets, tel secteur pour les Coréens, tel autre pour les Occidentaux, les cadres, un autre encore suffisamment éloignée pour les Africains... Aussi la "pureté" de la langue nord coréenne par rapport à celle parlée dans le sud fait-elle partie intégrante de cette idéologie, elle serait aussi due à leur isolement, bien sûr, mais aussi parceque Kim Il Sung aurait interdit l'usage du Chinois dans l'apprentissage et la pratique de la langue coréenne... Je me souviens quand même qu'en 1988 l'écriture chinoise, la numération chinoise étaient à nouveau utilisées, ayant suivi à Pyongyang quelques cours succincts de Coréen, je devais aussi m'efforcer de mémoriser du vocabulaire chinois! Est-ce une des raisons (ce racisme) qui fait qu'il est "impensable" que des Coréennes épousent des étrangers? Sans doute, y compris cette manie de tout contrôler jusque dans les moindres détails... Ainsi les femmes doivent obligatoirement se marier après 27 ans, (les hommes 30) en réutilisant l'antique système des entremetteurs qui a été récupéré par le gouvernement et mis sous contrôle... de toute façon comme les hommes font leur service militaire pendant une dizaine d'années!... c'est aussi un moyen de limiter le nombre des bouches à nourrir en limitant le nombre des naissances... Par contre il y a des Coréennes qui ayant franchi la frontière se marient (de gré ou de force) à des Chinois, dans les régions frontalières. On ne sait pas trop ce qui échappe au contrôle des dirigeants de la Corée du nord, car il y a des accords tacites avec la Chine, pour livrer chaque année des quotas de fugitifs/ives, quotas renégociés chaque année... Evidemment le fait que les Nords Coréens passés en Chine et non repris se nourrissent un peu mieux, rapportent parfois de la nourriture, de l'argent (?) ne doit pas laisser indifférents les dirigeants nord-coréens... et les Chinois qui eux trouvent ainsi une main d'oeuvre à bon compte (à très bon compte), on sauve les apparences en reconduisant à la frontière un certain nombre d'entre eux, dont certains le paient très cher, pour l'exemple! Tiens! au fait, nous aussi, on reconduit à la frontière un certain nombre de clandestins.... Tu as évoqué les témoignages de femmes coréennes maltraitées par les Chinois qui les "recueillent", puis par leurs compatriotes lorsqu'elles reviennent en Corée du Nord. C'est évidemment pas la même histoire!... Il y a effectivement de ces témoignages dans le livre "évadés de Corée du Nord" par Juliette Morillot et Dorian Malovic. Témoignages assez saisissants qui attestent de mariages entre Chinois et Nord-Coréennes.... Principalement dans la région frontalière côté Chine, de nombreux Chinois habitant cette région sont assez contents de récupérer cette main d'oeuvre corvéable a merci, des témoignages de mariages de Coréennes ayant traversé la rivière Tumen et n’ayant guère le choix, sont prises pour femme par les paysans chinois de cette région très pauvre (témoignage de Kim Sukui*, femme écrivain:qui parle de villages ruraux dans la province de Jilin) paysans qui ne trouvent pas facilement de femmes chinoises qui acceptent de vivre dans ces conditions... "....Kim Sukui vient de traverser clandestinement la rivière Tumen « J’ai fait appel à un entremetteur, il y en a plein dans le coin, un vrai commerce !.... J’ai donc épousé un paysan chinois… Le soir il me violait sur le kang surchauffé, sans que personne intervienne. N’étais-je pas sa femme ?... Je n’en pouvais plus de froid, de la crasse de cet homme et de sa violence. (un jour elle s’aperçoit qu’elle est enceinte) … J’ai profité d’une absence de ma belle famille et je me suis enfuie… Ne me trouvant pas en rentrant à la maison, mon mari m’a dénoncée à la police ; j’ai été arrêtée le soir même…. Mais dans mon malheur, j’ai eu une chance incroyable, ce policier m’a relâchée, sans rien me demander …. J’ai décidé de retourner en Corée du Nord. (à noter que Sukui était déjà mariée en Corée du nord, y avait un fils)… Je savais que si j’étais prise, on m’enfermerait dans un camp de rééducation. Si je n’étais pas exécutée ou lapidée, on me forcerait à avorter , ou on attendrait la naissance du bébé pour l’étouffer…. (... retour en Corée, elle retraverse le Tumen, et récupère son fils resté derrière elle… on comprendra que sa vie en Corée lui était pour diverse raisons devenue insupportable)… Une semaine plus tard, je traversai une nouvelle fois le Tumen, mon fils cramponné à moi, ma main plaquée sur sa bouche afin d’étouffer ses cris....." Si ça peut vous rassurer Kim Sukui a fini par arriver à Séoul... Tous les fugitifs n'ont pas cette chance, ne serait-ce que parce que la Police chinoise s'engage à en récupérer un certain nombre pour les remettre aux autorités nord coréennes, il me semble que j'ai entendu parler de 1000 à 2000 par an, selon les accords du moment... (chiffre à vérifier!) Tu as dit à propos des chaumières de type traditionnel coréen auxquelles j'avais fait allusion: ......"Il ne faut cependant pas voir le Yanbian comme une sorte de relique culturelle de la grande Corée, broyée par le communisme au nord, et par la modernisation au sud. Le Yanbian, c'est quand même la Chine, et du peu que j'en ai vu, la campagne du Yanbian ne semblait guère différer de celle du reste de la Chine. Je n'ai hélas pas vu ces maisons au toit de chaume. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en a plus, mais en tout cas je n'en ai guère vu autour des trois axes principaux de la région. Celle de Mangyeungdae bien sûr." C'est aussi dans ce livre qu'on parle de ces chaumières dont j'aurais aimé trouver quelques photos, celle de Mangyeondae ne doit pas beaucoup ressembler aux habitations paysannes s'il en reste encore! Voici en quels termes l'auteur en parle: ..." Omniprésentes dans le paysage rural de Mandchourie, des maisons au toit de chaume (hwangto-jip, ou choga-jip), traditionnelles de la Corée ancienne., remplacées après la guerre par des maisons en dur… murs de terre jaune damée (pisé), toits de chaume retenus par des filets pour les protéger du vent… Elles seraient encore nombreuses dans la région de Yianbian"… http://www.c-e-r-f.org/...morillot-malovic.htm
(Ce message a été modifié par skito le 15 juillet 2008 à 15:48.)
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