
Nelsonruz France
6 mars 2005 à 14:22
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CUBA & DEVELOPPEMENT DURABLE Durabilité d'une révolution ou dictature insoutenable ? Notes et impressions de voyage. Jean-Yves MORGANTINI, agronome. Contexte : Du 05 juillet au 07 Août 2004, 5 semaines dont trois dans le cadre d'un voyage avec un groupe UNESCO à 15 personnes et deux semaines en voyage « privé », non préparé, à trois personnes. Présence pendant les 5 semaines, de Jaïmé, ethnologue Argentin vivant en France depuis 30 ans, qui, entre autre, a assuré la traduction dans sa langue maternelle et apporté une connaissance précieuse de l'histoire de Cuba. Ces notes ne résultent pas d'une étude scientifique de la société cubaine mais rendent compte de ce que nous avons vu, entendu et perçu au cours de ce voyage. Itinéraires et rencontres : 1- DURABILITE SOCIALE : - EQUITE : C'est peut-être ce qui est le plus remarquable pour un occidental de pays dit démocratique : il n'y a pas d'extrême pauvreté ni d'exclusion. - Alimentation : L'Etat assure à chacun un minimum alimentaire (carte donnant droit aux produits de base à des prix très bas). - Santé : accès aux soins gratuits pour tous quelque soit l'importance de l'intervention (consultation ou chirurgie lourde) dans un système performant : 1 médecin pour 120 familles, programme de suivi obligatoire pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, des hôpitaux et cliniques apparemment plus nombreux que les casernes. Les compétences médicales cubaines s'exportent (par exemple, 3 000 médecins cubains assistent les populations des zones retirées au Venezuela) . Les difficultés sont dues au blocus qui empêche l'approvisionnement en certains médicaments, et à l'ouverture au tourisme qui augmente les problèmes de drogue et de prostitution dans les grandes villes. - éducation : école gratuite et obligatoire pour tous jusqu'à 16 ans. Les formations bsupérieures sont également gratuites y compris repas et hébergement. Il n'y a plus d'illettrisme qui touchait encore 40% de la population en 1961 et les cubains nous sont apparus plutôt cultivés et qualifiés dans tous les contacts (chantiers, campagnes.) que nous avons eus. - travail et salaires : c'est l'Etat aussi qui assure les emplois sous différentes formules (administrations, entreprises coopératives, activités individuelles.). Tout le monde à accès à un travail mais pas toujours celui qu'on voudrait, c'est pour ça qu'il y a environ 3% de chômeurs. Il n'y a pas d'indemnité de chômage mais la couverture sociale est maintenue. L'éventail des salaires est très resserré, de 10 à 30 dollars par mois (du manoeuvre au médecin ou directeur). Pour gagner plus, il y a des primes en fonction du travail fourni et certains cumulent deux emplois. L'ouverture au tourisme est en train de bouleverser cette organisation sociale car ceux qui sont au contact des touristes peuvent gagner beaucoup plus en dollars ce qui dévalorise les enseignants, médecins et autres cadres qui abandonnent leurs postes pour faire guide, hôtesse ou chauffeur de taxi. - logements : ils sont aussi attribués par l'Etat et le prix de location est faible, voire nul, l'électricité est distribuée presque gratuitement, entre les coupures.. A la Havane, les conditions de logement sont loin d'être équivalentes, il y a un monde entre la promiscuité et l'insalubrité dans la vielle Havane et les quartiers « riches ». Mais ce n'est sans doute pas par désintérêt car, prévoyant quelques évolutions possibles, Castro a délivré l'équivalent de titres de propriétés aux personnes occupant les logements de la vieille Havane pour qu'ils ne puissent pas être expulsés sans compensation si un jour ces bâtiments prenaient de la valeur et suscitent des appétits. - TOLERANCE / RACES, RELIGIONS, AUTRES PAYS : Les métissages entre amérindiens d'origine, blancs conquérants et noirs importés comme esclaves, donnent toutes les nuances de couleurs de peau. Les luttes contre l'esclavage, pour l'indépendance ensuite et pour la révolution récemment, donnent une société actuelle qui ne fait pas de différence raciale. Les religions s'expriment peu à l'extérieur et les cubains qui mélangent facilement catholicisme et rites africains ne semblent pas avoir de problèmes pour exercer ou non la religion de leur choix. Très solidaires entre eux, les cubains n'ont qu'un ennemi déclaré : l'impérialisme qu'ils dénoncent et redoutent quotidiennement chez leur plus proche voisin, les USA. Cependant ils ne font pas d'amalgame et n'ont rien contre les citoyens et la nation des Etats-Unis, ce sont les politiques impérialistes et les dirigeants responsables qu'ils combattent. Les cubains font remarquer que Cuba est sans doute le seul pays ouvertement hostile aux USA où le drapeau américain n'a jamais été brûlé. Et si un jour le peuple américain veut se débarrasser de ses dirigeants, les cubains sont prêts à les aider. Ils sont d'ailleurs spécialement solidaires des peuples qui luttent pour plus de liberté ou pour leur indépendance : les campagnes de Che Guevara au Congo ou en Bolivie en sont une illustration militaire. Mais aujourd'hui, plus pacifiquement, les médecins au |