
Zitoune
Cajamarca, Pérou
Photo/image personnelle du membre Zitoune.
Description de la photo/image: Voyageur au-dessus de la mer de nuages - Caspar David Friedrich
26 janvier 2005 à 4:50
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Hélas, la liste est infinie : Au Pérou, certains sites archéologiques sont réutilisés entièrement pour délimiter des plantations. Dans certaines structures, il y a des haricots, dans d'autres du maïs, dans d'autres des courges, dans d'autres du fourage,... Certains sites en entier sont transformés en parcelles agricoles. J'ai aussi eu la surprise de découvrir un terrain de foot implanté en plein coeur d'un site archéologique et délimité avec les pierres venant des structures démantelées. Bien sûr, des graffitis et ce en des lieux comme Palmyre, Petra, Crack des chevaliers,... mais aussi sur certaines fresques préhispaniques au Mexique et au Pérou. Certainement le désir d'inscrire sur un support qui a traversé les âges son nom pour que celui-ci à son tour traverse les âges ; un souhait d'éternité. Mais bon, ne voyons pas seulement à notre époque. Exemple, la basilique chrétienne de Damas sur laquelle c'est imposé le temple romain à son tour écrasé par la Mosqué. Le sacage est aussi un moyen d'imposer une époque (sa culture, sa conception,...) sur une autre. C'est l'illustration d'une conquête architecturale, idéologique et religieuse. Mais aussi une domination du passé et le désir de s'inscrire dans une continuité, faire partie d'une histoire. A moindre échelle, on rejoind les graffitis. Mais cela soulève aussi plusieurs notions importantes : notre rapport à l'histoire et au présent. Nous avons très peu de recul par rapport à notre présent mais en revanche l'histoire est acquise. Il ne viendrait pas à l'idée de n'importe quel quidam contemporain de traiter de criminels les musulmans s'étant imposés sur la basilique de Justinien à Constantinople ou sur le temple romain de Damas. Il en va de même pour la crise iconoclaste, toujours dans le monde romain d'orient. Dans ce contexte précis, l'histoire est acquise, on l'accepte et on essaye même de la comprendre. En revanche, nous avons du mal à accepter ce qui fait partie d'une évolution contemporaine (présent) mais qui dans 500 ans sera accepté par l'histoire : exemple la destruction des boudhas en Afghanistan. Je ne l'accepte pas non plus, c'est une perte incommensurable. Mais il faut comprendre que tout cela creé l'histoire et cette dernière est révélatrice de la nature humaine, et l'histoire, comme la nature humaine qui la produit, n'est pas linéaire et n'est pas non plus toute blanche ou toute noire. Ceci dit, il faut faire ce qui est en notre pouvoir pour conserver les témoignages du passé malgré les destructions séculaires dont ils ont fait, dont ils font et dont ils feront l'objet, cela il faut l'accepter tout en essayant de le limiter. Pour mon premier exemple (parcelles agricoles), cela s'oulève aussi une question assez importante : le passé doit-il être préservé même s'il entrave et handicape le développement des populations contemporaines? Peut on, sous couvert des termes conservation et patrimoine, handicaper, géner, le développement et l'expansion (territoriale, agricole,...) des populations actuelles? Je me suis un peu éloigné du sujet initial qui se voulait plus anecdotique, mais je pense que les quelques notions développées succintement ci-dessus sont intéressantes.
El Chachapoyano
(Ce message a été modifié par Chachapoya le 26 janvier 2005 à 5:10.)
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