
gwennou
montignac-lascaux (Perigord), France
Photo/image personnelle du membre gwennou.
2 mars 2006 à 11:51
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02/03/06 ------ PHOTOS A LA FIN ------- Salut ! Fin de la tétralogie consacrée à nos pérégrinations égyptiennes, je l'écris confortablement installé à la maison en Périgord où nous sommes revenus hier au soir, on a rebranché le chauffage, fait des caresses au chat et allumé un petit narguilé a l'abricot pour attenuer le choc du retour. Je suis maintenant fin prèt a vous révéler les derniers rebondissements d'un voyage à double gachette : la culture et la détente. La culture, c'est fait. Place à la détente. Arrivee le 21 février au soir au Rocky Bay Resort sur les bords de la mer rouge. Comme je le disais précédemment, le camp est perdu au milieu du désert. Derrière soi : des immensités arides. Devant, à 50m, de l'autre côté de la route peu fréquentee qui nous a amené jusqu'ici : la plage. Au-dessus : la plus belle voie lactée qu'il m'ait été donné d'admirer depuis 30 années que mon âme reste clouée au sol à se coltiner ce corps bêtement terrestre. Munis de lampes-torches, nous prenons tous les 4 possession des lieux, trébuchant d'une hutte à l'autre et atterrissant finalement dans le coin-détente, agrementé de poufs, de tables basses, d'une petite bibliothèque, ainsi que de posters et d'un fond musical signés Bob Marley. Eclairage a la lampe-tempête. Bougie dans les chambres. Les autres vont se coucher un a un. Je veille quelques heures de plus avec Bob Marley, ou d'une moins l'une de ses improbables réincarnations : c'est une allemande entre deux âges dont le prénom, Annabella, est trop difficile à retenir pour les égyptiens du coin. Quelques dreads - qu'elle porte joliement - ont donc suffi à bousculer son état-civil pour le reste du séjour. Avec Bob on discute dans un affreux melange d'allemand et d'anglais des plongées à venir, des lieux déjà visités, de l'Asie du sud-est, des JO d'hiver (dans le désert, j'te jure !) et de tout ce qui nous passe par la tête en attendant que le sommeil nous prenne. Les dernieres braises de la chicha éteintes, nous sommes bons pour reprendre les lampes-poche et aller retrouver nos couches. On s'endort au son du vent sifflant au travers des lattes disjointes de nos huttes de fortune. Un faible ressac en arrière-fond sonore oriente nos songes vers l'élément marin et les promesses du lendemain. Lesquelles seront cruellement déçues. Le lendemain, donc, un petit groupe de russes en provenance de Al Quseir vient nous rejoindre. La plongée se prépare et l'angoisse augmente. Petite énumeration de tout ce qu'il ne faut pas faire en plongée : - dépasser les palanquées de 6 lorsqu'il n'y a qu'un seul divemaster. Nous sommes 8. - mélanger des niveaux trop hétérogènes dans la meme palanquée. les 4 russes vont passer leur bapteme. Il ya trois open water (niveau1). Je suis Rescue (niveau 3). - choisir un spot difficile lorsqu'on fait passer un baptème de plongée. Pour y aller depuis le rivage, il va falloir franchir la passe du lagon qui, du fait de son exiguité, entraine toujours un fort courant. Le divemaster va poser un fil d'ariane pendant que nous nous préparons et que je m'interroge. - rajouter aux difficultés en proposant un matériel de merde. On n'a pas de profondimètre, la moitié des octopus fuient, Yohan a déjà perdu une bonne partie de son oxygène avant même sa première immersion. Les réparations s'éternisent et pendant ce temps les bouteilles restent exposées sur la plage en plein cagnard. Les jauges de pression deviennent erratiques, entre fuite et dilatation du gaz. Dès la mise à l'eau, le divemaster souffre. Il est complètement dépassé par un courant plus fort que prévu. Nous passons 10 bonnes minutes à 5m, agrippés au fil en attendant Yohan qui est parti changer de materiel. Une fois la passe franchie - non sans mal - notre guide s'occupe du premier couple pendant que Khryz et moi nous improvisons chiens de berger pour maintenir tout ce petit monde en bon ordre. Telle russe ne se colle pas suffisamment au récif et se fait donc drosser par le courant, tel autre utilise mal sa stab et remonte a la surface comme un ballon de baudruche. C'est la panique totale. Yohan est pris d'une envie de gerber qui fait rebrousser chemin aux deus suisses, le guide de palanquée est trop absorbé par ses baptèmes pour s'en rendre compte. Impossibilité dans ces conditions de faire les exercices préconisés (vidage de masque, lâchage d'embout,..) et la plongée est écourtée en catastrophe, le groupe, vaincu, lutte pour pouvoir rattraper le bout annoncant notre retour au sec. Une fois sur la plage, les visages sont fermés. La petite russe de tout à l'heure à qui j'ai dû tenir la main pendant toute la plongée craque. Elle court s'enfermer dans les toilettes en pleurant. Ma poignée de main était pourtant franche et denuée de toute connotation sexuelle, quelle bêcheuse celle-là alors... Au cours du repas suivant nous improvisons notre cour martiale. Cela vaut-il la peine de rester dans ce camp alors que la sécurité en plongee laisse cruellement à désirer ? Je suis le seul à vouloir leur accorder une seconde chance. J'aime bien l'endroit et suis rempli d'appréhension à l'idée d'annoncer notre depart à nos hotes. Qui se relaient à notre table pour plaider leur cause. Tout ça devient franchement pathétique et me rend de plus en plus mal à l'aise. Finalement c'est la voix de la raison qui l'emporte. Le club a ouvert il y a 10 mois, ils sont encore en rôdage et nous leur rendrons service en soulignant par notre depart les multiples erreurs commises et à corriger. La rigueur suisse l'emporte sur l'insouciance française, qui s'incline fort logiquement. Depart donc à 16h vers l'arrêt de bus pour Hurghada. Hassan est décomposé. Suivant notre exemple - et sans que nous l'ayons prévu - le camp se dépeuple. L'égyptien étant une race fière, il nous fait grâce du prix de la plongée et regarde stoiquement ses ex-pensionnaires le renvoyer à la solitude du desert. Je vais être de fort méchante humeur pour le restant de la journée, victime d'un sentiment de culpabilité aussi tenace qu'inutile. Le trajet en bus (200 bornes pour 20 Livres Egyptiennes, qui dit mieux ?) se passe dans une ambiance joyeuse. Sauf moi, le nez collé dans mon bouquin à ruminer... Yohann a mis tous les passagers dans sa poche en leur demandant de l'aider à compter jusqu'a 10 en arabe. Devant sa bonne volonté, les lacunes manifestes de notre ami font naître chez les égyptiens une envie d'aider qui brise toutes les barrières. Au bout du trajet il finit par maîtriser sa premiere leçon de mathematiques arabes et nous tous par être adoptes. Arrivés à Hurgada les repères changent dramatiquement. Il y a 20 ans encore cette localité etait un simple petit village de pêcheurs, aujourd'hui la ville est une grosse station avec partout des chantiers de construction à differents stades d'avancement. L'indifférence égyptienne pour le cadre de vie se fait sentir à chaque amoncellement de parpaings au bord de la route, chaque tas d'ordures non ramassé, chaque rangée de chiottes en attente d'installation alignées au flanc d'un futur hôtel... Cette indifférence est d'aillleurs renforcée par la loi puisque - comme en Espagne ou en Grèce - les habitations égyptiennes sont dispensées de taxes jusqu'à finition des facades. Dans ces conditions, on voit partout se succéder dans le pays des immeubles de type Beyrouth avec briques et armatures de béton armé apparentes. Seuls manquent les impacts de balles. Et ce qui pouvait être compris comme la conséquence d'une pauvreté endémique se voit ainsi eclairé par des dispositions fiscales inattendues. Nous prenons pension au Gelsium village, gros complexe hôtelier tres loin du modèle baba-écolo que nous venons de quitter quelques heures auparavant, mais qui possède un atout de poids : il abrite le club de plongee UCPA d'Hurghada. Là au moins nous sommes sûrs d'être bien encadrés par des baroudeurs de formation FRAN-çaaaise, oui Môssieur ! La soirée se termine rapidement, nous avons une plongee éprouvante et 4h de bus dans les pattes. Cette nuit, les rêves seront plus neutres, échaudés par l'aventure de la veille. Cette fois pourtant pas de couacs. Les 3 jours que nous allons passer me laissent des souvenirs de plongée eblouis. Rien a voir avec la Thailande, même si sa faune tropicale m'avait un peu préparé a la decouverte des varétés egyptiennes (poissons-anges, poissons- papillons, "nemos",..), mais pas dans de telles quantites ! Et pas dans de telles conditions ! Pour la première fois de ma vie, j'ai le sentiment de plonger dans un aquarium. Comparé au golfe de Thailande, la visibilité est largement supérieure : 30-40m à chaque fois, performance pourtant moyenne sur l'échelle locale m'a t-on dit... Et les poissons sont partout, les récifs coralliens de toute beauté attirant les bancs en quantité. Nous jouons les invités surprise à la Conference Annuelle des Poissons Tropicaux. Les deux plongées de la journee - sur les spots d'Abou Ramada et d'Eroug El Giftoun - se passent donc merveilleusement bien malgré la tripotee de petits français en séjour UCPA organisé avec qui nous partageons le bateau. J'ai juste tendance à consommer mon air un peu trop vite. Une lacune qui m'emmerde et que j'ai bien du mal à corriger, à moins de tenir de petites apnées, ce qui n'est pas du tout recommandé. Voila du boulot pour mes prochains séjours tropicaux. Yohan est malade sur le bateau, c'est dommage, ça lui fait louper la seconde plongée. Le lendemain, je décide de faire la grasse mat' pendant que mes petits camarades se dirigent vers de nouvelles aventures aquatiques. Bien entendu, tous les UCPA embarquent, "quand on a payé pour une semaine de plongée, on fait une semaine de plongée", mentalite qui m'a toujours un peu emmerdé. Je passerai la journée entre mon lit, le quartier commercant à touristes et un bar tranquille, à fumer la chicha et à lire un bon bouquin. Quand les 3 autres reviennent, ils sont unanimes pour me dire que la plongée du jour était encore meilleure que celle de la veille, et que c'est dommage que je ne sois pas venu, "t'aurais halluciné, c'etait ouf" et gnagnagna.... Une bouffee de jalousie me vient ainsi qu'une détermination nouvelle : demain, je paie un supplement et je vais plonger dans le parc naturel a 1h30 de navigation d'Hurghada sur un spot nomme "small giftoun". C'est au tour de Khryz, Yohann et Noémie d'adopter une approche farniente des vacances et je suis le seul à me lever a 7h45 pour une ultime journée de plongee. En approchant de la bouée d'amarrage de Small Giftoun (destinée à proteger les récifs des ancres des bateaux), j'apprends de la bouche du divemaster que la plongée du jour est un peu particulière : ce sera ma première "derivante" ! Le principe est simple : on saute du bateau à marche ralentie dans un endroit animé d'un bon courant et on se laisse porter par ce dernier le long du récif. Le bateau viendra nous rechercher après qu'on s'en soit pris plein les mirettes devant un travelling horizontal de 2 km de long pendant 40 minutes... Encore un souvenir inoubliable. Ma dernière journee sur les bords de la mer rouge s'achève par une halte sur Paradise Island où le groupe s'est scindé en deux : d'un côté tous les autres, partis s'adonner aux joies du snorkelling. De l'autre moi, parti m'adonner à celles de la Tourista. Et le premier groupe a profité de mon infortune pour tenter de m'abandonner sur cette plage déserte. Je le sais puisque de retour de mon périple au pays des WC chimiques je les ai surpris en train de réembarquer à toute allure sur le bateau qui, pour l'occasion, était venu s'échouer à quelques mètres de ma serviette, désormais seule sur la plage. Si c'est pas petit, si c'est pas mesquin alors. ;-) Comme prévu, nous sommes repartis le lendemain pour le Caire. A nouveau le voyage en bus s'est tres bien déroulé et, arrivés à la gare routière, nous avons pris un taxi qui nous a déposé en face du bazaar El Khalili, le plus grand souk du Caire. On est tout de suite tombé sur l'hôtel Al Hussein, un gros établissement planté au milieu du souk dont les chambres et les tarifs nous ont semblé plus que convenables. Bien entendu, il n'en est fait aucune mention dans le Guide du Routard... Chacun des deux couples dispose d'une terrasse privée avec une vue splendide sur une tres belle place encadrée de mosquées. A main droite : El Azhar, la mosquée aux cinq minarets, immense, imposante, magnifique. La fin d'apres-midi s'est passée à déambuler dans le souk pour quelques menus achats (chichas, coffrets en bois, foulards, tentures, épices, bijoux en argent, plateaux en cuivre ciselé, etc...). Moi qui n'avais jamais vu de gros souk, j'en suis resté baba : des dizaines de ruelles encombrées de boutiques (et de rabatteurs aussi, malheureusement), des escaliers partout qui mènent à différents niveaux abritant les ateliers de tous ces petits artisans. Yohann et Noemie - qui sont chefs-scouts dans le civil - ont pris la tête des opérations car mon sens de l'orientation s'est rapidement détraqué dans un environnement aussi saturé en stimulis divers et variés. J'etais déjà paumé a 20m de l'hôtel ! La soirée s'est déroulée sur la terrasse à tester la pipe a eau en planifiant la journée du lendemain. Au réveil, Les trois autres sont repartis a l'assaut de El-Khalili tandis que je leur faussais compagnie pour aller visiter El Azhar. J'ai commencé par faire le tour du propriétaire et, en longeant les murs de l'édifice, me suis retrouvé dans le quartier de l'Universite Islamique. En voyant tous ces barbus méfiants habillés comme au temps du prophète, j'ai un peu cédé à l'angoisse : moi, un occidental impie, déambulant tout seul au milieu de bons musulmans noyautés par des fondamentalistes cousins de ceux qui nous ont sanguinairement précèdé a Louxor et a Sharm-El-Sheik, je ne vais pas faire long feu ! J'ai assez vite rejoint la protection ombragée des colonnades de la mosquée. Immense, imposante et magnifique vous disais-je. Rien à rajouter. La journee s'est ensuite lentement égrenée, dans une atmosphère de fin de règne, notre trajet de retour devant commencer le soir même. Souk, fallafels, bar, terrasse. On a fini sur les coups de minuit à faire un "baccalauréat" pour passer le temps. A une heure du matin, un taxi est venu nous chercher, Khryz et moi avons distribué nos derniers backchichs aux grooms de l'hotel puis fait nos adieux a Yohann et Noemie qui avaient veillé bien tard pour accompagner nos derniers moments d'attente au Caire. C'est decidé, ils viendront nous rendre visite a Pâques en Perigord ! Le trajet s'est révèlé tellement long que nous avons eu tout le temps nécessaire pour nous faire à la perspective du retour. Déjà, pendant l'escale à Athenes, le temps gris et pluvieux nous avait rappelé aux dures realites de la rive nord de la Méditerranée. Départ du Caire à 3h45. 2H de vol jusqu'a Athènes. 4H d'attente pour la correspondance. Re-décollage a 9H50 pour Paris. Arrivés a Roissy, taxi pour Austerlitz et timing impeccable puisqu'on a juste eu le temps de sauter dans un train pour Brive et de courir à la recherche du controleur pour payer notre billet. Le même scénario s'est reproduit dans le train régional qui nous a mené à Condat-Le-Lardin où une amie est venue nous chercher pour les 10 derniers kilomètres jusqu'à Montignac. J'ai dormi comme un loir puis me suis mis à la rédaction de cette lettre. Le point final en ayant marre de poiroter sur mon clavier, il est temps de retourner se coucher. Bye !
Récit : - plongee a Koh Tao - Thailande - LE RETOUR - Egypte, février 2006
(Ce message a été modifié par gwennou le 24 mars 2006 à 10:54.)
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