
gilnado
Québec (Canada)
16 avril 2007 à 3:55
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Athenais, ce que tu as probablement vu (ou lu), ce que tu décris si bien, je l'ai vu et vécu durement. Ces situations existent dans les pays pauvres et de facon différente, chez nous aussi. Il y a le pire et le mieux dans tous les pays, dans toute société, je dirais dans pratiquement tout être humain. Mais qu'est-ce qui te pousse à voyager, quels endroits sublimes peux-tu référer notre correspondant? Le Tibet, le Népal, les chutes Victoria, la baie de Halong, la rivière Li dans le sud de la Chine? Un endroit physique quelconque? Qu'est ce qui différentie le Népal, du Tibet, des Andes, des Pyrénées sinon les gens qui y vivent et leurs coutumes. C'est avant tout ca les voyages, les sociétés et leurs moeurs. Et cela, dans plusieurs pays, ca inclut des choses difficile à voir, à vivre. Après avoir connu la pauvreté de l'Afrique, celle de l'Asie du sud-est, de l'Asie du Sud, je reviens de la Chine (nord-ouest) et de la région de Guilin (sud de la Chine) et ce dernier endroit est justement un de ces endroits sublimes. Je me suis promené dans la campagne "sublime" pour rencontrer et parler à des paysans dont des jeunes étudiants. Ils ne voient pas la "beauté subliminale" que j'aie vue; ils voient le labeur quotidien, la sueur de l'effort physique, le peu de valeur qu'on donne à leurs produits. Ils se sentent esclaves de leur vie de pauvreté. Ils n'ont pas les moyens de partir. C'est pourquoi je dis qu'il n'y a pas de paradis sur terre. Il y a des endroits sublimes selon les perceptions de chacun, mais pas de paradis. Nous avons le choix de voyager et de ne voir que la subliminité des lieux sans tenir compte de ceux qui y vivent et de leur condition et parfois, de leur détresse. Mais dans toute détresse, toute aussi réelle qu'elle existe, il y a toujours un souffle espoir et il n'est jamais aussi bien exprimé que par le regard de l'enfant. La prochaine fois que tu les verras ces enfants abusés, interviens, montre leur qu'il existe d'autres modèles d'êtres humains sur terre même si tu es incapable de changer leur avenir de facon tangible autant que tu le voudrais. Oui, je sais, tu ne peux aider que quelques enfants dans une multitude, mais ce sera déjà cà de fait. Si tu as peur de te faire avoir, que quelques uns de ces enfants soient poussés par un adulte, ne leur donne pas d'argent mais accepte de partager ton repas, d'acheter une paire de sandales pour un enfant qui n'en a pas, une nouvelle pièce de vêtement pour remplacer des vêtements trop usés. Le sourire que tu récolteras vaudra à lui seul toute la subliminité des lieux. Toi tu le sais que voyager pour se contenter des endroits sublimes, c'est passer à côté de l'essentiel. Et tu le sais que de voir cette détresse sans intervenir dans les limites de ses capacités, c'est un abandon de plus. Oui au tourisme, aux voyages, mais oui avant tout à l'humanité dans nos voyages. Juste pour compenser un peu l'inhumanité de trop de gens. Je suis toujours étonné lorsque des touristes (souvent Francais) me disent qu'ils n'ont pas aimé le Cambodge car il y a trop de pauvres et que ca les empêche de jouir de leur voyage. Mais ils n'ont pas remarqué la beauté dans le regard des petits cambodgiens. Malgré que la plupart des cambodgiens sont réellement très pauvres, il n'y a pas un peuple au monde qui aspire à vivre autant qu'eux. Il a vécu l'enfer. Maintenant, c'est un peuple jeune qui veut parler, danser, chanter, vivre quoi, montrer qu'il a survécu. Mais pour le comprendre, il faut s'en approcher, lui parler, le toucher d'une facon ou d'une autre. Je suis sérieux quand je dis que la vraie subliminité du voyage, ce sont les personnes et non les montagnes et les rivières. Et parmi les personnes, ce sont surtout les enfants pour leur vérité. Angélisme?? peut-être! Moi, je dirais simplement "humanisme".
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