
raph497 lyon, France
21 janvier 2008 à 13:28
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D'après ce que j'ai compris de vos réponses, et d'autres forums, il y a du "oui mais ça fait rien", du " oui mais qu'est-ce qu'on peut faire", et du "ces questions sont un reflet de ta personalité, de tes doutes", le tout sur un fond de réaction forte du mot égoisme, que je voulais pas forcément mettre en avant, et qui du coup a peut-être pas toujours été pris comme je le pensais. Alors je vais déjà essayer de préciser ce que j'entends pas "égoiste" dans le comportement du voyageur. Dans mon premier post, je critiquais le fait que les personnes qui partent sont égoistes dans le sens où elles cherchent à fuir certaines choses qui ne leur plaisent pas, sans chercher à les résoudre (critique conso, travail...), et il me semble que par rapport à ce problème, partir ne permet pas du tout d'être utile (sauf à se permettre de réaliser ces problèmes ? je n'y avais effectivement pas pensé), puisqu'on n'est pas là pour chercher des solutions. J'ai deux autres raisons d'appeler égoiste celui qui part. Tout d'abord parce qu'on part généralement en avion, et ça, c'est pas bien (pollution atmosphérique, réchauffement planétaire et toutes les conséquences pour la biodiversité et l'humanité, épuisement des ressources naturelles, et indirectement certains conflits internationaux (à quel point c'est exagéré ? je me base sur des cours que j'au eu et qui sont eux mêmes basés sur des travaux de chercheurs qui ne sortent pas de nulle part). Ensuite parce que pendant un voyage, on est souvent inconscient des conséquences que notre visite a sur les gens et le pays. Rien que par l'image qu'on donne aux "locaux" de pays qui ne sont pas considérés comme développés (suréquipement en appareil photos, transports et logement parfois spécial touriste, comportement...), on va changer leur propre comportement par rapport à eux même et aux "visiteurs" (effort pour essayer de ne pas trop tomber dans l'opposition touriste/voyageur), on peut prendre comme exemple certains pays qui développent leur tourisme et en devenant "touristiques" font que les locaux ont un comportment beaucoup plus recherche-dollar envers les personnes qui voyagent. Voila pourquoi j'ai plusieurs remarques. - Tout d'abord, la "société" qui est parfois assez chieuse à supporter, c'est nous qui la faisons, et comme je ne suis pas la seule à constater qu'elle est chieuse, je ne peux m'empêcher de penser qu'il est possible de la changer, tout d'abord en chacun essayant d'ouvrir les yeux à d'autres gens autour de soi, puis en faisant petits efforts après petit efforts pour se rapprocher d'un idéal de comportement qui serait réellement durable pour soi même, les autres et le planète (je suppose que vous n'avez pas besoin de moi pour vous donner des exemples, tri des déchets, réduire sa consomation d'eau, consommer local, prendre moins la voiture, se rapprocher des autres, oser être un raté au regard de critères que l'on ne partage pas, éviter de prendre l'avion...), recréer de l'échange gratuit avec les autres (pour cela je ne peux que vous conseiller d'aller faire un tour sur le site justfortheloveofit.org si vous parlez anglais, car c'est une structure à développer vraiment pratique pour mettre ceci en oeuvre), et pour ceux qui n'ont pas peur de se ballader sur internet en territoire politique, d'aller faire un tour sur des sites de décroissance (.org, .info, casseurs de pub, simplicité volontaire, objecteurs de conscience... il y a loin d'avoir un courant unique, et si certains vont très loin, ça n'est pas forcément le retour au Moyen-Age). - Ensuite, je veux préciser que je ne pense pas pour autant ne plus voyager. Parce qu'effectivement quelque soit la manière dont on voyage, ça apprend énormément. Mais peut-être qu'il faudrait aussi que chacun pense un peu plus à comment on voyage, aux conséquences sur tout ce que j'ai cité plus haut. Quitte à éventuellement changer de manière de voyager, en allant un peu moins vite (pour faire du tgv, la France c'est l'idéal, c'est pas la peine de prendre 6 mois pour faire un tour du monde ou on ne peut pas prendre son temps), en rencontrant plus les gens (si le voyage c'est que pour les images, Yan Arthus Bertrand parmi plein d'autres 'énormes' photographes a fait de magnifiques photos), en allant un peu moins loin, ou différement.... - Et enfin un message à ceux qui ne veulent pas réfléchir, en voyage ou chez eux; ceux pour qui leur plaisir est plus important, comme on m'a conseillé de ne pas trop m'acharner pour ne pas faire de l'anti-message : en espérant que vous vous rappelerez un peu de mes paroles lors de votre prochain voyage ou de vos prochaines courses au supermarché, je vous souhaite (honnêtement) bien du plaisir. Et une dernière chose : c'est vrai que je dois me poser au moins autant de questions sur moi que sur le voyage, mais j'ai pourtant l'impression là d'être claire, et en premier lieu avec moi même, donc j'aimerais savoir en quoi mes questions parlent de moi. Pour vous aider et répondre un peu à d'autres remarques, j'avance un peu sur moi : j'ai pas mal voyagé avec ma mère (dont je critique aujourd'hui assez la manière de voyager), mais un jour pendant un de ces voyages, en train de faire des photos(safari humain ?) lors de la traversée-visite d'un village flottant, j'ai réalisé ce que je faisais. Début d'une grosse période de réflexion sur le voyage : j'ai trop le gout du voyage pour arrêter, mais je ne veux plus le faire comme ça. Mon voyage suivant (et le dernier que j'ai réalisé), c'était un trip en Europe en train. En parallèle, je suis étudiante, mais je me demande de plus en plus qu'est-ce que je fais là, j'ai envie de partir, j'ai pas envie de rentrer dans cette vie que je me prépare. Je me pose plein de questions sur tout, j'ai trop de boulot, je foire la moitié de ce que je fais parce que je n'ai qu'à moitié envie de le faire. Et un jour, je tombe sur un numéro de courrier international ("travailler moins pour gagner moins et vivre mieux"), ou je trouve le concept de décroissance. Sans adhérer à 100%, ça calme en partie mes doutes et me calme sur le voyage aussi, ce qui ne peut que me convaincre que l'envie de partir est liée à cette "société" de consommation. D'ou pour ne pas faire un voyage égoiste dans ce sens, je voudrais essayer de réinvestir la vie ici quand je suis ici, en participant à recréer ... (cf mon premier post). cependant, il n'est toujours pas question de ne plus voyager du tout, alors mon prochain voyage sera dans le cadre d'un stage de 6 mois en Amérique Centrale (c'est affreux, je vais devoir prendre l'avion, j'ai pas le temps de faire autrement, mais pour 6 mois, c'est toujours plus acceptable que pour 15 jours ou un mois) (je vais pas trop bouger, probablement pas trop avoir le temps de faire du tourisme, mais au moins je découvrir surement d'autres aspects du pays que si je partais en allant là ou un guide de voyage me conseillait d'aller).
www.justfortheloveofit.org ... La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre quand on les poursuit.
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