Merci Francine pour ces bonnes nouvelles, il semble que je pourrai "monter" à fin novembre de Djibouti à Dire Dawa par ce vieux train si chargé d'histoire. J'ai hâte et compte les jours! Il est vrai que les médias ont vite tendance à actionner les tamtams dès lors qu'un groupe quelconque un tant soit peu rebelle ou séparatiste (ONLF, OLF, ...) sort de la brousse pour se frotter aux représentants de l'état central. Seras-tu à Djib les 27 et 28 novembre? Possibilité de boire un verre ensemble? Il semble que beaucoup de monde minimise ou dénie l'importance de la ligne djibouto-éthiopienne encore en service aujourd'hui. Pourtant cette prouesse technologique pour l'époque pendant laquelle elle a été construite (1897-1929) a parfaitement rempli son rôle de poumon de l'économie éthiopienne jusqu'aux années 70. Ensuite la route a presque totalement remplacé le rail avec un accès "moderne" aux port d'Assab et Djibouti. Mais les tensions puis la guerre avec le voisin érythréen ont eu trois conséquences majeures pour l'approvisionnement d'Addis Abeba:- le port d'Assab n'est plus utilisé par l'économie éthiopienne, la frontière entre les deux frères ennemis de la Corne étant entièrement étanche
- la route Djibouti-Addis Abeba passant par Galafi et Mile a été entièrement refaite et permet pour l'instant à une nuée de camions lourdement chargés d'amener toutes les marchandises nécessaires sur la capitale
- le chemin de fer djibouto-éthiopien, tombé en désuétude il y a une vingtaine d'année, a retrouvé quelque peu de une importance stratégique, en particulier pour les petites marchandises non périssables et parfois pour la contrebande à petite échelle entre Dire Dawa et Addis.
Pour l'instant donc le tronçon Djibouti-Dire Dawa fonctionne sur la base de 3 trains hebdomadaires plus ou moins réguliers, alors que le tronçon Dire Dawa-Addis est en réfection avec des fonds français, arabes et éthiopiens. Il semble que le gouvernement à Addis ait compris l'importance de cette ligne vitale et que la modernisation entreprise permettra d'acheminer de la marchandise à moindre frais entre la Mer Rouge et les hauts-plateaux éthiopiens. Rendons cependant hommage aux cheminots de la ligne qui accomplissent de véritables miracles pour maintenir en vie du matériel totalement désuet, souvent de l'époque de la construction, en bricolant, cannibalisant, inventant et improvisant (voir l'excellent site de Jean-Pierre Crozet). |