
marinehervé Paris, France
15 novembre 2007 à 3:30
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Éthiopie du Nord: un itinéraire passionnant
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Bonjour, Dès que l’on décide de visiter l’Ethiopie du nord une question se pose : - Est-ce que je fais « la route historique », le grand tour du nord en ajoutant Lalibela et je vais faire un maximum de kilomètres, ou « le petit tour » du nord Addis, Kombolcha, Lalibela, Bahar Dar, Addis, je fais moins de kilomètres mais qu’est-ce que je perds ? Je reviens d’un cinquième voyage dans le nord de l’Ethiopie et il me semble avoir trouvé un parcours vraiment intéressant. Je vous donne tout de suite les avantages, pour moi bien sûr, et les inconvénients de ce parcours : avantages : découvrir des endroits superbes et se donner le temps de la découverte, éviter le parcours Mekele - Axum - Gondar , très long et d’un intérêt moyen, inconvénient : on ne voit pas le Simien, et si vous voulez y aller, il n’y a guère le choix, il faut passer par Gondar et aller à Debark. L’itinéraire : Addis - Kombolcha - Mekele - le Tigray - Korem - Sekota - Lalibela - Weldiya - Kombolcha - Awash ( Harar en option, si vous avez le temps) - Addis Le parcours peut se faire en 12/14 jours en revenant directement sur Addis à partir d’Awash, en 14/17 ou 18 jours en allant à Harar avant de rejoindre Addis. Partons : Les paysages d’Addis à Mekele en passant pas Kombolcha sont superbes sur tout le parcours. On part des hauts plateaux d’Addis, 2500 mètres où tout est vert et cultivé à ceux des alentours de Debré Birham, grandes étendues dépouillées où les arbres et les cultures deviennent rares. Les villages sur le parcours « se fortifient » pour se protéger du vent et du froid, quelques cases sont regroupées, un mur en pierre les entoure percé d’un grand porche d’entrée. A Debré Birham, on voit arriver les paysans avec leurs ânes chargés de nourriture, maïs, tef, de bois et aussi de galettes de bouses de vache qui serviront à chauffer les cases. Les habitants font la queue, non pour obtenir de l’eau, comme souvent, mais pour remplir de petits bidons de fuel afin de pouvoir se chauffer. La route nous conduit vers Debré Sina en passant par ce fichu tunnel Mussolini chaotique et suintant, il n’inspire guère confiance, en tout cas pas aux claustrophobes ! Nous atteignons 3400 mètres d’altitude, et nous nous retrouvons souvent dans les nuages et le brouillard. Parfois, un groupe de geladas se promène en famille. La redescente sur Robit est assez vertigineuse, le soleil et la chaleur sont de nouveau présents. La route goudronnée est impeccable jusqu’à Kombolcha. Il ne reste donc qu’à profiter des paysages de la vallée naissante de l’Awash . Le samedi, il y a un grand marché Oromo à Sembete et un arrêt s’impose. Entre Sembete et Kombolcha, beaucoup de cultures en terrasses - maïs, tef, blé, canne à sucre. Kombolcha est une petite cité sans grand intérêt mais c’est une étape nécessaire. L’étape Kombolcha Mekele est longue, la route variée et surprenante sur les trois quart du parcours. On monte de plus en plus haut pour redescendre dans les vallées, les vues sont superbes, amoncellements de sommets, cactées de toutes formes, en septembre les cultures en terrasses sont délimitées par des murs de fleurs jaunes, les eucalyptus, les knifolia foliosa, ces fleurs oranges en forme de flamme grimpent sur les pentes. En janvier…les récoltes ont eu lieu, tout est sec et doré. Mekele est une grande ville avec un grand marché « en dur » où l’on trouve de tout, en autres de beaux tissus, des boutiques d’artisanat, du miel blanc « le meilleur d’Ethiopie », des bijoutiers. Le marché au sel du samedi s’installe à la sortie de la ville vers Adigrat. Les caravaniers qui remontent du lac Assalé s’y retrouvent avec leurs chameaux pour vendre les plaques de sel. Le musée possède de belles croix orthodoxe et son gardien est très volubile. Mekele peut constituer une base de départ pour aller visiter les églises du Tigray. On peut, si votre chauffeur connaît les fermiers, camper au pied des pics à escalader. Les fermiers sont très accueillants, ils n’ont vraiment pas grande chose pour vivre et vous offrent une tasse de café, un épi de maïs grillé, du lait… Les paysages de pics rocheux ressemblent dit-on aux montagnes rocheuses des Etats-Unis. Les couleurs dégradées dans les tons roses et ocres, la luminosité, la transparence de l’air donnent en fin d’après midi une grande impression de calme sur toute la plaine, les enfants rentrent de l’école, les gens reviennent du travail des champs, un prêtre passe sur le chemin, les ânes chargés avancent vers leur enclos, peu de bruit, la nuit va tomber très vite. Le mercredi, il y a un marché très coloré à Hawsien . Les guides vous donneront tous les renseignements sur les églises perdues, cachées dans les escarpements. Sachez simplement que certaines sont accessibles très facilement - ce ne sont pas forcément les moins belles - pour d’autres…cela devient plus sportif, enfin l’entrée de certaines est réservée aux hommes. Vous verrez des peintures anciennes, des représentations bibliques. Elles donnent l’impression parfois d’avoir été réalisées il y a peu, tant les scènes qu’elles représentent sont encore actuelles : Saint Georges monté sur un cheval terrassant un dragon est représenté fréquemment. En quittant l’église, vous croiserez quelques kilomètres plus loin, un cavalier monté sur un cheval harnaché comme celui de Saint Georges. Les églises, comme celles de la Lalibela et celle de Gondar sont de vrais joyaux ; les moines et moinesses y vivent souvent dans des conditions difficiles, ils vous accueillent avec beaucoup d’attention. On voudrait pouvoir prendre toujours plus de temps pour étudier les peintures, s’imprégner un peu de cette culture qui nous était étrangère il y a si peu de temps… Mais il faut revenir sur nos pas jusqu’à Korem. On quitte alors la route principale pour aller vers Sekota et Labilela. Ces 170 kilomètres de piste sont parmi les plus beaux que j’ai vus dans ce pays. Paysages de montagnes, villages perchés aux constructions à étage, couleurs des vêtements féminins, végétation luxuriante et accueil des paysans, c’est un régal. A Lalibela, vous retrouvez l’Histoire et vous pourrez passer deux ou trois jours à visiter les églises creusées dans la roche, incroyable travail de l’homme. (voir tous les guides). C’est en traversant une région quasi désertique de hauts plateaux à l’herbe rase que l’on rejoint Weldiya puis Kombolcha. Essayez d’arriver à Kombolcha un dimanche soir afin de pouvoir faire un arrêt à Bati sur la route du lendemain : Kombolcha Mille Awash. Il y a le lundi à Bati un marché exceptionnel, c’est le plus grand marché d’Ethiopie après celui d’Addis, il est vraiment très intéressant. Les peuples Afar, Oromo, Amhara s’y côtoient, on peut donc voir les modes de vie des uns et des autres, les chameaux Afars surchargés, les robes en velours grenat des femmes Oromo avec leurs colliers en argent, les pagnes et les couvertures de toutes couleurs, la vannerie, les poteries, tous les ustensiles de la vie courante de ces peuples, le marché aux zébus, chameaux, ânes et moutons ; c’est un marché débordant d’activités. Awash : une petite visite dans le parc national s’impose. Vous y verrez de très nombreux oiseaux et animaux dont l’antilope Oryx, ainsi que les chutes de l’Awash. La route vers Harar est une route de crètes sur les 2/ 3 du parcours, entre Asbe Téféri et Harar. On traverse les Ahmar Mountains, dans la fraîcheur et l’odeur des résineux en dominant toutes les vallées des alentours, tous les villages, toutes les cultures. On voit la dépression qui mène vers Dire Dawa, annonce le désert et fait passer les couleurs du vert à l’ocre rose. Harar , ville blanche, verte, bleue, ville « fortifiée », ville aux ruelles et aux recoins, aux minarets miniatures, aux maisons harari enfermées dans leur cour, à la fausse mais très belle maison de Rimbaud…Flâner et se perdre dans Harar, c’est du plaisir. Retour sur Addis en une journée, si l’on est pressé. à+, pour d'autres renseignements si vous le souhaitez
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