
Fabricia
Alpes Maritimes, France
Photo/image personnelle du membre Fabricia.
Description de la photo/image: Amber Fort, Rajasthan, octobre 1994 : une belle indienne offre aux visiteurs un gobelet d'eau puisée dans sa cruche.
24 janvier 2008 à 11:03
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J'ai terminé la lecture du livre de Jon Krakauer qui a inspiré à Sean Penn le film "Into the wild". Passionnant, émouvant, j'ai eu l'impression d'avoir vu un film tant l'histoire est menée avec sensibilité par l'auteur qui semble avoir eu, au même âge, quelques affinités avec Chris McCandless. Un livre qu'on ne lâche plus tant on est accroché par le cheminement de ce garçon étrange et attachant... Le film suit très fidèlement le livre dont S. Penn a dit avoir été très impressionné lorsqu'il l'a lu. Voici deux extraits d'une interview donnée par S.P. à Paris lors de la sortie de son film, en octobre 2007 : INTERVIEW SEAN PENN " - Il y a beaucoup de références à la culture de la fin des années 60, comme un voyage à travers la face cachée de l'Amérique, était-ce déjà le cas du livre original ? - Oui j'y suis resté très fidèle. Le film parle de cette génération. Il y a bien sûr le voyage de Chris mais il s'agit d'abord du livre de Jon (NDLR: Jon Krakauer, journaliste qui a écrit Voyage au bout de la solitude).Lorsque je l'ai lu il y a plus de dix ans, il m'a laissé une impression indélébile. Je l'ai lu deux fois et au bout de ces dix ans, j'ai eu l'opportunité d'en faire un film. Entre ma première version du scénario et la version finale, j'ai changé très peu de choses. Le livre était imprimé en moi. Les ajustements rares que j'ai faits proviennent des impressions que j'ai eues sur la route en suivant les traces de Chris, des suggestions de mes collaborateurs (Emile Hirsch et le directeur de la photographie Eric Gautier). - Qu'est ce qui vous a bouleversé dans la lecture de ce livre ? Vous avez des points communs avec le personnage ? - Ma première réaction était visuelle, par rapport à la couverture, une photo en Noir et blanc du bus de Chris en Alaska. Je l'ai lu sans arrière-pensée, sans rechercher de thèmes pour une réalisation, juste pour le plaisir, Mais arrivé à la dernière page, j'ai eu le sentiment d'avoir vu un film. Je l'ai relu et chaque page évoquait une image, faisait entendre la voix de Chris. Fondamentalement, l'émotion qui m'a envahi, part de mon admiration pour sa volonté sans failles. Vous savez, même lorsqu'on traverse l'Alaska, on a une équipe, un confort, des douches chaudes, des repas assurés sans avoir à chasser. On se rend compte du courage qu'il lui a fallu pour passer 113 jours à l'écart de tout cela, par décision. Ce qui m'a touché c'est cette obstination, cette volonté absolue de mener sa quête jusqu'au bout. Tout le monde, et pas seulement moi, peut se reconnaître dans ce livre. Chacun de nous, consciemment ou non, partage cette volonté de parcourir le monde et j'aimerais que ce film rappelle cela. Dans notre monde occidental, nous avons perdu l'habitude des rites de passage, les rites initiatiques où l'on apprend à se connaître soi-même, à profiter de l'instant présent. Cela trouve un écho en nous tous, cette volonté de découverte, de parcourir le monde, est universelle". Ce livre est à lire, avant pour ceux qui n'ont pas encore vu le film... mais il peut aussi bien l'être après, pour revivre une fois encore l'errance d'un garçon que rien ne destinait à cette fin tragique. ------- Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
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