INTO THE WILD
WOW ! Comment retomber sans mal dans une réalité urbaine, après un tel film...? J'ai adoré!
J'aurais préféré un autre décor, à ma sortie: une rivière au lieu du périphérique, une petite colline rocailleuse surplombant le désert, léchée par les derniers rayons du soleil, que l'on puisse gravir pour respirer un bon coup, à la place des immeubles sans terrasses qui abritent des magasins où il y a mille choses à vendre mais si peu d'essentiel...
Bref, c'était un peu dur de revenir dans le monde organisé et de faire face à la « poltique de civilisation »...
Ce film est un pavé dans la mare... qui tombe lentement et en faisant beaucoup de cercles concentriques. Senn Pean n'a pas mâché ses efforts pour nous entraîner plus loin que là où l'on s'attend à aller... et livre une oeuvre bien maîtrisée, sans fioritures, avec une image soignée mais pas inutilement esthétisante. Car ce n'est pas seulement un film à la gloire de la nature, à ses beautés... ce qui aurait pu donner un film charmant mais pas aussi touchant.... c'est avant tout un hommage à la quête d'un homme. Un homme qui poursuit son rêve jusqu'au bout. Qui s'affranchit de ce qu'il possède, de ce qu'il connaît, de ce qu'il aime, pour vivre pleinement et simplement, comme un sauvage...
Emile Hirch est parfait dans le rôle. Il est bluffant. Beau comme une pierre brute. Il irradie de naturel, en une telle symbiose avec le personnage que l'on ne l'imagine pas dans un autre rôle. Une merveille de gestuelle capturée par la caméra qui le filme au ralenti en train de courir comme s'il était un animal sauvage (et c'est bien ça, au fond!)
La tendresse et la générosité qui se dégage, à chaque rencontre, dressent des portraits chaleureux de personnages attachants... Catherine Keener, pour une fois, me semble sympathique, en hippie enthousiaste et sensible. Kristen Stewart, qui incarne la jeune chanteuse au coeur allangui est bien plus sensuelle qu'une Norah Jones qui en fait des tonnes dans « My blueberry nights »... Vince Vaugh, en agriculteur rigolard, est fondant d'humanité..et le vieux californien qui campe un grand-père improvisé, n'est pas en reste non plus pour nous émouvoir... Seuls les parents ne bénéficient pas de ce regard bienveillant ( la coiffure n'avantage pas Marcia Gay Harden, presque mé connaissable, avec cette allure porcine).
On pense à l'étonnant « Grizzly Man », (l 'écologiste Tim Treadwell), qui avait choisi de vivre parmi les ours et a eu une fin tragique; au magistral « Apocalypto » de Mel Gibson, aussi... mais le film suit une autre trame... et a sa propre saveur...un goût de cranberries qu'on goûte pour la première fois, peut-être.
En tous cas, je suis bien contente d'avoir suivi la route tracée par Christopher Mc Candless, alias Alexander Supertramp... au lieu de participer à la ruée du premier jour des soldes. Parce que le hasard a voulu (ou bien serait-ce fait exprès?) que le film sorte juste ce jour-là, le propos n'en prend que plus de relief.