
mariquita
paris, France

10 juin 2007 à 14:10
Message 2 de 2
Consulté 892 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
 |
|
Au détours d'une balade, je suis passée devant ce petit passage et j'ai poussé la lourde porte de la Fondation. Le lieu est intime, clair, lumineux, à taille humaine, il nous permet de rentrer directement dans l'univers du photographe... la passation des émotions se fait tout naturellement et avec force, en noir et blanc. Au premier étage sont exposés ces portraits de femmes indiennes, pour la plupart au destin tragique, réunient autour d'une même attente :atteindre "Moksha" (le paradis). Chaque portrait est accompagné d'un court récit de l'histoire de leur vie, tout en pudeur et chargé d'émotions ; vie que l'on peut lire aussi dans leur regard noir et leurs rides lumineuses. Parfois, le photographe nous livre quelques ambiances révélant la ville de Vrindavan, leur refuge, dans la brume, telle une ville hors du temps, un lieu de passage vers l'au-delà... Le deuxième étage présente des portraits de petites filles, déjà blessées par la vie et les hommes... l'émotion est vive devant ces bébés, ces enfants qui n'ont rien demandé et qui se nourrissent de leur infinie solitude. L'exposition est émouvante et digne, absolument pas larmoyante ; la scénographie, quasi absente, est d'ailleurs totalement au service des photos et de leurs émotions. Quand l'esthétisme est au service d'une cause, d'une information, d'un appel, il me semble que l'essentiel est là. Fazal Sheikh laisse parler son regard pour soutenir la condition de la femme en Inde. Si un jour je pars en Inde, et ce jour arrivera sans doute plus vite que je ne le pense, je sais maintenant que sur mon chemin, en plus d'un hommage au Mahatma Gandhi, je passerai par la ville de Vrindavan... Bref, une exposition qui, pour moi, a fait écho au livre d'Anita Nair, Compartiment pour dames, et je ne serai trop vous encourager à vous perdre par ce coin-là !
|