
PetitLu
Paris, France

8 novembre 2006 à 16:19
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Voila une petite aventure qui m'est arrivé dans les Pyrénées il y'a deux ans. C'était sur le sentier de St Jacques et j'avais pris ma tente pour faire du camping sauvage. …Après quelques minutes je reprends la route. Le premier jour est le plus dur et je comprends pourquoi, à mi-chemin entre d’un pic je tombe de nouveau de fatigue. Il me reste quelques dizaines de mètres et je camperais ici, je fais cette dernière étape à 4 pattes et je m’assoie entre les rochers qui culminent au sommet. Je regarde la carte : c’est le pic de Leizar Atheka, un nom et un paysage digne du Seigneur des Anneaux. Par contre le confort et la sécurité laissent à désirer, une chute de quelques mètres derrière moi et des pentes assez raides de chaque cotés, de plus le sol est couvert de pierres et il est impossible de dormir confortablement. La cerise sur le gâteau, je suis au milieu de pâturages et les moutons se déplacent à leur guise. Le paysage quant à lui est des plus étranges, l’herbe est jaune et seul des rochers aux formes fantastiques semblent pousser sur le pic. C’est alors que je découvre ce que j’ai oublié : les sardines ! Je ne peux pas attacher la tente j’ai oublié les sardines au camping. Quel con ! Je me motive pour aller chercher des branches dans la forêt une centaine de mètres en contrebas, je dois me démerder avec les moyens du bord. Le brouillard se lève et je n’ai pas encore trouvé assez de branches solides, il faut me speeder ou je ne trouverais même plus ma tente. J’arrache quelques dernières branches et je cours vers la silhouette des rochers qui disparaissent peu à peu dans la brume. Je les atteins et je commence à monter la tente à toute vitesse, le vent aussi se lève. Lorsque c’est fini je m’étale dans mon abri et, à 18h, je m’endors aussi sec. Quand je me réveille il est 23h. Je n’ai toujours pas mangé et mon estomac me fait souffrir. Mais surtout le vent souffle vraiment très fort. Les tendeurs plient mais les piquets tiennent bon. Je réparti mon poids et celui de mon sac à dos de chaque cotés et je me plaque contre la tenture. Je tremble trop, je ne peux m’empêcher de penser aux touristes perdus en montagne et retrouvés mort, soit parce qu’ils ne connaissaient pas le coin, soit parce qu’ils ne s’étaient pas renseignés de la météo. Malheureusement c’est aussi mon cas. J’ai peur que la tente s’envole et qu’on me retrouve 500 mètres plus bas avec tous les os cassés. […] J’entends les cloches d’un troupeau de moutons pas très loin. S’ils s’approchent de la tente vont-ils faire péter les tendeurs ? […] A 4h du matin je me décide enfin à sortir de mon abri, le vent s’est arrêté. En glissant ma tête par la fermeture éclaire je remarque qu’il n’y a plus de brouillard et qu’il fait très froid. J’enfile un deuxième pull et je sors. La tempête est passée, laissant place au plus aérien des décors. Je suis sur une ile entourée d’un océan de nuages, comme si j’étais descendu d’un avion à mi-chemin. Mon ilot perdu ne fait que quelques mètres, les étoiles brillent de toutes leurs forces et la lune est pleine. Le ciel est mon allogène et les nuages sont ma moquette. J’ai beau regarder au loin mais je ne vois aucune autre ile, partout il y’a une mer de coton. Il fait trop froid, mes mains et mes lèvres sont gelées mais je ne veux pas partir. Je suis un shaman. Je reste encore quelques minutes à observer par les yeux de Dieu, je le comprends : avec la vue qu’il a il ne se soucie pas trop de ce qu’il se passe en dessous, et puis de toutes façon on y voit rien. Finalement le froid a raison de moi et je retourne dans la chaleur de mon duvet pour achever mon bout de nuit…
Mon blog chinois. http://pvetlachine.over-blog.com/
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