
LéonLeVrai
France
10 juillet 2008 à 18:58
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Alors qu'il nous avait régalé avec "Shenzhen", G. Delisle nous livre ici des chroniques d'une platitude affligeante et ultra-nombrilistes. Un quasi dédain choquant de la politique intérieure birmane et de ses conséquences (des sujets graves à peine introduits en 2 ou 3 vignettes seulement), contre une obsession de son confort personnel (de pleines pages sur le "club australien de loisirs", les sauteries entre gens biens des ONG, sa superette de quartier, sa recherche d'une maison, le lait de son bébé, j'en passe et les meilleurs). LE PLAN B, n° 11 Déc. 2007-janv. 2008 LA LAISSE D'OR La lutte est acharnée mais le Plan B ne décerne la laisse d'or qu'au plus servile. Journaliste barbouilleur de romans de plage, Christophe Ono-dit-Biot a reçu le prix Interallié 2007 pour un livre, Birmane, considéré comme un des plus affligeants de la rentrée. Ce "voyage pétri d'amour et de chagrin" qui veut "ressusciter l'enfant en nous" charrie les lieux communs avec une telle persévérance qu'une critique littéraire, Blanche Baudouin, a menacé de mettre un terme à sa carrière dans le cas où cette "confiture de guimauve" décrochait un prix littéraire. "De dépit, se souvient-elle, j'avais jeté le livre à l'autre bout de la pièce en me demandant comment un éditeur pouvait publier une telle daube." La réponse est simple : armé d'une brosse à reluire tout-terrain et d'une paire d'incisives qui labourent la moquette, Ono-dit-Biot est, à 32 ans, rédacteur-en-chef du service culture du Point. Son protecteur, Franz-Olivier Giesbert, mise sur sa "belle gueule" et son conformisme canaille pour "rajeunir l'image" du magazine des cadres gérontophiles. Autant dire que son génie ne souffre aucune objection : Birmane est l'oeuvre "d'un grand témoin, on veut dire d'un vrai journaliste", s'exécute la chroniqueuse "livres" du Point en songeant à sa prime de fin d'année. Un an plus tôt, Ono-dit-Biot avait su mériter ces éloges en publiant un long réquisitoire contre les chômeurs qui "ont dévoyé la générosité du modèle social français" : à partir du cas de "Thierry F.", un bénéficiaire de l'allocation spécifique de solidarité (440 euros par mois), roulant en voiture de sport et revendiquant 24 années de "farniente rémunéré", le "vrai journaliste" dénonçait la mollesse d'un État qui accepte d' "entretenir les parasites". Cet appel à la haine sociale se propagea aux organes de presse concurrents, offrant l'occasion au candidat Sarkozy de pilonner les "fraudeurs de l'Unedic". Au même moment, l'employeur d'Ono-dit-Biot, François Pinault, raflait 155 millions d'euros de dividendes pour 2006, soit 30 000 années d'ASS. Pour savourer son triomphe, le jeune prodige part essayer son slip de bain à Rangoon. D'où il rapporte une rédaction de vacances dont la sortie - miracle - coïncide avec le soulèvement des bonzes. Le voilà propulsé grand dissident de la dictature birmane : défiant les généraux sur TF1, dans Libération et à l'Élysée (où il est reçu par Sarkozy aux côtés de BHL, Bruckner et Glucksmann), Ono-dit-Biot s'envole vers un destin héroïque, sa laisse d'or en sautoir. LE PLAN B Et comme disait lonji : On dirait que l'auteur a recensé tout ce qui parait représentatif de la Birmanie, comme un catalogue, a mélangé le tout et en a sorti un roman d'aventures assorti d'une histoire d'amour, complètement invraisemblable. En vrac : les sites touristiques (Inle, ...), les pierres précieuses (une histoire "abracadabrantesque" sur le plus gros rubis "sang de pigeon" qui atterrit dans les mains du héros), les fêtes "Jet Set" de la Junte, la visite incognito à Khun Sa sur son lit de mort !, et le plus fort : l'héroine, française, se transforme en chaman d'une ethnie du Nord (Les Padaung ?). A mourir de rire ce livre. Ce qu'il faut lire, POUR COMPRENDRE PLUS SERIEUSEMENT :
Léon, le vrai.
(Ce message a été modifié par LéonLeVrai le 10 juillet 2008 à 19:05.)
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