
LeDragon
Québec (Canada)
11 février 2006 à 10:26
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J'ai lu l'autre fil, intéressant. Mais je n'y ai pas trouvé ma vision du guide de voyage. Il faut d'abord établir ses attentes. Pour moi, elle sont de deux ordres : me donner le goût de voir un pays et m'aider à établir mes priorités de voyage; puis une information très terre à terre qui me permettra de voyager efficacement. Sur le « rêve du pays à voir », je trouve souvent internet inadéquat. Les guides de voyages sont des synthèses. Les forums peuvent être utiles, mais surtout pour compléter l'information. La question classique sur un forum de voyage est de type : « A quel heure part le bus de Saint-Glinglin pour Puerto Cayo et combien dure le voyage ? » Mais, il faut d'abord bien situer Puerto Cayo, déterminer ce qu'il y a à faire là et si ça fait partie de mes priorités ! Un guide écrit permet plus facilement ce premier débrouissaillage, quoique les sites touristiques des pays et des villes peuvent parfois remplir ce rôle. Je ne crois pas que je serai jamais le premier occidental à visiter une ville donnée. Je n'ai pas de problèmes à suivre l'étroit sentier des touristes. La plupart du temps, les sites populaires le sont avec raison, ou du moins je cherche à bien comprendre ce qui attire les gens et je détermine si c'est ma tasse de thé. Ainsi, une itinéraire suggéré dans un guide me servira de base hypothétique, quitte à abandonner des pans et en ajouter d'autres. Quand j'acquiert un guide, sauf pour mes deux derniers voyages qui furent décidés au dernier moment, je le lis pratiquement d'un bout à l'autre. Évidemment, je passe par dessus les chroniques « hotels, restaurants, endroits où boire et sortir ». Tout au plus, j'y jetterai un coup d'oeil pour établir mon budget. Ce que je cherche, c'est les endroits à visiter, les infos culturelles ( incluant les plats typiques). Quand un endroit me tente, je jette un coup d'oeil aux durées de transport pour fixer le temps minimum à y consacrer. Une fois terminé, c'est comme en rédaction : faut couper ! Je ne partage plus l'étonnement de mes compatriotes qui tombent sans connaissance quand un français déclare vouloir faire Niagara, Montréal, Québec, le Lac Saint-Jean, la Gaspésie, Charlevoix et Ivujyvik en 6 jours ! J'ai parfois des objectifs comparables en voyage. Ceux-ci durent entre 2 et 3 ½ semaines, et comme j'approche les 50 ans et ne peut m'offrir qu'un voyage par an, il y a peu de pays que je visiterai deux fois. Je cherche à voir le maximum en peu de temps. Ce qui m'amène au deuxième volet, l'aspect pratique du guide. Je passe rarement plus de deux nuits dans un ville donnée, sauf pour les capitales, les endroits exceptionnels et quand j'ai un petit blues ou un coup de coeur imprévu. Alors, quand j'arrive dans cette ville, faut procéder. J'aurai identifié la veille, ou même dans le bus, quelques hotels en fonction du budget et de la localisation. Je les aurai identifiés clairement sur la carte de la ville. En quittant la gare, j'arrête au prospect le plus près, je le visite, s'il répond à mes exigences fort modestes, je le prend. Je ne passerai pas une demi-journée à errer d'hotel en hotel. J'aurai, avant le départ, établi les risques d'affluence et, à mon grand regret, j'aurai réservé le cas échéant. Ensuite, quand besoin est, je règle l'intendance : buanderie, banques, postes ( je suis assez ringuard pour encore envoyer des cartes postales ! ) et boutique photo ( ma carte mémoire est vraiment trop petite, mais je changerai de caméra bientôt et ça m'écoeure car j'ai payé celle-ci plus de 600 euros...). J'aime bien que ces points de services soient identifiés sur les cartes, ça me sauve du temps même si les hotels peuvent aider, j'ai besoin d'une carte, je me perd souvent ! Puis, c'est soit le parcours vers la raison de ma visite ( alors je veux de bonnes infos sur les moyens de transport ), soit, quand le temps manque, j'erre dans la ville, vers des beautés architecturales, des marchés ou des places fréquentées. Encore là, errant sans but, je préfère avoir une bonne carte dans le guide pour m'éviter le détour vers le kiosque touristique. Considérant ma façon de voyager et les besoins qui en découlent, mes attentes envers un guide sont claires : il doit m'enthousiasmer, me donner une image du pays, d'abord à grande échelle, puis en focusant sur les priorités que j'ai établi. Puis, il doit me sauver du temps dans les aspects très pratiques. En général, j'ai trouvé ce que je cherchais dans le Lonely Planet. Il est parfois démodé et je regrette que la date de dernière mise à jour ne soit pas plus clairement indiquée. Je cherche toujours la version anglaise, la présumant plus récente. Même si je vis dans un beau grand pays bilingue, je dois généralement attendre 1 mois, parfois deux pour l'obtenir. Bon, j'admet, en allant à Montréal je trouve plus facilement en librairie. Autre déception : je finis toujours par voir plein de gens qui ont une version plus récente que la mienne. Anyway ! Étonnamment, je trouve souvent les auteurs enthousiastes, je suis peut-être plus anglo-saxon que je le crois... Le guide du Routard m'a souvent déçu. J'admet que chaque guide réflète d'abord son auteur, au-dela des standards de la série. J'ai lu toute la section Cambodge du guide Laos-Cambodge 2002-2003. Une fois terminé, une drole de question m'obsédait : est-ce que l'auteur a aimé le pays ? J'avais l'impression d'une liste ornithologique d'endroits à visiter pour prouver qu'on a bien fait le pays ! J'admet que c'est peut-être une incompréhension culturelle. Mon guide sur l'Ecuador contient en tout et pour tout 17 cartes. Je conçois que le pays est bien petit, mais tout de même ! Puis, la goutte qui a fait déborder mon vase : un guide de Paris acheté lorsque j'ai décidé à une semaine d'avis de visiter cette ville. J'avais l'impression d'un guide qui ne s'adressais qu'à des français. Peu d'informations pratiques, notamment sur les banques, l'électricité, les taxes, les pourboires. Pas de survol global facilitant l'identification des priorités. Aucune informations sur l'aéroport utilisé par Ryan Air pour desservir la ville. Versailles n'y est même pas traité ( je comprend, ce n'est déjà plus Paris ! ). Je ne dis pas que le Routard est pourri, j'ai l'impression que je ne comprend pas vraiment la langue qu'il parle. Il ne doit pas être si mal, considérant le niveau de ses ventes. Un italien m'a même juré sur la tête de sa mère que c'était le meilleur de tous les guides, et ce n'est pas peu dire de la part d'un italien ! Mais, j'ai tout de même des reproches objectifs : un index microscopique, ex. : pour Laos-Cambodge, 120 mots pour 340 pages, à peine plus complet que la table des matières. Je suis maintenant trop habitué au « Ctrl-F » ! Ensuite, l'insistance sur les restaurants et les bars. Dans le guide de Paris, l'index des bistrots, restos et boîtes est plus long que l'index des rues, musées et monuments. Avec tous les routards, j'ai l'impression de traîner 20 à 25 % plus de pages pour des infos restaurants qui ne me servent pas. Je n'ai jamais planifié l'itinéraire d'une journée en voyage en fonction d'un restaurant. Même chose sur leurs cartes : on dirait qu'on n'y voit que la liste des restaurants, alors que j'ai renonçé à y trouver des banques ou bureau de poste. Il y a cependant une chose que je n'ai jamais trouvé dans un guide et que je leur recommanderais : des cartes en feuilles libres dans une pochette. Je suis un peu « tanné » de rapporter des guides tout déchirés parce que je n'ai pas le goût de traîner le gros bouquin toute la journée. Ce n'était que mon appréciation, je suis tout à fait conscient que les attentes des autres peuvent différer. Après un ou deux voyages, et l'âge aidant, il y a longtemps que je ne m'offusque plus que les gens pensent différemment de moi. Yvon LeD
(Ce message a été modifié par LeDragon le 11 février 2006 à 10:41.)
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