
eversmile
France
12 mars 2005 à 18:19
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Il était une fois...sur un coup de tête (Italie)
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Chacun de nous a bien déjà pris la poudre d'escampette sur un coup de tête une fois dans sa vie, non?! Si on se racontait ces escapades improvisées? Ces impulsions de dernière minute qui nous ont emmené...ailleurs? Bon, je commence...et j'espère bien vous lire ensuite! Je venais de me faire larguer par mon copain et j'étais passablement à cran...Pour me défouler et libérer mon esprit encombré, je me suis mise à faire des abdos matin et soir, à pédaler farouchement sur mon vélo pendant des kilomètres sur une route montante. A chaque tour de pédale, en guise de mantra d'encouragement, je répétais hargneusement: "Salaud! Salaud!"... Enfin, vous voyez le tableau...Et puis un jour je me suis dit qu'il y en avait marre de souffrir et que je ferais mieux de me faire plaisir!... Et un matin suivant, le soleil, semblant pulser dans l'air, m'invita à l'échappée-belle... J'avais toujours rêvé d'aller en Italie. Je n'étais qu'à 200 kms de la frontière mais je n'avais jamais trouvé l'occasion d'y aller. Et bien j'allais la créer, cette occasion! Et peu importe que je ne parle pas un mot d'italien...j'allais improviser! Je suis sortie de chez moi, rayonnante... je venais juste de décider d'aller à Florence...Firenze... en stop. Il était dix heures du matin, et je quittais mon village* le sourire aux lèvres, avec un petit sac contenant un pull, une carte de France, un appareil photo, et bien-sûr, ma pancarte de stop. Non, non, pas un de ces panneaux de dillettante en carton, non...j'ai du matériel, disons, plus...professionnel: ardoise blanche, feutre effaçable et mini brosse-effaceur. Simple, pas encombrant, résistant aux imtempéries, facile à nettoyer et réutilisable à l'infini... Les 200 kms qui me séparaient de la frontière sont passés tellement vite que je ne m'en souviens même plus! Et on ne m'avait pas déposé depuis dix minutes que déjà, une voiture s'arrêtait! Un gros volume, genre Espace, conduit par un jeune couple d'italiens qui allaient jusqu'à Rome!...Avanti!... Ils ne parlaient pas français, et moi pas italien...Mais ça ne nous a pas empêché de parler pendant tout le trajet! En anglais... On a même tellement parlé que j'en avais mal à la gorge...On a bien sympathisé. J'aurais pu aller jusqu'à Rome avec eux si je voulais. Rome? C'était tentant! Encore plus loin que ce que je visais... mais j'ai choisi Florence... A 16 H, on était à Pise. Nos routes se séparaient là. Pise, ce n'était qu'un souvenir d'enfance pour eux. Sous prétexte de me déposer, ils se sont carrément arrêtés pour venir voir la fameuse tour penchée avec moi, on a bu un pot, je les ai immortalisés en photo devant l'édifice, en souvenir de notre rencontre et de cette journée singulière...et puis on s'est dit au-revoir. Maintenant, en dehors du cocon chaleureux et confortable de leur voiture, l'aventure italienne commençait vraiment. Le gars qui s'est arrêté pour me prendre en stop n'allait pas jusqu'à Florence. Mais au moins, il pouvait me rapprocher. Je présumais des difficultés de communication...mais le ciel venait d'en décider autrement: voilà qu'il m'envoyait un conducteur marocain ayant vécu plusieurs années du côté de Narbonne et qui parlait bien français. Sur ce point au moins, pas de stress! On s'est mis à bavarder, passant en un éclair du Maroc, à la France, puis à l'Italie. C'était plutôt marrant. Et voilà que mon conducteur, qui se préparait à passer une soirée oisive, se décida nonchalemment pour un royal détour jusqu'à Florence qu'il se mit en tête de me faire visiter, si j'acceptais. Pourquoi pas?!... On a garé la voiture et on est parti à pied... Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que je n'avais pas hérité du meilleur des guides car: a) il n'aimait pas marcher! b) il n'avait aucun sens de l'orientation! c) il était manifestement plus intéressé de me faire visiter son lit que le Ponte Vecchio! D'ailleurs, le Ponte Vecchio...parlons-en. C'était mignon, mais bon, c'était ridiculement petit par rapport à ce que j'avais imaginé à travers la littérature. Faudra que je pense à le citer dans la rubrique des endroits qui m'ont déçu...Bon, sinon c'est vrai que c'est mignon. Dommage que les musées soient fermés la nuit! Mais au moins, j'ai profité de la visite de la ville dans le calme... A une heure du matin, je décidais de mettre fin à mon tour de Florence by night. Je n'étais pas suffisamment tombée sous le charme de la ville pour avoir envie de rester et j'en avais marre d'être talonnée par ce dragueur coriace. Repousser ses avances m'avait vidée. Je suis allée à la gare prendre un billet de retour vers la frontière française à un distributeur automatique. La machine ne délivrait pas de billet jusqu'en France : c'était peut-être un itinéraire trop complexe pour elle?Tant pis...j'ai pris un billet pour l'arrêt le plus proche de la frontière. Une fois dans le train, j'ai sombré jusqu'au petit matin... jusqu'à la frontière. Au réveil, j'ai prié pour qu'il n'y ai pas de contrôleur dans le train...et je suis tranquillement descendue à Nice sans être inquiétée. De Nice, j'ai continué en stop. Comme pour l'aller, le trajet ne m'a pas laissé un souvenir impérissable... Mais à midi; j'étais à Aix et j'avais retrouvé une pêche d'enfer, euphorisée par ma ballade improvisée. Je jubilais d'avoir osé ce caprice...aller à Florence en stop, juste y passer la soirée et revenir... C'est ainsi que j'ai guéri de ma peine sentimentale... *Petit village d'irréductibles à quelques kilomètres d'Aix-en-Provence.
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