
Stalingrad
PARIS, France
Photo/image personnelle du membre Stalingrad.
Description de la photo/image: Vieille et brave Ambassador revendue en 2004, qui a un coup de chaud dans la montée vers Munnar
15 octobre 2008 à 15:50
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Il y a quelques semaines, j'arrive du Kerala par le Netravathi Express à la gare de Lokhmanya Tilak (en grande banlieue de Bombay pour ceux qui ne connaissent pas), la nuit est déjà tombée, j'ai deux bagages assez lourds et encombrants et je veux me rendre à mon hôtel près de la gare de V.T. (Victoria Terminal) pardon C.S.T. = Chatrapati Shivaji Terminal (en centre ville toujours pour ceux qui n'ont pas encore mis les pieds à Mumbaï). Comme j'ai une longueur de quai pas possible à marcher (gare en cul de sac), je prend un porteur qui utilise une charrette à bras à deux roues, et qui après dix mètres m'avertit que ce sera 200 roupies. Je lui dis que je connais les prix et qu'à Delhi j'ai payé 40 roupies, donc que je lui donnerai 50 roupies et pas une paisa de plus; il se lamente que la distance est grande, etc. etc. tellement que je m'arrête et lui demande de me rendre mes bagages; il se garde bien de s'exécuter et continue de temps en temps à pleurer la misère. A l'arrivée, je lui donne 50 roupies sous ses lamentations; je le quitte sans lui accorder un regard. Le lendemain, j'ai regardé les tarifs affichés à l'entrée de C.S.T (là où arrivent et partent les taxis); pour une charrette à deux roues le tarif était bien de 40 roupies. En même temps, dès ma descente de train un homme d'allure correcte me demande si je veux un taxi; je réponds oui pour C.S.T. et je lui demande le prix; il me répond "meter" = "compteur". OK mon bonhomme, je ne fais pas confiance aux meters donc on verra sur place. Arrivé au bout du quai il passe le relais à un sikh qui me conduit à un taxi Padmini (ordinaire, sans AC). Avec un jeune homme il met mes bagages dans le coffre (qui ne peut pas être verrouillé mais ce n'est pas cela qui m'inquiète, les taxis ne sont pas des voleurs de bagages), le jeune homme se met à la place du chauffeur, le sikh à la place du passager avant et le sikh commence à me cuisiner pour être sûr que j'ai bien réservé un hôtel (après avoir posé trois fois la question, il me demande pourquoi je ne réserve pas un hôtel près de l'aéroport puisque le surlendemain je prendrai l'avion pour l'Europe, je lui répond tout net parce que j'ai affaire en ville, et il n'insiste plus). Il me pose alors des questions pour me tester sur ma connaissance de l'Inde, si je parle hindi. Je joue les affranchis avec aplomb et au prix de quelques mensonges (que je vis 6 mois en Inde au Kerala où j'ai une guesthouse, etc. etc. ce qui est faux... du moins pour l'instant, que je ne parle pas hindi mais un peu malayalam, ce qui est très très exagéré...), puis il tourne le compteur comme pour le mettre en marche mais il fait nuit noire et je ne vois aucun chiffre. Je lui demande le prix de la course, il me répond en me montrant le meter et en me tendant une minuscule carte des tarifs que je ne peux pas lire car il fait nuit. Je lui répète ma question en lui disant que je ne vois rien au compteur et que je ne peux pas lire la carte ; il me demande pourquoi je lui pose la question, je lui re-dis que je ne vois rien sur son meter et que je ne peux pas lire la carte des tarifs, et puis "I don't trust the meter". Il me répond alors "de l'ordre de 1500 roupies". On n'est pas encore sorti du parking, je lui demande de s'arrêter parce que c'est beaucoup trop cher, et que je reprendrai un autre taxi, "I know India and I know the price of taxi". Il me demande alors quel est le tarif ? et je lui répond que la dernière fois j'ai payé 400 roupies de l'aéroport au centre ville, que cette fois je paierai pareil. On discute mais je reste ferme (pendant tout ce temps, je suis absolument zen car je me sens en parfaite sécurité, et si je dois changer de taxi, il y a plétore dans le parking de la gare), finalement la négo s'arrête à 500 roupies. Il parle en hindi à son chauffeur (en fait son employé) comme pour lui donner des directives (je ne comprends pas le hindi sauf quelques mots), puis il se retourne vers moi et me dis OK, 500 roupies et me serre la main comme pour sceller un accord. Je lui serre la main, et il quitte la voiture, me laissant avec son chauffeur que j'essaie de cuisiner sur son salaire, etc. etc. Le chauffeur discute franchement et parle de son salaire, des difficultés du trafic, des radars qui se mettent en place, etc. Arrivé à mon hôtel, je descend prendre mes bagages du coffre, le driver est inquiet, je le rassure en lui disant que bien sûr je vais le payer, je lui tend un billet de 500 roupies qu'il prend et là, je ne m'y attendais pas, il me fais le coup de l'erreur entre un billet de 500 et un billet de 100. Je regarde le billet de 100 roupies qu'il me montre, lui dis quelques chose en riant et me retourne pour aller vers mon hôtel. Il n'a pas insisté et a démarré aussitôt. Bref, un vrai parcours du combattant et mille combines pour arnaquer le client. Cette fois-ci j'étais content de m'en être sorti sans quasiment me faire arnaquer (un peu quand même mais de quelques dizaines de roupies, autant dire rien). Mais ce n'a pas été toujours le cas et je suis sûr que cela ne sera pas toujours le cas à l'avenir. Mais j'ai un bon exemple de conduite à tenir : - avoir une bonne idée des tarifs; - jouer le jeu de la discussion, mais imposer in fine ses règles, jusqu'à menacer de quitter le porteur ou le taxi (et le faire le cas échéant); - attention à l'effet de surprise (le coup tordu auquel on ne s'attend pas, style substituer un billet de 500 avec un billet de 100). - ne jamais s'énerver, rester absolument zen et détaché du monde (tant que l'on se sent en sécurité, sinon menacer d'appeler la police). Etre prêt à passer tout le temps qu'il faut dans une négo, faire l'âne en ne comprenant que ce qui nous arrange dans la conversation, mentir comme un arracheur de dents au besoin; - bref c'est une sorte de jeu....
(Ce message a été modifié par Stalingrad le 15 octobre 2008 à 16:49.)
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