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Il y a quelques semaines, j'arrive du Kerala par le Netravathi Express à la gare de Lokhmanya Tilak (en grande banlieue de Bombay pour ceux qui ne connaissent pas), la nuit est déjà tombée, j'ai deux bagages assez lourds et encombrants et je veux me rendre à mon hôtel près de la gare de V.T. (Victoria Terminal) pardon C.S.T. = Chatrapati Shivaji Terminal (en centre ville toujours pour ceux qui n'ont pas encore mis les pieds à Mumbaï). Comme j'ai une longueur de quai pas possible à marcher (gare en cul de sac), je prend un porteur qui utilise une charrette à bras à deux roues, et qui après dix mètres m'avertit que ce sera 200 roupies. Je lui dis que je connais les prix et qu'à Delhi j'ai payé 40 roupies, donc que je lui donnerai 50 roupies et pas une paisa de plus; il se lamente que la distance est grande, etc. etc. tellement que je m'arrête et lui demande de me rendre mes bagages; il se garde bien de s'exécuter et continue de temps en temps à pleurer la misère. A l'arrivée, je lui donne 50 roupies sous ses lamentations; je le quitte sans lui accorder un regard. Le lendemain, j'ai regardé les tarifs affichés à l'entrée de C.S.T (là où arrivent et partent les taxis); pour une charrette à deux roues le tarif était bien de 40 roupies. En même temps, dès ma descente de train un homme d'allure correcte me demande si je veux un taxi; je réponds oui pour C.S.T. et je lui demande le prix; il me répond "meter" = "compteur". OK mon bonhomme, je ne fais pas confiance aux meters donc on verra sur place. Arrivé au bout du quai il passe le relais à un sikh qui me conduit à un taxi Padmini (ordinaire, sans AC). Avec un jeune homme il met mes bagages dans le coffre (qui ne peut pas être verrouillé mais ce n'est pas cela qui m'inquiète, les taxis ne sont pas des voleurs de bagages), le jeune homme se met à la place du chauffeur, le sikh à la place du passager avant et le sikh commence à me cuisiner pour être sûr que j'ai bien réservé un hôtel (après avoir posé trois fois la question, il me demande pourquoi je ne réserve pas un hôtel près de l'aéroport puisque le surlendemain je prendrai l'avion pour l'Europe, je lui répond tout net parce que j'ai affaire en ville, et il n'insiste plus). Il me pose alors des questions pour me tester sur ma connaissance de l'Inde, si je parle hindi. Je joue les affranchis avec aplomb et au prix de quelques mensonges (que je vis 6 mois en Inde au Kerala où j'ai une guesthouse, etc. etc. ce qui est faux... du moins pour l'instant, que je ne parle pas hindi mais un peu malayalam, ce qui est très très exagéré...), puis il tourne le compteur comme pour le mettre en marche mais il fait nuit noire et je ne vois aucun chiffre. Je lui demande le prix de la course, il me répond en me montrant le meter et en me tendant une minuscule carte des tarifs que je ne peux pas lire car il fait nuit. Je lui répète ma question en lui disant que je ne vois rien au compteur et que je ne peux pas lire la carte ; il me demande pourquoi je lui pose la question, je lui re-dis que je ne vois rien sur son meter et que je ne peux pas lire la carte des tarifs, et puis "I don't trust the meter". Il me répond alors "de l'ordre de 1500 roupies". On n'est pas encore sorti du parking, je lui demande de s'arrêter parce que c'est beaucoup trop cher, et que je reprendrai un autre taxi, "I know India and I know the price of taxi". Il me demande alors quel est le tarif ? et je lui répond que la dernière fois j'ai payé 400 roupies de l'aéroport au centre ville, que cette fois je paierai pareil. On discute mais je reste ferme (pendant tout ce temps, je suis absolument zen car je me sens en parfaite sécurité, et si je dois changer de taxi, il y a plétore dans le parking de la gare), finalement la négo s'arrête à 500 roupies. Il parle en hindi à son chauffeur (en fait son employé) comme pour lui donner des directives (je ne comprends pas le hindi sauf quelques mots), puis il se retourne vers moi et me dis OK, 500 roupies et me serre la main comme pour sceller un accord. Je lui serre la main, et il quitte la voiture, me laissant avec son chauffeur que j'essaie de cuisiner sur son salaire, etc. etc. Le chauffeur discute franchement et parle de son salaire, des difficultés du trafic, des radars qui se mettent en place, etc. Arrivé à mon hôtel, je descend prendre mes bagages du coffre, le driver est inquiet, je le rassure en lui disant que bien sûr je vais le payer, je lui tend un billet de 500 roupies qu'il prend et là, je ne m'y attendais pas, il me fais le coup de l'erreur entre un billet de 500 et un billet de 100. Je regarde le billet de 100 roupies qu'il me montre, lui dis quelques chose en riant et me retourne pour aller vers mon hôtel. Il n'a pas insisté et a démarré aussitôt. Bref, un vrai parcours du combattant et mille combines pour arnaquer le client. Cette fois-ci j'étais content de m'en être sorti sans quasiment me faire arnaquer (un peu quand même mais de quelques dizaines de roupies, autant dire rien). Mais ce n'a pas été toujours le cas et je suis sûr que cela ne sera pas toujours le cas à l'avenir. Mais j'ai un bon exemple de conduite à tenir : avoir une bonne idée des tarifs; jouer le jeu de la discussion, mais imposer in fine ses règles, jusqu'à menacer de quitter le porteur ou le taxi (et le faire le cas échéant); attention à l'effet de surprise (le coup tordu auquel on ne s'attend pas, style substituer un billet de 500 avec un billet de 100). ne jamais s'énerver, rester absolument zen et détaché du monde (tant que l'on se sent en sécurité, sinon menacer d'appeler la police). Etre prêt à passer tout le temps qu'il faut dans une négo, faire l'âne en ne comprenant que ce qui nous arrange dans la conversation, mentir comme un arracheur de dents au besoin; bref c'est une sorte de jeu....
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Je suis tout à fait d'accord avec ta façon de voir la "négociation" en Inde, avec un chauffeur de taxi ou tout autre "commerçant" (et ça fait beaucoup de monde puisqu'en Inde, on arrive très très vite au rapport à l'argent). Cependant, et ma réflexion fait aussi écho à un autre message sur l'"hypocrisie" que l'on peut rencontrer en Inde, ne trouvez-vous pas que ces situations en arrivent à un tel point que, accumulées, elles peuvent gâcher un voyage, et même bien plus, notre sentiment pour ce pays ? Si j'étais Indienne et que je lisais ces messages sur mon pays, j'aurais honte, vraiment. D'ailleurs, c'est souvent ce qu'on entend de la part d'Indiens "raffinés", lorsqu'il vous arrive, à vous, le voyageur étranger, une embrouille dont ils sont témoins : ils disent avoir "honte" pour leur pays. Je reviens de 6 mois en Inde où j'étais purement une touriste ; c'était mon 4ème voyage là-bas, j'y avais déjà passé une fois 6 mois merveilleux à travailler, j'"idéalisais" ce pays parce que j'avais eu la chance de le connaître sous un jour favorable : celui d'y habiter, d'y travailler, donc de connaître les commerçants du coin, d'avoir des petites habitudes, des connaissances, d'y sillonner des campagnes absolument pas touristiques où l'accueil était incroyablement rieur et généreux... Là, j'ai complètement déchanté. 6 mois avec le sac sur le dos à se faire vraiment cataloguer de "Blanc qui doit cracher son argent", à essuyer quasi-quotidiennement les incompétences de ce Fossile qu'est l'Administration indienne (au sens large : chemins de fer, bureaux de téléphone, de poste... oh comme la corruption y va fort !) ça a été très dur pour le moral, mon "amour" pour l'Inde a même vraiment vascillé, parfois je me suis dit que je n'y remettrais plus jamais les pieds... Je leur en ai terriblement voulu... Maintenant, même si jamais, même déjà auparavant, je n'avais vu l'Inde comme le pays de la spiritualité, un monde zen, désintéressé etc... comme visiblement beaucoup de gens qui n'y ont pas été la voient (et ils sont très surpris quand on leur dit qu'on contraire, c'est une société très individualiste et violente !), je la vois d'un autre oeil. Mon dernier voyage m'a fait "mûrir", apprendre énormément sur elle (rien qu'en lisant les journaux indiens on a de quoi être effaré), je l'aime toujours autant mais je l'excuse beaucoup moins pour les malheurs qui affectent sa population, et dont ce sont les plus démunis qui trinquent avant les autres, car il y a de véritables dysfonctionnements dans ce pays, des traditions incroyablement violentes perdurent, et la corruption plombe tout (au profit des "Indiens à gros ventre"...).
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| Cependant, et ma réflexion fait aussi écho à un autre message sur l'"hypocrisie" que l'on peut rencontrer en Inde, ne trouvez-vous pas que ces situations en arrivent à un tel point que, accumulées, elles peuvent gâcher un voyage, et même bien plus, notre sentiment pour ce pays ? Je suis d'accord avec toi, et pas seulement en Inde malheureusement. J'ai passé 3 semaines au Vietnam à essayer d'éviter de me faire arnaquer et je suis rentrée avec un sentiment bien amer, malgré la beauté du pays. Pire encore, depuis cette expérience, je n'ai plus eu la motivation de remettre les pieds en Asie...
|  |  |  |  |  | Faby ~ He aprendido.... que las oportunidades no se pierden nunca, las que tu dejas marchar las aprovecha otro ~ |  |
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pas d'accord avec la logique de négocier a chaque course... A Bombay on a la chance d'avoir des taxis avec des compteurs, ca donne un repère efficace. Au debut, je négociais avec les chauffeurs qui refusaient de mettre le compteur, j'ai jamais réussi a obtenir le prix normal, que je connais maintenant, c'est le trajet de chez moi au boulot. C'est vrai que certains compteurs sont trafiqués, mais y'a guère que les touristes pour se laisser avoir. Donc c'est pas un bon business, personne d'autre se laisserait prendre, a + ou - 10rs on devine le prix d'une course. A savoir aussi que les cartes des tarifs sont en vente partout, et c'est toujours bien d'avoir la sienne et de tendre le prix exact de la course avant la moindre tentative d'arnaque. C'est radical. Les seules fois ou je negocie c'est quand le chauffeur sait qu'on va se vautrer dans un gros bouchon, et c'est souvent le cas. Alors il refuse la course au compteur et il faut l'appater avec un gros pourboire, dans ce cas la, sur une course de 10km, au compteur, le pauvre gars fait pas son beurre. Mais dans ce cas, le mieux c'est de se caler dans un bar pendant 2 heures ;) A propos des pre-paids de l'aeroport, 400rs c'est cher pour aller a Colaba, sortir de l'aeroport et prendre un taxi-meter, la course va de 250 a 300rs. Et en plus les pre-paids sont pourris, banquettes defoncées, pneus lisses et pas de freins, ca tombe en rade, roule a 25kmh max, bref, la galère, et comme on a payé d'avance, ben on pleure la misere pendant 2h30. C'est sur que ca aide de savoir ou on va et combien ca coute, quand on sait pas, faut demander aux passants... Un taxi qui refuse de mettre le compteur c'est l'arnaque garantie.
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Bonjour, Bon, je ne vais pas répéter ce que je dis dans mon précédent message, mais pour moi quand de l'aéroport à Colaba le chauffeur de taxi te réclame fièrement 1000 rps en te montrant fièrement sa grille de tarifs, j'appelle ça de l'arnaque. Tu dis toi même que la course vaut 250 à 300 rps. Personnellement j'ai toujours accepté de payer un peu plus cher que le tarif indien (car moi aussi j'ai pour habitude de me renseigner sur les tarifs), mais je n'aime pas être pris pour quelqu'un qui n'a que faire de son argent. Quant aux compteurs, je n'ai jamais dit qu'ils étaient trafiqués, mais ceux de Mumbay sont anciens et ne peuvent pas être étalonnés, c'est pourquoi en raison de l'inflation de ces dernières années, les chauffeurs appliquent, en toute logique, un coefficient multiplicateur. Mais le problème c'est qu'ils ont souvent tendance à forcer sur le coefficient. | |
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tout a fait d'accord, Mr Douz, c'est pas un compteur qui va garantir de ne pas se faire arnaquer...On est en Inde... je dis ca avec humour, sans mauvais esprit... C'etait pas mon idée de te contredire, mais tout même, je béni le gars qui a imposé les compteurs a Bombay, avec la carte des tarifs, c'est la seule arme efficace contre les abus... Ce qui est détestable, c'est d'être constamment pris pour un pigeon, alors faut se battre pour obtenir les bon prix, et a partir de la on donne le petit pourliche qui va bien. C'est un combat quotidien, mais c'est ainsi on gagne le respect... En fait, nos avis contradictoires montre bien qu'il n'y a pas de solution miracle contre les arnaques... Après 2 ans ici, je me fait encore rouler dans la farine, alors je me dis que les voyageurs de passage n'ont aucune chance d'éviter ces petits tracas. Mon conseil serait de ne pas esperer s'en sortir tout seul, et en cas d'embrouilles faire intervenir une tierce personne. Les Indiens sont en général très honnêtes et bienveillants, ils aiment leur pays, et sont encore plus choqués que nous quand on leurs raconte nos petites misères.
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Bonjour Kayatrochy, Désolé de n'avoir pas saisi la pointe d'humour dans ton mail, j'étais sans doute trop claqué hier soir ! Cependant, je maintiens que le compteur -principalement à Mumbay- est devenu le signal d'une arnaque quand le chauffeur insite pour l'enclencher, surtout quand tu connais le prix de la course. Il m'est même arrivé de négocier un prix convenable, et à l'arrivée, le chauffeur revient à la charge en demandant un supplément "embouteillage" de 2 ou 300 rps. Il suffit de dire que tu vas demander - avec le sourire-l'arbitrage d'un policier pour qu'il cesse immédiatement. En cas de discussion animée, d'autres indiens d'en mêlent parfois et si l'arnaque est trop flagrante, c'est le chauffeur qui doit battre en retraite. C'est souvent à ce moment que je décide de prendre un autre taxi qui a assisté à la scène et qui en toute logique est plus conciliant sur le tarif. Mais les petites arnaques à l'indienne ne sont pas génantes si l'on est averti qu'il va falloir batailler ferme pour ne pas se transformer en pigeon. Cependant, ce qui pour certains est une véritable plaie (négocier, négocier encore et toujours… Et pour tout…), fait pour moi partie du plaisir de voyager en Inde où j'étais cet été pour la dix-neuvième fois en 25 ans. Où je te rejoints en revanche, c'est que tous les indiens ne t'attendent pas au coin de la rue pour te piquer un maximum d'euros. Même si je n'en veut pas pour autant aux chauffeurs de taxi qui tentent leur chance. Quand tu demandes le prix d'une course à un passant, tu réalises qu'il y a le tarif indien et le tarif pour "touriste". C'est la raison pour laquelle je propose souvent 10 à 15 % au-dessus du prix indien en précisant que je connais le prix officiel (mais je refuse de payer une surtaxe de 300 ou 400 %), c'est ma façon de participer à la croissance indienne, sans me ruiner pour autant. Mais comme tout le monde, je ne supporte pas d'être pris pour un imbécile. Bien entendu, celà ne m'a sans doute pas empêché d'être parfois roulé dans la farine comme tu le dis. Le tout est d'avoir le sentiment de tirer son épingle du jeu. Et comme ça, toutle monde est content ! | |
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