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Mékong
Lyon, France

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6 décembre 2007 à 10:12

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De Lyon à Madras par la route :(Iran)Yazd...une pépite au milieu du sable [En réponse à] Répondre

Yazd...une pépite au milieu du sable


Shiraz-Yazd
le 30 nov/1-2-3-4-5-6-7 décembre

Yazd, quand on la contemple du haut de l`un de ces nombreux toits en terrasse ou en flânant dans ce labyrinthe d`étroites ruelles, on a l`impression qu`elle a été modelée par le sable, qu`avec le vent, les murs vont s`effriter et tomber peu a peu en poussière.

Rue de Yazd

Un mirage planté au milieu du désert. L`une des plus vieilles villes du monde, cité faite en partie d`argile, aux formes et aux contours qui riment avec grâce et harmonie, avec ses bagirs, ses mosquées, ses réservoirs d`eau, ses maisons dotées de jardins intérieurs. Berceau du Zoroastrisme, la plus vieille religion monothéiste. Elle abrite encore aujourd`hui une communauté certes restreinte de Zoroastriens.

Jadis, elle brillait d`un vif éclat sur le passage des caravanes. Ville étape de la Route de la Soie et des caravanesérails. Quelques soient les époques, au milieu d`un environnement hostile, elle a toujours su s`adapter et rebondir pour ne pas sombrer dans l`oubli en développant des trésors d'ingéniosité.
Les tours du vent ou Bagdirs jouxtant chaque maison et qui pointent dans le ciel avaient été conçues pour capter le vent et amener de l`air frais dans les intérieurs. Les réservoirs de forme ovale servaient à garder l`eau au frais. Exemples uniques de réussite architecturale.

Aujourd`hui des bagdirs semblent à l`abandon. La modernité est passée aussi par ici. Des quartiers sont en cours de rénovation. Des tas de briques s`amoncellent, des ouvriers s`affairent et s`attèlent à la tâche. Des maisons seront transformées en hôtels ou en restaurants. Yazd retrouve un second souffle. Elle possède un charme incomparable à nul autre pareil. Il règne une douceur de vivre que l`on ressent à travers la gentillesse et la quiètude de sa population. Dès 13h, les échoppes ferment et ne rouvrent qu`à partir de 16h00...parfois 17h00. Dans ce decor aux formes arrondies, les chats évoluent avec bonheur, gambadant de toit en toitSourire. Deux ont élu domicile au Silk Road Hôtel. De petits chenapans ! La nuit, ils descendent dans les dortoirs et s`installent dans un fauteuil. L`un d`entre eux est reparti avec mes chaussettesSourire.


Le Silk Road hôtel, assurément le meilleur endroit où j`ai logé en Iran. Sept jours passés à récuperer et à soigner une angine et une toux tenace. Conçu comme la plupart des maisons de la vieille ville, toit plat avec terrasse, jardin intérieur entouré de chambres et disposé tout autour, de larges sofas recouverts de tapis et coussins ainsi que quelques tables pour manger et boire le thé. Cela me permet de me réconcilier un peu avec la cuisine iranienneSourire.

L`hôtel a aménagé des dortoirs pour les voyageurs à petit budget dont nous faisons partie. Nous ne sommes pas nombreux, c`est la basse saison. Je rencontre Arantza. Une Basque de Bilbao. Vive et chaleureuse, elle voyage depuis 3 ans. Elle arrive du Pakistan. Auparavant elle avait passé 10 mois au Nepal à travailler auprès des refugiés. C`est une vraie mine d`informations qu`elle délivre généreusement. Elle envisage d`aller en Turquie, Syrie et Egypte, puis d`Istanbul , retourner en Europe. Elle voulait passer Noël à Jérusalem mais sa famille la presse pour le passer à la maison. Tous les matins, nous farnientons durant 3 heures au petit déjeuner à discuter et boire thé sur thé. Ah les Latins!Cool

Arantza

On est vraiment bien ici, c`est paisible et le personnel est accueillant. Elle repousse sans cesse son départ. Finalement nous partirons le même jour, mais dans des directions opposées.
Il y aussi des retrouvailles. Les deux Basques de Pampelune, Carlos et Lazaro le jour de mon arrivée, eux partent à Shiraz puis ensuite c`est l`Inde, le Nepal...sans leurs vélos trop encombrants qu'ils essaieront de vendre à Téhéran. On se donne RDV à Delhi ou à Pokhara, qui sait... Et en marchant au coeur de la vieille ville, qui je vois?...Marek !!!Malin pour la 5ème fois depuis cette nuit sur les pentes du Nemrut Dagi. Incroyable ! on est content de se revoir et on en rigole en nous remémorant nos rencontres précédentesMalin.
Dans le dortoir du Silk Road Hôtel, d'autres voyageurs avec qui je sympathise : un Allemand Ronald , un type intéressant. Calme et solitaire, il écrit sur papier un carnet de voyage qu'il tape ensuite sur son ordinateur portable. Il a séjourné longtemps en Egypte avant de voyager en Syrie, Turquie, Iran. Un matin au déjeuner, il se confie. Il a connu une Egyptienne, la famille l'a accepté et il est question de mariage. Confronté à un dilemme à 35 ans entre la peur de se retrouver seul en Allemagne à mesure que le temps passe et la peur de ne plus pouvoir assouvir sa passion : voyager. Un jeune Italien Bilaro, chaleureux et jovial, jongleur saltimbanque. Son projet est de retourner à Istanbul pour faire de la musique. Il a son grand père qui vit dans la Creuse et parle un peu Français.
Grâce à Arantza, j`ai trouvé un compagnon de route pour faire Yazd-Quetta. Il est venu me voir à l'hôtel et nous sommes tombés d'accord tout de suite. La région du Balouchistan est secouée par des troubles et il est plus prudent de se regrouper pour franchir le secteur. Kato est un Japonais de TokyoSourire. Après Quetta, il envisage d`aller à Peshawar. On se donne donc rdv à l`hôtel vendredi après midi pour partir ensemble jusqu'au terminal en taxi.

Un mot sur les voyageurs asiatiques, qu`ils soient Coréens, Japonais voire Chinois (de plus en plus), ils font preuve entre eux d`un réel esprit de solidarité et d`entraide, il suffit pour s'en convaincre de feuilleter les livres d`honneur laissés à disposition dans les guesthouses, hôtels. Leurs messages fourmillent d`infos précises, de recommandations avec dessins, plans, tarifs des lieux où ils sont allés. Ils prennent le temps de le faire pour les suivants. ChapeauSourire! Et dans les coins les plus reculés où quasiment personne ne se rend, vous croiserez toujours un Japonais ou un Coréen. Discrets mais efficaces Clin d'oeil!

les bagdirs de Yazd

Voila, départ imminent pour le Pakistan. Si tout se déroule bien, nous serons à Quetta dans la soirée de samedi. Une autre forme de voyage plus aventureuse commence, plus excitante aussi car le Pakistan c'est un saut dans l'inconnu. J'ai hâte d'y être.


Infos pratiques
Dortoirs Silk Road Hôtel : 40000 rials
A ne pas manquer la visite du Musée de l'eau : entrée libre

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 23 mars 2008 à 21:03.)

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lucbertrand
Lyon, France

7 décembre 2007 à 10:18

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Iran)Yazd...une pepite au milieu du sable [En réponse à] Répondre

Ton périple en Turquie était très intéressant et ton arrivée à Shiraz me remplit de nostalgie, je me souviens d'un voyage dans ces régions il y a maintenant 35 ans et j'en garde des images et des souvenirs peut-être plus très précis mais chargés d'émotion quant aux magnifiques mosquées et jardins.
Un soir juste avant ton départ tu m'avais déposé Place Grand Clément et j'ai un peu l'impression d'être resté dans la voiture avec toi.
Luc


pondy
France

8 décembre 2007 à 9:11

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Iran)Yazd...une pepite au milieu du sable [En réponse à] Répondre

Très agréable ces fragments. Arrivé à Madras, tu auras tissé une belle route de la soie.

J'attends le fragment Pakistan..avec impatience, mais toi, prends ton temps..

Dom.


Mékong
Lyon, France

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9 décembre 2007 à 5:15

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Re: [lucbertrand] De Lyon à Madras par la route :(Iran)Yazd...une pepite au milieu du sable [En réponse à] Répondre

merci de vos messages
en effet Luc, nous avions passe une belle soiree ce soir la. J`ai lu avec bcp de plaisir ton carnet de voyage sur l`Albanie. Nous aurons l`occasion de nous revoir a Lyon et d`en discuter.
Je suis arrive ce matin a Quetta par bus, un voyage eprouvant de 1580 kms, mais tout s`est bien passe
Eric

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier


Mékong
Lyon, France

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9 décembre 2007 à 6:39

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De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)Arrivée à Quetta au Balouchistan [En réponse à] Répondre

Arrivée à Quetta au Balouchistan

Yazd-Zahedan-Taftan-Quetta
le 07-08-09 décembre

Départ pour Zahedan aujourd`hui En attendant je passe la journée avec Arantza à l`hôtel. Elle aussi prend le bus pour Téhéran ce soir à 21h. Elle m`a préparé sur trois pages pleines de bonnes adresses avec des plans détaillés, des endroits qu`elle a aimé au Nepal à Pokhara et à Katmandu ainsi que des adresses au Pakistan et à New Delhi.
Kato le Japonais nous rejoint. On se met en route pour le terminal à 15h. Echanges de coordonnées et embrassades chaleureuses avec Arantza. Cette aventuriere au grand coeur. Dommage, j'aurais aimé partagé davantage de fragments de voyage avec elle mais les quelques jours à Yazd en sa compagnie m'ont apporté beaucoup de joie. Une rencontre marquante.
Sur le chemin, nous croisons Marek le Tchèque avec son éternel sac à dos. Le taxi stoppe à sa hauteur, "come in, we're going to the terminal" . Il prend le même bus que nous. Il va à Kerman. C'est sur la route de Zahedan. Sacré Marek ! Nous sommes inséparables. pour un peu, il serait venu avec nous mais pour lui c'est la fin du voyage car il n'a pas de visa pakistanais. Dans un mois, il retourne à Prague. A kerman, on se souhaite bonne route et bonne chance. Le bus repart. Je regarde une dernière fois la silouette de ce grand gaillard s'éloigner d'un pas déterminé dans la nuit.
Good Bye Marek !

Marek

Bus de nuit jusqu`à Zahedan. A l'aube, le soleil fait son apparition derrière les montagnes. Le ciel cotonneux prend des couleurs. C'est magnifique.

A 10 kms de la ville, un barrage militaire, c`est du sérieux. Nous sommes au Balouchistan.
6h00, la ville est encore engourdie par une nuit froide. Entourée de montagnes grises, du sable partout, un hélicoptere militaire survole la ville. Nous nous signalons à la police qui appelle un taxi collectif que nous partageons avec deux autres passagers. Nous passons devant une grosse base militaire. La région est connue pour sa contrebande, traffics en tout genre dont l`opium. L`Afghanistan n`est distant que de quelques kms. La frontière dans cette zone semi- désertique est poreuse en plus de la corruption. L`armée iranienne est sur les dents pour lutter contre les trafiquants. Des enlèvements de touristes sont survenus en guise de représailles et aussi une tentative américaine de manipuler certains chefs de guerre locaux pour exporter une guerre de basse intensité contre le gouvernement iranien.
La route est sécurisée. Enregistrement des occupants du taxi à la sortie de la ville. Nous sommes tracés de Zahedan jusqu`à Mirjaveh distant de 90kms. A destination, le chauffeur nous fait signer tour à tour, la feuille de route qu`il remettra aux autorités compétentes.
Tout s'est bien déroulé selon nos plans. Je quitte l'Iran, pensif...une population accueillante et une civilisation très riche. Un pays fascinant, méconnu et injustement décrié dans notre société nombriliste.

L'ouverture de la douane coté iranien a lieu à 8h00, il faut désormais rajouter 1h30 à nos montres. nous nous délestons de nos derniers rials pour une nouvelle monnaie, la roupie paki. Nous ne sommes pas les seuls à attendre.
Pakistan
la frontière est constitué de quelques cahutes perdues au milieu du sable. Accueil très courtois et ambiance décontractée. Seul signe de modernité, des petites caméras numériques qui établissent nos portraits avec nos fiches. Ils nous demandent de signaler avec précision nos itinéraires. Tout cela pour notre sécurité et à aucun moment nous ne ressentons de la tension. Le personnel est sympa. Kato les salue à la japonaise ce qui les amuse beaucoup. Les formalités sont rapides et nous sommes de l'autre coté.
J`avais prévu de prendre le bus de 10h pour Quetta mais je dois me raviser. c'est trop tard. Derrière le poste, des bus sont stationnés, des ballots sont chargés sur le toit. Après renseignement, l'un des bus va à Quetta. On achète nos billets. Départ à 12h. Nos bagages arrimées sur le toit, nous faisons le tour du propiétaire.

La frontière à Taftan au Balouchistan

Taftan est un village poussièreux planté au milieu du désert. Le poste frontière se situe à 1km plus bas. Une route principale qui relie Quetta à 624 kms. Une voie ferroviaire qui relie Zahedan à Quetta. Deux types vêtus de djellabas blanches près d'un pick up Toyota nous font signe. Ils nous offrent le thé. Ce sont des Baloutchs. Ils nous proposent de nous emmener mais c'est trop cher. Je m'éloigne et vais m'asseoir sur le seuil d'une cabane abandonnée, je ressens la fatigue car je suis toujours convalescent d'autant que je tousse. Un baloutch qui m'a aperçu de loin, m'accoste pour discuter. La conversation s'engage. Il me questionne sur mon voyage et très vite nous dévions sur les sujets politiques brûlants du moment: l'Afghanistan, l'Irak, la Palestine, le Pakistan, les Usa et Bush. Lui aussi a en mémoire le geste de Chirac "a great man" s'opposant à la guerre de Bush. Le bus s'apprête à partir. Salutations chaleureuses.
Il pénètre dans Taftan et stoppe. Un Pakistanais de Karachi m'informe que le départ est fixé à 18h. Il voyage avec sa copine depuis l'Iran. Je vais essayer de dormir. Kato lui en profite pour manger dans un petit restaurant. Il me reste des fruits dont j'avais fait la provision à Yazd.

Le village de Taftan


Souvenir de Taftan avec Kato et deux Baloutchs

Trajet de nuit et c'est parti pour 624 kms à travers le Balouchistan jusqu`à Quetta.
En route nous doublons et croison des camions multicolores, des pick-up Toyota et d`autres bus. Les camions scintillent dans la nuit telles des guirlandes électriques. Le jour, ce sont de véritables peintures ambulantes avec des inscriptions se référant à Allah et plusieurs klaxons que le chauffeur utilise constamment. Nicolas Bouvier dans l'Usage du Monde leur consacrait un chapitre avec moults détails. Notre chauffeur a l'oeil vif et alerte pour éviter les pièges tendus par la route défoncée. Il la connait par coeur à force. Par moment, elle se détache ou se tranforme en piste, ou même en rien du tout. Musique à fond, impossible de dormir et de toute façon, nous sommes trop secoués. Contrôles militaires, un soldat monte et vérifie quelques passeports. Il y a des Afghans et ils font l`objet de plus d`attention. Une autre fois, tard dans la nuit, nous stoppons plus longtemps, une vingtaine de soldats lourdement armés bloquent le passage. Devant nous, un autre bus a été stoppé. Sur le coté, une mitrailleuse montée sur un pick-up. Ils sont aux abois. Un officier nous remarque à travers la vitre et monte aussitôt pour nous demander nos nationalités et où nous allons. Kato avec ses yeux bridés et moi avec mes cheveux blonds ne passons pas inaperçus. Il a l`air stressé et tout en nous regardant, appelle quelqu`un au talky-walky. Apparemment, à voir leurs regards, ils sont surpris de nous voir, ça a l`air tendu dans le coin mais impossible d`en savoir plus. Nous sommes dans l'expectative et un peu inquiets. Au bout d`un moment, les bus repartent à notre grand soulagement. Vingt kms plus tard, les véhicules militaires nous dépassent et s'arrêtent sur le bas-coté; à la tête du convoi, une jeep et l'officier qui nous a questionné. Il fait signe au chauffeur de rouler. Ils nous escortaient. Ensuite, excepté quelques contrôles de routine, on déroule jusqu`à Quetta.

7h un rickshaw nous dépose devant l'hôtel Muslin. Besoin de dormir. Mais devant l'excitation engendrée par la soif de découvrir, nous sommes dehors à 10h, prêts à explorer Quetta.
Première impression : Comparé à la Turquie et à l`Iran, le Pakistan est beaucoup plus désordonné, ce qui n`est pas pour me déplaire. Je revois l`Indonesie.
Ce qui ne change pas est la circulation intensive. Disons qu'il y a plus de diversité parmi les occupants de la chaussée. Ce sont des ballets incessants de Rickshaws, bus bariolés, carioles tirée par des anes, voitures dans un joyeux tintamarre. Et je n'en suis qu'au début. pour la nourriture, c`est mieux que l`Iran. Ce matin, je me suis régalé d`un riz biryani avec du thé et il y a plein de bonnes choses. La plupart des gens du coin sont Baloutchs. Ils sont ouverts et beaucoup parlent Anglais ce qui facilite les choses.

rues de Quetta au Balouchistan

J'achète une écharpe mauve en laine à un vieux type dans la rue et un sirop pour calmer ma toux toujours aussi tenace. Il y aussi des Afghans. Nous rencontrons l'un d'entre eux qui vend des chemises devant la gare ferroviare. Un type très sympa. Kato l'a tout de suite reconnu à son facies. Dans certaines régions d'Afghanistan, les gens ont des traits similaires aux Japonais comme les yeux légèrement bridés. Ah l'Afghanistan ! cette mosaïque de peuples qui ne forment pas une nation d'où sa vulnérabilité. Massoud était le seul qui pouvait unifier le pays...
Demain, je vais au PTDC , le centre national de tourisme pakistanais et voir avec eux si les régions où je compte me rendre sont sécurisées. Ils possèdent des môtels dans les endroits qui m'intéressent : le site de Moenjodaro et le Lal National Park. Je prend le train de Karachi. Le site de Moenjodaro est sur la route. Il appartient à l`une des plus vieilles civilisations de l'humanité : la civilisation de l`Indus. Kato est déjà parti. En ce moment, il vole sur Peshawar. On s`est donné rdv à Lahore au Regal Inn Hôtel.


Infos pratiques
Bus Taftan-Quetta : 350 Rps
Rickshaws : Du terminal bus à la gare ferroviaire : 60 Rps
autres courses en ville, compter entre 30 et 40 Rps

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 23 mars 2008 à 20:36.)


Mékong
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14 décembre 2007 à 7:16

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De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)La petite Afghane de la Bolan Pass [En réponse à] Répondre

La petite Afghane de la Bolan Pass

Quetta-Larkana
10 décembre

Le train stoppe à Sibi, petite ville au coeur du Balouchistan. Les montagnes sont derrière nous, nous venons de franchir la Bolan Pass. Temps pluvieux et froid. Je reste sur le marchepied à observer les allées et venues sur les quais. Je remarque une gamine qui avance d`un pas assuré le long des wagons. Toute vêtue de rouge, pantalon et longue tunique. Elle s`arrête à hauteur d`un compartiment pour parler à l`un de ses occupants. Je la regarde passer. Elle aussi me regarde. Il se dégage une telle grâce de cette gamine et un regard qui vous fait fondre lorsque vous croisez ses grands yeux noirs. De long cheveux bruns descendent sur ses frêles épaules. Sa peau est mate et dorée. Une petite pierre est incrustée dans son nez. Magnifique et adorable fillette! Elle repasse entourée d`autres gamins qui la suivent au bout de la voie ferrée. Le train repart et quitte la gare. Sur le coté, un terrain vague. Des tentes sont dressées. Les gens qui vivent ici sont des refugiés afghans fuyant leur pays meurtri par tant de guerres et sous la coupe d'occupations étrangères. La petite Afghane est là, près des rails, avec une douzaine d`autres gamins alignés, à saluer le train et à tendre les mains. Le train s'en est allé et la petite Afghane est restée sur le quai.
Je n'oublierai jamais son regard.
Les réfugiés afghans sont près d`un million à rechercher un peu de stabilité ici dans des conditions précaires.

Le matin, je quittais Quetta sous des trombes d`eau. Des rues tranformées en torrent boueux. Il me faut tout mon courage pour traverser la rue. De l'eau jusqu'aux mollets, mes pieds sont trempés.
Malgré le peu de temps passé à Quetta, Je conserverai un bon souvenir de cette ville et de ses habitants. A la gare, je prend le Bolan Mail, c'est le le train pour Karachi qui dessert la ville où je me rend, Larkana. Auparavant, une visite au PTDC. Il est à coté de l'hôtel Muslin. le responsable m`assure que la région est ok.
Le Bolan Mail, un train fatigué et lent, sans chauffage et l`électricité qui dit oui, qui dit non. Pour nous, cela peut paraitre exotique mais pour les familles avec enfants qui le vivent au quotidien, c`est une autre histoireDubitatif. Et dans ce train, les Pakis se déplacent en famille avec femmes et enfants ce qui me permet d`être aux premières loges. Il y a aussi des policiers dans chaque wagon. Dans mon compartiment, prend place deux familles, je m`éclipse discrètement pour permettre aux femmes d`être à l`aise, je m`installe tantôt sur un siège couchette en hauteur, tantôt sur un siège dans le couloir. Entre les passagers, les flics et les vendeurs ambulants, il y a du monde qui circule.
Et je fais des rencontres. Il y a ce type qui tient absolument à ce que je lise le CoranSourire, un jeune étudiant d`Hyderabad qui apprend l`Anglais, les deux pères de famille de mon compartiment. Je fais la connaissance de Khalid, un soldat de Quetta en permission, il est avec sa petite famille et part visiter sa mère et son frère qui habite près de Karachi. Il m`explique qu`avec un mois de permission par an, il souffre de ne pas voir assez ses parents. Je lui montre mes photos. Elles feront ensuite le tour de mon compartiment. Khalid fait l'interprête pour les autres qui le questionnent sur moi. Un type très gentil. A chaque arrêt du train, il m`offre du thé, m`invite à partager une assiette de Dhal avec des chapatis, me fait un cadeau. Echange de mails, je lui promet de lui envoyer des photos. Au lieu de dormir et de rejoindre sa famille dans son compartiment, il veille avec moi jusqu`à Larkana pour me dire au revoir.
Arrivé à Larkana, il m'accompagne sur le quai. On s'étreint chaleureusement avant de se quitter. Je le connais à peine et nous nous sommes liés d'amitié. Assurément une belle rencontre comme seul le voyage peut nous en offrir.

Khalil

Je traverse la voie ferrée. il y a de l'agitation dans la rue en face. Et la plupart des passagers ont pris cette direction.
Je repense à la gentillesse de ces gens rencontrés dans le Bolan Mail et l'image détestable dont on les affuble dans mon pays...et ils nous donnent des leçons d'humanité.
Il est tard et je me met en quête d`un hôtel. Par chance, j`en trouve un juste à coté.
Demain, visite de Moenjodaro.



Infos pratiques
Train Bolan Mail : Quetta-Larkana 255 Rps
(ligne Quetta-Karachi)

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 22 mars 2008 à 17:35.)


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20 décembre 2007 à 6:26

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De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)De Moenjodaro à Larkana [En réponse à] Répondre

De Moenjodaro à Larkana ville natale des Bhutto

le 11 décembre

rues de Larkana

Le matin ça s'annonce mal. A la réception de l`hôtel, on me dit qu`il n`y a pas de bus de pour Moenjodaro. Le réceptioniste appelle un taxi qui me coûterait selon lui 1000 roupiesDubitatif. Je le vois qui discute avec le chauffeur et la vague impression de me faire arnaquer. j'hésite mais je n'ai guère de choix d'autant que je suis venu ici pour voir le site. Le chauffeur a une tête de pirate et un véhicule brinquebalantSourire.
C`est parti pour 30 kms sur des routes défoncées à zigzaguer entre les bus, les motos, les ânes qui tirent des charrettes etc...a travers la campagne et ses nombreuses rizières. Quelques villages crasseux et pauvres. En route, j`ai déboursé 100 roupies pour le carburant, il a mis la moitié. Quel roublard celui là !

Arrivée au site : je m`acquitte du droit d`entrée 200 roupies et paye quelques roupies pour le parking 20 roupies.
Je ne suis pas déçu par ce que je vois. On dit que c`est la plus vieille civilisation du monde qui vivait dans cette ville, il y 5000 ans : la Civilisation de l`Indus. Mais la plus visionnaire sûrement. Un réseau d`égouts parcourait toutes les zônes de la ville. De grandes rues pavées avec des poubelles. Une boulangerie. Un temple avec des bains pour les prêtres alimentés par des canaux drainant l`eau de l`Indus tout proche. Une piscine avec le systeme de drainage. Vraiment impressionnant !!! C`est bien préservé même si des problèmes de salinité demeurent et menacent le site. L`Unesco mène campagne...

Moenjodaro

Moenjodaro

Un type qui se presente comme chef de chantier me propose gentiment de faire le tour. Au pas de course, le chauffeur a du mal à suivre. A la fin, il me demande 300 roupies pour les photos que j`ai pris. Là, je dis stop et le laisse sur place. Je fais l`impasse sur le musée où il faut encore débourser 200 roupies, ils n`ont pas l`air contents de me voir rebrousser chemin

Moenjodaro

Moenjodaro

Avant de partir, je passe au PTDC, (organe officiel du tourisme pakistanais) pour acheter des cartes.Bien m`en a pris. Ali le responsable m`apprend qu`il y a un bus qui déssert Moenjodaro et pour cause il l`utilise chaque jour pour se rendre au bureauFou. Mieux, lorsque je lui annonce le prix de la course de taxi, il me dit que le juste prix est de 500 roupies. Il discute avec le chauffeur et tout semble règlé. Nous buvons le thé. Je consulte le livre d'honneur et je constate que très peu d'étrangers visitent le site, hormis quelques Japonais. En y repensant, je commence à comprendre l'entourloupe. Ce n`est pas le chauffeur qui est à blâmer, je l`aime bien celui là, mais le type de l`hôtel qui voulait percevoir de l`argent sur mon dos. Entre temps, Ali a pris place dans le taxi et me propose une visite guidée en fin d`après midi de la ville. En arrivant à l'hôtel, je paie les 500 rps mais j'oublie de dire à mon chauffeur de garder la somme pour lui car je me doute bien que l'autre va rappliquer pour avoir sa commission.

Larkana, ville natale des Bhutto de père en fille. On ne peut pas se tromper à voir les panneaux géants les representant, aux carrefours stratégiques de la cité. C'est une ville sale, polluée, routes et trottoirs défoncés, électricité incertaineDubitatif. Peu de choses à voir. Ali me montre la résidence de la famille (qu`ils n`habitent plus). De hauts murs terminés par des barbelés acérés entourent cette vaste propriétéDubitatif. Je me demande ce qu`a pu apporter concrètement Benazir Bhutto pour améliorer la vie ordinaire des gens d`ici lorsque elle fut premier ministreDubitatif. A regarder autour de moi, je ne vois pas. Contraste saisissant avec la civilisation antique de l`Indus...


rues de Larkana

Au Pakistan, juste une petite poignée de familles trustent tous les pouvoirs dont les Bhutto et les Sharif. Les élections n`annoncent rien de bon avec le retour en grâce des deux ex ministres corrompus... Le bazar est divisé en 2 parties, une pour les femmes où les hommes peuvent aller, une autre pour les hommes où les femmes ne peuvent aller.
Après m`être essayé au cricket sans succès, suis plus à l'aise balle au pied, nous buvons un chaï et fin de la visite. Ali me raccompagne à l`hôtel. Il m`incite à faire escale à Sukkur plus haut sur l`Indus. Je verrai demain matin. Il me souhaite bonne route. Une personne dévouée et sympathique.

Je suis pressé de quitter Larkana et cet hôtel.

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 22 mars 2008 à 19:31.)


Mékong
Lyon, France

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23 décembre 2007 à 9:00

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De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)Une journée de galère [En réponse à] Répondre

Une journée de galère

Larkana-Sukkur-Gotki-Sadiqabab-Bahawalpur-Lahore
le 12-13 décembre

Départ pour Sukkur. En sortant de l'hôtel, je fais signe à un rickshaw. Il n'y a pas de gare routière au Pakistan. Les bus partent en bordure des villes, à des endroits précis selon leur destination et la catégorie "express" ou "tourisme"Sourire. J'indique au chauffeur du rickshaw "bus express Sukkur". En général, la population locale connait les emplacements.
Il m`amène au point de depart du bus. Le chauffeur est assis devant une table pliante. J'achète mon ticket et je monte. Une quinzaine de passagers. Cette fois ci nous partons.

Nous traversons la plaine du Sindh irriguée par le fleuve Indus qui descend de l`Himalaya. Il arrose la vallée du Ladakh en Inde avant de rentrer au Pakistan par le nord qu'il ne quittera plus jusqu'à son embouchure à Karachi pour se jeter dans la mer d'Arabie. En passant sur un pont et je peux le contempler quelques instantsSourire. Alexandre le Grand et son armée l'avaient franchi avant de se frotter aux troupes de Porus. La bataille avait eu lieu dans la vallée de l'Indus.
En amont de Sukkur, un important barrage a été edifié. Une quinzaine de canaux apportent de l`eau pour irriguer les champs. Avec celle du Penjab, la province du Sindh est la plus riche du pays qu'elle alimente en denrées agricoles tel le coton et le riz. Ces deux provinces sont considérées comme le grenier du Pakistan.

Mon séjour à Sukkur sera très bref.
Un aller retour en rickshaw jusqu`au centre. J`ai l`adresse de l`Al Habi hotel. Le jeune qui m'accueille à la réception me dit de patienter. Le manager se présente et m`annonce que c'est complet. je n'en crois pas un mot mais que faire de plusFou. Il demande à un de ses employés de m'accompagner pour me montrer un autre hôtel tout proche...histoire que je debarrasse le plancherMalin. C'est l'histoire de la patate chaude.
2ème tentative 200m à quelques mètres dans la même rue...regard ferme du réceptionniste `It`s full`Fou.
3ème tentative dans un hôtel juste à coté, le type me regarde de haut en bas et me demande de sortir mon passeport dans la rue, je refuse. Il me propose une chambre de 4 lits et bien sûr je dois payer pour la totalité soit 400 Rps. Je demande à voir. La chambre est crasseuseFou. Je refuse à son grand désappointement. J`en ai assez vu. C'est mal parti et je décide de partir.
Enervé, je me met en quête d'un rickshaw pour retourner prendre un bus pour Bahawalpur. Un jeune type en moto qui me voit errer dans la rue s'approche et m`invite à monterFou. Méfiant, je pense qu`il veut de l`argent. Il parle un peu Anglais. J'essaye de lui expliquer mes projets. on arrive à se comprendre. "You're welcome my friend". Il m'emmène et nous progressons lentement, mes deux sacs sont encombrants. A chaque coup de frein, nous manquons de perdre l'équilibre. Puis, il s'arrête et me demande de l'attendre. Il rentre dans un magasin et je le vois discuter avec une personne. Ils ressortent ensemble. C'est l'un de ses amis. Il s'apprête à partir et prendre le bus dans la direction de Bahawalpur. C'est lui qui prend la relêve. Il a déjà pris place dans un rickshaw avec son sac. Juste le temps de dire au revoir à ce type dont je ne connais pas le nom. Echange de poignées de mainsSourire. "Welcome you're my friend". Je rejoins mon nouveau guide, il a déjà payé la course et ne me demande rien.

Au bus stand, c'est l'effervescence. Il y a un bus express stationné sur le bas coté. C'est le bon. Nous nous installons et payons nos billets. Il ne fallait pas être en retard. 10 minutes et il démarre. Il est midi. Renseignement pris auprès du ramasseur de tickets, je dois changer de bus à Sadiqabab. Mon hôte descend avant, à Gotki. Je commence à accuser le coup. Fatigué et je traine des séquelles de ma trachéite. Si je pouvais dormir.
Le bus est bondé, bruyant et il n`a d`express que le nom car il passe dans tous les patelins sur sa route, faisant parfois un détour. Il fait chaud. A l'extérieur, beaucoup de pauvreté. Juste après Rohri, il y a ce village au milieu d`une montagne de déchets, envahi par des nuées de mouches...à la limite du supportable. Dubitatif
Mon hôte est étudiant. Il est discret et serviable. Nous parlons très peu durant le voyage. Il a quelques mots d'Anglais et comme moi, il somnole groggy par la chaleur étouffante. Nous arrivons à Gotki. Avant de partir, il prend soin de demander autour de lui qui va à Sadiqabab et de m'indiquer le bus standSourire. Chaleureuses poignées de mains avant de se quitter. Encore un de ces anonymes dont je me souviendraiSourire. Des pakistanais en plus d'être accueillants, sont prévenants.

A sadiqabab, nous marchons le long d'un boulevard interminable. C'est une ville très animée . Les gens semblent étonnés de voir un étranger. Des regards amusés et amicaux m'accompagnent. Mon sac sur l'épaule, un bonnet noir qui couvre mes cheveux, je suis tranquillement mon guide qui marche devantSourire. Je me dis que même seul, je n'aurais eu aucun mal à trouver mon chemin, les gens sont si serviables. Vraiment je me sens en confianceCool.
Au bus stand, ça s'agite. Beaucoup de bus. Les moteurs chauffent. Des hommes sont sur les toits chargeant les bagages volumineux, d'autres tendent des cables pour bien arrimer les cargaisons. Des chauffeurs m'indiquent le bus pour Bahawalpur. Il y a du monde aux fenêtres. A peine suis je monté que le chauffeur me fait signe de venir m'asseoir devant. Ce sont soi-disants les meilleures places. Signe extérieur de l'hospitalité pakistanaise. Un siège à coté du conducteur, face au large pare-brise, je suis aux premières loges comme pour un spectacle. Et du spectacle il y en a, j'en ai pour mon argent et je n'en perd pas une miette malgré la fatigueClin d'oeilCool.

Nous démarrons et nous empruntons l'highway mais très vite il bifurque à droite et s'enfonce dans la campagne. Arrêt dans chaque village. Le bus ne désemplit pas entre les sortants et les rentrants. Il y a des écoliers, des lycéens qui sortent de cours, des étudiants, des gens qui finissent leur journée de travailSourire. Le paysage se modifie. Nous sommes au Penjab. Un nouveau pensionnaire occupe la chaussée : le dromadaire. On longe le desert de Thar ce qui explique leur nombre important. Les villages affichent moins de pauvreté. Quelques tracteurs circulent. A un carrefour au centre d'une petite ville, j`assiste à un spectacle hallucinant : bus, camion, voitures, tracteur, motos, rickshaws, un dromadaire et un âne tirant leur cariole essayent en même temps de se frayer un passage dans un vacarme assourdissantRire. Plus loin, le bus doit doubler comme il peut, c'est à dire à la Pakistanaise, des files de tracteurs chargés à bloc de cannes à sucre sur des kms. Notre chauffeur dispose de toute une panoplie de klaxons qu'il utilise au moindre prétexteClin d'oeil. Chacun a une fonction déterminée. L'un sert à doubler bus et camions, l'autre sert à avertir les piètons, un autre sert à amuser la galerie et celui là je le soupçonne d'en abuserRire...La nuit tombe. Sur les bas-cotés, des ouvriers agricoles se chauffent sur des braséros improvisés.

Il est 22 h lorsque nous arrivons à Bahawalpur après 10 heures de bus. Maintenant je dois vite trouver un rickshaw en espérant que l`hôtel où je vais, ne me refuse pas. Pas d'électricité dans le quartier. Je meurs de faim et de soif. Je repère un étal de fruits où j'achète des bananes, des oranges et une bouteille d'eau. Le jeune type qui m`emmène dans le centre, ne sait pas trop ou il vaFou. Il y a eu une grosse averse. Les rues ne sont pas éclairées, le sol est mouillé et jonché de flaques d'eau. Par deux fois, en évitant des trous au dernier moment, le rickshaw est à deux doigts de basculerFouSurpris. Il stoppe plusieurs fois pour demander son chemin, il est aussi perdu que moi et distrait...Il oublie de serrer le frein à main et je suis obligé de sortir pour l'empêcher de débouler la pente pendant qu'il discute sans se rendre compte de rien. Fou
Après tergiversations dans les quartiers du centre, nous trouvons l'hôtel. A peine ai je temps de descendre mon sac qu'une personne se dirige vers nous me dire que "sorry it's full"Dubitatif. J'avais un pressentiment. Relax, je ne panique pas. Il est 22h30. J'ouvre le LP. Que me propose t-il ? il y a cet hôtel....nous sommes passés devant en venant. Il est juste à coté. Point positif : une grande avenue éclairée. Je rentre dans l`hôtel et à mesure que je m`approche, je vois le visage du réceptionniste se décomposer. Mauvais signe. Evidemment `Hotel is full` avec un air de chien battu. Une discussion s`engage avec le jeune rickshaw. Il change subitement de ton. Je comprend qu`il n`accepte pas d`étrangers même le fait qu`il se fasse tard n`y change rien. Je pense que c`est ce qu`a voulu lui dire le jeune qui parait mal à l'aise. En partant, je ne peux m`empêcher de lui parler du paysFâché.
Hotel suivant qui est à coté. Un gars est à l'accueil. En lui parlant, je le vois en train de réfléchir. Il me jauge et pour me dire qu'il aurait une chambre. Je le vois venir et je sens un coup fourré. Je demande à la voir. Les draps sont défaits, une cigarette est encore en train de se consumer dans un cendrier. Pour quel tarif ? 800 rps m'annonce t-il d'un air désarmant de naturel. Celui là me prend pour le pigeon de serviceFâché. A cette heure tardive, il a senti la proie facile. La moutarde me monte au nez. 700 rps !, il insiste en plus. Je lui fais comprendre sur un ton pas très tendre que c'est hors de questionFâché. besoin de me calmer pour analyser la situation. Je renonce à chercher quoique que ce soit. Reste deux solutions : soit je dors dehors, soit je repars en bus de nuit jusqu'à Lahore. il est 22h45. Pas certain qu'il y ait encore des bus. Selon le jeune, il y a un départ à 23h30. Il faut tracer. J'espère qu'il a raison. Enfin si il connait les horaires des bus aussi bien que les rues de sa ville, je peux m'inquiéterMalinTire la langue. Bah je fais du mauvais espritClin d'oeil.
Le bus est bien là et je pars direction Lahore. Merci au rickshaw qui m'a bien épaulé. Exit Multan. Un regretDubitatif. Je vais pouvoir me reposer durant le trajet. Un bide cette journée, ça fait partie des imprévus de voyage, pas très réjouissants certes mais la vie n'est pas qu'un long fleuve tranquille. Et tout ne fut pas négatif dans cette odyssée.A 7h00, j'arrive à Lahore, exténué, après avoir traversé le sud est d'une traite.

Infos pratiques
Bus express : Larkana-Sukkur 110 Rps
Bus express : Sukkur-Bahawalpur 300 Rps
Bus de nuit : Bahawalpur-Lahore 300Rps

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 7 mars 2008 à 0:39.)


Parvat
Perpette les vaches, Belgique



24 décembre 2007 à 4:37

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)Une journee de galere [En réponse à] Répondre

Merci très cher!!!
C'est super agréable à lire, surtout que nous sommes passés dans les mêmes endroits, je les visualise donc très bien... Cool
Je te souhaite plein de bonheurs pour la suite :)

Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations...
(N.Bouvier)




catherineGil
Montpellier, France



24 décembre 2007 à 10:58

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)Une journee de galere [En réponse à] Répondre

SourireBonjour,

C'est sans doute très exotique là ou vous vous trouvez mais,

Joyeux Noël et très très bonne continuation de voyage en 2008.

Encore merci de nous régaler de votre récit presque au jour le jour.

Catherine
La seule manière de cultiver sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger.

http://www.catherinegil.over-blog.com
http://lucyinthesky2.uniterre.com/


Mékong
Lyon, France

Photo/image personnelle du membre Mékong.


25 décembre 2007 à 9:35

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De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)Au Regal Inn à Lahore [En réponse à] Répondre

Au Regal Inn à Lahore

Lahore

Foire aux bestiaux en prévision de la fête de l'Aïd

du 13 au 26 décembre
Quelque part dans la banlieue de Lahore, je marche malgré la fatigue. Le bus nous a déposé loin du centre. Dans le quartier, c'est la foire aux bestiaux. Le jour du grand Aïd se rapproche et beaucoup de gens viennent acheter des moutons. Je dois rejoindre une rue qui s'appelle "the mail" mais je pars dans la mauvaise direction.Fou
Et puis c'est trop loin à pied, je me décide à prendre un rickshaw. Problème, celui ci ne pipe mot de ce que je lui dis, mon plan n'a aucune utilité non plus. Tant pis, je lui demande de m'amener au centre et ensuite je continuerai par mes propres moyens en espèrant que l'hôtel ne soit pas trop éloigné : Le Regal Inn. Passé le rickshaw, me voici arpentant la rue. Au fur et à mesure que j'avance, je demande mon chemin. Non sans mal, car j'ai l'impression de faire des détours. Sur le seuil d'un magasin de petit électroménager, mes derniers informateurs se mettent à sept pour m'expliquer ou plutôt s'expliquent autour de mon plan avant de délibérer. On m'a proposé un siège et du thé pour me faire patienter. Finalement, selon leur conclusion, je n'ai plus qu'à suivre Temple Road sur 1 km et passer devant le cinéma Regal Inn, la guesthouse se trouve dans une rue adjacente. Ouf ! j'arrive péniblement. Je longe The Mail, la grosse artère de la ville.Au fond d'une impasse, j'aperçois l'enseigne. Le Regal Inn se trouve au 2ème étage d'un vieil immeuble. Au RDC, une gargotte, du chaï fume dans une casserolle. Premier étage, un cybercafé. Les escaliers sont raides.

Rues de Lahore

Premiers jours éprouvants. Sitôt posé mon sac auprès de mon lit, je ne pense qu'à dormir. Le dortoir est presque vide. deux autres lits sont occupés. Depuis Shiraz que je traine un vilain coup de froid, je n`ai pas pu recupérer totalement et j'enchaine les maladies. Angine, Trachéite, Toux tenace. Ma traversée rapide du Balouchistan depuis Zahedan en Iran jusqu'à Quetta soit presque 1600 kms non stop et mon parcours chaotique dans le sud-est pakistanais entre les provinces du Sindh et du Penjab n`ont pas arrangé les chosesFou. J`ai besoin de recharger la mule. Repos les deux premiers jours. Je loupe la soirée soufi du jeudi soir. Malheureusement, ensuite je rechute. Mal à l`estomac, diarrhées, insomnies, fièvreDubitatif. Cloué au lit sous les couvertures, je grelotte. On me fait boire une potion à base d'herbe que je manque de recracher. Rien n'y fait et le samedi soir, le fils de Malick le propriétaire du Regal Inn m'emmène voir un docteur à l'hôpital. La consultation est gratuite pour les étrangers. Encore un exemple de l'hospitalité pakistanaise; ça me laisse songeur. Il me fait une ordonnance et me voilà sous antibiotiques. Je ne peux rien avaler, ni dormir. Les nuits sont froides. Sans energie et sans force, je n`en mène pas large. cela va durer 4 jours qui me paraissent une éternité. Entre temps, je vois défiler les voyageurs quand dans ma tête, défilent des plats de boeuf bourguignon et de quenelles lyonnaises. Au lit, je passe mon temps à composer des menus qui me font saliver. Le 5ème jour, je refais surface. Je passe une nuit calme et recommence à m'alimenter avec du riz blanc. Ouf! il était temps car je commençais à douter. Le lendemain, je vais au supermarché qui fait l'angle et j'achète de quoi me mitonner des spaghettis en sauce. Les yeux plus gros que le ventre car mon estomac à la diète a besoin de reprendre son rythme. De Lahore, je n`ai rien vu mais je connais les moindres recoins de l`hotelClin d'oeil.

Un mot sur cet endroit mythique
Le Regal Inn : J`en avais entendu maintes fois le plus grand bien avant de voyager dans la région. Et ce n`est pas usurpé. C`est un endroit vraiment spécial, unique. Pour résumer, je dirais que lorsque on passe la porte du Regal Inn, on est comme à la maison...en voyageSourireCool. La maison des voyageurs, ceci grâce à un homme, Malik un ancien journaliste, militant des droits de l`homme qui, avec son staff, se met en quatre pour nous soyons à l`aise. Chambres doubles, dortoirs, espace salon avec TV, espace cuisine avec matériel à disposition, espace internet, machine à laver, bibliothèque, quotidien paki en Anglais disponible tous les matins, docteur consultable gratuitement. Pour moi, une aubaine de pouvoir me refaire la santé dans un tel endroit et je leur en suis pleinement reconnaissant car ils m`ont soutenu dans ma concalescenceSourire.

Carrefour des voyages. Endroit idéal pour rencontrer d`autres voyageurs. Lahore est à la croisée des chemins entre ceux qui viennent d`Inde, d`Iran et de la Karakoram Highway depuis Kashgar en ChineSourire.
Il y a Anthony, un Australien de Perth, 55 ans avec sa topette à portée de main. Personnage haut en couleur, tout droit sorti d`un roman de Cizia Zyke. Avant, il cherchait des perles dans les eaux au large des iles indonésiennes. Sa devise : Un joint dans la main, une bouteille de whisky dans la pocheMalin. Vladimir et Catherine des Français de Paris qui arrivent de Karachi par le train. Ils sont rentré par la Khunjerab Pass au nord Pakistan en prenant la KKH depuis Kashgar. Auparavant ils ont traversé la Mongolie, le Kazaksthan, la Sibérie depuis septembre. Carla et Emmanuele un couple d'Italiens de Piacenza. Même itinéraire que le mien. A quelques jours près, on aurait pu se rencontrer à Dogubayazit en Turquie où ils ont croisé Jade. La guesthouse se remplit. Un Slovaque, un autre Australien, un Croate, un Turc, un couple américano-pakistanais, des Japonais dont Kato qui fera un passage-éclair avant de partir en Inde. L`ambiance est excellente.


Musiciens soufis au Regal inn

La musique soufie : Elle est omniprésente. Lahore est le poumon culturel du Pakistan avec un festival annuel de musiques soufies où toutes les provinces pakistanaises se donnent rendez vous. Le soufisme fait partie des facettes de ce pays méconnu et tant décrié en Europe. Assister à un concert ou à une nuit soufie est essentiel pour s'imprégner de la culture pakistanaise. Au Regal Inn, tous les jeudis, Malik organise deux sorties pour que les étrangers se familiarisent avec cet aspect important de la culture pakistanaise, pour élargir la vision qu'ils ont de ce pays. Chants soufis l'après midi et le soir, ça se passe au mausolée du grand maitre spirituel Baba Shah Jamal connu comme la Soufi Night. Le fils de Malick nous emmène car c'est difficile à trouver. Une grande pièce archi bondée, à ciel ouvert, trois musiciens jouentSourire. Les gens sont debout ou assis en tailleur sur le sol. Des vieux en cercle fuments de l'opium dans de grandes pipes mais la plupart des autres gens présents fument du hash. Un danseur soufi est en transe. Nous nous installons sur un coté. Les étrangers sont les bienvenus à condition de ne pas prendre de photos. Des serveurs tournent constamment avec des plateaux de gateaux et de chaï. Une personne reprend à répétition le nom d'Allah repris en choeur dans toute la salle. Et puis arrive les frères Sain, Gonga et Mithu, musiciens soufis. Deux légendes vivantes au Pakistan et aussi de prodigieux joueurs de Dhôl, sorte de gros tambours à deux faces. Gonga a un destin hors du commun. Sourd depuis l`enfance, son pere l`a initié au Dhôl en lui frappant les rythmes sur son dos pour qu'il ressente les vibrations.Sourire Cela lui a profité d`un point de vue musculaire. C`est un colosseMalin. Le duo qu'il forme avec son frère est réputé au delà des frontières. Un film a même été réalisé pour la TV française (france5) http://www.france5.fr/common/playerVideo.php. La foule est enthousiaste. Gonga jouit d'un immense respect et il est avec son frère, le musicien soufi attitré de Baba Shah Jamal. Ils jouent sans s'arrêter, enchainant les rythmes. Au début, accompagné d'un saxophoniste et ensuite quatre danseurs entrent en scène. Ennivré par le rythme soutenu des dhôls, ils vivevoltent et tournoient devant Gonga et Mithu (voir les vidéos sur le site de Vlad et Cathia http://vladicath.canalblog.com ) . C'est très surprenant. A 1h du matin, nous décidons de rentrer. Quelle délicieuse soiréeCool. En tant qu'amateur de percussions, je suis ébloui et impressionné par leur jeu. Le lendemain, pour la grande fête de l'Aïd, Malick nous offre un repas. Encore un signe d'hospitalité qui nous va droit au coeur. Plusieurs plats disposés sur un tapis et sur lequel chacun s'installe en cercle. Malick, ses deux fils et un ami partagent le repas avec nous. Enuite, Sain Mohammmad Ali et son groupe de musiciens soufis avec leur tabla, harmonium jouent durant deux heures. Repas, musique et danse. Décidemment, cette soirée se termine en beautéCool.

Les frères Sain Mithu et Gonga au Regal Inn

Concernant l'actualité En cette période d'élections, la rue pakistanaise est agitée. Depuis que Musharraf a décrêté l'état d'urgence en octobre, il y durcissement au niveau des libertés. A lahore, ce sont des manifestations, sittings pour protester contre la fermeture d`une émission de TV, contre l`arrestation d`un avocat. Chaque jour apporte son lot de protestations pacifiques qui font la une des journaux. Journalistes