
Mékong Lyon, France
Photo/image personnelle du membre Mékong.
25 décembre 2007 à 9:35
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Au Regal Inn à Lahore Lahore
Foire aux bestiaux en prévision de la fête de l'Aïd du 13 au 26 décembre Quelque part dans la banlieue de Lahore, je marche malgré la fatigue. Le bus nous a déposé loin du centre. Dans le quartier, c'est la foire aux bestiaux. Le jour du grand Aïd se rapproche et beaucoup de gens viennent acheter des moutons. Je dois rejoindre une rue qui s'appelle "the mail" mais je pars dans la mauvaise direction. Et puis c'est trop loin à pied, je me décide à prendre un rickshaw. Problème, celui ci ne pipe mot de ce que je lui dis, mon plan n'a aucune utilité non plus. Tant pis, je lui demande de m'amener au centre et ensuite je continuerai par mes propres moyens en espèrant que l'hôtel ne soit pas trop éloigné : Le Regal Inn. Passé le rickshaw, me voici arpentant la rue. Au fur et à mesure que j'avance, je demande mon chemin. Non sans mal, car j'ai l'impression de faire des détours. Sur le seuil d'un magasin de petit électroménager, mes derniers informateurs se mettent à sept pour m'expliquer ou plutôt s'expliquent autour de mon plan avant de délibérer. On m'a proposé un siège et du thé pour me faire patienter. Finalement, selon leur conclusion, je n'ai plus qu'à suivre Temple Road sur 1 km et passer devant le cinéma Regal Inn, la guesthouse se trouve dans une rue adjacente. Ouf ! j'arrive péniblement. Je longe The Mail, la grosse artère de la ville.Au fond d'une impasse, j'aperçois l'enseigne. Le Regal Inn se trouve au 2ème étage d'un vieil immeuble. Au RDC, une gargotte, du chaï fume dans une casserolle. Premier étage, un cybercafé. Les escaliers sont raides. Rues de Lahore Premiers jours éprouvants. Sitôt posé mon sac auprès de mon lit, je ne pense qu'à dormir. Le dortoir est presque vide. deux autres lits sont occupés. Depuis Shiraz que je traine un vilain coup de froid, je n`ai pas pu recupérer totalement et j'enchaine les maladies. Angine, Trachéite, Toux tenace. Ma traversée rapide du Balouchistan depuis Zahedan en Iran jusqu'à Quetta soit presque 1600 kms non stop et mon parcours chaotique dans le sud-est pakistanais entre les provinces du Sindh et du Penjab n`ont pas arrangé les choses . J`ai besoin de recharger la mule. Repos les deux premiers jours. Je loupe la soirée soufi du jeudi soir. Malheureusement, ensuite je rechute. Mal à l`estomac, diarrhées, insomnies, fièvre . Cloué au lit sous les couvertures, je grelotte. On me fait boire une potion à base d'herbe que je manque de recracher. Rien n'y fait et le samedi soir, le fils de Malick le propriétaire du Regal Inn m'emmène voir un docteur à l'hôpital. La consultation est gratuite pour les étrangers. Encore un exemple de l'hospitalité pakistanaise; ça me laisse songeur. Il me fait une ordonnance et me voilà sous antibiotiques. Je ne peux rien avaler, ni dormir. Les nuits sont froides. Sans energie et sans force, je n`en mène pas large. cela va durer 4 jours qui me paraissent une éternité. Entre temps, je vois défiler les voyageurs quand dans ma tête, défilent des plats de boeuf bourguignon et de quenelles lyonnaises. Au lit, je passe mon temps à composer des menus qui me font saliver. Le 5ème jour, je refais surface. Je passe une nuit calme et recommence à m'alimenter avec du riz blanc. Ouf! il était temps car je commençais à douter. Le lendemain, je vais au supermarché qui fait l'angle et j'achète de quoi me mitonner des spaghettis en sauce. Les yeux plus gros que le ventre car mon estomac à la diète a besoin de reprendre son rythme. De Lahore, je n`ai rien vu mais je connais les moindres recoins de l`hotel . Un mot sur cet endroit mythique Le Regal Inn : J`en avais entendu maintes fois le plus grand bien avant de voyager dans la région. Et ce n`est pas usurpé. C`est un endroit vraiment spécial, unique. Pour résumer, je dirais que lorsque on passe la porte du Regal Inn, on est comme à la maison...en voyage . La maison des voyageurs, ceci grâce à un homme, Malik un ancien journaliste, militant des droits de l`homme qui, avec son staff, se met en quatre pour nous soyons à l`aise. Chambres doubles, dortoirs, espace salon avec TV, espace cuisine avec matériel à disposition, espace internet, machine à laver, bibliothèque, quotidien paki en Anglais disponible tous les matins, docteur consultable gratuitement. Pour moi, une aubaine de pouvoir me refaire la santé dans un tel endroit et je leur en suis pleinement reconnaissant car ils m`ont soutenu dans ma concalescence . Carrefour des voyages. Endroit idéal pour rencontrer d`autres voyageurs. Lahore est à la croisée des chemins entre ceux qui viennent d`Inde, d`Iran et de la Karakoram Highway depuis Kashgar en Chine . Il y a Anthony, un Australien de Perth, 55 ans avec sa topette à portée de main. Personnage haut en couleur, tout droit sorti d`un roman de Cizia Zyke. Avant, il cherchait des perles dans les eaux au large des iles indonésiennes. Sa devise : Un joint dans la main, une bouteille de whisky dans la poche . Vladimir et Catherine des Français de Paris qui arrivent de Karachi par le train. Ils sont rentré par la Khunjerab Pass au nord Pakistan en prenant la KKH depuis Kashgar. Auparavant ils ont traversé la Mongolie, le Kazaksthan, la Sibérie depuis septembre. Carla et Emmanuele un couple d'Italiens de Piacenza. Même itinéraire que le mien. A quelques jours près, on aurait pu se rencontrer à Dogubayazit en Turquie où ils ont croisé Jade. La guesthouse se remplit. Un Slovaque, un autre Australien, un Croate, un Turc, un couple américano-pakistanais, des Japonais dont Kato qui fera un passage-éclair avant de partir en Inde. L`ambiance est excellente.
Musiciens soufis au Regal inn La musique soufie : Elle est omniprésente. Lahore est le poumon culturel du Pakistan avec un festival annuel de musiques soufies où toutes les provinces pakistanaises se donnent rendez vous. Le soufisme fait partie des facettes de ce pays méconnu et tant décrié en Europe. Assister à un concert ou à une nuit soufie est essentiel pour s'imprégner de la culture pakistanaise. Au Regal Inn, tous les jeudis, Malik organise deux sorties pour que les étrangers se familiarisent avec cet aspect important de la culture pakistanaise, pour élargir la vision qu'ils ont de ce pays. Chants soufis l'après midi et le soir, ça se passe au mausolée du grand maitre spirituel Baba Shah Jamal connu comme la Soufi Night. Le fils de Malick nous emmène car c'est difficile à trouver. Une grande pièce archi bondée, à ciel ouvert, trois musiciens jouent . Les gens sont debout ou assis en tailleur sur le sol. Des vieux en cercle fuments de l'opium dans de grandes pipes mais la plupart des autres gens présents fument du hash. Un danseur soufi est en transe. Nous nous installons sur un coté. Les étrangers sont les bienvenus à condition de ne pas prendre de photos. Des serveurs tournent constamment avec des plateaux de gateaux et de chaï. Une personne reprend à répétition le nom d'Allah repris en choeur dans toute la salle. Et puis arrive les frères Sain, Gonga et Mithu, musiciens soufis. Deux légendes vivantes au Pakistan et aussi de prodigieux joueurs de Dhôl, sorte de gros tambours à deux faces. Gonga a un destin hors du commun. Sourd depuis l`enfance, son pere l`a initié au Dhôl en lui frappant les rythmes sur son dos pour qu'il ressente les vibrations. Cela lui a profité d`un point de vue musculaire. C`est un colosse . Le duo qu'il forme avec son frère est réputé au delà des frontières. Un film a même été réalisé pour la TV française (france5) http://www.france5.fr/common/playerVideo.php. La foule est enthousiaste. Gonga jouit d'un immense respect et il est avec son frère, le musicien soufi attitré de Baba Shah Jamal. Ils jouent sans s'arrêter, enchainant les rythmes. Au début, accompagné d'un saxophoniste et ensuite quatre danseurs entrent en scène. Ennivré par le rythme soutenu des dhôls, ils vivevoltent et tournoient devant Gonga et Mithu (voir les vidéos sur le site de Vlad et Cathia http://vladicath.canalblog.com ) . C'est très surprenant. A 1h du matin, nous décidons de rentrer. Quelle délicieuse soirée . En tant qu'amateur de percussions, je suis ébloui et impressionné par leur jeu. Le lendemain, pour la grande fête de l'Aïd, Malick nous offre un repas. Encore un signe d'hospitalité qui nous va droit au coeur. Plusieurs plats disposés sur un tapis et sur lequel chacun s'installe en cercle. Malick, ses deux fils et un ami partagent le repas avec nous. Enuite, Sain Mohammmad Ali et son groupe de musiciens soufis avec leur tabla, harmonium jouent durant deux heures. Repas, musique et danse. Décidemment, cette soirée se termine en beauté . Les frères Sain Mithu et Gonga au Regal Inn Concernant l'actualité En cette période d'élections, la rue pakistanaise est agitée. Depuis que Musharraf a décrêté l'état d'urgence en octobre, il y durcissement au niveau des libertés. A lahore, ce sont des manifestations, sittings pour protester contre la fermeture d`une émission de TV, contre l`arrestation d`un avocat. Chaque jour apporte son lot de protestations pacifiques qui font la une des journaux. Journalistes |