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Yazd...une pépite au milieu du sable
Shiraz-Yazd le 30 nov/1-2-3-4-5-6-7 décembre Yazd, quand on la contemple du haut de l`un de ces nombreux toits en terrasse ou en flânant dans ce labyrinthe d`étroites ruelles, on a l`impression qu`elle a été modelée par le sable, qu`avec le vent, les murs vont s`effriter et tomber peu à peu en poussière.
Rue de Yazd Un mirage planté au milieu du désert. L`une des plus vieilles villes du monde, cité faite en partie d`argile, aux formes et aux contours qui riment avec grâce et harmonie, avec ses badgirs, ses mosquées, ses réservoirs d`eau, ses maisons dotées de jardins intérieurs. Berceau du Zoroastrisme, la plus vieille religion monothéiste. Elle abrite encore aujourd`hui une communauté certes restreinte de Zoroastriens.
Jadis, elle brillait d`un vif éclat sur le passage des caravanes. Ville étape de la Route de la Soie et des caravanesérails. Quelques soient les époques, au milieu d`un environnement hostile, elle a toujours su s`adapter et rebondir pour ne pas sombrer dans l`oubli en développant des trésors d'ingéniosité. Les tours du vent ou Badgirs jouxtant chaque maison et qui pointent dans le ciel avaient été conçues pour capter le vent et amener de l`air frais dans les intérieurs. Les réservoirs de forme ovale servaient à garder l`eau au frais. Exemples uniques de réussite architecturale.
Aujourd`hui des badgirs semblent à l`abandon. La modernité est passée aussi par ici. Des quartiers sont en cours de rénovation. Des tas de briques s`amoncellent, des ouvriers s`affairent et s`attèlent à la tâche. Des maisons seront transformées en hôtels ou en restaurants. Yazd retrouve un second souffle. Elle possède un charme incomparable à nul autre pareil. Il règne ici une douceur de vivre que l`on ressent à travers la gentillesse et la quiètude de sa population. Dès 13h, les échoppes ferment et ne rouvrent qu`à partir de 16h00...parfois 17h00. Dans ce decor aux formes arrondies, les chats évoluent avec bonheur, gambadant de toit en toit . Deux ont élu domicile au Silk Road Hôtel. De petits chenapans ! La nuit, ils descendent dans les dortoirs et s`installent dans un fauteuil. L`un d`entre eux est reparti avec mes chaussettes .
Le Silk Road hôtel, assurément le meilleur endroit où j`ai logé en Iran. Sept jours passés à récuperer et à soigner une angine et une toux tenace. Conçu comme la plupart des maisons de la vieille ville, toit plat avec terrasse, jardin intérieur entouré de chambres et disposé tout autour, de larges sofas recouverts de tapis et coussins ainsi que quelques tables pour manger et boire le thé. Cela me permet de me réconcilier un peu avec la cuisine iranienne .
L`hôtel a aménagé des dortoirs pour les voyageurs à petit budget dont nous faisons partie. Nous ne sommes pas nombreux, c`est la basse saison. Je rencontre Arantza. Une Basque de Bilbao. Vive et chaleureuse, elle voyage depuis 3 ans. Elle arrive du Pakistan. Auparavant elle avait passé 10 mois au Nepal à travailler auprès de refugiés. C`est une vraie mine d`informations qu`elle délivre généreusement. Elle envisage d`aller en Turquie, Syrie et Egypte, puis d`Istanbul, retourner en Europe. Elle voulait passer Noël à Jérusalem mais sa famille la presse pour le passer à la maison. Tous les matins, nous farnientons durant 3 heures au petit déjeuner à discuter et boire thé sur thé. Ah les Latins!
Arantza On est vraiment bien ici, c`est paisible et le personnel est accueillant. Elle repousse sans cesse son départ. Finalement nous partirons le même jour, mais dans des directions opposées. Il y aussi des retrouvailles. Les deux Basques de Pampelune, Carlos et Lazaro le jour de mon arrivée, eux partent à Shiraz puis ensuite c`est l`Inde, le Nepal...sans leurs vélos trop encombrants qu'ils essaieront de vendre à Téhéran. On se donne RDV à Delhi ou à Pokhara, qui sait... Et en marchant au coeur de la vieille ville, qui je vois?...Marek !!! pour la 5ème fois depuis cette nuit sur les pentes du Nemrut Dagi. Incroyable ! on est content de se revoir et on en rigole en nous remémorant nos rencontres précédentes . Dans le dortoir du Silk Road Hôtel, d'autres voyageurs avec qui je sympathise : un Allemand Ronald, un type intéressant. Calme et solitaire, il écrit sur papier un carnet de voyage qu'il tape ensuite sur son ordinateur portable. Il a séjourné longtemps en Egypte avant de voyager en Syrie, Turquie, Iran. Un matin au déjeuner, il se confie. Il a connu une Egyptienne, la famille l'a accepté et il est question de mariage. Confronté à un dilemme à 35 ans entre la peur de se retrouver seul en Allemagne à mesure que le temps passe et la peur de ne plus pouvoir assouvir sa passion : voyager. Un jeune Italien Bilaro, chaleureux et jovial, jongleur saltimbanque. Son projet est de retourner à Istanbul pour faire de la musique. Il a son grand père qui vit dans la Creuse et parle un peu Français. Grâce à Arantza, j`ai trouvé un compagnon de route pour faire Yazd-Quetta. Il est venu me voir à l'hôtel et nous sommes tombés d'accord tout de suite. La région du Balouchistan est secouée par des troubles et il est plus prudent de se regrouper pour franchir le secteur. Kato est un Japonais de Tokyo . Après Quetta, il envisage d`aller à Peshawar. On se donne donc rdv à l`hôtel vendredi après midi pour partir ensemble jusqu'au terminal en taxi.
Un mot sur les voyageurs asiatiques, qu`ils soient Coréens, Japonais voire Chinois (de plus en plus), ils font preuve entre eux d`un réel esprit de solidarité et d`entraide, il suffit pour s'en convaincre de feuilleter les livres d`honneur laissés à disposition dans les guesthouses, hôtels. Leurs messages fourmillent d`infos précises, de recommandations avec dessins, plans, tarifs des lieux où ils sont allés. Ils prennent le temps de le faire pour les suivants. Chapeau ! Et dans les coins les plus reculés où quasiment personne ne se rend, vous croiserez toujours un Japonais ou un Coréen. Discrets mais efficaces !
les badgirs de Yazd Voila, départ imminent pour le Pakistan. Si tout se déroule bien, nous serons à Quetta dans la soirée de samedi. Une autre forme de voyage plus aventureuse commence, plus excitante aussi car le Pakistan c'est un saut dans l'inconnu. J'ai hâte d'y être.
Infos pratiques Dortoirs Silk Road Hôtel : 40000 rials A ne pas manquer la visite du Musée de l'eau : entrée libre |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [lucbertrand] De Lyon à Madras par la route :(Iran)Yazd...une pepite au milieu du sable
(en réponse à...)

9 décembre 2007 à 5:15
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Arrivée à Quetta au Balouchistan Yazd-Zahedan-Taftan-Quetta le 07-08-09 décembre Départ pour Zahedan aujourd`hui En attendant je passe la journée avec Arantza à l`hôtel. Elle aussi prend le bus pour Téhéran ce soir à 21h. Elle m`a préparé sur trois pages pleines de bonnes adresses avec des plans détaillés, des endroits qu`elle a aimé au Nepal à Pokhara et à Katmandu ainsi que des adresses au Pakistan et à New Delhi. Kato le Japonais nous rejoint. On se met en route pour le terminal à 15h. Echanges de coordonnées et embrassades chaleureuses avec Arantza. Cette aventuriere au grand coeur. Dommage, j'aurais aimé partagé davantage de fragments de voyage avec elle mais les quelques jours à Yazd en sa compagnie m'ont apporté beaucoup de joie. Une rencontre marquante. Sur le chemin, nous croisons Marek le Tchèque avec son éternel sac à dos. Le taxi stoppe à sa hauteur, "come in, we're going to the terminal" . Il prend le même bus que nous. Il va à Kerman. C'est sur la route de Zahedan. Sacré Marek ! Nous sommes inséparables. pour un peu, il serait venu avec nous mais pour lui c'est la fin du voyage car il n'a pas de visa pakistanais. Dans un mois, il retourne à Prague. A kerman, on se souhaite bonne route et bonne chance. Le bus repart. Je regarde une dernière fois la silouette de ce grand gaillard s'éloigner d'un pas déterminé dans la nuit. Good Bye Marek !
Marek Bus de nuit jusqu`à Zahedan. A l'aube, le soleil fait son apparition derrière les montagnes. Le ciel cotonneux prend des couleurs. C'est magnifique.
A 10 kms de la ville, un barrage militaire, c`est du sérieux. Nous sommes au Balouchistan. 6h00, la ville est encore engourdie par une nuit froide. Entourée de montagnes grises, du sable partout, un hélicoptere militaire survole la ville. Nous nous signalons à la police qui appelle un taxi collectif que nous partageons avec deux autres passagers. Nous passons devant une grosse base militaire. La région est connue pour sa contrebande, traffics en tout genre dont l`opium. L`Afghanistan n`est distant que de quelques kms. La frontière dans cette zone semi- désertique est poreuse en plus de la corruption. L`armée iranienne est sur les dents pour lutter contre les trafiquants. Des enlèvements de touristes sont survenus en guise de représailles et aussi une tentative américaine de manipuler certains chefs de guerre locaux pour exporter une guerre de basse intensité contre le gouvernement iranien. La route est sécurisée. Enregistrement des occupants du taxi à la sortie de la ville. Nous sommes tracés de Zahedan jusqu`à Mirjaveh distant de 90kms. A destination, le chauffeur nous fait signer tour à tour, la feuille de route qu`il remettra aux autorités compétentes. Tout s'est bien déroulé selon nos plans. Je quitte l'Iran, pensif...une population accueillante et une civilisation très riche. Un pays fascinant, méconnu et injustement décrié dans notre société nombriliste. L'ouverture de la douane coté iranien a lieu à 8h00, il faut désormais rajouter 1h30 à nos montres. nous nous délestons de nos derniers rials pour une nouvelle monnaie, la roupie paki. Nous ne sommes pas les seuls à attendre. Pakistan la frontière est constitué de quelques cahutes perdues au milieu du sable. Accueil très courtois et ambiance décontractée. Seul signe de modernité, des petites caméras numériques qui établissent nos portraits avec nos fiches. Ils nous demandent de signaler avec précision nos itinéraires. Tout cela pour notre sécurité et à aucun moment nous ne ressentons de la tension. Le personnel est sympa. Kato les salue à la japonaise ce qui les amuse beaucoup. Les formalités sont rapides et nous sommes de l'autre coté. J`avais prévu de prendre le bus de 10h pour Quetta mais je dois me raviser. c'est trop tard. Derrière le poste, des bus sont stationnés, des ballots sont chargés sur le toit. Après renseignement, l'un des bus va à Quetta. On achète nos billets. Départ à 12h. Nos bagages arrimées sur le toit, nous faisons le tour du propiétaire.
La frontière à Taftan au Balouchistan Taftan est un village poussièreux planté au milieu du désert. Le poste frontière se situe à 1km plus bas. Une route principale qui relie Quetta à 624 kms. Une voie ferroviaire qui relie Zahedan à Quetta. Deux types vêtus de djellabas blanches près d'un pick up Toyota nous font signe. Ils nous offrent le thé. Ce sont des Baloutchs. Ils nous proposent de nous emmener mais c'est trop cher. Je m'éloigne et vais m'asseoir sur le seuil d'une cabane abandonnée, je ressens la fatigue car je suis toujours convalescent d'autant que je tousse. Un baloutch qui m'a aperçu de loin, m'accoste pour discuter. La conversation s'engage. Il me questionne sur mon voyage et très vite nous dévions sur les sujets politiques brûlants du moment: l'Afghanistan, l'Irak, la Palestine, le Pakistan, les Usa et Bush. Lui aussi a en mémoire le geste de Chirac "a great man" s'opposant à la guerre de Bush. Le bus s'apprête à partir. Salutations chaleureuses. Il pénètre dans Taftan et stoppe. Un Pakistanais de Karachi m'informe que le départ est fixé à 18h. Il voyage avec sa copine depuis l'Iran. Je vais essayer de dormir. Kato lui en profite pour manger dans un petit restaurant. Il me reste des fruits dont j'avais fait la provision à Yazd.
Le village de Taftan
Souvenir de Taftan avec Kato et deux Baloutchs Trajet de nuit et c'est parti pour 624 kms à travers le Balouchistan jusqu`à Quetta. En route nous doublons et croisons des camions multicolores, des pick-up Toyota et d`autres bus. Les camions scintillent dans la nuit telles des guirlandes électriques. Le jour, ce sont de véritables peintures ambulantes avec des inscriptions se référant à Allah et plusieurs klaxons que le chauffeur utilise constamment. Nicolas Bouvier dans l'Usage du Monde leur consacrait un chapitre avec moults détails. Notre chauffeur a l'oeil vif et alerte pour éviter les pièges tendus par la route défoncée. Il la connait par coeur à force. Par moment, elle se détache ou se tranforme en piste, ou même en rien du tout. Musique à fond, impossible de dormir et de toute façon, nous sommes trop secoués. Contrôles militaires, un soldat monte et vérifie quelques passeports. Il y a des Afghans et ils font l`objet de plus d`attention. Une autre fois, tard dans la nuit, nous stoppons plus longtemps, une vingtaine de soldats lourdement armés bloquent le passage. Devant nous, un autre bus a été stoppé. Sur le coté, une mitrailleuse montée sur un pick-up. Ils sont aux abois. Un officier nous remarque à travers la vitre et monte aussitôt pour nous demander nos nationalités et où nous allons. Kato avec ses yeux bridés et moi avec mes cheveux blonds ne passons pas inaperçus. Il a l`air stressé et tout en nous regardant, appelle quelqu`un au talky-walky. Apparemment, à voir leurs regards, ils sont surpris de nous voir, ça a l`air tendu dans le coin mais impossible d`en savoir plus. Nous sommes dans l'expectative et un peu inquiets. Au bout d`un moment, les bus repartent à notre grand soulagement. Vingt kms plus tard, les véhicules militaires nous dépassent et s'arrêtent sur le bas-coté; à la tête du convoi, une jeep et l'officier qui nous a questionné. Il fait signe au chauffeur de rouler. Ils nous escortaient. Ensuite, excepté quelques contrôles de routine, on déroule jusqu`à Quetta. 7h un rickshaw nous dépose devant l'hôtel Muslin. Besoin de dormir. Mais devant l'excitation engendrée par la soif de découvrir, nous sommes dehors à 10h, prêts à explorer Quetta. Première impression : Comparé à la Turquie et à l`Iran, le Pakistan est beaucoup plus désordonné, ce qui n`est pas pour me déplaire. Je revois l`Indonesie. Ce qui ne change pas est la circulation intensive. Disons qu'il y a plus de diversité parmi les occupants de la chaussée. Ce sont des ballets incessants de Rickshaws, bus bariolés, carioles tirée par des anes, voitures dans un joyeux tintamarre. Et je n'en suis qu'au début. pour la nourriture, c`est mieux que l`Iran. Ce matin, je me suis régalé d`un riz biryani avec du thé et il y a plein de bonnes choses. La plupart des gens du coin sont Baloutchs. Ils sont ouverts et beaucoup parlent Anglais ce qui facilite les choses.
rues de Quetta au Balouchistan J'achète une écharpe mauve en laine à un vieux type dans la rue et un sirop pour calmer ma toux toujours aussi tenace. Il y aussi des Afghans. Nous rencontrons l'un d'entre eux qui vend des chemises devant la gare ferroviaire. Un type très sympa. Kato l'a tout de suite reconnu à son facies. Dans certaines régions d'Afghanistan, les gens ont des traits similaires aux Japonais comme les yeux légèrement bridés. Ah l'Afghanistan ! cette mosaïque de peuples qui ne forment pas une nation d'où sa vulnérabilité. Massoud était le seul qui pouvait unifier le pays... Demain, je vais au PTDC, le centre national de tourisme pakistanais et voir avec eux si les régions où je compte me rendre sont sécurisées. Ils possèdent des môtels dans les endroits qui m'intéressent : le site de Moenjodaro et le Lal National Park. Je prend le train de Karachi. Le site de Moenjodaro est sur la route. Il appartient à l`une des plus vieilles civilisations de l'humanité : la civilisation de l`Indus. Kato est déjà parti. En ce moment, il vole sur Peshawar. On s`est donné rdv à Lahore au Regal Inn Hôtel.
Infos pratiques Bus Taftan-Quetta : 350 Rps Rickshaws : Du terminal bus à la gare ferroviaire : 60 Rps autres courses en ville, compter entre 30 et 40 Rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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La petite Afghane de la Bolan Pass Quetta-Larkana 10 décembre Le train stoppe à Sibi, petite ville au coeur du Balouchistan. Les montagnes sont derrière nous, nous venons de franchir la Bolan Pass. Temps pluvieux et froid. Je reste sur le marchepied à observer les allées et venues sur les quais. Je remarque une gamine qui avance d`un pas assuré le long des wagons. Toute vêtue de rouge, pantalon et longue tunique. Elle s`arrête à hauteur d`un compartiment pour parler à l`un de ses occupants. Je la regarde passer. Elle aussi me regarde. Il se dégage une telle grâce de cette gamine et un regard qui vous fait fondre lorsque vous croisez ses grands yeux noirs. De long cheveux bruns descendent sur ses frêles épaules. Sa peau est mate et dorée. Une petite pierre est incrustée dans son nez. Magnifique et adorable fillette! Elle repasse entourée d`autres gamins qui la suivent au bout de la voie ferrée. Le train repart et quitte la gare. Sur le coté, un terrain vague. Des tentes sont dressées. Les gens qui vivent ici sont des refugiés afghans fuyant leur pays meurtri par tant de guerres et sous la coupe d'occupations étrangères. La petite Afghane est là, près des rails, avec une douzaine d`autres gamins alignés, à saluer le train et à tendre les mains. Le train s'en est allé et la petite Afghane est restée sur le quai. Je n'oublierai jamais son regard. Les réfugiés afghans sont près d`un million à rechercher un peu de stabilité ici dans des conditions précaires.
Le matin, je quittais Quetta sous des trombes d`eau. Des rues tranformées en torrent boueux. Il me faut tout mon courage pour traverser la rue. De l'eau jusqu'aux mollets, mes pieds sont trempés. Malgré le peu de temps passé à Quetta, Je conserverai un bon souvenir de cette ville et de ses habitants. A la gare, je prend le Bolan Mail, c'est le le train pour Karachi qui dessert la ville où je me rend, Larkana. Auparavant, une visite au PTDC. Il est à coté de l'hôtel Muslin. le responsable m`assure que la région est ok. Le Bolan Mail, un train fatigué et lent, sans chauffage et l`électricité qui dit oui, qui dit non. Pour nous, cela peut paraitre exotique mais pour les familles avec enfants qui le vivent au quotidien, c`est une autre histoire . Et dans ce train, les Pakis se déplacent en famille avec femmes et enfants ce qui me permet d`être aux premières loges. Il y a aussi des policiers dans chaque wagon. Dans mon compartiment, prend place deux familles, je m`éclipse discrètement pour permettre aux femmes d`être à l`aise, je m`installe tantôt sur un siège couchette en hauteur, tantôt sur un siège dans le couloir. Entre les passagers, les flics et les vendeurs ambulants, il y a du monde qui circule. Et je fais des rencontres. Il y a ce type qui tient absolument à ce que je lise le Coran , un jeune étudiant d`Hyderabad qui apprend l`Anglais, les deux pères de famille de mon compartiment. Je fais la connaissance de Khalid, un soldat de Quetta en permission, il est avec sa petite famille et part visiter sa mère et son frère qui habite près de Karachi. Il m`explique qu`avec un mois de permission par an, il souffre de ne pas voir assez ses parents. Je lui montre mes photos. Elles feront ensuite le tour de mon compartiment. Khalid fait l'interprête pour les autres qui le questionnent sur moi. Un type très gentil. A chaque arrêt du train, il m`offre du thé, m`invite à partager une assiette de Dhal avec des chapatis, me fait un cadeau. Echange de mails, je lui promet de lui envoyer des photos. Au lieu de dormir et de rejoindre sa famille dans son compartiment, il veille avec moi jusqu`à Larkana pour me dire au revoir. Arrivé à Larkana, il m'accompagne sur le quai. On s'étreint chaleureusement avant de se quitter. Je le connais à peine et nous nous sommes liés d'amitié. Assurément une belle rencontre comme seul le voyage peut nous en offrir.
Khalil Je traverse la voie ferrée. il y a de l'agitation dans la rue en face. Et la plupart des passagers ont pris cette direction. Je repense à la gentillesse de ces gens rencontrés dans le Bolan Mail et l'image détestable dont on les affuble dans mon pays...et ils nous donnent des leçons d'humanité. Il est tard et je me met en quête d`un hôtel. Par chance, j`en trouve un juste à coté. Demain, visite de Moenjodaro.
Infos pratiques Train Bolan Mail : Quetta-Larkana 255 Rps (ligne Quetta-Karachi) |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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De Moenjodaro à Larkana ville natale des Bhutto le 11 décembre
rues de Larkana Le matin ça s'annonce mal. A la réception de l`hôtel, on me dit qu`il n`y a pas de bus de pour Moenjodaro. Le réceptioniste appelle un taxi qui me coûterait selon lui 1000 roupies . Je le vois qui discute avec le chauffeur et la vague impression de me faire arnaquer. j'hésite mais je n'ai guère de choix d'autant que je suis venu ici pour voir le site. Le chauffeur a une tête de pirate et un véhicule brinquebalant . C`est parti pour 30 kms sur des routes défoncées à zigzaguer entre les bus, les motos, les ânes qui tirent des charrettes etc...a travers la campagne et ses nombreuses rizières. Quelques villages crasseux et pauvres. En route, j`ai déboursé 100 roupies pour le carburant, il a mis la moitié. Quel roublard celui là ! Arrivée au site : je m`acquitte du droit d`entrée 200 roupies et paye quelques roupies pour le parking 20 roupies. Je ne suis pas déçu par ce que je vois. On dit que c`est la plus vieille civilisation du monde qui vivait dans cette ville, il y 5000 ans : la Civilisation de l`Indus. Mais la plus visionnaire sûrement. Un réseau d`égouts parcourait toutes les zônes de la ville. De grandes rues pavées avec des poubelles. Une boulangerie. Un temple avec des bains pour les prêtres alimentés par des canaux drainant l`eau de l`Indus tout proche. Une piscine avec le systeme de drainage. Vraiment impressionnant !!! C`est bien préservé même si des problèmes de salinité demeurent et menacent le site. L`Unesco mène campagne...
Moenjodaro
Moenjodaro
Un type qui se presente comme chef de chantier me propose gentiment de faire le tour. Au pas de course, le chauffeur a du mal à suivre. A la fin, il me demande 300 roupies pour les photos que j`ai pris. Là, je dis stop et le laisse sur place . Je fais l`impasse sur le musée où il faut encore débourser 200 roupies, ils n`ont pas l`air contents de me voir rebrousser chemin
Moenjodaro
Moenjodaro Avant de partir, je passe au PTDC, (organe officiel du tourisme pakistanais) pour acheter des cartes.Bien m`en a pris. Ali le responsable m`apprend qu`il y a un bus qui déssert Moenjodaro et pour cause il l`utilise chaque jour pour se rendre au bureau . Mieux, lorsque je lui annonce le prix de la course de taxi, il me dit que le juste prix est de 500 roupies. Il discute avec le chauffeur et tout semble règlé. Nous buvons le thé. Je consulte le livre d'honneur et je constate que très peu d'étrangers visitent le site, hormis quelques Japonais. En y repensant, je commence à comprendre l'entourloupe. Ce n`est pas le chauffeur qui est à blâmer, je l`aime bien celui là, mais le type de l`hôtel qui voulait percevoir de l`argent sur mon dos . Entre temps, Ali a pris place dans le taxi et me propose une visite guidée en fin d`après midi de la ville. En arrivant à l'hôtel, je paie les 500 rps mais j'oublie de dire à mon chauffeur de garder la somme pour lui car je me doute bien que l'autre va rappliquer pour avoir sa commission. Larkana, ville natale des Bhutto de père en fille. On ne peut pas se tromper à voir les panneaux géants les representant, aux carrefours stratégiques de la cité. C'est une ville sale, polluée, routes et trottoirs défoncés, électricité incertaine . Peu de choses à voir. Ali me montre la résidence de la famille (qu`ils n`habitent plus). De hauts murs terminés par des barbelés acérés entourent cette vaste propriété . Je me demande ce qu`a pu apporter concrètement Benazir Bhutto pour améliorer la vie ordinaire des gens d`ici lorsque elle fut premier ministre . A regarder autour de moi, je ne vois pas. Contraste saisissant avec la civilisation antique de l`Indus...
rues de Larkana Au Pakistan, juste une petite poignée de familles trustent tous les pouvoirs dont les Bhutto et les Sharif. Les élections n`annoncent rien de bon avec le retour en grâce des deux ex ministres corrompus... Le bazar est divisé en 2 parties, une pour les femmes où les hommes peuvent aller, une autre pour les hommes où les femmes ne peuvent aller. Après m`être essayé au cricket sans succès, suis plus à l'aise balle au pied, nous buvons un chaï et fin de la visite. Ali me raccompagne à l`hôtel. Il m`incite à faire escale à Sukkur plus haut sur l`Indus. Je verrai demain matin. Il me souhaite bonne route. Une personne dévouée et sympathique. Je suis pressé de quitter Larkana et cet hôtel. |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Une journée de galère Larkana-Sukkur-Gotki-Sadiqabab-Bahawalpur-Lahore le 12-13 décembre Départ pour Sukkur. En sortant de l'hôtel, je fais signe à un rickshaw. Il n'y a pas de gare routière au Pakistan. Les bus partent en bordure des villes, à des endroits précis selon leur destination et la catégorie "express" ou "tourisme" . J'indique au chauffeur du rickshaw "bus express Sukkur". En général, la population locale connait les emplacements. Il m`amène au point de depart du bus. Le chauffeur est assis devant une table pliante. J'achète mon ticket et je monte. Une quinzaine de passagers. Cette fois ci nous partons. Nous traversons la plaine du Sindh irriguée par le fleuve Indus qui descend de l`Himalaya. Il arrose la vallée du Ladakh en Inde avant de rentrer au Pakistan par le nord qu'il ne quittera plus jusqu'à son embouchure à Karachi pour se jeter dans la mer d'Arabie. En passant sur un pont et je peux le contempler quelques instants . Alexandre le Grand et son armée l'avaient franchi avant de se frotter aux troupes de Porus. La bataille avait eu lieu dans la vallée de l'Indus. En amont de Sukkur, un important barrage a été édifié. Une quinzaine de canaux apportent de l`eau pour irriguer les champs. Avec celle du Penjab, la province du Sindh est la plus riche du pays qu'elle alimente en denrées agricoles tel le coton et le riz. Ces deux provinces sont considérées comme le grenier du Pakistan. Mon séjour à Sukkur sera très bref. Un aller retour en rickshaw jusqu`au centre. J`ai l`adresse de l`Al Habi hotel. Le jeune qui m'accueille à la réception me dit de patienter. Le manager se présente et m`annonce que c'est complet. je n'en crois pas un mot mais que faire de plus . Il demande à un de ses employés de m'accompagner pour me montrer un autre hôtel tout proche...histoire que je debarrasse le plancher . C'est l'histoire de la patate chaude. 2ème tentative 200m à quelques mètres dans la même rue...regard ferme du réceptionniste `It`s full` . 3ème tentative dans un hôtel juste à coté, le type me regarde de haut en bas et me demande de sortir mon passeport dans la rue, je refuse . Il me propose une chambre de 4 lits et bien sûr je dois payer pour la totalité soit 400 Rps. Je demande à voir. La chambre est crasseuse . Je refuse à son grand désappointement. J`en ai assez vu. C'est mal parti et je décide de filer. Enervé, je me met en quête d'un rickshaw pour retourner prendre un bus pour Bahawalpur. Un jeune type en moto qui me voit errer dans la rue s'approche et m`invite à monter . Méfiant, je pense qu`il veut de l`argent. Il parle un peu Anglais. J'essaye de lui expliquer mes projets. on arrive à se comprendre. "You're welcome my friend". Il m'emmène et nous progressons lentement, mes deux sacs sont encombrants. A chaque coup de frein, nous manquons de perdre l'équilibre. Puis, il s'arrête et me demande de l'attendre. Il rentre dans un magasin et je le vois discuter avec une personne. Ils ressortent ensemble. C'est l'un de ses amis. Il s'apprête à partir et prendre le bus dans la direction de Bahawalpur. C'est lui qui prend la relêve. Il a déjà pris place dans un rickshaw avec son sac. Juste le temps de dire au revoir à ce type dont je ne connais pas le nom. Echange de poignées de mains . "Welcome you're my friend". Je rejoins mon nouveau guide, il a déjà payé la course et ne me demande rien. Au bus stand, c'est l'effervescence. Il y a un bus express stationné sur le bas coté. C'est le bon. Nous nous installons et payons nos billets. Il ne fallait pas être en retard. 10 minutes et il démarre. Il est midi. Renseignement pris auprès du ramasseur de tickets, je dois changer de bus à Sadiqabab. Mon hôte descend avant, à Gotki. Je commence à accuser le coup. Fatigué et je traine des séquelles de ma trachéite. Si je pouvais dormir. Le bus est bondé, bruyant et il n`a d`express que le nom car il passe dans tous les patelins sur sa route, faisant parfois un détour. Il fait chaud. A l'extérieur, beaucoup de pauvreté. Juste après Rohri, il y a ce village au milieu d`une montagne de déchets, envahi par des nuées de mouches...à la limite du supportable . Mon hôte est étudiant. Il est discret et serviable. Nous parlons très peu durant le voyage. Il a quelques mots d'Anglais et comme moi, il somnole groggy par la chaleur étouffante. Nous arrivons à Gotki. Avant de partir, il prend soin de demander autour de lui qui va à Sadiqabab afin de prendre le relai pour me guider . Chaleureuses poignées de mains avant de se quitter. Encore un de ces anonymes dont je me souviendrai . Les pakistanais en plus d'être accueillants, sont prévenants. A sadiqabab, nous marchons le long d'un boulevard interminable. C'est une ville très animée . Les gens semblent étonnés de voir un étranger. Des regards amusés et amicaux m'accompagnent. Mon sac sur l'épaule, un bonnet noir qui couvre mes cheveux, je suis tranquillement mon guide qui marche devant . Je me dis que même seul, je n'aurais eu aucun mal à trouver mon chemin, les gens sont si serviables. Vraiment je me sens en confiance . Au bus stand, ça s'agite. Beaucoup de bus. Les moteurs chauffent. Des hommes sont sur les toits chargeant les bagages volumineux, d'autres tendent des cables pour bien arrimer les cargaisons. Des chauffeurs m'indiquent le bus pour Bahawalpur. Il y a du monde aux fenêtres. A peine suis je monté que le chauffeur me fait signe de venir m'asseoir devant. Ce sont soi-disants les meilleures places. Signe extérieur de l'hospitalité pakistanaise. Un siège à coté du conducteur, face au large pare-brise, je suis aux premières loges comme pour un spectacle. Et du spectacle il y en a, j'en ai pour mon argent et je n'en perd pas une miette malgré la fatigue . Nous démarrons et nous empruntons l'highway mais très vite il bifurque à droite et s'enfonce dans la campagne. Arrêt dans chaque village. Le bus ne désemplit pas entre les sortants et les rentrants. Il y a des écoliers, des lycéens qui sortent de cours, des étudiants, des gens qui finissent leur journée de travail . Le paysage se modifie. Nous sommes au Penjab. Un nouveau pensionnaire occupe la chaussée : le dromadaire. On longe le desert de Thar ce qui explique leur nombre important. Les villages affichent moins de pauvreté. Quelques tracteurs circulent. A un carrefour au centre d'une petite ville, j`assiste à un spectacle hallucinant : bus, camion, voitures, tracteur, motos, rickshaws, un dromadaire et un âne tirant leur cariole essayent en même temps de se frayer un passage dans un vacarme assourdissant . Plus loin, le bus doit doubler comme il peut, c'est à dire à la Pakistanaise, des files de tracteurs chargés à bloc de cannes à sucre sur des kms. Notre chauffeur dispose de toute une panoplie de klaxons qu'il utilise au moindre prétexte . Chacun a une fonction déterminée. L'un sert à doubler bus et camions, l'autre sert à avertir les piètons, un autre sert à amuser la galerie et celui là je le soupçonne d'en abuser ...La nuit tombe. Sur les bas-cotés, des ouvriers agricoles se chauffent sur des braséros improvisés. Il est 22 h lorsque nous arrivons à Bahawalpur après 10 heures de bus. Maintenant je dois vite trouver un rickshaw en espérant que l`hôtel où je vais, ne me refuse pas. Pas d'électricité dans le quartier. Je meurs de faim et de soif. Je repère un étal de fruits où j'achète des bananes, des oranges et une bouteille d'eau. Le jeune type qui m`emmène dans le centre, ne sait pas trop ou il va . Il y a eu une grosse averse. Les rues ne sont pas éclairées, le sol est mouillé et jonché de flaques d'eau. Par deux fois, en évitant des trous au dernier moment, le rickshaw est à deux doigts de basculer . Il stoppe plusieurs fois pour demander son chemin, il est aussi perdu que moi et distrait...Il oublie de serrer le frein à main et je suis obligé de sortir pour l'empêcher de débouler la pente pendant qu'il discute sans se rendre compte de rien. Après tergiversations dans les quartiers du centre, nous trouvons l'hôtel. A peine ai je le temps de descendre mon sac qu'une personne se dirige vers nous me dire que "sorry it's full" . J'avais un pressentiment. Relax, je ne panique pas. Il est 22h30. J'ouvre le LP. Que me propose t-il ? il y a cet hôtel....nous sommes passés devant en venant. Il est juste à coté. Point positif : une grande avenue éclairée. Je rentre dans l`hôtel et à mesure que je m`approche, je vois le visage du réceptionniste se décomposer. Mauvais signe. Evidemment `Hotel is full` avec un air de chien battu. Une discussion s`engage avec le jeune rickshaw. Il change subitement de ton. Je comprend qu`il n`accepte pas d`étrangers même le fait qu`il se fasse tard n`y change rien. Je pense que c`est ce qu`a voulu lui dire le jeune qui parait mal à l'aise. En partant, je ne peux m`empêcher de lui parler du pays . Hotel suivant qui est à coté. Un gars est à l'accueil. En lui parlant, je le vois en train de réfléchir. Il me jauge et pour me dire qu'il aurait une chambre. Je le vois venir et je sens un coup fourré. Je demande à la voir. Les draps sont défaits, une cigarette est encore en train de se consumer dans un cendrier. Pour quel tarif ? 800 rps m'annonce t-il d'un air désarmant de naturel. Celui là me prend pour le pigeon de service . A cette heure tardive, il a senti la proie facile. La moutarde me monte au nez. 700 rps !, il insiste en plus. Je lui fais comprendre sur un ton pas très tendre que c'est hors de question . besoin de me calmer pour analyser la situation. Je renonce à chercher quoique que ce soit. Reste deux solutions : soit je dors dehors, soit je repars en bus de nuit jusqu'à Lahore. il est 22h45. Pas certain qu'il y ait encore des bus. Selon le jeune, il y a un départ à 23h30. Il faut tracer. J'espère qu'il a raison. Enfin si il connait les horaires des bus aussi bien que les rues de sa ville, je peux m'inquiéter . Bah je fais du mauvais esprit . Le bus est bien là et je pars direction Lahore. Merci au rickshaw qui m'a bien épaulé. Exit Multan. Un regret . Je vais pouvoir me reposer durant le trajet. Un bide cette journée, ça fait partie des imprévus de voyage, pas très réjouissants certes mais la vie n'est pas qu'un long fleuve tranquille. Et tout ne fut pas négatif dans cette odyssée.A 7h00, j'arrive à Lahore, exténué, après avoir traversé le sud est d'une traite.
Infos pratiques Bus express : Larkana-Sukkur 110 Rps Bus express : Sukkur-Bahawalpur 300 Rps Bus de nuit : Bahawalpur-Lahore 300Rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)Une journee de galere
(en réponse à...)

24 décembre 2007 à 4:37
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Au Regal Inn à Lahore Lahore
Foire aux bestiaux en prévision de la fête de l'Aïd du 13 au 26 décembre Quelque part dans la banlieue de Lahore, je marche malgré la fatigue. Le bus nous a déposé loin du centre. Dans le quartier, c'est la foire aux bestiaux. Le jour du grand Aïd se rapproche et beaucoup de gens viennent acheter des moutons. Je dois rejoindre une rue qui s'appelle "the mail" mais je pars dans la mauvaise direction. Et puis c'est trop loin à pied, je me décide à prendre un rickshaw. Problème, celui ci ne pipe mot de ce que je lui dis, mon plan n'a aucune utilité non plus. Tant pis, je lui demande de m'amener au centre et ensuite je continuerai par mes propres moyens en espèrant que l'hôtel ne soit pas trop éloigné : Le Regal Inn. Passé le rickshaw, me voici arpentant la rue. Au fur et à mesure que j'avance, je demande mon chemin. Non sans mal, car j'ai l'impression de faire des détours. Sur le seuil d'un magasin de petit électroménager, mes derniers informateurs se mettent à sept pour m'expliquer ou plutôt s'expliquent autour de mon plan avant de délibérer. On m'a proposé un siège et du thé pour me faire patienter. Finalement, selon leur conclusion, je n'ai plus qu'à suivre Temple Road sur 1 km et passer devant le cinéma Regal Inn, la guesthouse se trouve dans une rue adjacente. Ouf ! j'arrive péniblement. Je longe The Mail, la grosse artère de la ville.Au fond d'une impasse, j'aperçois l'enseigne. Le Regal Inn se trouve au 2ème étage d'un vieil immeuble. Au RDC, une gargotte, du chaï fume dans une casserolle. Premier étage, un cybercafé. Les escaliers sont raides.
Rues de Lahore Premiers jours éprouvants. Sitôt posé mon sac auprès de mon lit, je ne pense qu'à dormir. Le dortoir est presque vide. deux autres lits sont occupés. Depuis Shiraz que je traine un vilain coup de froid, je n`ai pas pu recupérer totalement et j'enchaine les maladies. Angine, Trachéite, Toux tenace. Ma traversée rapide du Balouchistan depuis Zahedan en Iran jusqu'à Quetta soit presque 1600 kms non stop et mon parcours chaotique dans le sud-est pakistanais entre les provinces du Sindh et du Penjab n`ont pas arrangé les choses . J`ai besoin de recharger la mule. Repos les deux premiers jours. Je loupe la soirée soufi du jeudi soir. Malheureusement, ensuite je rechute. Mal à l`estomac, diarrhées, insomnies, fièvre . Cloué au lit sous les couvertures, je grelotte. On me fait boire une potion à base d'herbe que je manque de recracher. Rien n'y fait et le samedi soir, le fils de Malick le propriétaire du Regal Inn m'emmène voir un docteur à l'hôpital. La consultation est gratuite pour les étrangers. Encore un exemple de l'hospitalité pakistanaise; ça me laisse songeur. Il me fait une ordonnance et me voilà sous antibiotiques. Je ne peux rien avaler, ni dormir. Les nuits sont froides. Sans energie et sans force, je n`en mène pas large. cela va durer 4 jours qui me paraissent une éternité. Entre temps, je vois défiler les voyageurs quand dans ma tête, défilent des plats de boeuf bourguignon et de quenelles lyonnaises. Au lit, je passe mon temps à composer des menus qui me font saliver. Le 5ème jour, je refais surface. Je passe une nuit calme et recommence à m'alimenter avec du riz blanc. Ouf! il était temps car je commençais à douter. Le lendemain, je vais au supermarché qui fait l'angle et j'achète de quoi me mitonner des spaghettis en sauce. Les yeux plus gros que le ventre car mon estomac à la diète a besoin de reprendre son rythme. De Lahore, je n`ai rien vu mais je connais les moindres recoins de l`hotel .
Un mot sur cet endroit mythique Le Regal Inn : J`en avais entendu maintes fois le plus grand bien avant de voyager dans la région. Et ce n`est pas usurpé. C`est un endroit vraiment spécial, unique. Pour résumer, je dirais que lorsque on passe la porte du Regal Inn, on est comme à la maison...en voyage . La maison des voyageurs, ceci grâce à un homme, Malik un ancien journaliste, militant des droits de l`homme qui, avec son staff, se met en quatre pour nous soyons à l`aise. Chambres doubles, dortoirs, espace salon avec TV, espace cuisine avec matériel à disposition, espace internet, machine à laver, bibliothèque, quotidien paki en Anglais disponible tous les matins, docteur consultable gratuitement. Pour moi, une aubaine de pouvoir me refaire la santé dans un tel endroit et je leur en suis pleinement reconnaissant car ils m`ont soutenu dans ma concalescence . Carrefour des voyages. Endroit idéal pour rencontrer d`autres voyageurs. Lahore est à la croisée des chemins entre ceux qui viennent d`Inde, d`Iran et de la Karakoram Highway depuis Kashgar en Chine . Il y a Anthony, un Australien de Perth, 55 ans avec sa topette à portée de main. Personnage haut en couleur, tout droit sorti d`un roman de Cizia Zyke. Avant, il cherchait des perles dans les eaux au large des iles indonésiennes. Sa devise : Un joint dans la main, une bouteille de whisky dans la poche . Vladimir et Catherine des Français de Paris qui arrivent de Karachi par le train. Ils sont rentré par la Khunjerab Pass au nord Pakistan en prenant la KKH depuis Kashgar. Auparavant ils ont traversé la Mongolie, le Kazaksthan, la Sibérie depuis septembre. Carla et Emmanuele un couple d'Italiens de Piacenza. Même itinéraire que le mien. A quelques jours près, on aurait pu se rencontrer à Dogubayazit en Turquie où ils ont croisé Jade. La guesthouse se remplit. Un Slovaque, un autre Australien, un Croate, un Turc, un couple américano-pakistanais, des Japonais dont Kato qui fera un passage-éclair avant de partir en Inde. L`ambiance est excellente.
Musiciens soufis au Regal inn La musique soufie : Elle est omniprésente. Lahore est le poumon culturel du Pakistan avec un festival annuel de musiques soufies où toutes les provinces pakistanaises se donnent rendez vous. Le soufisme fait partie des facettes de ce pays méconnu et tant décrié en Europe. Assister à un concert ou à une nuit soufie est essentiel pour s'imprégner de la culture pakistanaise. Au Regal Inn, tous les jeudis, Malik organise deux sorties pour que les étrangers se familiarisent avec cet aspect important de la culture pakistanaise, pour élargir la vision qu'ils ont de ce pays. Chants soufis l'après midi et le soir, ça se passe au mausolée du grand maitre spirituel Baba Shah Jamal connu comme la Soufi Night. Le fils de Malick nous emmène car c'est difficile à trouver. Une grande pièce archi bondée, à ciel ouvert, trois musiciens jouent . Les gens sont debout ou assis en tailleur sur le sol. Des vieux en cercle fuments de l'opium dans de grandes pipes mais la plupart des autres gens présents fument du hash. Un danseur soufi est en transe. Nous nous installons sur un coté. Les étrangers sont les bienvenus à condition de ne pas prendre de photos. Des serveurs tournent constamment avec des plateaux de gateaux et de chaï. Une personne reprend à répétition le nom d'Allah repris en choeur dans toute la salle. Et puis arrive les frères Sain, Gonga et Mithu, musiciens soufis. Deux légendes vivantes au Pakistan et aussi de prodigieux joueurs de Dhôl, sorte de gros tambours à deux faces. Gonga a un destin hors du commun. Sourd depuis l`enfance, son pere l`a initié au Dhôl en lui frappant les rythmes sur son dos pour qu'il ressente les vibrations. Cela lui a profité d`un point de vue musculaire. C`est un colosse . Le duo qu'il forme avec son frère est réputé au delà des frontières. Un film a même été réalisé pour la TV française (france5) http://www.france5.fr/common/playerVideo.php. La foule est enthousiaste. Gonga jouit d'un immense respect et il est avec son frère, le musicien soufi attitré de Baba Shah Jamal. Ils jouent sans s'arrêter, enchainant les rythmes. Au début, accompagné d'un saxophoniste et ensuite quatre danseurs entrent en scène. Ennivré par le rythme soutenu des dhôls, ils vivevoltent et tournoient devant Gonga et Mithu (voir les vidéos sur le site de Vlad et Cathia http://vladicath.canalblog.com ) . C'est très surprenant. A 1h du matin, nous décidons de rentrer. Quelle délicieuse soirée . En tant qu'amateur de percussions, je suis ébloui et impressionné par leur jeu. Le lendemain, pour la grande fête de l'Aïd, Malick nous offre un repas. Encore un signe d'hospitalité qui nous va droit au coeur. Plusieurs plats disposés sur un tapis et sur lequel chacun s'installe en cercle. Malick, ses deux fils et un ami partagent le repas avec nous. Enuite, Sain Mohammmad Ali et son groupe de musiciens soufis avec leur tabla, harmonium jouent durant deux heures. Repas, musique et danse. Décidemment, cette soirée se termine en beauté .
Les frères Sain Mithu et Gonga au Regal Inn Concernant l'actualité En cette période d'élections, la rue pakistanaise est agitée. Depuis que Musharraf a décrêté l'état d'urgence en octobre, il y durcissement au niveau des libertés. A lahore, ce sont des manifestations, sittings pour protester contre la fermeture d`une émission de TV, contre l`arrestation d`un avocat. Chaque jour apporte son lot de protestations pacifiques qui font la une des journaux. Journalistes, avocats, lycéens occupent la rue. La société civile pakistanaise démontre une belle vitalité . La campagne électorale bat son plein. Les deux candidats de l'opposition se déplacent dans le pays avec des fortunes diverses. Sur quelques affiches, à coté de la photo d'un candidat, on remarque un dessin, un tigre ou une bicyclette. Il parait que c`est pour aiguiller les illettrés. Une autre campagne d`affichage concerne la corruption avec le slogan `No Corruption`. Lu dans le journal : un lecteur propose qu`on les placarde devant le Parlement et bâtiments institutionnels. Des attentats suicides continuent de secouer le pays, surtout dans le Balouchistan, dirigés contre les militaires mais les civils ne sont pas épargnés. Dans le nord, à Peshawar, des explosions ont lieu dans des Cd`s Shops. A mardan, toujours dans le nord, enlevement d`un barbier et d`un vendeur de Cd`s, la connerie n`a pas de limite
Bus à Lahore
Rickshaws à Lahore
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Pakistan)Au Regal Inn a Lahore
(en réponse à...)

25 décembre 2007 à 13:04
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Noël au Regal Inn à Lahore Lahore du 13 au 26 décembre Il règne une bonne ambiance au Regal Inn. La plupart des voyageurs sont maintenant là depuis plusieurs jours. De plus les sorties à la Soufi Night et la soirée de fête de l'Aïd ont soudé des liens. Quant à moi, j'entame ma deuxième semaine. Le courant passe très bien avec les deux autres Français, Vladimir et Kathia et nous projetons de faire un bout ensemble sur les routes de l'Inde, du coté du Rajasthan et Goa. C'est assez évasif pour le moment mais l'envie y est. Nous partons visiter la vieille ville. En compagnie de Emmanuel et Carla les deux Italiens. Visite du fort de Lahore, de la mosquée Badshahi la plus grande du pays et le musée, l'un des plus important d'Asie. Il y a foule sur les sites touristiques. C'est la période des fêtes. Beaucoup de familles. Les Pakistanaises grandes et petites sont superbement vêtues de saris multicolores. C'est un déferlement de couleurs éclatantes. Nous sommes aussi une attraction de plus. Poses Photos. Sourires et regards bienveillants. Ambiance bon enfant et situations cocasses. A peine assis et nous voilà sollicités pour une nouvelle séance photo. Nous nous exécutons avec plaisir.
Rues de lahore la vieille ville
Jeu de cricket. au fond la mosquée Badshahi Le lendemain, nous décidons d`aller assister au spectacle à Wagah. A cinq dans un taxi en compagnie de Vlad, Cathia, Emmanuele et Carla. Le show de Wagah Border se déroule quotidiennement à la frontière où soldats indiens et pakistanais, vêtus de costumes d`apparat, défilent tels des playmobils, se toisent du regard pour le plus grand plaisir des gens accourus en nombre d`Amritsar pour les Indiens et de Lahore pour les Pakistanais et qui remplissent les gradins. Le show se termine par la descente des drapeaux des mâts et chacun rapporte ses couleurs derrière la ligne. Tout est réalisé dans une synchronisation étonnante sous les vivas des deux publics déchainés chauffés à blanc par quelques meneurs agitant des drapeaux. Instants surréalistes. Ensuite tout le monde rentre chez soi. Le rendez vous est pris le lendemain. Les militaires des deux camps sont complices pour unir leurs efforts bien loin des remous politiques qui agitent les deux pays sur la question du Cachemire.
Compagnons de route : Emmanuele, Vlad, Kathia et Carla Noël à Lahore. Ce matin, je fais quelques courses au petit supermarché dont je suis un client régulier depuis la fin de ma maladie et comme nous pouvons cuisiner au Regal Inn, je me prépare quelques petits plats. Un des vendeurs me souhaite un "happy Christmas" avec un grand sourire de bienvenue. L'hospitalité pakistanaise. Avec Vlad et Cathia, nous avons l'habitude de fréquenter le KFC à quelques mètres de là pour manger des glaces. La plupart des caissiers sont sourds. Devant les caisses, un panneau de langage des signes pour apprendre à communiquer, enfin quelques rudiments. Avec eux, c'est toujours très chaleureux. Lahore est connu pour son école spécialisée de sourds-muets. Pour Noël, Malick nous fait une super surprise. Il propose un barbecue sur la terrasse, brochettes de poulets. Ses fils s'occupent d'aller chercher les ingrédients. Tout le monde se cotise et met la main à la pâte pour la cuisine. Notre groupe de voyageurs est réellement homogène, de bonne humeur aussi car de la musique est prévu pour la fin de la soirée. Ce sont les frères Sain, Gonga et Mithu en personnes qui viennent jouer. Nous buvons du petit lait. Lorsque leur venue a été annoncée, les voyageurs sur le départ n'ont pas hésité à rester une nuit supplémentaire. Malick connait bien les deux frères. Il avait organisé le reportage pour France5. Gonga arrive en premier avec sa petite fille, sourde comme lui. Ils sont suivis par Mithu et deux autres musiciens. Le mini concert de percussion débute. Un moment de pur bonheur. Outre le fait qu'ils soient de prodigieux joueurs de dhôls, ils font preuve d'une grande disponibilité et d'une grande gentillesse. Une façon à eux de nous souhaiter un joyeux noël. Puis ils repartent car ils doivent se produire dans une autre soirée. Gonga nous salue un à un chaleureusement et invite sa fille à faire de même. Quel personnage ! une belle leçon d'humilité. La musique soufie continue. Sain Mohammad Ali et son groupe prennent la relève pour chanter. On tape des mains et on danse. Quelle belle soirée ! elle restera gravée dans ma mémoire.
Gonga et Mithu au Regal Inn
Gonga avec un autre joueur de dhôl
Musiciens soufis au Regal Inn le jour de Noël Le Pakistan aussi je m`en souviendrai. Ce pays balloté, meurtri par des flambées de violence qui n`en finissent pas mais qui recèle tant de richesses de coeur et de générosité. Un pays de musique. Je me souviendrai longtemps du sourire et de la gentillesse de ses habitants.
La fille de Gonga
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Arrivée en Inde : Amritsar et l`Etang du Nectar
Souvenirs du Temple d'Or Lahore-Attari-Amritsar le 26/27/28 décembre Lahore, ce matin, derniers préparatifs avant de partir. Nous sommes six à prendre la route pour l`Inde. Cathy et Vladimir les 2 Français, Carla et Emmanuele les 2 Italiens, Anthony l`Australien et moi. Nous décidons de voyager ensemble. Malik est présent pour nous dire au revoir. Quelques dernières photos. L`émotion est palpable. On a tous passé une soirée mémorable hier. Quant à moi, j`aurais séjourné deux semaines ici. Le Regal Inn restera un très grand souvenir de mon parcours et peut être la meilleure guesthouse que j`ai connu. nous partons dans 2 taxis jusqu`à Wagah. Les formalités se font en douceur dans la plus totale des décontractions, sous un beau soleil.
Frontière à Wagah Emmanele et Carla En chemin, rencontre avec un Anglais qui se joint à notre petit groupe. India !!! Nous y sommes. La langue est l`Hindi. Monnaie : la roupie. nous croisons des centaines d`Indiens qui se pressent pour assister au show quotidien de rivalités entres les soldats indiens et pakistanais. La frontière ferme ses portes. Place au spectacle. Attari.. On négocie avec un taxi pour nous amener jusqu'au Temple d`Or à Amritsar. Sept personnes avec bagages mais surtout un bon prix. Un peu serré mais ça passe. Bienvenue en Inde. Dans la voiture, tout le monde est silencieux. Concentrés sur le paysage qui défile. D`autres sont plongés dans leurs pensées comme moi. Déroulement du film de mon séjour pakistanais . Je me sens bien au milieu de mes compagnons. Sous mes yeux, un nouveau pays. Pincement au coeur. Des anonymes rencontrés dans le Sindh et le Penjab qui m`ont aidé, les Baloutchs de Taftan et Quetta, la petite Afghane de Sibi, Khalid et les passagers du Bolan Mail, Ali du Ptdc de Larkana ville des Bhutto, Malik et son staff du Regal Inn, les musiciens soufis, Gonga et Mithu les percussionnistes et tous ces sourires...je les revois tous...émotions... Amritsar. Deux millions d`habitants. qui vient de Amrita Saras signifiant Etang du Nectar ou Bassin de l`Immortalité. Place sacrée pour les Sikhs. Arrivée au Temple d`Or. Beaucoup d`effervescence. Partout des hommes portant des barbes soignées et coiffés de turbans. Pas de doute, on est au coeur du Sikhisme. Nous logeons à l`intérieur du complexe excepté Anthony qui préfère un hôtel. L`alcool et la cigarette sont interdits à l`intérieur du Temple d`Or. Une des particularités de cet endroit est que l`on peut être logé gratuitement que l`on soit fidèle ou non. En effet, les Sikhs ont même prévu des dortoirs pour accueillir les voyageurs ce qui démontre un réel sens de l`hospitalité et de tolérance. Il y a six dortoirs de trois lits avec des casiers pour les bagages. Une grande pièce faisant office de grand dortoir avec 12 lits. Les draps et couvertures sont fournis. Un coin douche avec eau chaude. Il suffit de remplir le registre pour s`inscrire en arrivant. Durant les 3 jours passés ici, nos hôtes font preuve d`une grande gentillesse et d`une grande discretion, s`assurant de compter les lits disponibles afin de placer les nouveaux arrivants. La plupart du temps, ils restent devant l`entrée pour garder l`accès. C`est là que nous rencontrons Yann et Ludivine qui font route vers le Pakistan. Ludivine m`explique qu`ils essaient d`obtenir le visa iranien en vain. En l`écoutant, j`ai le sentiment de la connaitre. "t`es tu renseignée sur les sites de voyage comme Forum Voyage ?", "Oui, j`y vais souvent...", "On se connait, moi c'est Mekong" et c`est ainsi que je fais la connaissance de Pekoune une forumiste avec qui j'échangeais sur le forum. Elle et son copain Yann voyagent depuis 5 mois en Inde. Le soir, repas tous ensemble, nous découvrons un petit restaurant à ciel ouvert, caché de la rue principale. Emmanuele a aperçu un bout de table et de la fumée. Bonne pioche. Il sert des plats végetariens succulents. Ce sera par la suite, notre rendez quotidien pour le dîner. Yann me donne quelques indications précieuses pour la suite de mon voyage. Ils ont séjourné à Hampi. Je retiens pour mon nouvel itinéraire.
L'entrée du Temple d'Or A l'origine j'avais prévu l'Inde du Nord, le Népal, Darjeeling. Après réflexion, j'ai renoncé. Dommage. Je m'étais projeté sur les pentes de l'himalaya. Un rêve de gosse qui s'éloigne...ce n'est que partie remise. J'ai rangé soigneusement les petits papiers qu'Arantza m'avait préparé à Yazd pour le Népal. Les raisons qui me font renoncer est le besoin de soleil et le manque de temps. Besoin de soleil car mon organisme a été soumis à rude épreuve entre une angine, une trachéite et un estomac déficient. Il y a aussi la rencontre de Vlad et Kathia en route vers le sud qui pèse dans mon choix. Manque de temps car je dispose de six semaines entre le Népal et l'Inde. Trop juste. J'ai envie de prendre mon temps et tout compte fait, le nouvel itinéraire qui se dessine me fait saliver. Le lendemain, visite du Temple d`Or. Pour y accéder, prière d`enlever ses chaussures et de se couvrir la tête. Devant l`entrée, les Sikhs ont prévu des consignes gratuites pour garder les chaussures des gens venant de l`extérieur. Beaucoup de choses sont gratuites. Des bus qui font la navette entre la gare et le temple, des logements et des emplacements comme la grande cour où les gens déplient des couvertures dès la tombée de la nuit, des toilettes, des douches communes, l`entrée du Temple d`Or et le must, une cantine géante pouvant accueillir 10 a 40000 visiteurs par jour. Le repas est simple mais bon. On s`asseoit par terre, par rangée et des hommes passent entre les rangs pour remplir les plateaux que l`on nous a remis a l`entrée. Un plat de Dhal, de haricots, de riz au lait et des chapatis. Après avoir terminé, chacun se dirige vers la porte de sortie où des personnes formant une chaine, nous délestent de nos ustensibles pour les remettre à une centaine d'autres s`occupant de faire la vaisselle dans d`immenses éviers. Sur la droite, des gens assis par terre, épluchent des oignons. Une organisation impeccable et les Sikhs sont toujours là pour veiller au bon déroulement des opérations.
L`accès au Temple se fait par un chemin de marbre, entouré d`arbres et de bassins. Au bout, un escalier... c`est un éblouissement. Devant moi, l`Etang de Nectar ; au milieu se dresse le sanctuaire sikh "le Har Mandir" recouvert de feuilles d`or qui lui donne cet aspect doré et qui lui vaut d`être appelé Temple d`Or. Tout autour de l`Etang du Nectar, des bâtiments blancs finement décorés. Des femmes, des hommes, des enfants suivent le chemin de procession fait de marbre de gauche à droite. Un tapis rouge est déroulé sur toute la longueur. Les saris des Indiennes sont magnifiques. Les hommes portent des turbans et pour certains arborent de superbes barbes blanches. C`est une explosion de couleurs.
Quelques fidèles prennent un bain. Le sanctuaire est accessible par un chemin orné de lampes en or. Ici se trouve le livre sacré du Sikhisme : le Granth Sahib. A l`intérieur et durant toute la journée, des prètres chantent inlassablement des hymnes associés à des mélodies sous forme poètique qui font partie du Granth Sahib. Sur fond de tabla, les chansons sont véritablement envoutantes.
En 1984 Indira Ghandi envoya l`armée au Temple d`Or sous prétexte que des nationalistes sikhs s`y étaient réfugiés, outrepassant le caractère sacré du lieu. Bilan : des centaines de morts dont des femmes et des enfants. Les liens déjà tendus entres les communautés hindous et sikhs se rompirent et des émeutes s`ensuivirent....Le livre sacré contient des textes et des poèmes faits pour être chantés. Il contient aussi des enseignements non sikhs. Des textes du poète indien Kebir et du Soufi Chaykh Farid faisant référence aux deux autres grandes religions. Un exemple qui témoigne d'un esprit d'ouverture......En représailles du massacre et de la violation du sanctuaire, Indira Ghandi fut assassinée par l`un de ses gardes du corps sikhs.... Avant de venir à Amritsar, je connaissais les Sikhs qu`à travers le meurtre d`Indira Ghandi, les cinq k le kesh, le khanga, le kachcha, le kara, le kirpan. Ce que je découvre ici me séduit et me questionne. La philosophie dont est imprégnée l'endroit me séduit. Quelle chance de pouvoir voyager et un enrichissement constant qui permet de gommer les clichés dans lesquels nous sommes enfermés. Je m'achète un guide et une carte routière et je suis désormais bien pourvu pour entreprendre mon périple indien. Au cybercafé, j'ai une bonne surprise. Des nouvelles de Jade. Elle se trouve en Syrie. Elle me dit qu'elle compte rester quelques mois pour apprendre l'Arabe. Mon séjour se termine. Ce soir, bus de nuit pour Ganganagar en compagnie de Vladimir et Cathia et rejoindre ensuite Jaisalmer au Rajasthan. Nous faisons un bout de chemin ensemble, jusqu`à Mombai ou Goa. Pour la suite, on verra. Yann et Ludivine sont partis au Pakistan au moment où l`on apprenait l`assassinat de Benazir Bhutto. Triste nouvelle pour le Pakistan et ses habitants pris dans un engrenage de violence sans fin. Quant a Emmanuele et Carla les deux Italiens, nos routes bifurquent. Ils partent demain en direction de l`Inde du Nord. Emmanuele a trouvé une moto Enfield pour un bon prix près de la gare. Après un dernier repas commun dans notre petit resto préferé, c'est le moment de se quitter. Echanges de mails et d`adresses. Embrassades chaleureuses. Je les aime bien. On espere se revoir en France ou en Italie. Tchao Tchao. Il est 22h00. Nous attrapons le bus in extremis.
Infos pratiques Logement gratuit au Temple d`Or mais une donation est bienvenue Rickshaw à Amritsar : 30 Rps Becak : 10 Rps /personne Les prix sont affichés sur quasiment tous les produits. Prendre le temps de vérifier le prix et payer la somme indiquée Bus d'état : Amritsar-Ganganagar 136 Rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Rajasthan : A Jaisalmer dans le désert de Thar Amritsar-Ganganagar-Bikaner-Jaisalmer-Jodhpur le 29-30-31 décembre Amritsar. A quelques minutes près, nous manquons de rester sur le quai. Il est 22h00. Le départ était prévu à 22h30. Incompréhension. Evidemment le bus est bondé quand nous nous pointons avec nos sacs encombrants. Aïe ! nous achetons nos billets avant de monter. Le chauffeur se concerte avec ses collègues et demande aux passagers du fond de nous faire de la place. Installés sur la grande banquette de derrière, nous gardons nos sacs sur nos genoux mais nous sommes assis. Les indiens qui ont libéré trois places sont debout dans le couloir. C'est un bus express et après quelques dizaines de kms, des gens descendent. Nous n'aurions pas eu à attendre debout longtemps. La montre de notre voisin indien affiche trente minutes d'avance. Voilà l'explication, nous nous sommes plantés sur le décalage horaire après le passage frontière. Voyage de nuit. Le chauffeur roule vite. La route est dégagée. Peu de circulation. Arrivée à Ganganagar à 4h du matin. Au terminal, il y a déjà des gens qui attendent. La nuit est très froide. Une échoppe vend des petits gâteaux et du chaï. De gros boeufs noirs sont couchés dans un coin du vaste parking où stationnent de vieux bus Tata et Leyland. Après renseignement pris, pas de bus direct pour Jaisalmer et le premier bus pour Bikaner part à 7h00. Il fait très froid et nous rejoignons quelques Indiens autour d`un brasero improvisé . Nous partons sous les premières lueurs du soleil. A l`extérieur, paysage aride et dépourvu de végétation. Rajasthan. Aux portes du Grand Désert de Thar qui se partage entre l`Inde et le Pakistan où il est communement appelé Cholistan. Les dromadaires sont nombreux dans la région. Un animal atypique avec son allure hautaine, rien ne semble le perturber et il avance à pattes feutrées. Bikaner. Gare routière. Correspondance pour Jaisalmer. Nous sautons d'un bus à l'autre. J'achète des bananes et quelques biscuits. Vladimir va chercher de l'eau et des pommes. Le bus démarre. Je le cherche du regard. Kathia se précipite devant pour avertir le chauffeur... En Inde, lorsque un bus fait une halte, prière de ne pas s'éloigner trop loin car parfois au bout de cinq minutes, il repart sans crier garde....Il arrive en courant avec quelques victuailles. Le vieux bus est bien rempli. A bord de nombreuses familles. Il est 19h30 lorsque nous arrivons à Jaisalmer dans la nuit. Contents mais usés par un voyage qui a duré presque 24 heures. A peine sortis, nous voilà assaillis par deux types qui veulent nous emmener à leur hôtel. J'ai déjà une adresse en tête, tout proche du terminal. C'est Anthony l'australien qui me l'a conseillé. Devant mon assurance, ils n'insistent pas et nous déposent au seuil du Golden City. Mauvaise pioche. C'est un hôtel assez cher. On se met à trois dans une chambre double. Pour une nuit, il fera l'affaire. Jaisalmer "la ville dorée" est la ville principale du désert de Thar. Elle fut en son temps, une étape essentielle sur la route des caravanes. La basse ville est dominée par un fort impressionnant à 76 mètres de hauteur, surnommé "Sonar Quila". Il fut construit en 1156, fait de grès, avec des remparts de 9 mètres et 99 bastions qui permettaient de surveiller les allées et venues dans le désert et se prévenir d'attaques éventuelles. Le lendemain, nous partons le visiter. Maisons finement décorées appelées havelis, le palais, un temple jaïn.
A l'intérieur d'un temple Tout est magnifique mais terni par la surexploitation touristique. Léger malaise devant toutes ces guesthouses, magasins de tapis, babioles en tous genres avec des vendeurs et rabatteurs à l'affût d'un hypothètique client. A force d'être si nombreux, cela crée un déséquilibre proche de la saturation. Un autre problème est que les structures ne sont pas adaptées à un tel bric à brac pour touristes. Des bastions se sont déjà affaissés . A cause du système de drainage et d`évacuations des eaux usées en surchauffe. Vu de loin, on a le sentiment que le fort va s`enfoncer dans la colline sablonneuse. L`Unesco et des associations comme Intach luttent pour sauver un chef d`oeuvre en péril. Bien sur, cela fait des mécontents car les guides papiers comme le LP conseillent de se loger dans la ville basse. La ville basse : atmosphère plus détendue. Pause déjeuner. Un quartier excentré, un petit restaurant au 1er étage où nous mangeons très bien, un poulet biryani et des cubes de poulets en sauce. Délicieux ! . Ensuite balade dans les petites rues jusqu'à Hanuman Chowk où nous effectuons quelques achats dans un emporium (magasin d'état où les prix sont affichés).
Jaisalmer la ville basse Premières impressions L`inde me plait, c`est coloré, parfumé (parfois dans le mauvais sens certes...), bruyant et je trouve les Indiens accueillants. Bon, Il y a la cohorte de marchands de tapis, faux guides, acteurs de rue et rickshaws intempestifs mais ça fait partie du décor, l`important est de ne jamais se départir de sa bonne humeur. Après tout on n`a pas un couteau sous la gorge . Pour la situer par rapport à un autre pays, je pense à l'Indonésie. Des similitudes. Je me souviens qu'au bout de 2 semaines passées à Jogjakarta, certains de ces marchands de tapis "gratteurs" étaient devenus des potes . Petite parenthèse car j`avais lu beaucoup de posts négatifs et alarmistes sur le forum. Pour moi, le voyage, c`est noël tous les jours  . Le soir, départ pour Jodhpur. bus de nuit. Le vendeur de billet nous enrhume sur le tarif, 150 Rps au lieu des 120 Rps que payent les autres passagers. De plus, il veut nous faire payer un supplément pour mettre nos bagages dans le coffre . Protestations. On monte avec nos bagages a l`intérieur. Finalement, s`apercevant que la ficelle est trop grosse, il recule pour les bagages. Cette fois, nous avons pris une compagnie privée et ce genre de désagrément n'arrive pas avec les bus gouvernementaux. Jodhpur, 4 heures du matin. un rickshaw nous amène à l'adresse que je lui indique. Nous nous éloignons du centre. Au bout du compte cette adresse s'avère être un tuyau percé. C'est le gérant de l'hôtel Golden City qui nous l'avait donné arguant du fait que c'est sa soeur, elle nous fera un prix, qu'il est près de la gare etc... J'aurais dû me méfier. Bilan : c'est loin et la soeur en question est trop gourmande sur les tarifs. A cette heure avancée de la nuit, elle nous imaginait en proies faciles. Demi-tour. Fatigués et transis de froid, nous nous dirgeons vers le Govind Hôtel que j'avais coché dans mon calepin. Pas de chance, celui ci est complet. Le manager nous propose la solution du Blue House dans le centre. Cette fois c'est la bonne. Un type à moitié endormi nous accueille gentiment. Le Blue House est une guesthouse familiale. Les prix sont corrects. Notre fidèle rickshaw est encore là. "Combien on te doit". Nous nous étions arrangés sur un prix mais la course a été plus longue que prévue. Je sens qu'il est gêné. Nous le payons généreusement car il nous secondait dans nos démarches nocturnes, sympa et honnête. Maintenant dodo. A demain Infos pratiques Bus Ganganagar-Bikaner : 70 Rps Bus Bikaner-Jaisalmer : 100 Rps Bus Jaisalmer-Jodhpur : 120 Rps seat / 220 couchette |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Rajasthan : au pays des Marajahs
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5 janvier 2008 à 12:51
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Nouvel an à Jodhpur la ville bleue Jodhpur 31 déc/ 1-2 janvier 2008
Jodhpur, la ville bleue. J'ai un coup de coeur. Il fait bon se balader dans cette ville à travers ses ruelles étroites où l`on se perd facilement. De nombreuses maisons sont peintes en bleu et en indigo pour repousser la chaleur et les moustiques. Des boutiques font étalage d`étoffes, saris, dupattas (longs châles) et foulards rivalisant de couleurs éclatantes . Sur les sentiers grimpant au fort et à mesure que l`on prend de la hauteur, nous voyons la vie des habitants s'organiser sur les terrasses de leurs maisons. Des femmes étendent le linge, d`autres épluchent des légumes. Des enfants nous font des signes et nous lancent des "Hello". Des gens sur le chemin nous sourient. Douceur de vivre sous les rayons du soleil. Cet endroit me rappelle par certains aspects la ville de Yazd en Iran. Nous croisons des singes, à peine si ils font attention à nous, trop occupés à se gaver de mures qui poussent le long du sentier .
Sardar Market près de clock tower Le fort massif ou Meherangarh construit par un roi Rathore, surplombe la ville et veille sur elle telle une sentinelle. En face, de l`autre coté de la ville, le palais du Maharajah construit en 1929, il vit encore dedans et une partie est devenue un hotel dont il tire quelques roupies. Paraitrait que ce sont les habitants qui ont casqué pour cette humble demeure . Au fort, accueil impeccable, des hôtesses parlant francais, nous délivrent des tickets avec audioguides en Francais, 250 rps avec appareil photo inclus. C'est parfait pour la visite. Vu de l`intérieur, il est aussi impressionnant. J`aime beaucoup Lohapol, la porte de fer herissée de pics qui se trouve au coeur du fort. Le chemin qui y mène est en pente montante en une ligne droite de 100m et au dernier moment il finit par un angle droit donnant sur la porte. En écoutant l`audioguide, c`etait prévu pour éviter les charges d'éléphants de guerre arrivant en pleine vitesse. J`imagine sans mal l`effet de terreur que pouvait produire ces gros pachydermes martelant le sol, toutes trompes dehors, lancés à vive allure et aux barrissements à glacer le sang. Je repense à la bataille qu`avait livré l`armée de Porus roi d`Inde avec ses centaines d`éléphants de combat contre les troupes d`Alexandre dans la plaine de l`Indus, le sol devait trembler... Ce soir, il y fête au château pour le nouvel an. Des serveurs installent des chaises, des tables, des grills. On se prépare à festoyer.
Meherangarh En redescendant sur Jodhpur, pause déjeuner dans un petit restaurant sur les pentes, tenue par deux femmes très gentilles. Comme il commence à faire un peu froid, elles nous apportent des couvertures . Je prend un thali. C`est très bon. L`endroit fait aussi guesthouse. En montant à l`étage pour contempler la vue sur le fort, je constate qu`elle est vraiment clean. La prochaine fois si je reviens à Jodhpur, c`est là que je viendrai sans l'ombre d'une hésitation. Dans le quartier, les portes des maisons sont toutes ouvertes, les enfants jouent ensemble dans les petites rues et nous saluent par des `Hello` quand on les depasse. Ce soir, on fait la fête au Blue House. Notre guestouse est tenue par une famille jain. A la différence de l`Hindouisme, ils refusent le système de castes et sont végétariens comme on le constate sur la carte du restaurant, pas de viande ni d`oeuf. Avant de commencer les festivités, avec Vladimir un petit détour en rickshaw s`impose chez l`épicier . Une bouteille de vodka pour pimenter la soiree, du jus de pomme et Vlad en grand chevalier qu`il est, achète un bouquet de roses pour sa dulcinée. Nous sommes installés sur la terrasse. La soirée débute par de la danse Sapora, une danse traditionnelle rajasthanie. Les danseuses sont parées de bijoux et de robes noires faites de broderies.
Danse toute en sensualité où les danseuses tournent sur elles mêmes en accèlerant le mouvement en même temps que la musique . Cinq musiciens donnent le ton plus un jeune danseur vêtu de blanc et coiffé d`un turban rouge orange. La musique a une forte ressemblance avec la musique soufie pakistanaise. La jeune danseuse rajasthanie virevolte, tournoie avec grâce et aisance. Son sourire juvenile illumine la soirée....Elle est extraordinaire la gamine !
Une petite rasade de vodka ....Tout le monde est assis autour, sous des couvertures car il fait froid. Il y a une famille complète de Suisses de la Chaux de Fonds, une Australienne, 2 couples et 3 Belges avec qui nous sympathisons tout de suite, échanges de bons procédés bieres contre vodka. Damien, Caroline et Quentin voyagent en Inde pour 6 mois voire plus. Ils prennent leur temps. Le repas est un buffet végétarien, nous lui faisons honneur. C`est délicieux. Je découvre avec bonheur la cuisine végétarienne indienne. Ensuite place au jeu. Les chaises musicales... Une rasade de vodka pour l'échauffement . Tout le monde est en piste. Je suis deux fois finalistes, la première je la perd contre le père (ou grand père..je sais plus...) suisse , la deuxième je la perd contre le petit suisse ou plutôt je dérape pour lui offrir le siège . Est ce l'effet de la vodka ? Les rires fusent de toutes parts. Tout le monde est bien chaud et se congratule. 2008 est là. Vive 2008. Les gens s`embrassent et dansent. Au loin, les feux d`artifices explosent dans le ciel etoilé.
L`an dernier, à la même époque, je pensais fortement à fêter une nouvelle année à l`autre bout de la planète...Une rasade de vodka s`impose pour inaugurer 2008..glouglou ! Entre le Noël au Regal Inn et le nouvel an de Jodhpur, je suis comblé  . Ensuite, la soirée continue avec Damien, Quentin et Caroline jusqu'à leur guesthouse, munis de quelques bieres et d`un fond de vodka . Fin du chapitre 2007. Bonne année à tous les Vforumistes en vous souhaitant à vous aussi plein de voyages et d`émotions .
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Udaipur la perle du Rajasthan
Jodhpur-Udaipur le 2-3-4-5-6 janvier Ce matin, avec Vlad et Cathia, nous avons decidé de nous partager une voiture avec chauffeur pour aller à Udaipur. C'est au dessus de mon budget mais nous risquons de passer dans des chouettes endroits. En route nous prévoyons de nous arrêter visiter les temples jains de Ranakpur. Un petit extra aussi pour mieux voir la campagne indienne. Le temps est radieux.:))) La première partie n'est pas vraiment passionnante. Tout le monde somnole...sauf notre chauffeur qui fait une embardée pour éviter un chien qui surgit sur la chaussée . Quant aux nombreux camions qui arrivent en face, prière de se pousser sur le talus . Ici, c'est le plus gros qui passe. Nous déjeunons dans un restaurant au bord de la route. Le rendez vous habituel des guides qui aiguillent leur cargaison de touristes jusqu'ici. Le buffet est bon mais la note est salée. Du coup, je me sers trois fois pour bien me remplir la panse.
Ranakpur On arrive à Ranakpur vers 14h00. c`est rempli de touristes. L`ensemble est impressionnant, un gros temple plus deux petits en contrebas. Ce sont des temples jaïns. Je reste dehors et prefère me balader . Je fais le tour pour trouver plusieurs bonnes prises d`angles et je tombe sur deux nids d`abeilles , à coté d`une porte. Il y a plein de singes, sur les arbres et sur le parking. Ils ne sont pas agressifs mais attendent qu'on leur jette de la nourriture.
On repart au bout d'une heure. A partir de là, la route s`élève, en petits lacets à travers des paysages boisés. Au détour d`un virage, encore un groupe de singes peinards qui nous regardent passer ...Il y a un peu de fraicheur...ça fait du bien.Tiens encore des singes qui lézardent sur un pont ...Le voyage est agréable. Nouvelle embardée pour éviter un autre singe bondissant qui traverse à toute allure . Notre chauffeur a de bons réflexes. Puis la route s`aplanit. Petits villages et paysages de rizières. On s`arrête au bord de la route. Les rizières sont irriguées à l`aide de petits canaux creusés dans la terre. L`eau est amenée par une noria que fait tourner des boeufs guidés par un paysan .
Ca nous change du vacarme des villes. Un enfant garde un troupeau de chèvres. J`aperçois un héron ou tout du moins ça y ressemble avec son long bec. Tableau idyllique : au milieu du gué d`une rivière, entourée d`arbres et de verdure, des villageoises vêtues de saris roses et mauves, lavent des vêtements .
L`Inde rurale. Ce pays marche beaucoup avec la paysannerie. Mais c'est une époque difficile. En effet, il y a de plus en plus de suicides chez des petits paysans ruinés. Je connaissais le problème avant de venir mais ici en ouvrant les journaux, on tombe souvent sur un encart signalant qu'un type a passé l'arme à gauche. Ces petits paysans trompés, floués par des banques et des multinationales obsédés par l'appât du gain qui les ont poussé à s'endetter pour investir dans la monoculture au détriment des cultures vivrières, et la grande imposture des Ogm qui met en péril le fantastique patrimoine alimentaire de ce pays, je pense à toutes les variétés de riz sur lesquelles lorgne Mosanto. Quant aux autres paysans, dépossédés de leurs terres, ils vont grossir les bidonvilles des grandes métropoles en quête de travail pour leur survie. Le tableau n'est pas si noir. Il y a un syndicat très actif, une confédération paysanne puissance 10 qui leur a permis de remporter quelques batailles. Mais les charognards des multinationales rôdent et il faut beaucoup de détermination face à ce rouleau compresseur. Voilà pour la parenthèse politique. Udaipur : la ville est au coeur d`un cadre somptueux. Entouré de petites montagnes, un lac majestueux : le lac Pichola au bord duquel se dresse fièrement le grand palais blanc du Maharajah local. En face sur une ile, le palais de Jagmandir. Sur recommandation de Parvat , nous nous rendons sans hésiter au Dream Heaven malgré l`insistance de notre chauffeur pour nous amener chez un de ses amis qui tient un hôtel. Bonne pioche. La guesthouse est située au bord du lac, au pied d`une passerelle. La première chose que l`on voit lorsque on débarque, est la terrasse. Sous le charme.
Elle est spacieuse et douillette avec une vue époustouflante. Ma chambre est lumineuse et coquette avec ses décorations au plafond et sur les murs. Je viens à peine d`arriver et je m`y sens vraiment très à l`aise. Le personnel est accueillant et serviable . Quant à la cuisine qu`ils mitonnent, c'est délicieux . Toute une gamme de plats végétariens jusqu`au poulet biryani et la salade de thon maison. Durant 4 jours, je mange comme un ogre et mes deux acolytes ne sont pas en reste . Coté bouffe, nous nous entendons bien en disposant chacun d`un bon coup de fourchette . Toute la carte des plats végétariens y passe. Clients assidus, nous ne manquons pas un seul des trois repas . Des explorations culinaires qui sont de purs moments de plaisir. Le matin, qu`il fait bon prendre son petit déjeuner au soleil, profiter de la vue qui s`offre à nous et écouter le son des battoirs des femmes lavant le linge sur les ghats d`en face . Revers de la médaille. Le lac est menacé par la pollution. Il est recouvert, en plusieurs endroits et totalement aux abords de la ville, d`une algue verte. C'est jonché de détritus. Il risque à long terme l`asphyxie. Cette algue prolifère entre autre à cause des rejets domestiques telles les eaux usées des hôtels qui se sont multipliés tout autour . Parfois, on peut voir, des hommes en bateaux, ramasser la matière indésirable et ramener cette cargaison sur la terre ferme. Cela parait dérisoire devant l`ampleur de la tache. Pourtant, progressivement, la population est de plus en plus sensibilisée, c'est normal leur gagne-pain risque de disparaitre. Ceci grâce au travail des associations qui militent dans ce sens. Des femmes nettoient les bas cotés de la route en bas du Dream Heaven. Les moyens qu`elles utilisent sont certes rudimentaires mais elles agissent dans le bon sens. Un jeune Indien tenant un cybercafé, m`avoue son inquiètude face à la saleté du lac. Des initiatives encourageantes apparaissent pour combattre la pollution. Quelques panneaux solaires équipent le toit des hôtels, des rickshaws et même un bateau.
Udaipur depuis le palais blanc
Intérieurs du palais Entretemps, nous visitons le palace. En plus du tarif d`entrée, il faut débourser 200 rps pour l`appareil photo. Décidemment, le propriètaire des lieux ne perd pas le nord. Je fais la sourde oreille et je parviens à me faufiler au milieu d`un groupe de touristes. Petit clin d`oeil à Parvat . L`intérieur est cossu, richement décoré, avec de belles galeries de peintures. En sortant, attendant Vlad et Cathy, je fais la causette avec un touriste indien qui lui attend sa femme. Le reste de mes journées, je reste à flegmarder sur la terrasse dans les confortables divans partageant mon temps entre sieste et lecture. Faut bien digérer . Vlad et Cathy sont partis à Mumbai un jour avant moi. On se retrouvera là bas. Avec Vlad, On n`est pas du même bord, n'empêche. Le voyage gomme ces barrières. Un super gars. Cool et bon vivant . J`ai apprecié d`avoir partagé un fragment de voyage avec eux. Avant de partir, je passe à la boutique Sadhna tenue par des femmes qui vendent des sacs, etoffes, saris, foulards etc...je kiffe sur toutes ces couleurs. J'ai du mal à me décider. Pour un peu j'acheterai le magasin. Les produits sont fabriqués par des villageoises rajasthanies regroupées en coopératives par le biais d'une association Seva Mandir qui existe depuis 1969. http://www.sevamandir.org/history.htm http://www.sevamandir.org/sadhna.htm Demain je quitte le Rajasthan pour la big apple indienne, Mumbaï
Infos pratiques Bus sleeper Udaipur-Mumbay 400 rps pour un siege Rickshaw : Dream Heaven-Bus station 50 rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] de Lyon à Madras par la route :(Turquie)Les carpes sacrées de l'Ayn-I-Zaleyda
(en réponse à...)

10 janvier 2008 à 10:13
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Rajasthan : A Udaipur
(en réponse à...)

10 janvier 2008 à 12:29
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Mumbaï la ville de tous les contrastes Udaipur-Mumbaï le 7-8-9-10-11-12 janvier Je quitte Udaipur dans un bus couchette. J'ai réservé un siège. Départ avec 1h de retard. Je discute avec deux Coréens. A Mumbaï, ils partent directement pour Goa. Décidemment tout le monde va à Goa. J'ai prévu d'y faire un stop...peut être qu'il y a mieux à faire. Mumbai, 16 millions d`habitants, une ville où se cotoie l`opulence et l`extrême pauvreté. Bollywood et sa réussite insolente à quelques pas de Dharavi le plus grand bidonville de l`Inde devant l'aéroport. Dans le sud, des buildings qui font face à la baie de la mer d`Oman. Quartier de Churchgate, Des bâtiments symbole d`un passé colonial révolu.On continue à descendre et c'est la Gateway of India qui draine des nuées de touristes qui prennent le ferry pour les iles Elephants. Pour les voyageurs à petit budget, la ville a la réputation d`être très chère pour se loger. Heureusement, il y a l`Armée du Salut et c`est là que je descend. Situé à Colaba, juste derrière le prestigieux Taj Mahal Hotel. Il accueille quantité de voyageurs chaque jour. La plupart en transit pour Goa. Prix affiché en dortoir : 150 Rps avec petit déjeuner inclus. Une aubaine et ça va me permettre de séjourner quelques jours pour explorer la ville. Faut pas être trop regardant sur le confort et le bruit mais c'est le meilleur tarif du quartier pour les fauchés et budgets serrés. On peut aussi y manger et surfer.
C`est la première fois depuis que je suis en Inde qu`il fait aussi chaud. La journée, j`aime bien passer un peu de temps autour du quartier de l`université, dans le parc appelé Ovale Maidan. Ici, du matin au soir, les Indiens jouent au cricket. Ils vouent une véritable passion à ce sport. Le soir, quelques matchs déchainent l`enthousiasme et provoquent un attroupement car l`endroit est très fréquenté. Le cricket, j`avais essayé une fois au Pakistan mais rien à faire, suis plus à l`aise avec un ballon dans les pieds.
Ovale Maidan Churchgate en face l'université de Mumbaï match de cricket
Marine Drive L`autre lieu où les Indiens aiment venir se relaxer et bénéficier de fraicheur est Marine Drive, la longue promenade le long de la baie.Tout au bout, en remontant, se trouvent les quartiers aisés de Chowpatty Beach et Malabar Hill avec ses parcs et ses jardins. A Marine Drive, je croise Torrence le Jamaïcain. En fait il est Indien mais il a l'allure d'un mec des iles. Marine Drive, c'est son coin. Impossible de le louper pour ceux qui restent dans le quartier entre Ovale Maidan et Churchgate. Le type est instruit et engagé. Il aime parler de sa ville mais plutôt le coté pile. Une rencontre très enrichissante. Un jour, je tente une approche pour visiter les Tours du Silence de la communauté Parsi de la ville. Descendants des Zaraoastriens de Perse. Ils forment une communauté forte de 60 000 personnes. C`est à travers le roman de Duchaussoy"Flash" que j`en ai entendu parler pour la première fois. Ce roman est t-il une histoire vécue ? je me suis longtemps interrogé sans avoir de réponse...Les Tours du Silence sont situées sur une colline au nord de Chowpatty Beach. Lorsque j`essaye de rentrer, je me fais refouler sans ménagement par des gardes, `Only Parsi`. Un homme descend du parc boisé et me confirme qu`il est Parsi. Je fais le tour par la route de derrière qui monte et suit le parc. Peine perdue. Impossible d`apercevoir quelque chose à cause des feuillages des grands arbres. Dans le ciel, je peux distinguer des oiseaux qui planent, à priori des rapaces. A l`origine, les Parsis n`enterrent pas leurs morts afin de ne pas polluer les sols et les laissent au sommet des tours où ils servent de nourriture aux vautours. Sauf qu`il n`y a plus de vautours qui ont disparu à cause de l'urbanisation galopante. En regardant le ciel, je m`interroge une nouvelle fois. Continuent t-ils de déposer leurs morts ici ? Peut être un début de réponse car les accès sont bien gardés. En Iran, à Yazd, les Zaroastriens les enterrent dans des cercueils scellés avec du béton et les Tours du Silence locales sont ouvertes au public.
Chowpatty Beach sud de Mumbaï Mumbaï, la survie est le lot de millions de personnes qui améliorent leur quotidien à travers des petits boulots de rue. Il y a les dhabas wallahs, ceux qui livrent la nourriture, les parcels wallahs, ceux qui font les paquets pour les envois postaux, les dhobis wallahs ceux qui lavent le linge. Les plus nombreux sont sans conteste les hawkers. Dès le matin, partout dans la ville, ils déploient leurs étals de fortune, une table sur trépied, un simple tapis posé sur le trottoir pour vendre toutes sortes de bibelots, des fleurs, des noix de coco, des jus de fruits. Sur ces mêmes trottoirs, ils cohabitent avec les chiens étendus de tout leur long et qui dorment. Rien ne semble les perturber, ni le le flux constant des gens qui les frôlent, ni les klaxons. Ils seraient près de 100 000 selon les statistiques les plus récentes. Mais c`est la guerre des chiffres entres les organes officiels et les Ong`s de défense des animaux. 27000 animaux de compagnie et 70000 chiens errants appelés Trays. Leur nombre se stabilise grâce à la campagne de stérilisation mise en oeuvre depuis quelques années par les Ong`s qui prévoient encore 4 ans pour stériliser toute la gente canine. Au départ, Les instances officielles avaient suggéré une méthode plus radicale.
Un mot pour finir sur Tata et sa fameuse voiture qui fait la une, à grand fracas publicitaire. Nano, baptisée voiture la moins chère du monde. Beaucoup d`Indiens n`en ont cure. Surtout les 6000 familles de paysans de Singur (Bengale Occidental) qui ont été chassées de leurs terres pour l`implantation des usines l`an dernier. Hier, une manifestation s`est déroulée dans cette ville avec à leur tête Becharam Manna organisateur du Comité de protection des terres agricoles de Singur pour dénoncer cet état de fait. Une autre manif a eu lieu à Delhi en même temps. Le problème est récurrent partout en Inde, on exproprie des paysans de leurs terres pour créer des zones industrielles et des pôles chimiques moyennant pots de vins aux notables locaux. L`Inde est un colosse aux pieds d`argile. Le pays a beau afficher une croissance régulière mais pour la plupart des Indiens du monde rural, c`est le miroir aux alouettes. Dans certaines provinces, le torchon brûle et une rebellion "les Naxalites" couve et gagne du terrain, remettant en cause le système de castes et invitant les intouchables à se joindre à leur combat. J`ai eu des nouvelles de Ludivine et Yann qui étaient rentrés au Pakistan le jour de l`assassinat de Benazir Bhutto. Ils sont revenus en Inde car tout était bloqué et ils ne pouvaient pas sortir de l`hôtel à Lahore. Ils attendent un visa pour aller en Iran. Lahore qui vient de subir un attentat. C`est la première fois qu`ils s`en prennent à cette ville, poumon culturel du Pakistan, épargnée jusque ici. J`ai une pensée pour les Pakistanais. Vlad et Cathy sont partis de Mumbai sans qu'on puisse se voir. Ils sont en route pour Chennaï en train car ils veulent passer quelques jours sur les Iles Andaman. Rdv est pris à Paris. Moi je continue ma route seul. Finalement pas de Goa au menu, je préfère éviter les flots de touristes d'autant que c'est la haute saison et les prix enflent à vue d'oeil. Je m'enfonce dans les terres jusqu'à Bijapur dans le Karnataka. De Bijapur, je compte pousser jusqu'à Badami et Hampi. Départ ce soir. Je partage le taxi avec un Hollandais Gerry, un type retraité, toujours impeccable sur lui, très poli et qui voyage petit budget. Lui prend le train pour Cochin.
Infos pratiques Tarifs taxis : pas de rickshaws dans la ville, chaque taxi dispose d`un compteur, sur le coté gauche, s`affiche les unités (attention ne pas confondre avec les roupies). Chaque unité est à multiplier par environ 1, 4 pour trouver le prix de la course. Ex : pour aller de la gare Victoria jusqu`à la gare centrale des bus 26 unités x 1, 4 = 37 rps Jus de canne à sucre ( dans la rue) 4 a 8 rps Assiette de fruit frais (dans la rue) 6 rps Bus : Mumbai-Solapur 261 rps Solapur-bijapur 70 rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Mumbai la ville de tous les contrastes
(en réponse à...)

12 janvier 2008 à 11:04
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Chefs d`oeuvre islamiques de Bijapur Mumbai-Solapur-Bijapur Le 13-14 janvier Je me suis assoupi dans le bus. Quand j'ouvre l'oeil, le bus est arrêté en rase campagne. Le chauffeur et le ramasseur de billets sont en train de manier des outils. Crevaison. De Mumbaï jusqu'à Pune, c'était inconfortable et obligé de jouer des coudes pour empêcher le type assis à coté de moi de dormir sur mon épaule. A Solapur, tout le monde descend c'est le terminus. Je demande au chauffeur "Bijapur" et il me fait signe d'aller me rasseoir. Coup de chance, c'est le même bus qui dessert Bijapur et quelques instants plus tard, c'est la cohue. Je suis aux premières loges pour assister à la montée des marches entre bousculade et brouhaha indescriptible. Bijapur. 13h00. Un peu de retard. Une ville aux forts accents historiques. Elle fut en son temps capitale royale et il subsiste encore aujourd`hui des fortifications et les ruines d`une citadelle qui témoigne de son glorieux passé. Bonne surprise : le Tourist Hôtel. Situé sur l'artère principale. Un chambre simple avec douche toilette, moustiquaire et ventilateur pour 150 rps. Clean et bon accueil. Parfait pour ma bourse. Je croise deux Australiens. Content de poser mon sac. Prêt à explorer la ville. Les 2 monuments importants, Golgumbaz et Ibrahim Rouza sont situés aux deux extrêmités de Bijapur. En marchant, je fais l`objet de tous les regards souvent accompagnés de sourires, les `Hello` What`s your name` fusent de toutes parts de la bouche des enfants. Peu d`étrangers excepté les deux que j'ai vu à l'hôtel. Quel contraste avec Colaba à Mumbai, ma précédente étape. Dans les rues, c'est la cour des miracles. Des vaches déambulent avec nonchalance. Il y a aussi des cochons noirs et de gros boeufs munis de très longues cornes peintes en rouge ou en vert, parfois ornés de pompons qui leur donnent un air très rock and roll.
Ibrahim Rouza. Aux abords de la ville. Peu d`agitation et pas de harcèlement. Juste que les gens sont curieux et c'est bien normal. Ibrahim Rouza est un château entouré d`une enceinte, bordé à l`intérieur comme à l`extérieur d`espaces verts. Construit pour l`amour d`une femme, il sert désormais de mausolée pour le roi et sa reine. A l`intérieur, on gravit un escalier pour déboucher sur une cour. Deux bâtiments rectangulaires se font face, composés de cinq larges entrées en forme d`arches, surmontés de quatre minarets et d`une coupole en forme de champignon. Au centre de la cour, se tient un bassin. L`architecture relève d`une grande finesse. C`est somptueux. Je dois dire que je ne m'attendais pas à pareil chef d'oeuvre. En ressortant je bois un jus de canne à sucre. J'ai découvert ce breuvage à Mumbaï et j'en redemande.

Ibrahim Rouza Je traverse de nouveau la ville pour aller visiter Golgumbaz. Ca se fait aisément à pied. Je passe par les ruines de la citadelle. En route, j`achète du raisin à un vieux paysan. J`aime bien l`atmosphère générale de Bijapur même si les Hello et what`s your name deviennent parfois lassants. Enfin... Les locaux sont simples et accueillants.
Au bout d`un chemin rectiligne, parsemé d`arbres et de jardins, se dresse la masse imposante de Golgumbaz. Je me gratte la tête de surprise et je reste bouche bée. P.. que c'est beau. L`architecture est différente d`Ibrahim Rouza mais tout aussi magnifique. Un bloc surmonté d`une énorme coupole, une immense porte en fer. En ses extrêmités, quatre tours dont l`architecture me rappelle l'Italie et qui sont surmontées par de petites coupoles. Golgumbaz est le mausolée de Mohamed Adil Shah. Des centaines de touristes indiens. Soleil et c'est dimanche. Le garde qui prend mon ticket, me souhaite la bienvenue.
Golgumbaz
Golgumbaz ................................................................ La mosquée blanche à coté de Golgumbaz Le soir, j`arpente les rues. Une place sur le trottoir se dispute âprement entre vaches, cochons, chiens et même des humains, beaucoup d`humains d'ailleurs qui s`affairent et s`activent car l`endroit est la place du marché des fruits et légumes. Quelle effervescence !!! J`achète des tomates, des figues, je voulais des mangues mais ce n`est pas la saison. Sur un étal, tout un groupe de personnes trient des légumes en reprenant en choeur une chanson. En face, une vieille femme harangue les passants. Un marché plein de vie, de couleurs et de senteurs. Je ne m`en lasse pas et fais trois fois le tour. Le lendemain, je me mets en route pour Badami. J`ai été séduit par cette ville, sa population, son atmosphère et la beauté de ses monuments d`autant plus que je n`avais pas prévu de m`y arrêter. Laisser vivre l`imprévu fait partie de la magie du voyage et le transcende.
Infos pratiques Bus : Bijapur-Bagalkot 50 rps Bus : Bagalkot-Badami 21 rps 1 kg raisin 15rps 1 kg tomates 15 rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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