
Mékong
Lyon, France
Photo/image personnelle du membre Mékong.
23 janvier 2008 à 12:44
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De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Hampi au milieu coule une rivière
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Hampi : au milieu coule une rivière Badami-Hampi le 15/16/17/18/19 janvier
Une route goudronnée qui laisse place à un chemin en terre qui s`arrête par la force des choses, au pied d'un pont métallique atteint par la rouille. Jamais terminé ? endommagé et jamais reparé ? Il semble pour le moment bon à ranger au rayon des souvenirs. D`abord on prend le petit sentier sur la gauche puis on descend pour accèder au bord du fleuve. Sur une partie sablonneuse, proche des piliers du pont, des tentes de bambous. Des enfants jouent, des femmes préparent le souper. Sûrement les familles des passeurs qui vivent ici. Des Dalits ? Pour traverser d`une rive à l`autre, il faut emprunter l`une de ces barques. Demies coquilles faites de tiges de bambou et recouvertes de baches noires que deux passeurs font avancer à l`aide de pagaies. Il faut s`armer de patience durant les heures de pointe .
Beaucoup de gens font la navette quotidienne entre Anegundi le village d`en face et Hampi Bazar le centre touristique du coin. En plus des hommes et de leurs ballots, il faut charger leurs montures de fer. Alors on s`asseoit sur un bout de rocher en attendant son tour qui ne dure jamais très longtemps car plusieurs barques sont sur l`eau simultanément . Il arrive que l`une d`entre elles boivent la tasse à cause du poids des motos mais cette affaire est vite résolue à l`aide d`une écuelle . Le scénario se répète jusqu`à la tombée de la nuit et recommence dès l`aube le lendemain. Il y a bien une route qui fait le grand tour en passant par Hospet; axe permettant aux véhicules de rejoindre le village mais pour nous autres, pietaille et deux roues, le détour est trop important .
Le fleuve Tungabhadra, imperturbable, continue de s`écouler avec une régularité de métronome. Non pas qu`il soit un long fleuve tranquille car son débit est rythmé par les périodes de mousson. Alors les traversées deviennent problèmatiques car le niveau s`élève de plusieurs mètres. Plus loin, au nord-est, il se jettera dans le fleuve Krishna. Les grands fleuves et l`Inde : On pense surtout au Gange qui coupe transversalement l`Inde du Nord. Il y a aussi l`Indus qui prend sa source dans le plateau himalayen, il arrose la vallée du Ladakh avant de rentrer au Pakistan. Le Brahmapoutre, moins connu mais tout aussi important, le frère jumeau de l`Indus à cause de son parcours symètrique. Celui là arrose les états du nord-est de l`Inde avant de rejoindre le Gange au Bangla-Desh dans ce qui constitue le fameux delta du Gange. Anegundi. C`est donc là que je me dirige en ce bel après midi de janvier, sur recommandation de Ludivine, une vforumiste rencontrée à Amritsar . Je sue à grosses gouttes, l`épaule endolorie par un sac devenu plus lourd au fil de mon périple. Avant de parvenir jusqu`ici, j`ai eu quelques démêlés avec un rickshaw peu scrupuleux affichant des tarifs délirants et mentant sur le kilomètrage . Le bus en provenance de Hospet m'avait laissé en plein milieu d'un site touristique. Mauvaise pioche. "Terminus" me repond le chauffeur. Le temps que je réalise, que je rassemble mes sacs pour sortir, je me retrouve happé par un flot humain hystérique. D'abord secoué par la première vague, je prend ma respiration et plonge vaillamment dans la marée humaine, mon sac en guise de bélier pour me frayer un passage. Courageux mais pas téméraire. Ca rentre comme dans du beurre. Conscient de ne pas les avoir ménagés, je me retourne m'attendant à subir des regards de désapprobation mais je ne rencontre que des visages espiègles. Welcome to India ! Anegundi est de l'autre coté du fleuve. J`arrive à la tombée de la nuit et me met en quête d`un logement que je ne tarde pas à trouver. Ici on est loin du bric à brac à touristes de Hampi Bazar, c`est un petit village indien tout simplement et les étrangers ne se bousculent pas. Quelques rares hôtels. Celui où j`établis mes quartiers est comme neuf avec salle de bain et toilette. Pour 300 rps c`est dans mes cordes. Ellle est tenue par une famille gentille et discrète. Le soir, lorsque je reviens de balade, les rues du village sont animés, les gens palabrent, les enfants se regroupent. Durant 2 jours, la vie du village bat au rythme de la fête. Rues illuminées, défilés avec musique. Dans mes souvenirs de voyage, je revois Gazor Khan en Iran. Mais Je reste cloitré dans ma chambre, poussée de fièvre et manque d`énergie. De plus mon corps est un champ de bataille pour les moustiques. Obligé de calfeutrer la fenêtre avec une couverture car les petits teigneux passent à travers la moustiquaire. Mes hôtes m`apportent un plateau repas, à base de riz et de légumes. Ici pas d'extra pour les touristes, c'est le même menu pour tout le monde. Peu d`appetit mais je me force un peu pour leur faire honneur. Un soir, je rencontre une famille de touristes indiens qui logent à la chambre voisine. Le patriarche me presente fièrement femme et enfants. Hampi
ce sont de nombreux temples au milieu de paysages spectaculaires que n`aurait pas renié le peintre surréaliste Magritte. A perte de vue, des collines constituées d`immenses blocs de granit aux formes étranges, entourées de rizières, de champs de bananiers et de cocotiers. Un lieu touristique qui attire beaucoup de routards et des Indiens qui viennent en pélérinage. Un endroit rêvé pour la balade.
Le premier jour, je remonte le fleuve jusqu`à Hampi Bazar en me frayant un chemin à travers les hautes herbes et les rochers. Je distingue un son de flûte. Sur la rive d'en face, un berger garde un troupeau. Je m'allonge sur un gros bloc de granit pour prendre le temps. Pause lecture. Je me sens épié et je me retourne. Un gamin m'observe à 1 mètre. Je ne l'ai pas entendu venir celui là. Je lui prête mes jumelles qui l'amusent beaucoup. A Hampi Bazar, j'observe la faune locale. Des hordes de routards. Je ne m'attendais pas à en voir autant mais la proximité de Goa explique cela. Dans les échoppes, c'est bataille pour récupérer ma monnaie. Le deuxième jour, je pars tôt et prend la route de Hospet. Je croise beaucoup d`enfants à pied, en bicyclette qui vont à l`école, des femmes partent travailler dans les champs .
Echanges de Namasté et de Hello. Anegundi est entouré de rizières irriguées par de petites rigoles. Des hommes s`activent à la tache. C`est un travail difficile et ingrat. De l`eau jusqu`à mi-mollet, ils creusent de petites tranchées. Certains bénéficient de l`apport précieux d`un tracteur.
Puis ce sont des champs de bananiers. Quelle est belle la campagne indienne !!! . J`arrive devant le temple d`Hanuman. Il se mérite car avant de profiter du point de vue, il y a la montée des marches, rien à voir avec celle de la Croisette. Ici c`est shorts sandales et bandana . Et en effet, ca vaut bien ces quelques efforts car le panorama est grandiose. Il embrasse toute la région. Le fleuve qui serpente. Les rizières gorgées d`eau, les collines de granit, les forêts, les temples. C`est magique !!! je me pose sur un bout de rocher . Un singe surgit devant moi et attrape mon sac, regarde à l'intérieur, je siffle, il me regarde d'un air penaud et le repose. Je reste assis au bord, pensif.
La région fait l`objet d`une bataille engagée. Dun coté, les marchands de temples, attirés par l`appât du gain et qui veulent développer encore davantage le tourisme et d'un autre les défenseurs de la préservation de ce patrimoine incluant les temples mais aussi les gens et leur culture, qui vivent dans la région comme les Ladamis. Pour l'instant ce sont les associations qui ont le dernier mot mais jusqu'à quand ? Quand je vois Hampi Bazar, je m`interroge . L`endroit est vampirisé par le tourisme, tous les 100m, une agence de voyage, un restaurant, un cybercafé un hôtel et un magasin de souvenirs. Qui est derrière tout ce business et à qui cela profite t-il vraiment ? Je m`étais déjà posé cette question au Rajasthan car j`avais remarqué que de nombreuses échoppes vendaient exactement les mêmes produits. Ici aussi, pas sûr que tout ce foin profite aux locaux. Tous les soirs, vers 18h00, je repars dans le sens opposé par le temple Vittala, prendre le dernier bateau coquille de noix. Je croise tous ceux qui sont au bord du chemin, le vendeur de noix de coco, la vieille édentée, le vieux chaman et toute une ribambelle de gamins . Les têtes deviennent familières . Ca rigole. `Namasté` et des sourires. Un jour, je leur prête mes jumelles, c'est la bousculade et je dois jouer des coudes pour chacun puisse s'en servir. Encore quelques jours de plus et je les adoptais tous .
Infos pratiques Bus : Badami-Gadag 37 rps Gadag-Koppal 34 rps Koppal-Hospet 21 rps Hospet-Hampi 10 rps
La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 4 avril 2008 à 16:50.)
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