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Séduisante Badami
Bijapur-Badami le 14-15 janvier Je continue ma découverte du Karnataka et en fin de matinée j'arrive à Badami. C'est un gros bourg traversé du nord au sud par une rue Station Road. La plupart des hôtels sont autour de la gare routière. J'en trouve un correct pour 150 rps. Je me plais ici. C'est tranquille et les gens sont sympas. Les prix sont très abordables. Badami n'a pas été vampirisé par le tout-tourisme...pour l'instant. J'espère que cela va s'éterniser. Cet après midi, je vais me faire la balade des temples. Je pénètre dans le village. Successions de petites ruelles où les gens vaquent à leurs activités quotidiennes. Veaux vaches et cochons...et singes sont présents. Je manque de me faire niaquer par un chien et lui présente ma semelle en guise de réponse si il a l'idée d'y revenir. Les rayons du soleil tapent fort à cette heure de la journée, incitation à la sieste et à la farniente. Les portes des maisonnettes sont grandes ouvertes. Et toujours des sourires et regards bienveillants ponctués de "Namasté". Au bout, j'aperçois un temple perché sur un morceau de rocher. Ces ruelles forment un véritable labyrinthe. Je demande mon chemin. Une villageoise m'indique la direction.
Mais qu`est ce qui me pousse à marcher encore et encore...trouver un petit coin d`ombre sous un arbre, m`asseoir et contempler le paysage...patience. Je parviens à l'entrée. Plusieurs marches d`escaliers à gravir. Quel calme ! en arrivant devant le temple, je tombe sur un groupe d`Indiens en train de déjeuner. Salutations et rigolades . Ils se demandent bien ce que je fais à crapahuter sous cette chaleur. Une jeune femme me guide à l`intérieur du temple et des abords. D`ici, je dispose d`un joli point de vue sur Badami Badami. Ce village a des airs de Jodhpur au Rajasthan. Maisons avec toits en terrasse. Douceur de vivre perceptible. Population tranquille et amicale. Comme Bijapur sa voisine plus au nord, cet endroit fut une place historique importante dans l`histoire de l`Inde et les fortifications dans les collines témoignent de son glorieux passé révolu. En regardant ce petit village tranquille, j'ai du mal à l'imaginer.
Le panorama est somptueux. D`un coté, des collines d'où furent bâties des fortifications dont on voit les ruines. Sur des pans de rochers se dressent fièrement des temples hindouistes. Le village fait la jonction avec l`autre flanc de la colline où se trouvent les quatre grottes décorées de sculptures, dédiées à Vishnu, Shiva et au Jainisme. Et pour finir, au milieu de ce décor idyllique, un plan d`eau entouré de ghats où les villageoises lavent le linge. L`inde regorge de richesses et je m`en rend compte à chaque étape pour peu que l'on sorte des sentiers battus. Il me faudrait du temps et plusieurs voyages pour les découvrir .
Durant l`après midi, je me promène sur les collines en montant par la porte nord du fort puis descente par l'autre versant devant le temple dédié à Hanuman dieu des singes. Retour au bord du lac. Mon temple préféré est situé au bord de l'eau, le Bhutanatha. A l'intérieur une statue de Mandi, la grosse vache.
Temple Buthanatha Jamais vu autant de singes aux abords des édifices, sur les toits, les pelouses et les arbres. Ils font partie du décor et on n'y fait plus gaffe. Néanmoins, avec mes yeux d'occidental passionné de zoologie, je ne me lasse pas de les observer et ils me le rendent bien. Je ne perd pas une miette du spectacle. Lendemain matin, réveillé à l'aube, je file visiter les quatre grottes avant que les groupes de scolaires déboulent. J'apprécie le silence quand je suis dans ce genre d'endroit. Les grottes sont reliées entre elles par des escaliers taillés dans la roche.
 Elles sont ornées de colonnes et finement sculptées de statues représentant les divinités locales. C'est une roche de couleur ocre. Quelques écureuils profitent de l'accalmie matinale pour se montrer. En bas, le lac est emmitouflé sous une légère brume qui enveloppe le temple Bhutanatha. Le soleil commence à pointer son nez. Ses rayons illuminent le temple perché sur la colline d'en face ce qui lui donne une couleur dorée. Je fais photo sur photo en savourant ces instants délicieux avant que des dizaines de gamins fassent leur apparition en courant dans tous les sens. En repartant, je vois des dizaines de singes qui se sont rassemblés dans les arbres à coté de l'entrée, attirés par le bruit. Parmi eux, Il y a l' Iroquois, Spock et le timide.
Spock
L'Iroquois
Le Timide Petit détour à la réception de l'hôtel pour récupérer mon sac et direction la gare routière à coté. Un bus pour Hampi, y a pas. J'opte pour la ville de Hubli et de là j'attraperai une correspondance.
La cavalerie approche |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Seduisante Badami
(en réponse à...)

23 janvier 2008 à 11:21
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Re: [Fabricia] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Seduisante Badami
(en réponse à...)

23 janvier 2008 à 12:36
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Hampi : au milieu coule une rivière Badami-Hampi le 15/16/17/18/19 janvier
Une route goudronnée qui laisse place à un chemin en terre qui s`arrête par la force des choses, au pied d'un pont métallique atteint par la rouille. Jamais terminé ? endommagé et jamais réparé ? Il semble pour le moment bon à ranger au rayon des souvenirs. D`abord on prend le petit sentier sur la gauche puis on descend pour accéder au bord du fleuve. Sur une partie sablonneuse, proche des piliers du pont, des tentes de bambous. Des enfants jouent, des femmes préparent le souper. Sûrement les familles des passeurs qui vivent ici. Des Dalits ? Pour traverser d`une rive à l`autre, il faut emprunter l`une de ces barques. Demies coquilles faites de tiges de bambou et recouvertes de bâches noires que deux passeurs font avancer à l`aide de pagaies. Il faut s`armer de patience durant les heures de pointe .
Beaucoup de gens font la navette quotidienne entre Anegundi le village d`en face et Hampi Bazar le centre touristique du coin. En plus des hommes et de leurs ballots, il faut charger leurs montures de fer. Alors on s`asseoit sur un bout de rocher en attendant son tour qui ne dure jamais très longtemps car plusieurs barques sont sur l`eau simultanément . Il arrive que l`une d`entre elles boivent la tasse à cause du poids des motos mais cette affaire est vite résolue à l`aide d`une écuelle . Le scénario se répète jusqu`à la tombée de la nuit et recommence dès l`aube le lendemain. Il y a bien une route qui fait le grand tour en passant par Hospet; axe permettant aux véhicules de rejoindre le village mais pour nous autres, piétaille et deux roues, le détour est trop important .
Le fleuve Tungabhadra, imperturbable, continue de s`écouler avec une régularité de métronome. Non pas qu`il soit un long fleuve tranquille car son débit est rythmé par les périodes de mousson. Alors les traversées deviennent problématiques car le niveau s`élève de plusieurs mètres. Plus loin, au nord-est, il se jettera dans le fleuve Krishna. Les grands fleuves et l`Inde : On pense surtout au Gange qui coupe transversalement l`Inde du Nord. Il y a aussi l`Indus qui prend sa source dans le plateau himalayen, il arrose la vallée du Ladakh avant de rentrer au Pakistan. Le Brahmapoutre, moins connu mais tout aussi important, le frère jumeau de l`Indus à cause de son parcours symétrique. Celui là arrose les états du nord-est de l`Inde avant de rejoindre le Gange au Bangladesh dans ce qui constitue le fameux delta du Gange. Anegundi. C`est donc là que je me dirige en ce bel après midi de janvier, sur recommandation de Ludivine, une vforumiste rencontrée à Amritsar . Je sue à grosses gouttes, l`épaule endolorie par un sac devenu plus lourd au fil de mon périple. Avant de parvenir jusqu`ici, j`ai eu quelques démêlés avec un rickshaw peu scrupuleux affichant des tarifs délirants et mentant sur le kilométrage . Le bus en provenance de Hospet m'avait laissé en plein milieu d'un site touristique. Mauvaise pioche. "Terminus" me répond le chauffeur. Le temps que je réalise, que je rassemble mes sacs pour sortir, je me retrouve happé par un flot humain hystérique. D'abord secoué par la première vague, je prend ma respiration et plonge vaillamment dans la marée humaine, mon sac en guise de bélier pour me frayer un passage. Courageux mais pas téméraire. Ca rentre comme dans du beurre. Conscient de ne pas les avoir ménagés, je me retourne m'attendant à subir des regards de désapprobation mais je ne rencontre que des visages espiègles. Welcome to India ! Anegundi est de l'autre coté du fleuve. J`arrive à la tombée de la nuit et me met en quête d`un logement que je ne tarde pas à trouver. Ici on est loin du bric à brac à touristes de Hampi Bazar, c`est un petit village indien tout simplement et les étrangers ne se bousculent pas. Quelques rares hôtels. Celui où j`établis mes quartiers est comme neuf avec salle de bain et toilette. Pour 300 rps c`est dans mes cordes. Elle est tenue par une famille gentille et discrète. Le soir, lorsque je reviens de balade, les rues du village sont animés, les gens palabrent, les enfants se regroupent. Durant 2 jours, la vie du village bat au rythme de la fête. Rues illuminées, défilés avec musique. Dans mes souvenirs de voyage, je revois Gazor Khan en Iran. Mais Je reste cloitré dans ma chambre, poussée de fièvre et manque d`énergie. De plus mon corps est un champ de bataille pour les moustiques. Obligé de calfeutrer la fenêtre avec une couverture car les petits teigneux passent à travers la moustiquaire. Mes hôtes m`apportent un plateau repas, à base de riz et de légumes. Ici pas d'extra pour les touristes, c'est le même menu pour tout le monde. Peu d`appétit mais je me force un peu pour leur faire honneur. Un soir, je rencontre une famille de touristes indiens qui logent dans la chambre voisine. Le patriarche me présente fièrement femme et enfants. Hampi
ce sont de nombreux temples au milieu de paysages spectaculaires que n`aurait pas renié le peintre surréaliste Magritte. A perte de vue, des collines constituées d`immenses blocs de granit aux formes étranges, entourées de rizières, de champs de bananiers et de cocotiers. Un lieu touristique qui attire beaucoup de routards et des Indiens qui viennent en pélèrinage. Un endroit rêvé pour la balade.
Le premier jour, je remonte le fleuve jusqu`à Hampi Bazar en me frayant un chemin à travers les hautes herbes et les rochers. Je distingue un son de flûte. Sur la rive d'en face, un berger garde un troupeau. Je m'allonge sur un gros bloc de granit pour prendre le temps. Pause lecture. Je me sens épié et je me retourne. Un gamin m'observe à 1 mètre. Je ne l'ai pas entendu venir celui là. Je lui prête mes jumelles qui l'amusent beaucoup. A Hampi Bazar, j'observe la faune locale. Des hordes de routards. Je ne m'attendais pas à en voir autant mais la proximité de Goa explique cela. Dans les échoppes, c'est la bataille pour récupérer ma monnaie. Le deuxième jour, je pars tôt et prend la route de Hospet. Je croise beaucoup d`enfants à pied, en bicyclette qui vont à l`école, des femmes partent travailler dans les champs .
Echanges de Namasté et de Hello. Anegundi est entouré de rizières irriguées par de petites rigoles. Des hommes s`activent à la tache. C`est un travail difficile et ingrat. De l`eau jusqu`à mi-mollet, ils creusent de petites tranchées. Certains bénéficient de l`apport précieux d`un tracteur.
Puis ce sont des champs de bananiers. Quelle est belle la campagne indienne !!! . J`arrive devant le temple d`Hanuman. Il se mérite car avant de profiter du point de vue, il y a la montée des marches, rien à voir avec celle de la Croisette. Ici c`est shorts sandales et bandana . Et en effet, ca vaut bien ces quelques efforts car le panorama est grandiose. Il embrasse toute la région. Le fleuve qui serpente. Les rizières gorgées d`eau, les collines de granit, les forêts, les temples. C`est magique !!! je me pose sur un bout de rocher . Un singe surgit devant moi et attrape mon sac, regarde à l'intérieur, je siffle, il me regarde d'un air penaud et le repose. Je reste assis au bord, pensif.
La région fait l`objet d`une bataille engagée. D'un coté, les marchands de temples, attirés par l`appât du gain et qui veulent développer encore davantage le tourisme et d'un autre les défenseurs de la préservation de ce patrimoine incluant les temples mais aussi les gens et leur culture, qui vivent dans la région comme les Ladamis. Pour l'instant ce sont les associations qui ont le dernier mot mais jusqu'à quand ? Quand je vois Hampi Bazar, je m`interroge . L`endroit est vampirisé par le tourisme, tous les 100m, une agence de voyage, un restaurant, un cybercafé un hôtel et un magasin de souvenirs. Qui est derrière tout ce business et à qui cela profite t-il vraiment ? Je m`étais déjà posé cette question au Rajasthan car j`avais remarqué que de nombreuses échoppes vendaient exactement les mêmes produits. Ici aussi, pas sûr que tout ce foin profite aux locaux. Tous les soirs, vers 18h00, je repars dans le sens opposé par le temple Vittala, prendre le dernier bateau coquille de noix. Je croise tous ceux qui sont au bord du chemin, le vendeur de noix de coco, la vieille édentée, le vieux chaman et toute une ribambelle de gamins . Les têtes deviennent familières . ça rigole. `Namasté` et des sourires. Un jour, je leur prête mes jumelles, c'est la bousculade et je dois jouer des coudes pour chacun puisse s'en servir. Encore quelques jours de plus et je les adoptais tous .
Infos pratiques Bus : Badami-Gadag 37 rps Gadag-Koppal 34 rps Koppal-Hospet 21 rps Hospet-Hampi 10 rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Hampi au milieu coule une riviere
(en réponse à...)

24 janvier 2008 à 12:58
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Re: [Parvat] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Hampi au milieu coule une riviere
(en réponse à...)

25 janvier 2008 à 11:00
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Bangalore au bout de la fatigue Hampi-Hospet-Bellary-Guntakal-Bangalore le 19-20-21 janvier
Rues de Bangalore Levé très tôt, petite forme même si je me sens déjà mieux. Pas le temps de musarder car j`aimerais être à Cochin demain matin. En hors d`oeuvre, une marche à travers les bois et les temples jusqu`à Hampi Bazar avant que le soleil ne fasse donner ses rayons. Je règle ma note et je dis au revoir à cette famille accueillante . Au fond de moi, je souhaite que ce petit village puisse garder son caractère. Arrivé à Hampi, j`avale rapidement un petit déjeuner, toujours installé aux premières loges pour observer les accoutrements de la faune locale des routards. Un bus pour Hospet et c'est le début d`une expédition incertaine... L`incertitude l`une des facettes de cette Inde indomptable. C'est le lot de tous et les esprits trop cartésiens sont vite déstabilisés. J`improviserai selon les circonstances et en fonction de mon état de fatigue car comme ce n'est pas la forme olympique... A Hospet, pas de bus direct. Ca commence. Mon objectif est d'atteindre Guntakal où je compte attraper un train. Correspondance à Bellary. Pour parcourir un peu plus de cent kms, on mettra quatre heures. Un premier tronçon en travaux, enfin ça y ressemble . On roule au pas. Après Bellary, c`est pire, le route devient piste sablonneuse, truffée de trous. A l`intérieur, compressés et secoués comme des citrons, nous mangeons de la poussière . Le bus doit slalomer pour se frayer un passage entre les nombreux camions qui vont et viennent. L`impression d`être au coeur d`un rally dans le style `Gamel Trophée` . 16h00 j`arrive enfin à la gare de Guntakal. Après renseignement, un train pour Ernakulam passe demain matin. Je ne me sens pas la force de refaire un autre long trajet. A moins de dormir sur place. Autrement, un train part pour Bangalore à 22h30 ce soir. J`hésite, pourquoi pas faire un saut à Bangalore...Je commence à m`endormir. Direction les retirings rooms. Pas de chance, c`est complet. Je reste planté sur les marches d`escaliers. Au calme je somnole une vingtaine de minutes et au bout de ce laps de temps, un type bourru me demande de déguerpir. "It`s full". T`inquiète pas mon bonhomme, j'avais compris, je pars. Décision prise, ça sera le train de 22h30 pour Bangalore où je ferai une escale d`un ou deux jours. J`achète un billet et j`attend sur le quai. Sur celui d`en face, un train à l`arrêt. Je vérifie pour la forme. Oups ! C`est le mien. Je monte dans une voiture qui n`est pas bondée et je m`installe par terre dans un couloir. Une heure de retard et nous quittons la gare. Mais la nuit promet d`être longue. Un contrôleur me sermonne . Pas de réservation, suis dans une voiture sleeper, j`ai un billet 2e classe. Suis complêtement hors sujet sur ce coup là. Pour défendre ma cause, je lui dit qu`ailleurs c`est bondé et que juré promis, je ne bouge pas du couloir. Il ne veut rien savoir et me demande de changer au prochain arrêt. "Yes Sir ! "mais je ne pense qu`à m`enrouler dans ma couverture et fermer les yeux pour m`échapper. ...et je ne le reverrai plus.
Bangalore Bangalore enfin. 6h30. Pour moi, la fin du voyage. Pas question d`aller plus loin. Priorité : trouver un hôtel pour prendre une douche et dormir. Le quartier est très fonctionnel coté transports. La gare ferroviaire est à 100m de l`immense gare routière. Un quartier vivant avec de nombreux étals de rues, restaurants, marchands de glaces et vendeurs de mon jus de fruits préferé : le jus de canne à sucre au citron . Je retrouve le sourire. Quant aux hôtels, il n`y a que l`embarras du choix. Le premier sera le bon. Un peu au dessus de mon budget 486 rps mais très confortable. Chambre et salle de bain carrelées en blanc, TV, petit mobilier, quotidien fourni chaque matin, eau bien chaude et ascenseur. L`idéal pour me requinquer. Je dors jusqu`à 17h00. Bangalore, j`accroche. Une bonne grosse ville indienne, environ 6 millions d`habitants. Une ville prospère et dynamique et qui le fait savoir. Après une bonne nuit, je pose mes bagages à la gare routière car j`ai reservé un billet pour Ernakulam en fin de journée. Ensuite, je pars me perdre à travers la ville. Par hasard, je tombe sur la mosquée principale. Très bel édifice blanc avec ses deux minarets élancés, au milieu des arbres.
La mosquée principale de Bangalore
High Court En chemin, je fais le plein de carburant. Cappucino, milshake de fruits frais et des jus de fruits . La ville compte de nombreux parcs dont le Cubbon Park en plein centre. Un endroit plein de charme où les Indiens viennent se ressourcer en famille. Je traverse un endroit peuplé d`arbres si étranges que l`on pourrait les croire sortis d`un conte des frères Grimm .
Fin de journée, je retourne à la gare routière, bourdonnante d`activité. j`achète des fruits et de l`eau. Le bus de marque Rajahamsa est confortable. Siège très inclinable. Mais pas pour tout le monde, je remarque que le chauffeur est assis sur `un siège de campeur`. Demain je revois la mer . Une Coréenne s`installe juste devant moi. Nous faisons connaissance. Elle va aussi à Cochin.
la gare routière de Bangalore
Infos pratiques Bus : Hospet-Bellary 34 rps Bus : Bellary-Guntakal 20 rps Train : Guntakal-Bangalore (2e cl) 93 rps Bus rajahamsa : Bangalore-Ernakulam 482 rps Beignets de pommes de terre frits fourrés aux légumes ou aux oeufs 2 a 4 rps/pce sur les étals de rues |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Fort Cochin à l`ombre de ses grands arbres
Fort Cochin
Bangalore-Ernakulam-Fort Cochin le 22-23-24-25 janvierLe bus nous emmène à Choraï à l`autre bout de l`ile Vypeen. Celle qui est en face de la péninsule. Nous avons pris le ferry à Fort Cochin. 13h45 sous une forte chaleur. Notre petit groupe fraichement constitué, s`est rencontré de manière fortuite ce matin au petit déjeuner sur la terrasse de l`hôtel.
Judith C`est Judith une Israélienne qui est l`instigatrice de notre petite expédition. Hier ayant assisté à une grande fête avec parade d`éléphants, elle nous en parle avec tellement de ferveur et nous propose d`y retourner aujourd'hui. Il y a François et Tina, un couple qui vit à Munich. Lui est Français, elle est Allemande. Ils se sont connus sur le chemin de Compostelle. Quant à moi, assis à la table d'à coté, en les écoutant, je me suis raccroché au wagon et dire que je voulais partir ce matin pour Ernakulam...
François et Tina Ernakulam, c`est donc là que j`arrive 3 jours plus tôt. Durant la nuit, après Mysore, nous avons franchi les Nilgiri Hills. C'est une région où l'on cultive un thé réputé. Sur la route en lacets, le bus ralentit à peine et double un camion entre deux virages. Lorsque on retrouve le plat, je pousse un soupir de soulagement. Arrivé à la gare routière. Je propose à la Coréenne de partager un rickshaw et nous partons en direction du ferry pour Fort Cochin. Il est tôt. Les rues ne donnent pas encore de la voix et du klaxon. Les magasins, étals et boutiques sont fermés. Le guichet qui délivre les tickets n`ouvre qu`à quelques minutes du départ, le bateau se met à quai. Je suis ravi de retrouver la mer que j`avais quitté à Mumbaï.
Cochin est un ensemble d`iles et d'une péninsule reliées entre elles par des ponts et des ferries. 5 iles : Willingdon, Bolgatty, Gundu, Vypeen et Vallarpadam. 1 péninsule : Fort Cochin et Mattancherry et la terre ferme : Ernakulam. La balade est agréable après ce trajet en bus mouvementé. Un court mais pur moment de détente que je goûte avec délice. Je me laisse bercer par le cliquetis des vagues et promène mon regard sur les balises qui parsèment le détroit. Sur l`ile de Willingdon à gauche, des portiques pour containers et des grues témoignent d`une activité portuaire importante. Un bateau immatriculé Panama attend d`être déchargé. En arpentant les rues à la recherche d`un hôtel, je perd de vue ma compagne. Elle s'est volatilisée le temps que je ressorte d'un hôtel après avoir essuyé un échec. Je la reverrai furtivement le lendemain soir près de l`embarcadère, elle part à Mumbaï. Je lui souhaite bon voyage. Je déniche une chambre pour 300 rps et je peux me délester de mes sacs. Du haut de la terrasse où je prend mon premier petit déjeuner, je suis sous le charme de ces immenses arbres qui recouvrent le quartier, certains ressemblent à d`immenses parasols. J'y reviendrai plus tard. L`architecture est un mélange d`époques coloniales : églises, vieux forts, cimetières, maisons et vastes allées ombragées. Tour a tour Portugais, Hollandais et Anglais se sont implantés et y ont laissé traces de leur passage. Vasco de Gama, le coureur des océans est mort ici. Bizarrement, ne subsiste rien de l`influence chinoise excepté les fameux carrelets le long de la plage. Pourtant ils étaient présents à l`age d`or de Cochin au XIV et XVeme siècle considéré comme l`un des ports de commerce les plus importants d`Asie. Peut être avaient t-ils édifié des bâtiments qui auraient été détruits par les occupations coloniales et donc effacés de la mémoire collective ?
Les carrelets chinois, on ne peut pas les louper. C`est devenu au fil du temps une attraction touristique, non pas qu`ils ne soient pas utilisés en la matière. Des hommes s`activent dessus quotidiennement. Mais la pêche qu`ils rapportent est bien maigre de nos jours. A chaque remontée de filet, les hommes cherchent leur maigre butin au moyen d`une épuisette. Les fishermens préfèrent le lancer de filet et la pêche en pirogue plus au large. L`endroit est très fréquenté.

Au milieu de ces frêles embarcations. surgit à l`horizon un point noir qui ne fait que grossir. énormes mastodontes des mers, guidés par deux petites frégates et qui s`engouffrent dans le détroit. Des cargos et des porte-containers qui se dirigent vers la zone portuaire. Je me souviens avoir eu cette impression à Istanbul où les énormes tankers remontent et descendent le détroit du Bosphore vers la mer Noire et Odessa en Ukraine.
Fort Cochin. Ce que j`apprécie ici est la tranquillité de ses quartiers . Peu de circulation. C'est pas courant en Inde. En s`enfonçant dans les allées ombragées, le seul bruit régulier que l`on entend, ce sont ceux émis par les chants d'oiseaux et des cris d`enfants s'égayant dans les cours d`école et sur les terrains de jeux. Petits écoliers dans leurs uniformes aux couleurs gaies . Les fillettes attachent leurs longs cheveux noirs sous forme de nattes et de couettes . Il y a beaucoup d`écoles à Fort Cochin. Mais peut être n'est ce qu'une impression car ailleurs le bruit infernal du trafic couvrent la totalité du reste. Nos sens respirent et le corps se laisse aller à plus de sérénité. A écouter le bruissement du vent dans les arbres, le cri des mouettes survolant la côte, le rouleau des vagues qui se fracassent contre les rochers, le bouillonnement de l`écume sur le sable. A sentir l`air marin, adossé à l`ombre d`une barque. Se remplir les narines du parfum des fleurs de frangipaniers. Et tous ces sourires au détour d`une rue ou d`une ruelle. Bien que n`étant pas un spécialiste en botanique, je suis tellement ébloui par les arbres locaux que je les photographie à tour de bras .
Le soir lorsque la nuit tombe, les familles indiennes se promènent le long des rochers et marchent sur la plage de sable blanc. On s`asseoit pour profiter de la douce quiétude de la nuit à peine dérangé par les moustiques. On aperçoit les lueurs vacillantes sur l`ile d`en face. Les bateaux sont rentrés. Seuls quelques pêcheurs tentent leur chance avec le lancer de filet. De l`eau jusqu`à mi-mollets, ils espèrent débusquer le poisson du soir. Sur la petite place animée, on vend le poisson frais de la journée, ça marchande ferme . L`odeur de l`océan pénètre mes narines. Postés là, des vendeurs de babioles, vendeurs de jeux, ballons et instruments de musique essayent d`attirer le chaland, insistants mais jamais agressifs. Les terrasses des restaurants se remplissent.Retour sur l`ile de Choraï où nous allons assister à la parade des éléphants. Avant cela, nous stoppons dans un Ashram où Judith prend des cours. Un endroit charmant où passe un canal. C`est tenu par un Swami, qui donne des cours de yoga et pratique des massages ayurvédiques. Medecine man, il consulte quotidiennement. Les gens du village viennent le voir pour leurs bobos. Dans une cabane, il fabrique ses propres produits ayurvédiques et il y a une salle rectangulaire ou l`on pratique l`art martial du Kerala, le Kalarippayat. Des sabres sont entreposés au fond de la salle couverte et faite de bambous. Il y a un Français qui loge ici pour bénéficier des soins et massages. On nous apporte du thé. J`en profite pour mieux faire connaissance avec mes nouveaux compagnons. Avec François, le courant passe très bien. Curieux et enthousiaste, il est originaire de Bayonne. Peu de voyages à son actif mais il a l`air d`apprécier. Au contraire, Tina a beaucoup voyagé. L`inde, elle y a séjourné de nombreuses fois depuis les années 80 ce qui nous vaut une discussion riche et intéressante sur ce pays. Judith est occupée par ses cours mais j`aurai l`occasion de lui évoquer quelques bribes de mon long périple et de lui parler de l`Iran. Elle est étonnée par mon témoignage ce qui ne me surprend pas mais je sens chez Judith un esprit d'ouverture car elle m'écoute attentivement. Pour se maintenir, l`état militaro-religieux d`Israël diffuse des flots de propagande sur les pays avoisinants dont l`Iran. D`ailleurs, en y repensant, les Israéliens sont persona non grata dans 3 des 4 pays que j`ai parcouru.
Le canal devant la maison du Swami ile de Vypeen Le soir, lorsque nous arrivons à la fête, des milliers d`Indiens attendent, vêtus de leurs plus beaux habits. ça se passe sur une grande place. De chaque coté, 20 éléphants richement parés pour l`occasion, se font face . Au milieu la foule. Chaque attelage est cornaqué par 3 personnes dessus, 2 personnes dessous qui veillent à ce que ces joyeux pachydermes ne manquent de rien . Malgré le fait qu`ils soient enchainés, ce sont des animaux et plutôt impressionnants. Parfois quand l`un d`entre eux pousse un barrissement de contentement ou d`énervement en balançant sa trompe, l`assistance frémit. Puis les deux colonnes opèrent un rapprochement tactique et se déplacent au milieu de la foule. ça me rappelle le dicton `c`est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine` sauf que là, c`est nous autres piétaille transformée en porcelaine . Mouvements de foule. le jeu consiste surtout à éviter de mettre le pied dans les énormes bouses fumantes qu`ils ont semé . Je compte les points. Il y aussi une parade musicale. Pour nous la fête s`achève car nous devons rentrer pour prendre le dernier ferry. Bus archi bondé. Jeune chauffeur intrépide qui se fait plaisir . Il roule à tombeau ouvert. Nous voici de retour à Fort Cochin. Avant de nous quitter, nous dinons ensemble pour finir agréablement cette belle et riche journée.
le Temple Festival
Elle est pas belle la vie !---- Infos pratiques Ferries : 2, 50 rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Kerala Fort Cochin a l`ombre de ses grands arbres
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29 janvier 2008 à 10:44
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Re: [Parvat] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Kerala Fort Cochin a l`ombre de ses grands arbres
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30 janvier 2008 à 7:57
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Kanyakumari : à la croisée des mers...3 ans plus tard
Fort Cochin-Ernakulam-Trivandrum-Kanyakumari le 25-26-27-28 janvier Je quitte Fort Cochin avec un petit gout d`inachevé. Quatre jours bien trop courts. A peine le temps de lier connaissance. L`Inde est si vaste. D`autant que je me sentais très bien ici. Mon meilleur souvenir humain de voyage a été l`Indonésie car à un moment donné j`avais su poser mon sac. C`était à Jogjakarta et je ne l`avais pas regretté. Un départ au dernier moment pour notre vol à Jakarta. Un crève-coeur et des larmes. Une expérience merveilleuse . J`y repense souvent. Me voici dans le ferry et j`en profite pour rêvasser accoudé au bastingage, les balises défilent, puis la zone portuaire de Willingdon avant d`accoster à Ernakulam où je prend le train pour Trivandrum. J`ai eu de la réussite car j`étais sur une liste d`attente qui s'est éclaircie pour mon bénéfice . Le train en Inde est très populaire et il vaut mieux réserver à l'avance. Voyage en compartiment sleeper. Il y a beaucoup de places libres. Les paysages du Kerala sont très beaux. Végétation luxuriante et petites voies fluviales. Dans le compartiment voisin, une famille indienne. Un des petits me salue et m`apporte le bottin des horaires de la Railways . A Trivandrum, je me rend à la gare routière et j`attrape un bus pour Nagercoil. Bienvenu dans le Tamil Nadu. Un dernier bus pour Kanyakumari. J`arrive en début de soirée.
Campagne du Kerala La nuit est déjà tombée. Beaucoup de monde se promènent dans les rues de cette petite bourgade, surtout des familles. De nombreux autocars sont stationnés. Je trouve une chambre mais je dois la rendre le lendemain car tout est réservé. C`est le week-end. Je ne m`attendais pas à trouver autant d'animation . C'est blindé de monde.
Kanyakumari est à la base une bourgade de pêcheurs d`obédience chrétienne qui cohabitent avec les milliers d'Hindous qui viennent en pélérinage sur ce lieu sacré. A ce titre, la ville porte le nom de la déesse Devi Kanya incarnation de Parvati. Au bord de la mer, se trouve le temple Kumari dedié à son culte. C`est d`ici qu`elle aurait repoussé les démons et obtenu la liberté de la terre. Les eaux sont sacrées. Le lendemain matin, levé très tot, je pars en direction de la mer. Il y a déjà une foule considérable sur la route. Des bus arrivent encore. Les vendeurs sont sur le qui-vive. Les gamelles à chaï chauffent. Lorsque j`arrive au bord des ghats et sur la plage, des milliers d`Indiens se pressent et s`entassent dans l`attente , principalement des familles mais aussi des sadhus. Bien que la mer soit agitée, certains sont parvenus à grimper sur des rochers isolés. Des personnes se baignent. Caché par les nuages, le soleil pointe timidement le bout de son nez au milieu des acclamations.
Peu à peu, je découvre la beauté des lieux . Ici se rejoignent les eaux du Golfe du Bengale (à gauche), la mer d`Arabie (à droite) et l`océan Indien dans un maelstrom de vagues qui se fracassent sur les premiers écueils. Le temple de la déesse Kanya se trouve juste derrière les ghats. C'est le bout de l`Inde surnommé aussi Cap Comorin. Dans un long voyage, ce sont des moments importants chargés de symboles. Je suis tellement content d`être ici ! je regarde en arrière, lorsque en octobre, j`étais sur la Corne d`Or à Istanbul. Que de chemin parcouru ! C`était hier mais que la France me semble loin. En face, deux iles distantes de quelques mètres. Sur l`une d`elles, un temple perché sur un gros rocher. C`est le mémorial de Swami Vivekananda, un philosophe indien http://fr.wikipedia.org/wiki/Vivekananda . Sur l`autre, se dresse une immense statue de 41 mètres. A première vue, sa silhouette me ferait penser à un roi assyrien. Elle représente le poète tamoul Thiruvalluvar. Bâtie par 5000 sculpteurs et en l`honneur des 133 versets de son oeuvre de poésie`Thirukural`. Un haut lieu spirituel.
Thiruvalluvar Dans la matinée, je trouve facilement une autre chambre dans un petit hôtel tranquille, au coeur du village avec vue sur la mer et la cathédrale . Elle détonne au milieu des maisonnettes.
Je vais sur la jetée que j`avais aperçu ce matin. Faite de gros blocs de rochers empilés les uns sur les autres, elle est haute de 5 mètres et s'enfonce dans la mer sur 1 km. De chaque coté, des bouts de plage et posés dessus, les barques des pêcheurs avec leurs filets. De là, je suis en face des deux iles et j`assiste au défilé permanent des ferries qui vont et viennent, emmenant leur pleine cargaison de touristes et de pelerins. L`endroit ne désemplit pas et les ghats sont toujours aussi animés. Pour moi, c`est bain de pied et de soleil. J'en profite pour bouquiner... Cette jetée est vraiment impressionnante...était-elle déjà là en ce 26 décembre 2004 quand la Grande Vague a surgi de nulle part? j`aurai la réponse par deux étudiants de Trivandrum qui viendront échanger quelques mots avec moi. Il n`y avait aucune protection lorsque le Tsunami arriva. Tout fut érigé après la catastrophe. La grande jetée et 5 petites espacées tous les 200 mètres le long du littoral. Par ailleurs on a consolidé le bord où se trouvent des zones d'habitations avec des blocs de rochers là où auparavant il y avait du sable.
La jetée construite après le tsunami Le lendemain, je décide d`aller explorer le long du littoral pour en savoir plus. Je traverse le village. Des panneaux signalent que l`Asian Development Bank contribue à la reconstruction des rues affectées par le Tsunami. Les maisonnettes ont été construites par l'armée du salut indien dont elles portent l`inscription. Je débouche sur une grande place où se trouve la cathédrale. J`entend des cris d`enfants et je les aperçois par groupes dans la cour d`une école.
L`endroit respire le calme . On est loin de la frénésie qui règne à quelque pas de là. Il fait chaud. C`est l`heure de la sieste. Des femmes par groupes de deux ou quatre, jouent à ce qui ressemble à un jeu de dames , tracé à la craie et munies de brins déposés dans les cases. Des filets sont étendus et sèchent au soleil. Je suis intrigué par une allée où je remarque des villas avec jardins, signe d`opulence au coeur de ce village ? Une femme m`appelle et m`invite à me joindre à leur joyeux petit groupe en train de discuter.
L`une a le bras en écharpe et insiste pour que je la prenne en photo. Je m`exécute. Je leur demande à qui sont ces belles maisons, elles me répondent "private". Lorsque j`évoque le Tsunami, l`une me raconte que les vagues sont arrivées jusque dans la cour mais que les maisons ont tenu...Ce fut en début de matinée que la grande vague frappa Kanyakumari. A cette heure là, beaucoup de pelerins se baignaient. Il y a eu 525 victimes. 700 personnes furent bloquées sur les iles mais 650 survécurent...
Je descends maintenant au bord de la plage et passe entre les nombreux bateaux au sec. Sous un coin d`ombre, les hommes jouent aux cartes. Des gamins courent sur le sable, entourant un surfeur qui remonte la côte plus à l`est ...Je me souviens que l`Inde avait refusé l`aide internationale ce qui avait déclenché un tollé dans l`hexagone, réactions offusquées des c.. pincés traduisant un paternalisme gluant qui colle à la peau de bien des occidentaux... Ici une petite jetée a été construite. La côte est renforcée par une digue de rochers. Plus haut, on a bâti un mur. Toujours plus à l`est, je croise de nouveau le surfeur qui revient sur ses pas et j`arrive à mon tour au bout de ce qui me semble être une côte sauvage avec mer déchainée. En me voyant, les enfants accourent. Ils veulent des stylos et que je les prennent en photo. Des gosses aux yeux pétillants et aux larges sourires . Je grimpe sur les rochers pour me rapprocher et sentir le souffle de la puissance de l`écume.
A quelques dizaines de mètres, des gens se baignent...Il y a un village avec des petites maisons blanches, blocs de béton rectangulaires identiques. Je suis accueilli par des sourires de part et d`autres . Je discute avec les gens. Ici, les maisons ont été construites après le Tsunami pour remplacer les huttes de bambous qui ont volées en éclat. Sur le chemin du retour, je revois le surfeur . Ce coup là, il s`est mis à l`eau pour la grande joie des quelques gamins sur la plage qui le regardent avec malice .
Je reste un peu avec eux. Il n'arrive pas à surfer. Juste à coté, assis sur le sable, une mère et sa fille qui se relaxent. échanges de salutations et de sourires . Retour à Kanyakumari. Le soir, je mange dans un petit restaurant où j`ai élu domicile depuis mon arrivée. Poisson grillé et chapati au menu. Suis ici comme à la maison  . Comme chez le vendeur de jus de canne à sucre que je fréquente trois fois par jour  . Plus tard, au milieu de la nuit, sur le balcon du petit hôtel, je profite de la fraicheur. Au loin, les vagues scintillent dans la lumière. Le village s`est assoupi sauf quelques intrus que j`entends et que j`aperçois du haut de mon perchoir. Des énormes rats gros comme des chats qui grattent dans un tas de détritus et une chauve-souris solitaire. Je peux les observer à ma guise. Le lendemain, je pars pour Pondi. Kanyakumari est vraiment un coup de coeur .
Infos pratiques Train Ernakulam-Trivandrum en sleeper 148 rps Bus Trivandrum-Nagercoil 21 rps Bus Nagercoil-Kanyakumari 10 rps Visite du phare de Kanyakumari 45 rps |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Tamil Nadu:Kanyakumari a la croisee des mers...3 a
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5 février 2008 à 6:39
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Le dernier repas de Ryaz
Pondichery
Kanyakumari-Villupuram-Pondichery le 29-30-31 janvier 01-02-03 février C`est un petit restaurant signalé par une enseigne Fanta, au bord de la route entre Pondi et Auroville . Il faut vraiment être initié pour avoir l'idée de s'aventurer jusqu'ici. L`intérieur tout en bambou, est chaleureux, simple, exigu. Quelques tables disposées dont une grande au milieu de la salle principale. Ryaz, le propriétaire des lieux, est aussi l`homme à tout faire, pour le plus grand bonheur de ses convives. Il reçoit, il cuisine et il sert avec grand soin et gentillesse . Malheureusement, ce soir est sa dernière représentation car il a décidé de jeter l'éponge . Danielle, une habituée de l`endroit, tenait à être présente. Sur son insistance, Marie Paule a retardé son départ pour Chennaï. Ainsi, nous faisons honneur à la cuisine que concocte Ryaz. Il y a là, Danielle, Ulrich un Allemand de Francfort, Marie Paule, Lorène une stagiaire de l`Alliance Française de Chennaï et moi. Le restaurant est plein comme un oeuf. C'est souvent le cas à écouter Danielle qui ne tarit pas d`éloges sur cet endroit qu`elle regrette déjà. Et effectivement, lorsque nous passons aux choses sérieuses, je dois reconnaitre que les plats apportés par Ryaz sont vraiment succulents . Du poisson à la chair tendre et délicate, accompagné de riz aux petits légumes parfumés et d`un plat de choux-fleurs au goût de caramel. Je n`ai jamais goûté plat de choux-fleurs aussi délicieux. Bon à s`en lécher les doigts .
Ce qui m`amène naturellement à parler de mon expérience culinaire en Inde. La meilleure depuis que je voyage . Je me régale. Mon estomac s`est habitué plutôt bien de tous ces mélanges . Il y a une telle diversité de nourriture accommodée de mille et une façons selon la répartition géographique. Les rues regorgent de fruits et légumes. Le plus beau marché auquel j`ai pu assister est celui de Bijapur dans le Karnataka dans une ambiance de fête. Les jus de fruits : J`en fait une cure. Etant un gros marcheur, je fais régulièrement des petites pauses pour faire le plein d`énergie et pour mon plaisir devant les multiples étals de rues, magnifiquement décorés (bananes qui pendent, oranges en pyramide, rangée de papayes )proposant jus de fruits et milshakes frais. Cependant, mon préféré est le jus de canne à sucre et sa drôle de machine bruyante, frais, coupé avec du citron, un vrai délice . C`est le pays des lassis et du chaï (thé au lait) ainsi que des chaines de cafés comme coffee day et barista qui font toutes sortes d`excellents cafés froids et chauds. Les plats indiens ou plutôt mes meilleurs souvenirs de table. une constatation : ne pas se fier aux apparences, un petit resto de rue de tout ce qu`il y a de plus modeste peut offrir des amours de petits plats . Pour moi, c`est souvent le feeling qui parle. Le meilleur exemple est ce petit restaurant en plein air à Amritsar dans le Penjab. Difficile à voir depuis la rue, on y accède par un sentier. Trois grandes tables avec bancs derrière 4 ou 5 grandes casseroles inox avec à l`intérieur qui mijotent des plats exclusivement végétariens, assemblages de légumes préparés : pommes de terre-carottes-choux-fleurs-oignons-aubergines. A la popote, juste 3 personnes dont une préposé à la confection de chapatis. Présentés dans de petits bols, c`est goûteux à souhait pour un tout petit prix et dans une atmosphère conviviale. Ce fut notre rendez-vous quotidien pour le diner en compagnie de Vlad, Cathia, Carla, Emmanuele, Yann et Ludivine . Maintenant, pour mon estomac et mes papilles, deux incontournables. Le chicken tikka et le chicken biryani. Les meilleurs que j`ai dégusté ? Jaisalmer au Rajasthan. Un petit resto dans la ville basse. Situé au 2ème étage d`un bâtiment éloigné du centre touristique, il ne paie pas de mine. Fréquenté par une clientèle indienne, un accueil simple et une cuisine savoureuse. Evidemment ces deux endroits ne figurent pas dans les guides. Mention spéciale au restaurant du Dream Heaven, la guesthouse où j`ai logé à Udaipur. Une cuisine qui pétille dans un cadre somptueux (une terrasse donnant sur le lac et le palace). Le plus beau compromis et de loin restaurant+hôtel en Inde . Avec mes deux compères français, nous avons testé la carte, matin, midi et soir . Impossible de décrocher. Une cuisine délicieuse particulièrement les plats végétariens, le baigan Bharta (aubergines avec oignons et tomates), le mutter paneer (petits pois avec de petits cubes de fromage dans une sauce de noix de coco) le Alo paneer (pommes de terre avec cubes de fromage) et la fameuse salade de thon maison. Une sensation de plaisir nous accompagnait à chaque début de repas. Dans le sud, ce fut le poisson grillé comme à Kanyakumari dans un petit restaurant où j`avais pris l`habitude de venir et l`apothéose avec le restaurant de Ryaz. Donc retour à Pondichery où j`arrive au petit matin. Après un voyage éprouvant en bus (un de plus) où j`ai été malade après avoir ingurgité une samoussa daubée (suis guéri depuis : souvenez vous de l`intro ). Résultat, sous les coups de boutoir du bus, l`estomac n`a pas résisté et ça a été retour à l`envoyeur deux fois . Pas un souvenir impérissable excepté ces immenses champs d`éoliennes après Nagercoil s`étendant à perte de vue, le bus a bien roulé 10 kms. Peu d`entre elles fonctionnaient. Pondi C`est un petit coin de France en Inde avec une Alliance Française très bien implantée (2000 élèves inscrits pour l`année). Ancien comptoir français dont on peut voir quelques vestiges au musée, la ville possède un charme indéniable. Des rues noyées sous des arbres en fleurs. Quelques unes indiquées dans la langue de Voltaire et qui fleurent bon l`époque : rue Surcouf, rue de la Marine. Des restaurants proposant de la cuisine française. Des petites boulangeries. Des cafés où l`on peut lire le journal tout en sirotant un cappuccino. Un très beau jardin botanique datant de 1826, le plus vieux du pays.
Rue de Pondichery
A midi les mères apportent le déjeuner aux enfants
Maison pondicherienne sous la végétation
le jardin botanique Une longue promenade le long d`une mer agitée. Pondi c`est aussi Aurobindo http://www.pondichery.com/french/aurobindo/ et Mira Alfassa dit la Mère, indissociables. Leurs portraits sont omniprésents en ville à l`intérieur des édifices. Ils ont marqué la région de leur empreinte. Mira Alfassa a fondé Auroville à quelques kms de là. http://www.auroville.org/ / http://fr.wikipedia.org/wiki/Auroville Dans le hall de la Sri Krishna guesthouse, ils trônent en bonne place derrière la réception. C`est ici que je loge, bien situé dans le centre. Durant 3 jours, je suis à la diète pour que mon estomac martyrisé récupère . Mes nuits sont longues car impossible de fermer l`oeil. C`est nouveau. A cause de la chaleur (?) et les nerfs (?) la proximité de la fin du voyage approche inexorablement. Pour occuper le temps, je regarde les films diffusés sur HBO et je m`ecroule au petit matin jusqu`à 10h00.
Scène de vie dans un parc pondichérien
C`est à Pondi que je retrouve Marie Paule. Depuis fin 2005, elle est responsable de l`Alliance Française de Chennaï. Nous nous sommes connus durant la Caravane pour la Palestine en étant associés à ce projet. Une belle expérience humaine et les gens qui ont participé à cette aventure, ont tissé des liens très forts . Quel plaisir de la revoir. Courant août 2007, je l`avais prévenu de ma visite mais c`était loin. Eh bien me voilà ! Le soir, nous rejoignons Danielle dans une pizzeria à coté d`auroville. Une amie de longue date de Marie Paule. Elle vit 6 mois en Inde et le reste du temps en France. L`Inde ça fait 30 ans qu`elle la côtoie.
la maison de Danielle Récemment, elle a acheté une parcelle de terrain et l`an dernier a fait construire sa petite maison. Située en pleine campagne, à coté d`un champ de courses hippiques. Une maison tout en rondeur, avec toit ouvert, des hamacs, entouré par un bassin et de grands arbres au milieu de la verdure. Un véritable havre de paix . Lorsque elle repart en France. Reste les trois chiens et un gardien qui veille sur cet ilot de sérénité.
Le petit resto au bord de la plage tenu par la communauté d'Auroville Le lendemain, Marie Paule m`emmène en scooter à Auroville. Nous aurions du partir en début d`après midi mais la voiture qui nous ramène, une jeep n`est pas finie d`être réparée. Nous déjeunons au restaurant de la communauté. Au bord de la plage, sous les arbres, la cuisine est fraiche, composée principalement de salades dont les légumes proviennent exclusivement des fermes organiques de la communauté. Auroville est internationale et pour y rentrer, le nouvel arrivant se doit d'y apporter ses compétences. Officiellement tout est basé sur l`entraide. En tout cas, l`endroit est reposant. On peut même y dormir. Il y a plusieurs bungalows en bambous et l`on accède aux chambres par des échelles . La journée se passe jusqu`au soir où nous retournons avec la jeep jusqu`à Pondi pour récupérer mes sacs. Cette fois, ça y est, je met les voiles. Mais avant de prendre la route, rdv est pris chez Ryaz pour un ultime repas. Lorene en week-end à Pondi et qui travaille à l`Alliance Française avec Marie Paule nous rejoint.
Village de pêcheurs près de Pondichery
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Suite et fin de cette aventure. je reprend le fil après un petit break dans l'écriture
Chennaï : le dernier fragment
Pondichery-Chennaï du 03 au 09 février Quelque part entre Pondi et Chennaï le long de la côte, la jeep s'enfonce dans la nuit sur une route dégagée. Nous sommes partis depuis une heure après avoir quitté Danielle et Ulrich. C'est Marie Paule qui conduit. Je me tiens à ses cotés, prêt à la suppléer au volant en cas de fatigue. Lorène a pris place sur la banquette arrière. Elle dort. Je fais la causette avec Marie Paule...souvenirs de la Caravane Strasbourg- Jérusalem dont nous avons fait partie, des copains et des copines restés en France, de la vie en Inde. Elle est en poste depuis octobre 2006. Responsable de l'Alliance Française de Chennaï, elle essaye de faire exister la France dans la quatrième ville indienne. Pas simple d'autant qu'il a fallu qu'elle s'adapte au mode de fonctionnement de ses employés indiens. Entre les célébrations religieuses et les mariages, les causes d'absentéisme sont nombreuses et pas question pour eux de louper les festivités et elle a dû remédier calmement à ces manquements. C'est la règle d'or : ne pas s'énerver et faire avec. Depuis que je l'ai retrouvé, je la trouve très zen, souriante et détendue. En France, elle était une personne joviale et à l'écoute des autres. Arrivée dans les faubourgs de Chennaï. Nous déposons Lorène à l'Alliance Française, elle loge dans un studio mis à sa disposition au dernier étage du bâtiment. Quant à moi, je vais m'installer chez Marie Paule. Une maison avec un petit jardin qu'elle partage depuis peu avec deux autres colocataires, Annie et Sarah. Elles sont absentes à cause de fréquents déplacements. Leur job : le microcrédit. Chennaï : la plus grosse ville d'Inde du sud. Une langue : le Tamil. Deuxième place forte cinématographique du pays, une production prolifique et méconnue comparé à son concurrent de la côte ouest Bollywood. Avec une différence de style très marquée. Là où Bollywood rime avec rêveries et bons sentiments, les films tamils baignent dans le réalisme avec parfois des accents très violents. Place importante pour l'initiation du Bharata natyam, la plus vieille danse de l'Inde. C'est ici que l'on fabrique la fameuse moto Enfield. Chennaï plus connu sous son ancien nom Madras est différente des autres villes de même taille que j'ai visité durant mon séjour, comme Mumbaï (Bombay) et Bangalore. Du nord au sud, de Georgetown à Adyar, c'est comme un assemblage de villages bordés par deux plages (Marina Beach et Eliott Beach) donnant sur le Golfe du Bengale, entrecoupés par deux rivières l'Adyar (au sud) et la Kuvam(au nord). A Plusieurs reprises, en circulant à vélo, je me perdrai dans le dédale des petites rues. La circulation y est très concentrée Je croiserai de rares touristes. La ville n'a pas la cote et c'est plutôt "circulez y a rien à voir". Tout ce petit monde se presse à Pondichery plus attractive. Chennaï est considérée comme un lieu de transit car dotée d'un aéroport international et d'une liaison maritime vers les iles Adaman. Postures du Bharata Natyam Eliott Beach ce matin. Mon pied à terre. La maison est située au fond d'une impasse ombragée à quelques pas de la plage. Marie Paule s'est rendue à son travail. Avant de partir, elle se détend en pratiquant une séance de yoga quotidienne avec une professeur indienne. L'Alliance Française est très éloignée et il faut traverser la ville pour s'y rendre. Je pars explorer les alentours en marchant. Je découvre que c'est un quartier très agréable et je prends vite mes repères. Les deux premiers jours, je me déplace avec les rickshaws qui m'en font voir de toutes les couleurs. Pas trop le choix, la ville est très étendue. A chennaï, ils ont mauvaise réputation. Le torchon brûle. Ras le bol et mécontentement d'une population qui demande à ce qu'ils installent des compteurs. Refus catégorique de leur part. Je me rend vite compte que la partie ne va pas être facile avec ces roublards et il faut sans cesse batailler pour ne pas se faire enfler sur le prix des courses. Pire encore, ils ne comprennent pas les indications que je leur donne. Plus d'une fois, ils me déposent au mauvais endroit et excédé je continue à pied. Le pompon a été décroché par celui qui devait me ramener à la maison et qui s'est perdu. Il a fallu que je le guide jusqu'au pont. Après l'avoir franchi, je lui demande de stopper pour continuer à pied. Et voilà qu'il ne veut pas me rendre la monnaie en prenant un sourire béat "for drinking a tea", "toi, mon coco, si tu me prends pour un pigeon, tu es mal tombé" en lui décrochant un sourire jusqu'aux oreilles, "No Chaï, no Tea, give me my money". Je ne bouge pas mes fesses de ton tacot. Au bout d'un moment, voyant qu'il n'obtient rien de moi, il me jette excédé l'argent en me fusillant du regard. Je lui fausse compagnie en n'oubliant pas de lui souhaiter un Good Bye cynique. A l'exception d'un ultime trajet à l'aéroport, cela sera ma dernière confrontation avec eux. Dorénavant, je circule avec la bicyclette que Marie Paule me prête. Enfourchant la petite reine, je suis le roi du pétrole à Chennaï. Je me fond dans le trafic. Parfois c'est un numéro d'équilibriste qui demande de la dextérité. Je peux toiser du regard les rickshaws (hé hé) et aller où bon me semble pour découvrir la ville. En premier lieu, Marina Beach : la deuxième plage du monde par la longueur. Elle s'étend de la rivière Adyar jusqu'aux installations portuaires, sans parler de sa largeur. Rendez-vous préféré des citadins qui, le soir, s'y rendent en famille et... cotoient les habitants des lieux. En effet et c'est une des particularités de l'Inde du sud, les pêcheurs habitent sur les plages, à deux pas de leurs moyens de subsistance. Les marchands du temple rêvent de faire table rase pour y implanter des complexes hôteliers et développer le tourisme. Heureusement, ils se heurtent à une forte résistance des associations chargées de les défendre. Pour le moment, les pêcheurs sont là et ils entendent bien y rester. Tout comme à Eliott Beach. J'adhère totalement à ce genre de combat contre ceux qui veulent nous imposer avec leurs karchers et leurs bulldozers, un mode de vie aseptisé, terne et insipide.
Enfants de pêcheurs à Eliott Beach
Pêcheurs à Marina Beach Les Indiens sont revendicatifs et ils créent beaucoup d'associations pour exprimer leurs droits. L'Inde c'est un tissu associatif très développé, un syndicat paysan très puissant dont j'avais pu rencontrer quelques membres à Lyon en 1999. Une caravane à travers l'Europe pour nous informer sur leurs luttes. Pur fruit du hasard cette rencontre au parc de la Tête d'Or, bien que je connaissais cette caravane et qui s'est terminé en fou rire général quand j'ai laissé à l'un d'entre eux, mes rollers pour une initiation pour le moins chaotique. Je vous laisse imaginer la suite. Marie Paule me disait que lorsque elle a pris son poste, les employés sont venus la voir pour s'enquérir des conditions de travail et qu'il a fallu discuter certains points sur lesquels ils exprimaient des inquiétudes. Il suffit d'ouvrir un journal pour constater que le pays est agité de marches, manifestations, rassemblements etc...Un signe de bonne santé citoyenne quoique on en dise. En octobre 2007, le mouvement Ekta Parishada a organisé une marche de 350 kms regroupant petits paysans, dalits de vingts états qui ont convergé depuis Gwalior Madya Pradesh vers New Delhi "« Du travail pour toutes les mains, du pain pour tous les estomacs, une terre pour les Sans-terre, une protection pour les petits paysans et les petits commerçants, modifier les politiques actuelles »c'est ce qu'on pouvait entendre dans les rangs compacts des marcheurs. Qui a dit que les Indiens courbaient l'échine ? Je vais rendre visite à Marie Paule à l'Alliance Française. Un beau bâtiment de 3 étages entouré d'arbres mais par contre le quartier c'est "Boucan d'Enfer", en particulier la rue College Road en sens unique qu'il est quasiment impossible de traverser sans risquer sa vie tant le flot de véhicules est ininterrompu. L'intérieur est constitué d'une bibliothèque et de plusieurs salles où sont dispensées des cours, au premier étage un coin restaurant très agréable, une salle très spacieuse où travaille le personnel administratif avec au fond le bureau de Marie Paule. Cerise sur le gâteau, une superbe salle de spectacle au dernier étage. Marie Paule
Pour la faire fonctionner, Marie Paule ne ménage pas sa peine. Elle travaille beaucoup et se démène avec un budget qui se réduit en peau de chagrin depuis que l'ultra droite est passée. Pour la section culturelle, elle est secondée par un ex de la troupe d'Ariane Mnouchkine, un Indien qui a passé six ans à Marseille. En ce moment, c'est l'effervescence. Elle organise un festival de films français et la conférence de presse a lieu dans la semaine. Au milieu de son emploi du temps chargé, Elle prend le temps d'inviter des amis chez elle ce qui me permet de faire la connaissance du petit cercle des expatriés français. Un soir, elle invite deux copines. Sarah qui vient juste d'arriver et qui travaille dans une association caritative et Françoise une danseuse. Cela fait trois ans qu'elle s'initie à la danse Bharata natyam. Originaire d'Avignon, elle touche au but. Dans deux mois c'est la récompense du travail accompli et une grande fierté; elle va danser seule dans une grande salle de la ville accompagnée par des musiciens qu'elle a choisi. Je la sens épanouie. Elle respire la joie de vivre. En juin, elle rentre en France et son visage s'assombrit lorsque elle se met à en parler. Elle apprécie sa vie ici, elle loue une petite maison près d'ici. Tout va bien. Nous restons à discuter tard dans la nuit après que les autres soient partis dormir. Elle a un peu voyagé en Inde et nous évoquons nos souvenirs et nos projets. Je ne la reverrai plus jusqu'à mon départ. Dommage et un regret de ne pas pouvoir assister à son spectacle en avril. J'aurai une pensée pour elle. Un autre soir, c'est tout un groupe de jeunes expatriés français qu'elle a invité, Sarah la nouvelle venue est aussi de la fête tout comme Danielle et Ulrich qui ont fait le déplacement de Pondi. Danielle doit récupérer sa fille dans la nuit à l'aéroport. Ulrich fait des allers retours de plus en plus fréquents entre l'Allemagne et l'Inde. Je fais la connaissance de Annie, la coloc de Marie Paule. Son travail l'amène à se déplacer fréquemment à travers tout le pays. Elle propose du microcrédit au tissu associatif rural. Concrètement ça signifie aider financièrement des gens modestes pour qu'ils puissent ouvrir un petit commerce de rue tout en leur permettant de rembourser par petites sommes. Le hic :c'est pour le compte de grands groupes et les taux sont très élevés. ça part d'un bon sentiment mais sur le fond c'est un moyen de faire du fric sur leur dos. Rien à voir avec les tontines africaines. Depuis que le docteur bengalais a été prix nobel pour cette belle initiative, les prédateurs lorgnent sur un marché qui peut s'avérer juteux. Elle en a bien conscience et ça la met mal à l'aise. Auparavant, elle travaillait au Rajasthan pour le compte d'une association Seva Mandir (voir Udaipur la perle du Rajasthan). Le départ se rapproche à vitesse grand V. Je ne réalise pas. Suis ici dans un cocon et en charmante compagnie. Pourtant, les quatre derniers jours, je dors dehors...non la gente féminine ne m'a pas chassé des appartements, je suis toujours très bien accueilli mais c'est la recherche de fraicheur. Je ne ferme plus l'oeil et je collectionne les nuits blanches depuis Pondi. Installé sur la petite terrasse en béton, après avoir goûté au concert nocturne de mes minuscules voisins de chambrée, à deux pas dans le petit jardin, je peux m'assoupir deux heures. Réveil forcé à l'aube par le pilonnage des moustiques. Bonne transition. Un beau matin, je me frotte à l'administration indienne...sans le savoir. ça sonne à la porte. Les yeux ébouriffés, j'ouvre et je me retrouve nez à nez avec un type qui me présente une facture, il n'a pas l'air de plaisanter. Il parle en Hindi, je parle en Anglais. Incompréhension sur la ligne. Ni une, ni deux, il se dirige vers le jardin, ouvre un boitier (d'électricité) et repart avec deux gros haricots(les fusibles). Je le regarde quitter le jardin et je réalise en rentrant que c'est le jus qu'il a coupé. Plus rien ne fonctionne. J'appelle Marie Paule. Gros soupirs. "Ah non pas eux !, ça peut prendre une semaine pour rétablir le courant" Aïe, je suis ennuyé de l'avoir laissé filer avec les fusibles. A la base de ce quiproquo, une note d'électricité à honorer et moi dans la peau d'un improbable mauvais payeur. Le lendemain matin, au prix de courbettes et d'un billet glissé dans la poche, un employé du service se déplacera pour remettre la lumière. Samedi. Dernier jour. Je vais une dernière fois au bord d'Eliott Beach en compagnie de Marie Paule. Quelle étrange sensation. Je réalise que tout cette vie d'errances tire à sa fin et retour à la case départ. Nous buvons un cappuccino, détendus et sereins. Hier soir, je profitais de la plage, assis sur le sable devant la déferlante des vagues sous une belle nuit étoilée. Malgré l'obscurité, du monde, beaucoup de monde se promenant ou restant comme moi à contempler les vagues. De l'animation, une plage squattée par des échoppes de fortune éclairées à la lanterne qu'un vent léger faisait vaciller; odeurs de nourriture et de chaï. J'aime cette ambiance. Derniers instants avant de quitter cette terre d'Asie. Fin du voyage. 17h00, Le rickshaw traverse le quartier d'Adyar qui n'a plus de secret pour moi...Je viens juste de quitter Marie Paule. Encore une fois, c'est moi qui suis parti...La route est maintenant dégagée, il accélère. Anna University. Sur le trottoir, des vendeurs de hamacs. De l'autre coté un réparateur de bicyclettes. Des chambres à air sont accrochés au mur... Couleurs de l'Inde. J'en prend de pleines bouffées pour le voyage qui s'annonce. Un panneau indique Airport. Cette fois ça y est. Je paie le rickshaw et il me tend la main. Regard amical et poignée de main. Il me souhaite bon voyage. Incroyable comme ce petit geste me touche car durant trois mois j'ai ferraillé sur les routes avec ses copains. Les Happy End à l'américaine ne sont pas ma tasse de thé. J'en rigole. Je le regarde disparaitre au coin de la route et mon sac sur l'épaule, je pénètre dans le hall de l'aéroport. Souvenirs de Chennaï Moments de détente à Marina Beach |  |  |  |  |  | "Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier |  |
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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Tamil Nadu: Chennaï le dernier fragment
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16 avril 2008 à 3:06
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Re: [BEATRICES] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Tamil Nadu: Chennaï le dernier fragment
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28 avril 2008 à 17:10
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Re: [nacera67] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Séduisante Badami
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28 avril 2008 à 17:27
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