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Mékong
Lyon, France

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20 janvier 2008 à 9:37

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De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Séduisante Badami [En réponse à] Répondre

Séduisante Badami



Bijapur-Badami
le 14-15 janvier
Je continue ma découverte du Karnataka et en fin de matinée j'arrive à Badami. C'est un gros bourg traversé du nord au sud par une rue Station Road. La plupart des hôtels sont autour de la gare routière. J'en trouve un correct pour 150 rps. Je me plaîs ici. C'est tranquille et les gens sont sympas. Les prix sont très abordables. Badami n'a pas été vampirisé par le tout-tourisme...pour l'instant. J'espère que cela va s'éterniser.

Cet après midi, je vais me faire la balade des temples. Je pénètre dans le village. Successions de petites ruelles où les gens vaquent à leurs activités quotidiennes. Veaux vaches et cochons...et singes sont présents. Je manque de me faire niaquer par un chien et lui présente ma semelle en guise de réponse si il a l'idée d'y revenir. Les rayons du soleil tapent fort à cette heure de la journée, incitation à la sieste et à la farniente. Les portes des maisonnettes sont grandes ouvertes. Et toujours des sourires et regards bienveillants ponctué de "Namasté". Au bout, j'aperçois un temple perché sur un morceau de rocher. Ces ruelles forment un véritable labyrinthe. Je demande mon chemin. Une Indienne m'indique la direction.



Mais qu`est ce qui me pousse à marcher encore et encore...trouver un petit coin d`ombre sous un arbre, m`asseoir et contempler le paysage...patience.
Je parviens à l'entrée. Plusieurs marches d`escaliers à gravir. Quel calme ! en arrivant devant le temple, je tombe sur un groupe d`Indiens en train de déjeuner. Salutations et rigoladesSourire. Ils se demandent bien ce que je fais à crapahuter sous cette chaleur. Une jeune Indienne me guide à l`intérieur du temple et des abords. D`ici, je dispose d`un joli point de vue sur Badami

Badami. Ce village a des airs de Jodhpur au Rajasthan. Maisons avec toits en terrasse. Douceur de vivre perceptible. Population tranquille et amicale. Comme Bijapur sa voisine plus au nord, cet endroit fut une place historique importante dans l`histoire de l`Inde et les fortifications dans les collines temoignent de son glorieux passé révolu. En regardant ce petit village tranquille, j'ai du mal à l'imaginer.

Le panorama est somptueux.
D`un coté, des collines d'où furent bâties des fortifications dont on voit les ruines. Sur des pans de rochers se dressent fierèment des temples hindouistes. Le village fait la jonction avec l`autre flanc de la colline où se trouvent les quatre grottes décorées de sculptures, dediées à Vishnu, Shiva et au Jainisme. Et pour finir, au milieu de ce décor idyllique, un plan d`eau entouré de ghats où les villageoises lavent le linge. L`inde regorge de richesses et je m`en rend compte à chaque étape pour peu que l'on sorte des sentiers battus. Il me faudrait du temps et plusieurs voyages pour les découvrirSourire.


Durant l`après midi, je me promène sur les collines en montant par la porte nord du fort puis descente par l'autre versant devant le temple dédié à Hanuman dieu des singes. Retour au bord du lac. Mon temple préféré est situé au bord de l'eau, le Bhutanatha. A l'intérieur une statue de Mandi, la grosse vache.

Temple Buthanatha

Jamais vu autant de singes aux abords des édifices, sur les toits, les pelouses et les arbres. Ils font partie du décor et on n'y fait plus gaffe. Néanmoins, avec mes yeux d'occidental passionné de zoologie, je ne me lasse pas de les observer et ils me le rendent bien. Je ne perd pas une miette du spectacle.

Lendemain matin, réveillé à l'aube, je file visiter les quatre grottes avant que les groupes de scolaires déboulent. J'apprécie le silence quand je suis dans ce genre d'endroit. Les grottes sont reliées entre elles par des escaliers taillés dans la roche.

Elles sont ornées de colonnes et finement scultées de statues representant les divinités locales. C'est une roche de couleur ocre. Quelques écureuils profitent de l'accalmie matinale pour se montrer. En bas, le lac est emmitouflé sous une légère brume qui enveloppe le temple Bhutanatha. Le soleil commence à pointer son nez. Ses rayons illuminent le temple perché sur la colline d'en face ce qui lui donne une couleur dorée. Je fais photo sur photo en savourant ces instants délicieux avant que des dizaines de gamins fassent leur apparition en courant dans tous les sens. En repartant, je vois des dizaines de singes qui se sont rassemblés dans les arbres à coté de l'entrée, attirés par le bruit. Parmi eux, Il y a l' Iroquois, Spock et le timide.

Spock

L'Iroquois

Le Timide


Petit détour à la réception de l'hôtel pour récupérer mon sac et direction la gare routière à coté. Un bus pour Hampi, y a pas. J'opte pour la ville de Hubli et de là j'attraperai une correspondance.


La cavalerie approche



La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 28 mars 2008 à 20:02.)

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Fabricia
Alpes Maritimes, France

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Description de la photo/image: Amber Fort, Rajasthan, octobre 1994 : une belle indienne offre aux visiteurs un gobelet d'eau puisée dans sa cruche.


23 janvier 2008 à 11:21

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Seduisante Badami [En réponse à] Répondre

Bonjour Eric,

Tout comme le voyage de notre amie Parvat, je suis le tien, ce roman vécu et offert pour mon plus grand plaisir.
Retrouver l'Inde que j'aime au fil des jours que tu nous fais vivre en direct ou presque, si bien racontée, cela me rappelle tant de souvenirs !

Amical salut d'une indophile et bonne route à toi...

Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)



Mékong
Lyon, France

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23 janvier 2008 à 12:36

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Re: [Fabricia] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Seduisante Badami [En réponse à] Répondre

merci de ton message Fabricia
c`est un pays aux mille facettes qui recele une telle diversite et pour moi, depuis que je voyage, la meilleure experience culinaire. je suis comble

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier


Mékong
Lyon, France

Photo/image personnelle du membre Mékong.


23 janvier 2008 à 12:44

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De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Hampi au milieu coule une rivière [En réponse à] Répondre

Hampi : au milieu coule une rivière
Badami-Hampi
le 15/16/17/18/19 janvier



Une route goudronnée qui laisse place à un chemin en terre qui s`arrête par la force des choses, au pied d'un pont métallique atteint par la rouille. Jamais terminé ? endommagé et jamais reparé ? Il semble pour le moment bon à ranger au rayon des souvenirs. D`abord on prend le petit sentier sur la gauche puis on descend pour accèder au bord du fleuve. Sur une partie sablonneuse, proche des piliers du pont, des tentes de bambous. Des enfants jouent, des femmes préparent le souper. Sûrement les familles des passeurs qui vivent ici. Des Dalits ? Pour traverser d`une rive à l`autre, il faut emprunter l`une de ces barques. Demies coquilles faites de tiges de bambou et recouvertes de baches noires que deux passeurs font avancer à l`aide de pagaies. Il faut s`armer de patience durant les heures de pointeSourire.


Beaucoup de gens font la navette quotidienne entre Anegundi le village d`en face et Hampi Bazar le centre touristique du coin. En plus des hommes et de leurs ballots, il faut charger leurs montures de fer. Alors on s`asseoit sur un bout de rocher en attendant son tour qui ne dure jamais très longtemps car plusieurs barques sont sur l`eau simultanémentSourire. Il arrive que l`une d`entre elles boivent la tasse à cause du poids des motos mais cette affaire est vite résolue à l`aide d`une écuelleMalin. Le scénario se répète jusqu`à la tombée de la nuit et recommence dès l`aube le lendemain. Il y a bien une route qui fait le grand tour en passant par Hospet; axe permettant aux véhicules de rejoindre le village mais pour nous autres, pietaille et deux roues, le détour est trop importantTire la langue.

Le fleuve Tungabhadra, imperturbable, continue de s`écouler avec une régularité de métronome. Non pas qu`il soit un long fleuve tranquille car son débit est rythmé par les périodes de mousson. Alors les traversées deviennent problèmatiques car le niveau s`élève de plusieurs mètres. Plus loin, au nord-est, il se jettera dans le fleuve Krishna.
Les grands fleuves et l`Inde : On pense surtout au Gange qui coupe transversalement l`Inde du Nord. Il y a aussi l`Indus qui prend sa source dans le plateau himalayen, il arrose la vallée du Ladakh avant de rentrer au Pakistan. Le Brahmapoutre, moins connu mais tout aussi important, le frère jumeau de l`Indus à cause de son parcours symètrique. Celui là arrose les états du nord-est de l`Inde avant de rejoindre le Gange au Bangla-Desh dans ce qui constitue le fameux delta du Gange.

Anegundi.
C`est donc là que je me dirige en ce bel après midi de janvier, sur recommandation de Ludivine, une vforumiste rencontrée à AmritsarSourire. Je sue à grosses gouttes, l`épaule endolorie par un sac devenu plus lourd au fil de mon périple. Avant de parvenir jusqu`ici, j`ai eu quelques démêlés avec un rickshaw peu scrupuleux affichant des tarifs délirants et mentant sur le kilomètrageDubitatif. Le bus en provenance de Hospet m'avait laissé en plein milieu d'un site touristique. Mauvaise pioche. "Terminus" me repond le chauffeur. Le temps que je réalise, que je rassemble mes sacs pour sortir, je me retrouve happé par un flot humain hystérique. D'abord secoué par la première vague, je prend ma respiration et plonge vaillamment dans la marée humaine, mon sac en guise de bélier pour me frayer un passage. Courageux mais pas téméraire. Ca rentre comme dans du beurre. Conscient de ne pas les avoir ménagés, je me retourne m'attendant à subir des regards de désapprobation mais je ne rencontre que des visages espiègles. Welcome to India !
Anegundi est de l'autre coté du fleuve. J`arrive à la tombée de la nuit et me met en quête d`un logement que je ne tarde pas à trouver. Ici on est loin du bric à brac à touristes de Hampi Bazar, c`est un petit village indien tout simplement et les étrangers ne se bousculent pas. Quelques rares hôtels. Celui où j`établis mes quartiers est comme neuf avec salle de bain et toilette. Pour 300 rps c`est dans mes cordes. Ellle est tenue par une famille gentille et discrète. Le soir, lorsque je reviens de balade, les rues du village sont animés, les gens palabrent, les enfants se regroupent. Durant 2 jours, la vie du village bat au rythme de la fête. Rues illuminées, défilés avec musique. Dans mes souvenirs de voyage, je revois Gazor Khan en Iran. Mais Je reste cloitré dans ma chambre, poussée de fièvre et manque d`énergie. De plus mon corps est un champ de bataille pour les moustiques. Obligé de calfeutrer la fenêtre avec une couverture car les petits teigneux passent à travers la moustiquaire. Mes hôtes m`apportent un plateau repas, à base de riz et de légumes. Ici pas d'extra pour les touristes, c'est le même menu pour tout le monde. Peu d`appetit mais je me force un peu pour leur faire honneur.
Un soir, je rencontre une famille de touristes indiens qui logent à la chambre voisine. Le patriarche me presente fièrement femme et enfants.

Hampi



ce sont de nombreux temples au milieu de paysages spectaculaires que n`aurait pas renié le peintre surréaliste Magritte. A perte de vue, des collines constituées d`immenses blocs de granit aux formes étranges, entourées de rizières, de champs de bananiers et de cocotiers. Un lieu touristique qui attire beaucoup de routards et des Indiens qui viennent en pélérinage. Un endroit rêvé pour la balade.

Le premier jour, je remonte le fleuve jusqu`à Hampi Bazar en me frayant un chemin à travers les hautes herbes et les rochers. Je distingue un son de flûte. Sur la rive d'en face, un berger garde un troupeau. Je m'allonge sur un gros bloc de granit pour prendre le temps. Pause lecture. Je me sens épié et je me retourne. Un gamin m'observe à 1 mètre. Je ne l'ai pas entendu venir celui là. Je lui prête mes jumelles qui l'amusent beaucoup.

A Hampi Bazar, j'observe la faune locale. Des hordes de routards. Je ne m'attendais pas à en voir autant mais la proximité de Goa explique cela. Dans les échoppes, c'est bataille pour récupérer ma monnaie.
Le deuxième jour, je pars tôt et prend la route de Hospet. Je croise beaucoup d`enfants à pied, en bicyclette qui vont à l`école, des femmes partent travailler dans les champsSourire.


Echanges de Namasté et de Hello. Anegundi est entouré de rizières irriguées par de petites rigoles. Des hommes s`activent à la tache. C`est un travail difficile et ingrat. De l`eau jusqu`à mi-mollet, ils creusent de petites tranchées. Certains bénéficient de l`apport précieux d`un tracteur.



Puis ce sont des champs de bananiers. Quelle est belle la campagne indienne !!!SourireSourire. J`arrive devant le temple d`Hanuman. Il se mérite car avant de profiter du point de vue, il y a la montée des marches, rien à voir avec celle de la Croisette. Ici c`est shorts sandales et bandanaRire. Et en effet, ca vaut bien ces quelques effortsTire la langue car le panorama est grandiose. Il embrasse toute la région. Le fleuve qui serpente. Les rizières gorgées d`eau, les collines de granit, les forêts, les temples. C`est magique !!! je me pose sur un bout de rocherSourire. Un singe surgit devant moi et attrape mon sac, regarde à l'intérieur, je siffle, il me regarde d'un air penaud et le repose. Je reste assis au bord, pensif.

La région fait l`objet d`une bataille engagée. Dun coté, les marchands de temples, attirés par l`appât du gain et qui veulent développer encore davantage le tourisme et d'un autre les défenseurs de la préservation de ce patrimoine incluant les temples mais aussi les gens et leur culture, qui vivent dans la région comme les Ladamis. Pour l'instant ce sont les associations qui ont le dernier mot mais jusqu'à quand ?
Quand je vois Hampi Bazar, je m`interrogeDubitatif. L`endroit est vampirisé par le tourisme, tous les 100m, une agence de voyage, un restaurant, un cybercafé un hôtel et un magasin de souvenirs. Qui est derrière tout ce business et à qui cela profite t-il vraiment ? Je m`étais déjà posé cette question au Rajasthan car j`avais remarqué que de nombreuses échoppes vendaient exactement les mêmes produits.Fou Ici aussi, pas sûr que tout ce foin profite aux locaux.

Tous les soirs, vers 18h00, je repars dans le sens opposé par le temple Vittala, prendre le dernier bateau coquille de noix. Je croise tous ceux qui sont au bord du chemin, le vendeur de noix de coco, la vieille édentée, le vieux chaman et toute une ribambelle de gaminsMalinRire. Les têtes deviennent familièresClin d'oeil. Ca rigole. `Namasté` et des sourires. Un jour, je leur prête mes jumelles, c'est la bousculade et je dois jouer des coudes pour chacun puisse s'en servir. Encore quelques jours de plus et je les adoptais tousSourire.


Infos pratiques
Bus :
Badami-Gadag 37 rps
Gadag-Koppal 34 rps
Koppal-Hospet 21 rps
Hospet-Hampi 10 rps

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 4 avril 2008 à 16:50.)


pondy
France

24 janvier 2008 à 3:52

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Re: [Mékong] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route [En réponse à] Répondre

Un commentaire sur le carnet de Parvat sans un commentaire sur le tien, impossible.

Deux voyages bien différents, une façon de transcrire différente aussi et un plaisir de découvrir ton regard sur ce pays dont tu fais passer tout le charme, le paradoxe.
Ce voyage raconté presque au jour le jour ne cesse de m'intéresser. Merci.

Dom.


Parvat (en ligne!)
Perpette les vaches, Belgique



24 janvier 2008 à 12:58

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Hampi au milieu coule une riviere [En réponse à] Répondre

Mmmh c'est vrai que c'est bien écrit... Ca m'étonne que les petites coquilles de noix sont toujours d'actualité! Rire
Je m'y retrouve avec délice... Impatiente de lire la suite à Cochin Sourire

Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations...
(N.Bouvier)




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25 janvier 2008 à 11:00

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Re: [Parvat] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Hampi au milieu coule une riviere [En réponse à] Répondre

merci vous deux de vos gentils messages
ce pays ne cesse de m`etonner et j`ai du mal a quitter les lieux ou je passe.

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier


Mékong
Lyon, France

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26 janvier 2008 à 10:28

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De Lyon à Madras par la route :(Inde)Karnataka : Bangalore au bout de la fatigue [En réponse à] Répondre

Bangalore au bout de la fatigue

Hampi-Hospet-Bellary-Guntakal-Bangalore
le 19-20-21 janvier

Rues de Bangalore

Levé très tôt, petite forme même si je me sens déjà mieux. Pas le temps de musarder car j`aimerais être à Cochin demain matin. En hors d`oeuvre, une marche à travers les bois et les temples jusqu`à Hampi Bazar avant que le soleil ne fasse donner ses rayons. Je règle ma note et je dis au revoir à cette famille accueillanteSourire. Au fond de moi, je souhaite que ce petit village puisse garder son caractère.
Arrivé à Hampi, j`avale rapidement un petit déjeuner, toujours installé aux premières loges pour observer les accoutrements de la faune locale des routards. Un bus pour Hospet et c'est le début d`une expédition incertaine... L`incertitude l`une des facettes de cette Inde indomptable. C'est le lot de tous et les esprits trop cartésiens sont vite déstabilisés. J`improviserai selon les circonstances et en fonction de mon état de fatigue car comme ce n'est pas la forme olympique... A Hospet, pas de bus direct. Ca commence. Mon objectif est d'atteindre Guntakal où je compte attraper un train. Correspondance à Bellary. Pour parcourir un peu plus de cent kms, on mettra quatre heures. Un premier tronçon en travaux, enfin ça y ressembleSourire. On roule au pas. Après Bellary, c`est pire, le route devient piste sablonneuse, truffée de trous. A l`intérieur, compressés et secoués comme des citrons, nous mangeons de la poussièreFou. Le bus doit slalomer pour se frayer un passage entre les nombreux camions qui vont et viennent. L`impression d`être au coeur d`un rally dans le style `Gamel Trophée`Fou.
16h00 j`arrive enfin à la gare de Guntakal. Après renseignement, un train pour Ernakulam passe demain matin. Je ne me sens pas la force de refaire un autre long trajet. A moins de dormir sur place. Autrement, un train part pour Bangalore à 22h30 ce soir. J`hésite, pourquoi pas faire un saut à Bangalore...Je commence à m`endormir. Direction les retirings rooms. Pas de chance, c`est complet. Je reste planté sur les marches d`escaliers. Au calme je somnole une vingtaine de minutes et au bout de ce laps de temps, un type bourru me demande de déguerpir. "It`s full". T`inquiète pas mon bonhomme, j'avais compris, je pars. Décision prise, ça sera le train de 22h30 pour Bangalore où je ferai une escale d`un ou deux jours. J`achète un billet et j`attend sur le quai. Sur celui d`en face, un train à l`arrêt. Je vérifie pour la forme. Oups ! C`est le mien. Je monte dans une voiture qui n`est pas bondée et je m`installe par terre dans un couloir. Une heure de retard et nous quittons la gare. Mais la nuit promet d`être longue. Un contrôleur me sermonneFou. Pas de réservation, suis dans une voiture sleeper, j`ai un billet 2e classe. Suis complêtement hors sujet sur ce coup là. Pour défendre ma cause, je lui dit qu`ailleurs c`est bondé et que juré promis, je ne bouge pas du couloir. Il ne veut rien savoir et me demande de changer au prochain arrêt. "Yes Sir ! "mais je ne pense qu`à m`enrouler dans ma couverture et fermer les yeux pour m`échapper.Dubitatif...et je ne le reverrai plus.

Bangalore

Bangalore enfin. 6h30. Pour moi, la fin du voyage. Pas question d`aller plus loin. Priorité : trouver un hôtel pour prendre une douche et dormir. Le quartier est très fonctionnel coté transports. La gare ferroviaire est à 100m de l`immense gare routière. Un quartier vivant avec de nombreux étals de rues, restaurants, marchands de glace et vendeurs de mon jus de fruits préferé : le jus de canne à sucre au citronSourire. Je retrouve le sourire.
Quant aux hôtels, il n`y a que l`embarras du choix. Le premier sera le bon. Un peu au dessus de mon budget 486 rps mais très confortable. Chambre et salle de bain carrelées en blanc, TV, petit mobilier, quotidien fourni chaque matin, eau bien chaude et ascenseur. L`idéal pour me requinquer. Je dors jusqu`à 17h00.
Bangalore, j`accroche. Une bonne grosse ville indienne, environ 6 millions d`habitants. Une ville prospère et dynamique et qui le fait savoir. Après une bonne nuit, je pose mes bagages à la gare routière car j`ai reservé un billet pour Ernakulam en fin de journée. Ensuite, je pars me perdre à travers la ville. Par hasard, je tombe sur la mosquée principale. Très bel édifice blanc avec ses deux minarets élancés, au milieu des arbres.

La mosquée principale de Bangalore

High Court

En chemin, je fais le plein de carburant. Cappucino, milshake de fruits frais et des jus de fruitsCool.
La ville compte de nombreux parcs dont le Cubbon Park en plein centre. Un endroit plein de charme où les Indiens viennent se ressourcer en famille. Je traverse un endroit peuplé d`arbres si étranges que l`on pourrait les croire sortis d`un conte des frères Grimm.

Fin de journée, je retourne à la gare routière, bourdonnante d`activité. j`achète des fruits et de l`eau. Le bus de marque Rajahamsa est confortable. Siège très inclinable. Mais pas pour tout le monde, je remarque que le chauffeur est assis sur `un siège de campeur`. Demain je revois la merSourire. Une Coréenne s`installe juste devant moi. Nous faisons connaissance. Elle va aussi à Cochin.

la gare routière de Bangalore


Infos pratiques
Bus : Hospet-Bellary 34 rps
Bus : Bellary-Guntakal 20 rps
Train : Guntakal-Bangalore (2e cl) 93 rps
Bus rajahamsa : Bangalore-Ernakulam 482 rps
Beignets de pommes de terre frits fourrés aux légumes ou aux oeufs 2 a 4 rps/pce sur les étals de rues

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 4 avril 2008 à 16:48.)


Mékong
Lyon, France

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29 janvier 2008 à 9:59

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De Lyon à Madras par la route :(Inde)Kerala Fort Cochin à l`ombre de ses grands arbres [En réponse à] Répondre

Fort Cochin à l`ombre de ses grands arbres

Fort Cochin



Bangalore-Ernakulam-Fort Cochin
le 22-23-24-25 janvier

...Le bus nous emmène à Choraï à l`autre bout de l`ile Vypeen. Celle qui est en face de la péninsule. Nous avons pris le ferry à Fort Cochin. 13h45 sous une forte chaleur. Notre petit groupe fraichement constitué, s`est rencontré de manière fortuite ce matin au petit déjeuner sur la terrasse de l`hôtel.

Judith
C`est Judith une Israélienne qui est l`instigatrice de notre petite expédition. Hier ayant assité à une grande fête avec parade d`éléphants, elle nous en parle avec tellement de ferveur et nous propose d`y retourner aujourd'hui. Il y a Francois et Tina, un couple qui vit à Munich. Lui est Français, elle est Allemande. Ils se sont connus sur le chemin de Compostelle. Quant à moi, en les écoutant, je me suis raccroché au wagon et dire que je voulais partir ce matin pour Ernakulam... Sourire

François et Tina

Ernakulam, c`est donc là que j`arrive 3 jours plus tôt. Durant la nuit, après Mysore, nous avons franchi les Nilgiri Hills. C'est une région où l'on cultive un thé réputé. Sur la route en lacets, le bus ralentit à peine et double un camion entre deux virages. Lorsque on retrouve le plat, je pousse un soupir de soulagement.
Arrivé à la gare routière. Je propose à la Coréennne de partager un rickshaw et nous partons en direction du ferry pour Fort Cochin. Il est tôt. Les rues ne donnent pas encore de la voix et du klaxon. Les magasins, étals et boutiques sont fermés. Le guichet qui delivre les tickets n`ouvre qu`à quelques minutes du départ, le bateau se met à quai. Je suis ravi de retrouver la mer que j`avais quitté à Mumbaï. Sourire

Cochin est un ensemble d`iles et d'une péninsule reliées entre elles par des ponts et des ferries. 5 iles : Willingdon , Bolgatty, Gundu, Vypeen et Vallarpadam. 1 péninsule : Fort Cochin et Mattancherry et la terre ferme : Ernakulam. La balade est agréable après ce trajet en bus mouvementé. Un court mais pur moment de détente que je goûte avec délice. Je me laisse bercer par le cliquetis des vagues et promène mon regard sur les balises qui parsèment le détroit.SourireCool Sur l`ile de Willingdon à gauche, des portiques pour containers et des grues témoignent d`une activité portuaire importante. Un bateau immatriculé Panama attend d`être déchargé.

En arpentant les rues à la recherche d`un hôtel, je perd de vue ma compagne. Elle s'est volatilisée le temps que je ressorte d'un hôtel après avoir essuyé un échec. Je la reverrai furtivement le lendemain soir près de l`embarcadère, elle part à Mumbaï. Je lui souhaite bon voyage.
Je déniche une chambre pour 300 rps et je peux me délester de mes sacs. Du haut de la terrasse où je prend mon premier petit déjeuner, je suis sous le charme de ces immenses arbres qui recouvrent le quartier, certains ressemblent à d`immenses parasols. J'y reviendrai plus tard.

L`architecture est un mélange d`époques coloniales : églises, vieux forts, cimetierres, maisons et vastes allées ombragées. Tour a tour Portugais, Hollandais et Anglais se sont implantés et y ont laissé traces de leur passage. Vasco de Gama, le coureur des oceans est mort ici. Bizarrement, ne subsiste rien de l`influence chinoise excepté les fameux carrelets chinois le long de la plage. Pourtant ils étaient présents à l`age d`or de Cochin au XIV et XVeme siecle considèré comme l`un des ports de commerce les plus importants d`Asie. Peut être avaient t-ils édifiés des bâtiments qui auraient été détruits par les occupations coloniales et donc effacés de la memoire collective ?

Les carrelets chinois, on ne peut pas les louper. C`est devenu au fil du temps une attraction touristique, non pas qu`ils ne soient pas utilisés en la matière. Des hommes s`activent dessus quotidiennement. Mais la pêche qu`ils rapportent est bien maigre de nos jours. A chaque remontée de filet, les hommes cherchent leur maigre butin au moyen d`une épuisette. Les fishermens préfèrent le lancer de filet et la pêche en pirogue plus au large. L`endroit est très fréquenté.


Au milieu de ces frêles embarcations. surgit à l`horizon un point noir qui ne fait que grossir. Enormes mastodontes des mers, guidés par deux petites frégates et qui s`engouffrent dans le détroit. Des cargos et des porte-containers qui se dirigent vers la zone portuaire. Je me souviens avoir eu cette impression à Istanbul où les énormes tankers remontent et descendent le détroit du Bosphore vers la mer Noire et Odessa en Ukraine.

Fort Cochin. Ce que j`apprécie ici est la tranquillité de ses quartiersCoolSourire. Peu de circulation. C'est pas courant en Inde. En s`enfoncant dans les allées ombragées, le seul bruit régulier que l`on entend, ce sont ceux émis par les chants d'oiseaux et des cris d`enfants s'égayant dans les cours d`école et sur les terrains de jeux. Petits écoliers dans leurs uniformes aux couleurs gaiesSourire. Les fillettes attachent leurs longs cheveux noirs sous forme de nattes et de couettesSourire. Il y a beaucoup d`écoles à Fort Cochin. Mais peut être n'est ce qu'une impression car ailleurs le bruit infernal du traffic couvrent la totalité du reste. Nos sens respirent et le corps se laisse aller à plus de sérénité. A écouter le bruissement du vent dans les arbres, le cri des mouettes survolant la côte, le rouleau des vagues qui se fracassent contre les rochers, le bouillonnement de l`écume sur le sable. A sentir l`air marin, adossé à l`ombre d`une barque. Se remplir les narines du parfum des fleurs de frangipaniers. Et tous ces sourires au détour d`une rue ou d`une ruelle. Bien que n`étant pas un spécialiste en botanique, je suis tellement ébloui par les arbres locaux que je les photographie à tour de bras .






Le soir lorsque la nuit tombe, les familles indiennes se promènent le long des rochers et marchent sur la plage de sable blanc. On s`asseoit pour profiter de la douce quiètude de la nuit à peine dérangé par les moustiques. On aperçoit les lueurs vacillantes sur l`ile d`en face. Les bateaux sont rentrés. Seuls quelques pêcheurs tentent leur chance avec le lancer de filet. De l`eau jusqu`a mi-mollets, ils espèrent débusquer le poisson du soir. Sur la petite place animée, on vend le poisson frais de la journée, ça marchande fermeSourire. L`odeur de l`ocean pénêtre mes narines. Postés là, des vendeurs de babioles, vendeurs de jeux, ballons et instruments de musique essayent d`attirer le chaland, insistants mais jamais agressifs. Les terrasses des restaurants se remplissent.

...Retour sur l`ile de Choraï où nous allons assister à la parade des éléphants. Avant cela, nous stoppons dans un Ashram où Judith prend des cours. Un endroit charmant ou passe un canal. C`est tenu par un Swami, qui donne des cours de yoga et pratique des massages ayurvédiques. Medecine man, il consulte quotidiennement. Les gens du village viennent le voir pour leurs bobos. Dans une cabane, il fabrique ses propres produits ayurvédiques et il y a une salle rectangulaire ou l`on pratique l`art martial du Kerala, le Kalarippayat. Des sabres sont entreposés au fond de la salle couverte et faite de bambous. Il y a un Francais qui loge ici pour bénéficier des soins et massages. On nous apporte du thé. J`en profite pour mieux faire connaissance avec mes nouveaux compagnons. Avec François, le courant passe très bien. Curieux et enthousiaste, il est originaire de Bayonne. Peu de voyages à son actif mais il a l`air d`apprécier. Au contraire, Tina a beaucoup voyagé. L`inde, elle y a séjourné de nombreuses fois depuis les années 80 ce qui nous vaut une discussion riche et intéressante sur ce pays. Judith est occupée par ses cours mais j`aurai l`occasion de lui évoquer quelques bribes de mon long périple et de lui parler de l`Iran. Elle est étonnée par mon témoignage ce qui ne me surprend pas mais je sens chez Judith un esprit d'ouverture car elle m'écoute attentivement. Pour se maintenir, l`état militaro-religieux d`Israël diffuse des flots de propagande sur les pays avoisinants dont l`Iran. D`ailleurs, en y repensant, les Israéliens sont personna non grata dans 3 des 4 pays que j`ai parcouru.

Le canal devant la maison du Swami ile de Vypeen

Le soir, lorsque nous arrivons à la fête, des milliers d`Indiens attendent, vêtus de leurs plus beaux habits. Ca se passe sur une grande place. De chaque coté, 20 éléphants richement parés pour l`occasion, se font faceSourire. Au milieu la foule. Chaque attelage est cornaqué par 3 personnes dessus, 2 personnes dessous qui veillent à ce que ces joyeux pachydermes ne manquent de rienMalin. Malgre le fait qu`ils soient enchainés, ce sont des animaux et plutôt impressionnants. Parfois quand l`un d`entre eux pousse un barrissement de contentement ou d`énervement en balancant sa trompe, l`assistance frémit. Puis les deux colonnes opèrent un rapprochement tactique et se déplacent au milieu de la foule. Ca me rappelle le dicton `c`est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine` sauf que là, c`est nous autres pietaille transformée en porcelaineRireClin d'oeil. Mouvements de foule. le jeu consiste surtout à éviter de mettre le pied dans les énormes bouses fumantes qu`ils ont seméTire la langueSourire. Je compte les points. Il y aussi une parade musicale. Pour nous la fête s`achève car nous devons rentrer pour prendre le dernier ferry. Bus archi bondé. Jeune chauffeur intrépide qui se fait plaisirClin d'oeil. Il roule à tombeau ouvert. Nous voici de retour à Fort Cochin. Avant de se quitter, nous dinons ensemble pour finir agréablement cette belle et riche journée.

le Temple Festival


Elle est pas belle la vie !
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Infos pratiques
Ferries : 2,50 rps

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 2 avril 2008 à 17:33.)


Parvat (en ligne!)
Perpette les vaches, Belgique



29 janvier 2008 à 10:44

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Kerala Fort Cochin a l`ombre de ses grands arbres [En réponse à] Répondre

En quel honneur cette parade des éléphants???

Le parfum des fleurs de frangipaniers... Une de mes fleurs préferées! Et ce parfum... je le sens presque jusqu'ici Sourire
Mille mercis!!!! Cool

Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations...
(N.Bouvier)




Mékong
Lyon, France

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30 janvier 2008 à 7:57

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Re: [Parvat] De Lyon à Madras par la route :(Inde)Kerala Fort Cochin a l`ombre de ses grands arbres [En réponse à] Répondre

ils appellent cette fete, le Temple Festival. C`est une fete importante qui est propre a la region.

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier


Mékong
Lyon, France

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1 février 2008 à 11:08

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De Lyon à Madras par la route :(Inde)Tamil Nadu:Kanyakumari à la croisée des mers...3 ans plus tard [En réponse à] Répondre

Kanyakumari : à la croisée des mers...3 ans plus tard




Fort Cochin-Ernakulam-Trivandrum-Kanyakumari
le 25-26-27-28 janvier

Je quitte Fort Cochin avec un petit gout d`inachevé. Quatre jours bien trop courts. A peine le temps de lier connaissance. L`Inde est si vaste. D`autant que je me sentais très bien ici. Mon meilleur souvenir humain de voyage a été l`Indonésie car à un moment donné j`avais su posé mon sac. C`etait à Jogjakarta et je ne l`avais pas regretté. Un départ au dernier moment pour notre vol à Jakarta. Un crève-coeur et des larmes. Une expérience merveilleuseSourire. J`y repense souvent.

Me voici dans le ferry et j`en profite pour rêvasser accoudé au bastingage, les balises défilent, puis la zone portuaire de Willingdon avant d`accoster à Ernakulam où je prend le train pour Trivandrum. J`ai eu de la réussite car j`étais sur une liste d`attente qui s'est éclaircie pour mon bénéficeSourire. Le train en Inde est très populaire et il vaut mieux réserver à l'avance. Voyage en compartiment sleeper. Il y a beaucoup de places libres. Les paysages du Kerala sont très beaux. Végétation luxuriante et petites voies fluviales. Dans le compartiment voisin, une famille indienne. Un des petits me salue et m`apporte le bottin des horaires de la RailwaysSourire.
A Trivandrum, je me rend à la gare routière et j`attrape un bus pour Nagercoil. Bienvenu dans le Tamil Nadu. Un dernier bus pour Kanyakumari. J`arrive en debut de soirèe.

Campagne du Kerala

La nuit est deja tombée. Beaucoup de monde se promènent dans les rues de cette petite bourgade, surtout des familles. De nombreux autocars sont stationnés. Je trouve une chambre mais je dois laisser la place le lendemain car tout est réservé. C`est le we. Je ne m`attendais pas a trouver autant d'animationSourire . C'est blindé de monde.

Kanyakumari est à la base une bourgade de pêcheurs qui sont d`obédience chrétienne qui cohabitent avec les milliers d'Hindous qui viennent en pélérinage sur ce lieu sacré. A ce titre, la ville porte le nom de la déesse Devi Kanya incarnation de Parvati. Au bord de la mer, se trouve le temple Kumari dedié à son culte. C`est d`ici qu`elle aurait repoussé les démons et obtenu la liberté de la terre. Les eaux sont sacrées. Le lendemain matin, levé très tot, je pars en direction de la mer. Il y a déjà une foule considérable sur la route. Des bus arrivent encore. Les vendeurs sont sur le qui-vive. Les gamelles à chaï chauffent.
Lorsque j`arrive au bord des ghats et sur la plage, des milliers d`Indiens se pressent et s`entassent dans l`attenteSourire, principalement des familles mais aussi des sadhus. Bien que la mer soit agitée, certains sont parvenus à grimper sur des rochers isolés. Des personnes se baignent. Caché par les nuages, le soleil pointe timidement le bout de son nez au milieu des acclamations.





Peu à peu, je découvre la beauté des lieuxSourire. Ici se rejoignent les eaux du Golfe du Bengale (à gauche), la mer d`Arabie (à droite) et l`océan Indien dans un maelstrom de vagues qui se fracassent sur les premiers écueils. Le temple de la déesse Kanya se trouve juste derrière les ghats.

C'est le bout de l`Inde surnommé aussi Cap Comorin. Dans un long voyage, ce sont des moments importants chargés de symboles. Je suis tellement content d`être ici ! je regarde en arrière, lorsque en octobre, j`étais sur la Corne d`Or à Istanbul. Que de chemin parcouruCoolSourire ! C`était hier mais que la France me semble loin.

En face, deux iles distantes de quelques mètres. Sur l`une d`elles, un temple perché sur un gros rocher. C`est le mémorial de Swami Vivekananda, un philosophe indien http://fr.wikipedia.org/wiki/Vivekananda . Sur l`autre, se dresse une immense statue de 41 mètres. A première vue, sa silouette me ferait penser à un roi assyrien. Elle représente le poète tamoul Thiruvalluvar. Bâtie par 5000 sculpteurs et en l`honneur des 133 versets de son oeuvre de poèsie`Thirukural`. Un haut lieu spirituel.

Thiruvalluvar

Dans la matinée, je trouve facilement une autre chambre dans un petit hôtel tranquille, au coeur du village avec vue sur la mer et la cathédraleCool. Elle détonne au milieu des maisonnettes.


Je vais sur la jetée que j`avais aperçu ce matin. Faite de gros blocs de rochers empilés les uns sur les autres, elle est haute de 5 mètres et s'enfonce dans la mer sur 1 km. De chaque coté, des bouts de plage et posés dessus, les barques des pêcheurs avec leurs filets. De là, je suis en face des deux iles et j`assiste au défilé permanent des ferries qui vont et viennent, emmenant leur pleine cargaison de touristes et de pelerins. L`endroit ne désemplit pas et les ghats sont toujours aussi animés. Pour moi, c`est bain de pied et de soleil.Sourire J'en profite pour bouquiner...Cool Cette jetée est vraiment impressionnante...était-elle déjà là en ce 26 décembre 2004 quand la Grande Vague a surgi de nulle part?

j`aurai la réponse par deux étudiants de Trivandrum qui viendront échanger quelques mots avec moi.
Il n`y avait aucune protection lorsque le Tsunami arriva.Dubitatif Tout fut erigé après la catastrophe. La grande jetée et 5 petites espacées tous les 200 mètres le long du littoral. Par ailleurs on a consolidé le bord où se trouvent des zones d'habitations avec des blocs de rochers là où auparavant il y avait du sable.

La jetée construite après le tsunami

Le lendemain, je décide d`aller explorer le long du littoral pour en savoir plus. Je traverse le village. Des panneaux signalent que l`Asian Development Bank contribue à la reconstruction des rues affectées par le Tsunami. Les maisonnettes ont été construites par l'armée du salut indien dont elles portent l`inscription. Je débouche sur une grande place où se trouve la cathédrale. J`entend des cris d`enfants et je les aperçois par groupes dans la cour d`une école.

L`endroit respire le calmeSourire. On est loin de la frénésie qui règne à quelque pas de là. Il fait chaud. C`est l`heure de la sieste. Des femmes par groupes de deux ou quatre, jouent à ce qui ressemble à un jeu de damesClin d'oeil, tracé à la craie et munies de brins deposés dans les cases. Des filets sont étendus et sèchent au soleil. Je suis intrigué par une allée où je remarque des villas avec jardins, signe d`opulence au coeur de ce village ? Une femme m`appelle et m`invite à me joindre à leur joyeux petit groupe en train de discuter.

L`une a le bras en écharpe et insiste pour que je la prenne en photo. Je m`exécute. Je leur demande à qui sont ces belles maisons, elles me répondent "private". Lorsque j`évoque le Tsunami, l`une me raconte que les vagues sont arrivées jusque dans la cour mais que les maisons ont tenu.
...Ce fut en début de matinée que la grande vague frappa Kanyakumari. A cette heure là, beaucoup de pelerins se baignaient. Il y a eu 525 victimes. 700 personnes furent bloquées sur les iles mais 650 survécurent...



Je descends maintenant au bord de la plage et passe entre les nombreux bateaux au sec. Sous un coin d`ombre, les hommes jouent aux cartes. Des gamins courrent sur le sable, entourant un surfeur qui remonte la côte plus à l`estSourire ...Je me souviens que l`Inde avait refusé l`aide internationale ce qui avait declenché un tollé dans l`hexagone, réactions offusquées des c.. pincés traduisant un paternalisme gluant qui colle à la peau de bien des occidentaux... Ici une petite jetée a été construite. La côte est renforcée par une digue de rochers. Plus haut, on a bâti un mur. Toujours plus à l`est, je croise de nouveau le surfeur qui revient sur ses pasSourire et j`arrive à mon tour au bout de ce qui me semble être une côte sauvage avec mer dechainée. En me voyant, les enfants accourent. Ils veulent des stylos et que je les prennent en photo. Des gosses aux yeux pétillants et aux larges souriresSourireSourire. Je grimpe sur les rochers pour me rapprocher et sentir le souflle de la puissance de l`écume.

A quelques dizaines de mètres, des gens se baignent...Il y a un village avec des petites maisons blanches, blocs de béton rectangulaires identiques. Je suis accueilli par des sourires de part et d`autresSourire. Je discute avec les gens. Ici, les maisons ont été construites après le Tsunami pour remplacer les huttes de bambous qui ont volées en éclat. Sur le chemin du retour, je revois le surfeurSourire. Ce coup là, il s`est mis à l`eau pour la grande joie des quelques gamins sur la plage qui le regardent avec maliceSourire.

Je reste un peu avec eux. Il n'arrive pas à surfer. Juste à coté, assis sur le sable, une mère et sa fille qui se relaxent. Echanges de salutations et de souriresSourire.

Retour à Kanyakumari. Le soir, je mange dans un petit restaurant où j`ai élu domicile depuis mon arrivée. Poisson grillé et chapati au menu. Suis ici comme à la maisonCoolSourireClin d'oeil. Comme chez le vendeur de jus de canne à sucre que je fréquente trois fois par jourSourireCoolClin d'oeil.
Plus tard, au milieu de la nuit, sur le balcon du petit hôtel, je profite de la fraicheur. Au loin, les vagues scintillent dans la lumière. Le village s`est assoupi sauf quelques intrus que j`entends et que j`apercois du haut de mon perchoir. Des énormes rats gros comme des chats qui grattent dans un tas de detritus et une chauve-souris solitaire. Je peux les observer à ma guise. Le lendemain, je pars pour Pondi. Kanyakumari est vraiment un coup de coeurSourire.

Infos pratiques
Train Ernakulam-Trivandrum en sleeper 148 rps
Bus Trivandrum-Nagercoil 21 rps
Bus Nagercoil-Kanyakumari 10 rps
Visite du phare de Kanyakumari 45 rps

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 5 avril 2008 à 6:56.)


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