
Pyaasa
Delhi, Inde

9 octobre 2004 à 7:49
Message 2 de 9
Consulté 960 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
786 Bonjour Alain, Je ne sais pas si vous connaissez les 10 commandements du jeune lecteur par Daniel Pennac, mais en gros, ne dites pas "dois-je lire". Pourquoi "devriez"-vous lire le Mahâbhârata ? Vous ne nous donnez pas l'impression d'en avoir énormément envie. Si vous estimez que cela fait partie de la culture générale, vous n'avez peut-être pas tort, mais rien ne vous empêche de vous informer sur son contenu, mais n'allez pas le lire si cela ne vous dit pas plus que cela. Le MB est une oeuvre extrêmement longue, extrêmement complexe et bien éloignée de ce qui fait traditionnellement le plaisir de la lecture. Pour l'anecdote, sachez que personne ne lit le MB en Inde, même si tout le monde en connaît les principaux épisodes : comme il s'agit en gros d'une histoire de guerre fratricide, les hindous pensent qu'avoir le MB chez soi peut porter malheur et apporter la désunion dans les familles. La Bhagvâd Gîtâ est extraite du MB, mais les deux oeuvres n'ont pas grand chose à voir : le MB est un long, très long poème épique, que l'on pourrait rapprocher de l'Illiade, par exemple, alors que la BG est un petit dialogue philosophique. En gros, le grand archer Arjuna est sur son char à Kurukshetra (pas très loin de Delhi) et doit aller se battre contre ses cousins. Evidemment, il va devoir les trucider un par un et ça ne lui dit pas trop. Alors il se tâte : j'y vais, j'y vais pas ? Et c'est là que son cocher, qui n'est autre que le dieu Krishna (nettement moins rigolo dans la BG que dans les purana, les mythes agrestes de son enfance), va le briefer sur la vie et sur ses devoirs. Bref, une petite causerie d'une heure environ, mais qui va influencer l'hindouisme pendant des siècles. La BG n'est pas tellement plus facile d'accès que le MB et il peut être bon de la lire avec un commentaire. Il existe une version commentée par le Gandhi, qui avait fait de la BG son livre de chevet personnel. - Pyaasa
« Si ouverte que soit matériellement l'Inde aux Européens, aux voyageurs, aux commerçants, voire aux simples touristes, elle est loin, au sens profond des choses, d'être d'un accès facile. » Maurice Maindron, 1898
| |