
gayatri
pontarlier, France

4 septembre 2004 à 4:38
Message 9 de 13
Consulté 1 286 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
Je m'appelle Kurup, je ne sais plus mon age mais je suis vieux. Je vis à l'Ashram depuis le début et j'ai construit toutes les maisons et les batiments qui existent. Un nouveau disciple ? Le maitre achetait un terrain et je construisais la maison. Maintenant, le maitre n'a plus besoin de moi : de grands architectes américains sont disciples et dévoués. Alors, je suis le gardien du chien du Maitre, Balu, et je vis dans la meme piece que lui. C'est un beau berger allemand, offert par un disciple, qui comblait un souhait du Maitre d'avoir un chien de pure race, appartenant à une longue lignée, un chien d'une caste pure. Notre pièce n'est pas très grande et assez sombre. Nous avons un petit jardin clos d'ou nous regardons les disciples passer. Le Maitre a changé mon nom : je m'appelle maintenant Balu comme mon compagnon – c'est plus simple pour les disciples sans doute - Un disciple pose sur le sol notre repas deux fois par jour et cela donne un rythme à nos longues journées. Nous dormons ensuite sur les matelas qui jonchent le sol. Mais très vite nos corps roulent sur le sol, noir et brillant, si frais à cette heure de la journée ou nos reves sont agités par la moiteur. Mais aujourd'hui il y a beaucoup de bruit à la section des cuisines, près du temple de Kali. Ca nous fait penser à la préparation d'une fete...les disciples passent devant nous sans nous voir....ils sont joyeux....Les femmes ont mis les beaux saris et les ornements.... Mon compagon me regarde, les yeux brillants. Il a compris lui aussi. C'est un Puja pour Kali la noire. Le Maitre va initier de nouveaux disciples. Alors, dans notre niche, nous sautons, nous tournons, nous japons. Il n'y a plus qu'un Balu maintenant. Un etre vivant enfin, rempli des cris du poulet qu'on égorge, humant l'odeur du sang répandu en offrande qui se mèlent aux senteurs de l'encens....ce qui nous gache un peu le plaisir. Maintenant, le corps tendu devant la porte du jardin, nous attendons le disciple qui viendra nous jeter, furtivement, le corps du poulet que nous nous disputerons à coups de crocs et de pattes, deux corps melés tourbillonant dans la poussière de l'allée, une seule ame dans la lutte pour le plaisir. L'Ashram est végétarien.
|