
pataugas
outback NSW, Australie

31 juillet 2006 à 8:21
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Je suis resté silencieux quelques secondes, et il a alors enchaîné sur ce que vous savez déjà. Qu'il a des enfants en bas âge et qu'il aimait le voyage "avant"? Tu avoueras que nous savons fort peu! Es-tu sûr que tu n'oublies pas quelques gestes des mains, si peu traductibles mais si importants? Quelque mimique? Un petit détail qui pourrait te faire saisir toute l'histoire derrière l'histoire? Zut alors, si tu avais simplement enchaîné par "ah bon?" , la conversation aurait à peu près donné ceci: - Je déteste voyager! -Ah bon? - Oui. Et là, s'il avait enchaîné sur sa vie de famille tu aurais su que de toute évidence il souhaitait changer de sujet à tout prix. Mais comme ton esprit a pris l'escalier (et toi l'ascenseur) te voilà réduit à tricoter des conjectures. Une histoire de voyageur, en lien avec la Chine, qui m'a été racontée un jour par l'un des deux protagonistes: Ancien bourlingueur reconverti en père de famille tranquille - l'aîné entre en prépa, la cadette vient de passer son bac avec mention et le p'tit dernier fait la joie de ses parents avec sa crise d'adolescence tellement identique à celle de son papa - André tombe dingue amoureux d'une femme rencontrée dans un cocktail très pince-fesses où il était en représentation professionnelle. Le coup de foudre est partagé (si si!) et Françoise l'ethnologue déclare tout de go à André: "Je pars pour un an en Chine dans trois jours, venez avec moi!" André en a oublié tout ce qu'il a appris, choisi, construit, vécu depuis trente ans. Il saute. Il plonge! En rêve il se déroule le film. Et puis aussi le film du scénario inverse, celui où il ne part pas, où dans trois jours il pousse la porte de ses bueaux pour exercer son pouvoir de décision quotidien; et le soir, la porte de sa maison, comme tous les soirs. Partir, il le peut. Pas dans trois jours, mais la rejoindre dans deux semaines. Et après tout, pourquoi ne pourrait-il pas disparaître dans trois jours? Rien ne l'en empêche, en fait! Le compte en banque est pourvu, il suffit d'assumer la perte de son travail et le choc infligé à sa famille. Mais ce rêve, ce choix, ne l'a-t-il pas désiré tant et tant de fois? Elle est là, si attirante, si dynamique, si vivante, cette femme! Il n'est pas parti. Mais l'histoire n'est pas finie. "Il y a deux mois, lors d'une garden-party une femme m'a abordé comme si nous nous étions déjà vus. Tu te rends compte, c'était elle et je ne l'ai même pas reconnue! Tu ne peux pas savoir comme je me suis senti minable..."
je penche donc j'essuie
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