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Bonjour, Pologne, 1979. Avec mes parents, on traverse l'Allemagne en voiture. Mon père se trompe d'embranchement et prend la sortie Berlin au lieu de filer vers la frontière polonaise ... Barrage, police, examen des visas ... on n'a pas le droit d'aller à Berlin, on est vite remis sur le bon chemin ... Là-bas, ma cousine veut acheter des chaussures blanches pour sa fille pour un mariage .... il n'y a que des chaussures rouges ... sa fille ira donc au mariage avec des chaussures rouges ... . Varsovie, une cafétaria, on est 8. On ne veut pas boire leur jus de fruits acidulé, on veut de l'eau .... On obtient, après discussion, 4 verres qu'il nous faut aller remplir au robinet ... . Heureusement, cà a bien changé depuis . | |
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J'ai fait mon service militaire à Berlin à la fin des années 70 et, en tant que militaire, je suis allé plusieurs fois en visite à Berlin-est. Epoque curieuse où la bande à Baader faisait très peur, dans le poste de garde de la base, les troufions avaient la consigne de rester dans le noir pour ne pas servir de cible. Quand nous sortions en ville, nous devions rapporter tous les déplacements des voitures soviétiques que nous rencontrions. En même temps, Berlin-ouest était la vitrine de l'occident au coeur de l'empire communiste, et la ville était sans doute la plus excitante d'Europe pour un jeune. C'était aussi la seule ville où l'homosexualité était tolérée (bien avant Paris) et un appelé pâtissier (et homo) avait trouvé la ville de ses rêves. A l'issue de son service, il a trouvé une place chez le pâtissier Lenôtre et est resté à Berlin. Quel contraste avec Berlin-est, triste et sombre, avec de nombreuses façades criblées des impacts de balles datant de la guerre. Quelques années plus tard, j'étais en Pologne, en voyage de fin d'études. Nous étions accueillis par les élèves de l'école polytechnique de Varsovie. J'ai découvert la gentillesse et la chaleur des polonais, mais seulement quand les 2 élèves membres du parti étaient absents. Etudiant aux moyens modestes, j'ai aussi découvert la richesse, puisqu'en changeant mes francs au noir, je me suis retrouvé plein aux as. Nous avons donné nos tickets de resto U aux copains polonais et à nous la grande vie, restaurants, caviar, vodka, .... Un soir, nous étions invités à une soirée en boîte et, quelques heures plus tard, tous les garçons du groupe avaient à leur bras une jolie étudiante, parlant soit anglais, soit français. Le charme français avait agi. Le lendemain, autre soirée au foyer de l'école où nous retrouvons nos nouvelles amies. En milieu de soirée, un étudiant bien imbibé nous explique que les étudiantes étaient là sur ordre du parti. Notre orgueil de coqs gaulois en a pris un sacré coup. Malgré tout, cette soirée a été à l'origine de deux mariages. Tout cela se passait quelques mois avant l'émergence de Solidarnosc. Quand le mur de Berlin est tombé en décembre 1989, je pleurais devant ma télé, jamais je n'aurais pensé voir ça. Pour ma génération, le communisme était là pour longtemps.
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En ce qui me concerne, c'était la Tchécoslovaquie, pour voir des amis de mes parents, rencontrés il y a longtemps, au moment où Dubcek desserrait un peu la vis : eux ne pouvaient pas sortir de leur pays, alors on y allait. Je me souviens de l'attente au consulat, pour le précieux sésame, et les listes de questions, à nous ici, à nos amis là-bas. Je me souviens des heures d'attente à la frontière, barrières abaissées, rouleaux de barbelés et AK-47, fouille complète de la voiture : souvent des jeunes conscrits sympathiques appliquant les ordres, presque reconnaissants que l'on vienne "quand même" chez eux, parfois des zélés désagréables. Et puis après les barrières, le choc d'un retour dans le temps de quelques dizaines d'années dans les campagnes de Bohème (et pire en Slovaquie). Prague portait encore les stigmates de l'intervention soviétique, impacts de balles sur les murs, elle n'était pas rénovée comme maintenant mais elle était déjà splendide. Pas de touristes, on était parfois absolument seul sur le pont Charles. Il y avait globalement un parfum de tristesse qui flottait dans l'air, même en oubliant le contexte politique, justement à cause de ce manque d'animation dans les rues qui ne s'estompait que dans les tavernes : mais c'était beau quand même. Dans un parc de Mala Strana, on pouvait tomber sur un vieillard discret qui nous entendait parler français, nous saluait en inclinant son chapeau et nous demandait à discuter un peu, lui qui n'avait jamais l'occasion de pratiquer notre langue. Je me souviens des queues interminables devant des magasins aux étals vides, trois poivrons et dix patates. Notre amie travaillait à mi-temps pour pouvoir aller faire la queue dès le début de l'après-midi, quand les rares marchandises arrivaient : elle écumait la ville pour trouver de quoi améliorer un peu l'ordinaire, elle ne sortait jamais sans un ou deux sacs, au cas où, pour ne pas louper le coche, la chance inespérée. Ma mère m'a racontée qu'elle l'avait vue pleurer un jour où elle avait fait toute la ville pour finalement revenir bredouille du simple rôti qu'elle voulait faire pour nous. Nous qui venions toujours avec ce que l'on pouvait rentrer dans le pays parmi les denrées les plus rares. Je me souviens de notre richesse lorsque l'on allait manger dans les restaurants où descendaient les hôtes de marque de la capitale tchèque et les apparatchiks du régime : gros contraste avec la rue, c'était caviar à gogo, comme le raconte Le Piaf plus haut. Les serveurs distingués qui parlaient français. Le change au noir aussi, dans la rue (très risqué), le plus discrètement possible, conséquence de la soif de devises nécessaires aux achats dans certains magasins. A la campagne, des amis avaient une maison dans un petit village proche d'une base militaire. On planquait notre voiture dans une grange, mais il y avait toujours un voisin mal intentionné ou un soldat de passage qui nous repérait et, après notre départ, notre ami passait la journée à être interrogé chez les flics. Quand nous repartions, on ne savait jamais si on pourrait se revoir, et quand. Mais malgré tout ça, on se marrait, notre pote nous appelait "camarades socialistes" quand Mitterand a gagné en 81, et après. Il n'a jamais compris (à l'époque) un tel vote car, vu de loin, socialiste et communiste c'était la même chose. C'était pas évident, sinon impossible, de lui expliquer la partie sombre de notre modèle économique, car il ne voyait, et c'est compréhensible, que la liberté politique qui y était associée, alors que les deux n'ont dans l'absolu aucun rapport. C'était à la fois formidable et tellement dur, ces voyages. Personne ici en France ne comprenait qu'on les fasse. On leur en a tellement voulu, pourquoi avoir attendu si longtemps pour découvrir qu'il y avait un pays si beau derrière le mur ? S'ils avaient seulement pu savoir... peut-être que l'afflux des occidentaux aurait changé les choses plus vite ? Ou peut-être pas. Mais ça aurait au moins compté. J'ai eu la chance d'être à Prague une journée pendant la révolution de velours. Mon amie m'a traînée partout dans la révolution en marche. La ville était plus belle que jamais. Il y avait des gens de toutes parts, des spectacles qui se montaient à droite et à gauche, des tribunes politiques en pleine rue, des partis qui naissaient, des pétitions (j'en ai signé certaines), partout la joie de pouvoir enfin dire des choses sans se terrer, des milliers de bougies à chaque coin de rue et des photos pour ne pas oublier. Pour la première fois, le site de l'immolation de Jan Palas brillait de milliers de chandelles et les Praguois s'y recueillaient sans risquer l'emprisonnement. Les gens pleuraient. La ville sublime, le décor, avait toujours été là, et la vie y entrait enfin.
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Nostalgie ! Nostalgie ! Je vois que je ne suis pas le seul à être ému en pensant à ces pays qui ont connu le communisme. Nostalgie ? Oui. Non pas d'un système ou les libertés politiques et civiles étaient bafouées, où les gens, souvent, devaient faire la queue pour trouver quelque chose de convenable à manger. Nostalgie de cette époque ? Oui ! Lorsque je pense à l'expédition que représentait ces voyages (visas, formalités à la douane, fouille complète..) alors qu'aujourdh'ui on peut traverser 10 frontières terrestres de suite sans s'arreter à la douane, même pour passer en Bosnie ! Nostalgie lorsque je pense au charme désuet de ces paysages et de ces habitants : voyager à l'Est revenait à remonter le temps de plusieurs décennies, cette Europe semblait parfois ne pas avoir évolué de puis la guerre, voire avant ! Près de Kotor, notre camping-car avait failli heurter une charette non éclairée et ce en pleine nuit ! Quant à leurs voitures, Dacia, trabant ou Yugo ! Nostalgie, lorsque nous pouvions manger à 5 dans un resto correct pour quelques dizaines de francs, c'était valable dans la plupart des pays de l'Est ! Nostalgie, lorsque je me rappelle l'émotion et la chaleur de ces Roumains qui nous abordèrent près de Bucarest, nous discutâmes mais ils fuirent en voyant arriver une Dacia de la Securitat, après avoir offert un gros billet (100 Lei) à ma petite soeur de 5 ans. Vos témoignages sont souvent magnifiques. Je pense que comme-moi vous avez été ému par Good Bye Lenin. Le communisme d'Europe de l'Est des années 1970-1980 n'est pas le stalinisme des années 1930 ou 1950, je sais de quoi je parle. Mais ce système était loin d'être agréable. Ces habitants, dans leur majorité, étaient-ils heureux ? En tout cas, sans forcément parvenir à définir exactement pourquoi, je ressens de la nostalgie de mes voyages en Europe de l'Est d'avant 1989. Peut-être est-ce parce que j'ai connu l'Avant 1989 ? Nous sommes témoins d'un passé qui s'est transformé si rapidement et si brutalement, même s'il en reste des traces aujourd'hui encore. Qu'en pensez-vous ? | |
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| J'imagine que la pologne a changé, mais ont m'a dit qu'on mangeait au resto à 5 pour 100 F maximum. 
| Oui, le pays a changé, les centres commerciaux ont fleuri un peu partout, tous les grands magasins que tu trouves en France, tu les retrouves là-bas. Seulement ..... les parkings ne sont pas aussi pleins, les allées sont un peu désertes ... les prix ne sont pas accessibles au polonais moyen. Les épiceries de village sont bien fournies en fruits (fraises, raisins, pastèques, oui, les pastèques il y en avait partout ). Tu peux trouver tout ce que tu veux ... aux prix d'ici. Cà change des quelques carottes fanées qui se battaient en duel dans les étals quand je suis allée en 79. Il reste les marchés où les gens s'approvisionnent pour quelques sous. Le resto, c'est vrai, tu peux manger pour 2 ou 3 euros par personne, un plat simple mais succulent. Ces restos-là s'appellent des "bars à lait", ce sont les anciennes soupes populaires où maintenant se cotoient touristes et habitants. Ouverts seulement le midi. Tu y vois aussi des habitants venir avec leur gamelle ou leur bouteille vide. Ils se les font remplir de nourriture et de soupe. Je suppose que cà leur sert pour le diner. | |
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bonjour, nostalgie oui des trains paris-cracovie avec changement à frankfurt en pleine nuit dans les années 80, des contrôles durs en RFA avc chiens dans les wagons parfois, une solidarité aussi entre compagnons de voyage ( 6 par wagons, pique nique en commun, échanges, discussions......) j'étais jeune au collège et lycée alors certains sont devenus des amis l'émotion quand le nez par dessus les fenêtres qu'on pouvait ouvrir on passait enfin la frontière et qu'on était en pologne, d'immenses forêts, des biches, et enfin l'arrivée avec toute la famille nous attendant et nous offrant des bouquets de fleurs, des pleurs, des sourires enfin être là et à la montagne, le bonheur végétal, libre pour les enfant(s et adolescents que nous étions je en me suis jamais autant sentie libre de gambader à travers prés, rivières, bois sans barrières, barbelés qu'à ce moment-là..... et puis la campagne à l'ancienne, quel beauté, les senteurs du foin coupé, les myrtilles toujours un crève-coeur quand je rentrais en france, trop de matérialisme, une campagne industrielle, froide.... patricia
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avant 89, ou avant 91, c'est à dire avant qu'elle n'éclate? Je suis allé pour la première fois en Russie en 90, quand c'était encore la RSFSR (République Socialiste de la Fédération de Russie), donc le numéro un des quinze de l'URSS. J'avais treize ans. C'était évidement différent de maintenant, mais moi aussi. Dur de faire la part des choses. Je me souviens qu'en de nombreux aspects, c'était mieux, mais on se sentait surveillé et contrôlés en permanence. Ceci dit, ce dernier point n'a pas tellement changé. Ils ont toujours eu peur des chpioni (espions). Alors, prendre un militaire en photo, ou prendre des photos d'une base aéronautique militaire, ou prendre des photos au MGU (la grosse université de Moscou), c'est des coups à avoir encore maintenant de sérieux ennuis. Ma valise était pleine de victuailles, parce que mes parents pensaient que la famille qui m'accueillait allait être super contente que je les leur apporte. PQ, yop, chocolat, paté, et plein d'autres trucs occidentaux. Ils furent vexés. Ils avaient tout. Ils avaient un F5, une télé par pièce, un téléphone par pièce, et tout était peu cher, même pour eux. Cette famille était issue de la classe moyenne (il y en avait encore une à l'époque), et n'avait rien à voir avec les aparatchiki. D'ailleurs, leur Lada friable l'illustrait bien. Je me souviens de plein de détails marrants, de dysfonctionnements charmants, et effectivement, il y a une certaine nostalgie. Devant l'adversité de la situation, devant l'absurdité, l'irrationnalité de certaines choses, toute une culture underground s'était développée et mêlée à la culture de la ligne officielle. Culture de la solidarité, culture de la dérision, de l'humour caustique russe caractéristique, si propre à faire passer toutes les couleuvres dans la bonne humeur, culture de l'art gratuit (aller à l'Opéra National de Moscou coûtait le prix de quelques tickets de métro, lui même presque gratuit, on est loin des 120 euros de l'Opéra Bastille de Paris), culture du cinéma d'art et d'essai à la porté de tous, culture des langues étrangères apprises rapidement, culture de l'héroïsme des cosmonautes russes, des savants russes, des danseurs russes, des avions de chasse russe, etc... Les héros étaient indifféremment Koutouzof, Joukov, Gagarine, Tarkowski, Mikhalkov, Vissotski (surtout ses enregistrements pirates interdits), Boulat Okoudzhava, Boulgakov (le Maitre et Marguerite était encore coupé de nombreux passages censurés), Prokofief, Tchaïkowski, Pouchkine, Tolstoï, Karpov, Lenine, et presque déjà Nicolas II ou Catherine II... Les oligarques étaient déjà dans l'ombre, prêts à sauter sur les reines du pouvoir faiblissant. Le seul que tout le monde détestait: Gorbatchev!!! Et si!!! Lui qui était si bien vu à l'étranger était conspué dans son pays. Je n'avais que treize ans. Tout cela m'a un peu échappé. Je ne le reconstitue que maintenant, en recoupant. Donc, certaines choses ne doivent pas être exactes. | |
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Je viens juste de voir ton post', je n'ai pas bien le temps de lire tout mais je peux répondre à ta question ! Je suis allé en Roumanie : Mer Noire, Carpates...sous l'épôque Caucescu' en 1979 puis en 81, je suis allé en URSS visiter la "vieille Russie", j'ai pris le transsibérien, visité Kiev, Léningrad, pardon St Pétersbourg, Moscou évidemment, Odessa etc... ! Il y avait encore Léonid Brejnev, j'en garde des souvenirs percutants ! J'étais parti à l'épôque avec l'association France URSS régie par Pierre Joxe! Voilà ! |  |  |  |  |  | un grand voyage commence toujours par un petit pas. .............. |  |
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