
CalamityGin
France
6 août 2008 à 11:10
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Bonjour, Bravo pour votre blog et vos conseils, qui permettront sans doute à bien des voyageurs anxieux de montrer leur plus belle "face" d'éviter impairs et désagréments et de se sentir à l'aise. Toutefois, la situation est beaucoup plus simple pour un étranger. En effet, les japonais s'attendent à ce que les 'gaijins' fassent des erreurs, et seront donc très tolérants avec les petits écarts. Cela les rassurera même parfois sur leur 'particularité' en tant que japonais. J'ajouterai que ceci concerne les premières visites, ou le début d'un plus long séjour. Plus souvent vous reviendrez ou plus longtemps vous séjournez, et plus vous progressez dans la langue du pays, moins on vous pardonnera d'ignorer les usages. Si vous entrez dans une relation amicale par contre, on excusera souvent de petits "travers" répétés qui seront alors mis sur le compte de votre personnalité propre; ça vous vaudra souvent un surnom un tantinet ironique mais affectueux. Le plus important est donc de garder une attitude ouverte, de respecter ses interlocuteurs et la culture du pays. et aussi de vous en tenir aux bonnes manières que vous a enseigné votre maman et qui sont le plus souvent parfaitement adaptées: à plusieurs reprises lors de mes premiers séjours au Japon, je me suis fait complimenter sur ma profonde connaissance des usages en diverses circonstances (petits cadeaux, à table, face à des supérieurs ou des aînés, ...), dont je n'avais en fait tout simplement pas idée qu'ils différaient de ceux que j'emploie en famille. Ayant expliqué cela à une vieille dame lors d'un banquet, elle a eu alors la réflexion suivante: "alors, les étrangers qui se comportent mal croient que le fait d'être à l'étranger les dispensent de respecter leurs propres bonnes manières ... ?" Les japonais apprécient aussi que l'on fasse des efforts pour s'adapter, même si ceux-ci sont un peu maladroits (votre premier repas avec des baguettes sera sans doute mémorable). Mon premier repas au Japon avec des baguettes (1981) l'a certainement été: j'étais depuis longtemps une virtuose et j'ai clairement déçu une salle de restaurant entière en ne laissant pas de ramen tomber dans mon décolleté. J'ai dû expliquer que c'était grâce à mon prof de judo qui m'a fait transférer grain à grain un plein bol de riz cru dans un autre récipient, en me faisant recommencer à zéro à chaque ratage (2 jours de crampes) ... je confirme ce que vous dites ci-dessus et dans votre blog: a) l'effort, qu'il soit couronné de succès ou non, a la primauté sur le résultat et l'assistance a davantage chanté les louanges de la sévérité de mon prof et ma persévérance que mon habileté aux baguettes, b) se vanter de son succès, de son habileté, etc., ne se fait pas. Face à l'évidence, il vaut mieux ne jamais accepter un compliment tel quel et le mieux est d'attribuer son succès à la chance (o kage sama de), à un prof (sensei ni okage sama de), etc., Enfin, il faut se méfier des "faux" compliments, genre "jôzu desu né" (vous parlez très bien) dès qu'on sait dire quelques mots de façon intelligible et il s'agit d'une des circonstances où on peut dire clairement "ié" (non) et où il ne faut surtout pas se vanter de ses facultés linguistiques.
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