
tomas3
qq part dans le Forez, France
23 juin 2008 à 9:45
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J + 2 : où l'on commence par des chateaux de flibustiers; L'hotel est tellement paumé , au sommet d'un piton rocheux bordé d'anses polynésiennes qu'il faut être très amoureux pour durer au-delà du somptueux déjeuner américain de 7 HEURES. Certes des vieillards alanguis, dotés de carte Millenium, accompagnent des fiancées all in inclusive, certains couples autochtones sont venus, l'espace d'une nuit, vérifier le luxe de l'établissement, dont ils révaient sur catalogue: réflexion d'une dame bien sous tous rapports, « je suis venu voir si la décoration de ma villa avec piscine en bord de mer sur la côte ouest pouvait s'inspirer de celle de l'hotel. (on voit l'ambiance, surtout que la dame et son mari sont revêtus autour de la piscine de descente de bain « nids d'abeille » à ne pas confondre, pour certains lecteurs rapides, avec nid de poule...(suivez mon regard) Les guest passengers s'observeront tout le long du séjour , entre 7 H 30 et 9 h 30, vérifiant la légitimité ou le statut social de leurs voisins de point de vue. Il faut quand même observer que le déjeuner se passe sur une terrasse de bois exotique, ouverte aux alizés, et donnant à 180 degrés sur la presqu'ile de l'anse THALEMONT, des mangroves à perte de vue, des yoles (barques de pêcheur locales à voile souvent, à moteur très souvent...) des cases créoles neuves, qui sortent de terre, sans trace de DEAN (le dernier cyclone) Avec un peu d'imagination, on retrouve les paysages de la Nouvelle-Calédonie, en moins sauvage. Certaines lectrices réclament des photos, pour le moment, les miennes pèsent trop lourdement pour être insérées, mais le rédacteur promet en fin d'édition d'orner son récit des vrais vérités vues à l'oeil nu, je pense que n'importe quel éditeur italien d'atlas anglais sur papier glacé imprimé à Taiwan sera interessé, cà vaut largement toutes les photos de National Geographic pour touriste caribéen. Il faut dire que l'usager de tel lodge demande, culture de wall street aidant, un nécessaire retour sur investissement, il n'est pas déçu. mais bon, je m'égare. La rapidité avec laquelle Winckelmann et Pénélope quittent le lodge n'est tempérée que par les 50 bassins (piscine de 10 brasses) que Winckelmann s'obstine à accomplir dans une eau frisant les températures de l'eau de l'ile Maurice (entre 26 et 28 degrés) c'est rageant d'absence d'apprehension, le bonheur est mitigé Christophe Colomb, en I502, devait avoir la même impression que Winckelmann : qu'y a t il derrière l'anse que' j'ai sous les yeux? le bonheur en Martinique, c'est qu'une anse cache une autre anse, qui en cache une autre. C'est ainsi que l'habitation de Tante Yvette et de Tante Maryse, sise à LA TRINITE, sous-préfecture, est à 3 anses de l'hotel : tentation du randonneur de fond: 3 anses, c'est le bonheur sur une carte de randonnées. On s'apercevra vite qu'il n'y a pas de randonnées possibles en dehors des randonnées du conseil général, du moins en bord de mer, style randonnée Gaz de france de métropole. En fait ce sont les mangroves, il faut être objectif , qui empêchent la randonnée sauvage, au moins en bord de mer. Ainsi de l'anse Thalemont à La Trinité, il faut compter 25 kilomètres de goudron, et des anses et des mangroves à ne plus finir. Le bonheur se trouve dans la presqu'ile de caravelle: dans le domaine des flibustiers, puis planteurs DUBUC du château du même nom, et c'est un parcours enchanteur à la STEVENSON qu'autorise le scooter sur une route de crête en lacets, partant de TARTANE, joli port de pêche aux allures humaines (nous y reviendrons dans la rubrique « gastronomie »), pour se terminer à l'entrée d'un parc ou d'une réserve si l'on veut protégeant faune et flore, ainsi que littoral. pour la description du « château dubuc », winckelmann vous renvoie aux multiples guides de voyage consacrés à cette île. Il est important d'être doté d'une grande imagination, vu que l'ensemble des bâtiments de la plantation ont été arasés par plusieurs cyclones et autant d'incendies, mais la reconstitution du conseil général n'a rien d'euro-dysney, ni de parc astérix, le parcours fléché mérite d'être suivi (3 euros) Dès 11 heures, la rampe d'accès, descendue pour l'arrivée, est à remonter (compter, comme dans toutes les iles tropicales, une démultiplication de l'effort et donc de la sudation) à accomplir avant 11 heures a.m après ce n'est l'heure que d'une plongée dans le lagon de Tartane, et d'un ti-punch ou d'une bière « lorraine »(sic) brassée à Fort-de_France (les foyalais, « habitants de fort de france « ne manquent pas d'humour. C'est comme si à nancy, on vous servait une mirabelle à la « prune de cythère » l'autochtone ne retrouverait pas ses racines. Dès le ti-punch servi, à éviter cependant dans la journée (les indigènes appellent le premier rhum du jour un « dé collage ») méfiez » vous de l'atterrissage,on sombre très vite dans une torpeur alcoolisée, vous n'aurez de cesse de commander à la patronne du PONTON MADRAS une assiette créole, aux accras et boudin noir et légumes pays, première entrée en matière dans la cuisine créole, vous serez rafraichis par cette première assiette, même si Pénélope n'hésite pas à attaquer un colombo de poulet à 12 h. Winckelmann, pour sa part, préfère le poisson grillé, à quinze mètres des barques de pêche, synonyme de fraicheur, le poulet sans doute brésilien, n'ayant de martiniquais que le « colombo ». L'observateur attentif notera que le petit port de pêche de TARTANE a été entièrement réhabilité avec des crédits de la communauté européenne, la CEE a fort bon goût de proposer les douches des pêcheurs aux usagers de la plage familiale: cette mixité est de fort bon aloi, d'autant que le kiosque attenant au restaurant profite à une étrange communauté de KEROUACS,voire de BUKOWSKIS en mal de motos bruyantes, donc viriles, de bouteilles tenues à la main remplies d'improbables mélanges, avec flottant et se melant aux odeurs de poissons grillés, des senteurs doucatres de ganja, de cannabis caribéen, et d'autres herbes vaudoues. Cette mixité n'étonne personne, familles créoles, petits blancs , rastas, profitent dans un heureux métissage des percussions d'orchestres parfois rastas (les vendredis soir et dimanche après-midi seulement) Martinique J + 4: il est dimanche en Martinique: quatre jours déjà que le scooter et les deux indianas jones sillonnent mornes et fonds, virevoltent entre les anses, plongent dans les eaux bleues et vertes des lagons, goûtent le grains des plages : noirs en côte est, blonds en côte est, blancs à Tartane. L'atmosphère du déjeuner américain virerait à la routine si Pénélope n'avait d'yeux que pour les yeux des jeunes serveurs tchèques : elle en oublie l'omelette réduite à la Ducasse, les mini-gobelets de confitures de mangue, de goyave, de corossol, de fruits de la passion, qu'elle oublie et que je lui vole. Elle fait main basse sur les reliefs de noix de coco, rafraîchis dans des coupes emplies de glacons, melons, pastèques,pommes fraiches et découpées, mangues,concurrencent les noisettes de beurre et les petits pains chauds aux farines brunes et aux grains à la pondy. Rituel du thé, Pénélope contemple les uniformes des serveurs blancs, on se croirait à un rassemblement de boys scouts au JMJ à Fontainebleau. Le jeune éphèbe, à l'accent de la moldau, se penche délicatement sur elle pour déposer une cafetière d'argent et une théière de porcelaine blanche, les jours se répétant, il nous racontera qu'il est là depuis deux ans, ainsi que l'ensemble de ses collègues, les uns en formation, les autres titulaires. Nous serons discrets sur le montant de son salaire. Enquête faite par Winckelmann, cet hotel appartiendrait à un grand groupe BEKE, les békés, anciens occupants des terres de l'île, profitent activement de la spéculation immobilière généralisée et plus particulièrement, des niches fiscales immobilières locales... Ils travaillent plus, pour gagner plus. Morale de l'air ambiant, il faut souhaiter que cette manne profite à l'ensemble du personnel de l'hôtel, ramasseur de feuilles séchées sur les gazons anglais, nettoyeur de piscine vidée et renouvelée la nuit, personnel de ménage aux attentions délicates: chaque jour, des fleurs tropicales sur le linge blanc immaculé, chaque jour de nouvelles dosettes de café frais près de la machine à café italienne du lodge, chaque jour les descentes de bains « nid de poules » façon Glatch et leurs babouches assorties( à les hôtels de Téhéran et leur lavabos decélés) Les coupeurs de gazons rappellent à Winckelmann les coupeurs de canne, armés de leur coupe-coupe,Tous ces personnels travaillent cependant à un rythme local: le jour se lève à cinq heures, les stores de la réception ne se lèvent qu'à six heures et demie. Pourtant,comme dans tous les pays tropicaux, c'est l'heure de la « fraîche », les couleurs sur le lagon de l'anse passent du marron des eaux troublées part les orages de la nuit à l'émeraude du franc soleil dès huit heures. Les nuages du sud-est ( annonce d'ondée) ont laissé la place à ces cieux tropicaux, ni bleus, ni blancs, tourmentés de cumulus sans signification, la journée sera belle. Il est dimanche en Martinique: comme Venezia, Winckelmann n'a jamais visité un pays sans visiter un cimetière, un mausolée, un tumulus, sans assister à une cérémonie religieuse animiste, boudhiste, confucianiste, évangélique, vaudoue, franc-maconne, cathare, basque, tauromachique, pélerinage, commémoration du saint local ou de la vache sacrée, rituel d'initiation malgache, retournement de morts, crémation, incinération, libations rituelles, dans les seules fins d'approcher au plus près l'âme des lieux, l'âme des gens tout court. Aujourd'hui, ce sera grand messe et communion et confirmation dans l'église vieille de la Trinité, une des plus vieilles églises de l'île (1730) Pour l'approche sans aspect tourisme de masse, LA TRINITE est sans doute la petite ville la plus sympathique de l'île, sans aucun effort touristique ou si peu, susceptible de dénaturer l'esprit du village( et pourtant TRINITE est sous-préfecture, mais elle pourrait être sous-préfecture à Ambert(Massif-Central) Si on cherche bien à la trinité, on trouvera à l'anse de « l'autre bord » des plages vierges de sable blanc aux palmiers de « catalogue de voyages façon DERTOUR » sans aucune structure touristique, sans route d'accès, il faut peiner pour les approcher, seuls les couples d'amoureux (véhiculés comme il se doit) savent les dénicher. Pénélope vivra ici des moments de frayeur( sic..) cela correspond si peu à sa façon de vivre: imaginez », mais c'est une réalité, Winckelma et Pénélope ayant déniché cette plage de l' »autre bord » (anse de la Trinité) Vous y mettez trois naïades blanches aux seins nues, isolées, et trois ados de l'île, surchauffés par leurs hormones, et tentant une approche désespérée du groupe blanc à la « RENOIR », en fait, il ne s'agit pas d'un groupe de naïades, mais plutôt de deux groupes séparés de trente mètres tout au plus. Les trois ados, de 15 à 18 ans, ont tourné rageusement autour du scooter coréen des deux indianas jones, quand Winckelmann et Pénélope se sont posés sous les palmiers. Ils les flairent, les jugent non dangereux, s'éloignent du scooter, pour retourner à leurs proies: les deux couples de naïades aux seins nus. Mais, démunis de tous les codes d'approche en vigueur dans ces sociétés très compartimentées, ils vont tenter des approches lourdes et violentes qui vont effaroucher des pucelles qui n'ont sans doute de pucelle que le nom que winckelmann leur porte. l'un se détache du groupe des trois, il est le plus grand, le plus fier, le plus audacieux, il profite d'une faiblesse des deux proies: l'une se baigne dans le lagon, tandis que l'autre allume sa enieme cigarette pour « faire plus grande » Le mâle approche, d'abord délicatement, les propos sont légér, Winckelmann dont on connaît les dons pour lire sur les lèvres, ne lit que rien d'agréable, un roméo martiniquais jouant « le rossignol » à une juliette blanche. le tableau est audacieux, comme l'approche. La petite blanche, autochtone, qui n'a pas sa langue dans la poche, émet quelques signaux délicats de refus, que son interlocuteur entend, mais n'écoute pas. Ses hormones grondent comme dans certains carnets de voyages moyens-orientaux, où le soleil chauffé à blanc prête à des auteurs ou à des lecteurs des envies de glacons, ici, le jeune homme en aurait besoin grave: il est désolant, les hormones emplissent toute sa tête, la demoiselle commence à hausser le ton. Winckelmann, qui, se baigne au loin dans l'anse, perçoit les premiers cris de la femelle outragée. Va-t-il intervenir ? Pénélope, qui ne s'est pas mis en maillot, elle sentait sans doute le danger et l'odeur forte des phéromones, rappelle son compagnon. Le troupeau des trois ados « en rut » risque de devenir menacant. On sent chez Pénélope cette absence de cabines de plage, de maître-nageurs aux abdos intelligents, qui lui fait redouter la situation . L'eau est pourtant à 26°, pas une risée sur l'onde claire, les quelques voiliers tranquilles ont l'air abandonné. Elle en viendrait à regretter la présence de « touristes ». On perçoit les sentiments désorientés de Pénélope, elle rappelle Winckelmann, la messe n'attend pas de l'autre côté de l'anse, à l'église de la trinité dont on voit le clocher. En fait, les appréhensions de Pénélope étaient fondées : le troupeau d'ados, rejetés par les naîades et violemment rejetés, vu les propos échangés, se jetèrent sur le scooter des deux indianas jones lorsque ceux ci quittèrent la plage et il fallut toute la ruse et l'habileté de conduite de Winckelmann pour faire gronder les 125 cm3 de sa machine et échapper aux ados devenus fous. Pénélope aurait de quoi raconter au retour . L'incident fut cependant bénin, seul le Routard aurait pu noter: « plage de l'autre bord à La trinité, à ne pas fréquenter en dehors des heures de coucher et de lever du soleil, ou accompagné, prévoir accessoire de défense ou accompagnement... » style plage du kenya entre Monbasa et les Iles de Lamu, le seul danger aux iles de Lamu étant lié aux débordements éthyliques d'un prince de Hanovre (sic..) revenons à la grand messe de la grand eglise de la grande Trinité,mes bonnes fabrizia, venezia, glatch aux pieds de poules. ------- tomas3
(Ce message a été modifié par tomas3 le 24 juin 2008 à 22:28.)
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