
Khaldoun Strasbourg, France

7 janvier 2008 à 15:47
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Et moi, ce qui me touche le plus, c’est justement le bled paumé, sa microscopique activité économique, ses menues émanations de béton en plein désert dont les occupants sont manifestement atteints par la solitude et le désoeuvrement. On en traverse tellement de ces bourgades insensées en voyage ! On s’arrête, on les observe, on fait le tour de l’endroit, avant de poursuive son chemin avec un sentiment mêlé de tristesse, d’empathie et même involontairement de pitié. Dans le film, tel jeune est statufié devant une cabine téléphonique à attendre un hypothétique appel de sa bien-aimée, tel autre sans activité occupe ses journées à reluquer l’horizon, fossilisé à la terrasse de l’unique café de l’endroit, dont la gérante offre elle-même le parfait visage du fatalisme et de la dérision, telle famille ressasse les mêmes rengaines et les mêmes amertumes à longueur de soirée etc. On en est presque révolté à leur place. Mais barrez-vous donc ! Voyez Paris, Rio, New York… Essayez ! Partez ! Ronit Elkabetz déroule un jeu de théâtre impressionnant. Magnifique… Pour autant, le film lui fait la part trop belle. Elle monopolise la caméra, et les scénaristes auraient pu broder davantage du côté des musiciens égyptiens qui la jouent de façon admirable au départ dans le genre "guindés et déstabilisés dans leur dignité", mais donnent l’impression à la longue de faire du surplace, de ne rien déployer. Le film pèche de ce côté-là, je trouve, et c'est dommage. Khaldoun
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