
pondy France
24 août 2007 à 4:11
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Le cahier de poésie, cours élémentaire
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Bonjour tout le monde Ce récit a-t-il un lien direct avec le voyage ? peut-être oui, peut-être non, mais pour moi, oui. Si ça vous casse les pieds, je le comprends, j'écris autant que je bavarde.. Je l'ai écrit parce que je pense à l'école qui recommence pour beaucoup et c'est la fin des vacances. Peut-être aussi cela évoquera t-il des souvenirs à certains d'entre vous... Après, promis, je n'envahirai plus beaucoup vf, je vais être farinineusement occupée. Le voici et psstttt si quelqu'un a entendu parlé de l'instituteur que j'évoque, ce sera du bonheur, sait-on jamais... Le plus beau de mes cahiers, bien différent du cahier d’exercice et du cahier du jour, c’est mon cahier de poésie. Le cahier du jour, il est beau aussi, il a des frises que j’ai colorié sans dépasser mais il a aussi du rouge du stylo du maître qui écrit partout dans la marge : « réfléchis » « faux » « apprends ta leçon » et de temps en temps « c’est bien ». Le cahier de poésie est un peu gondolé et du coup, il est plus épais que les autres. Sur la première page, j’ai écrit en haut, à droite, Pondy et au milieu de la feuille, bien centré, en lettres bien rondes « cahier de poésie » Dedans, il ya les poésies qu’on écrit à la main sur la page de droite, la page qui a des lignes et sur celle de gauche, toute blanche, on décore et le dessin doit expliquer la poésie. Le maître doit aimer les voyages parce qu’on apprend par cœur des strophes de poètes qui se sont promenés dans le grand monde ou qui vivent dans d’autres pays. Apprendre par cœur, parfois c’est facile. Quand il dit « pour demain vous apprendrez la première strophe » quatre vers, c’est rien. Parfois il dit « vous apprenez pour demain depuis le bateau, jusqu’à la mer », là, je cherche les mots dans la poésie et ça fait dix lignes. Il exagère c’est beaucoup de mots à retenir. Et quelquefois il dit « vous illustrez la poésie ». C’est pas si facile qu’on croit. Y’a pas besoin d’apprendre mais il faut trouver de l’inspiration. Comment décorer un poème qui dit que le bonheur est dans le pré. Je peux dessiner un pré et des fleurs et des arbres mais le bonheur ?, j’ai fait des ronds bleus comme les bulles de savon. Et le poème qui parle du pays de cocagne, ma feuille est restée presque toute blanche. J’ai dessiné un soleil dans un coin en m’appliquant à faire des grands rayons et entre les grands rayons, des petits parce que, j’ai vu, les grands, c’est comme ça qu’ils dessinent les soleils. Les petits ils font juste un rond entouré de traits. Le maître, il était pas content, il a dit « cherche un peu mieux » mais j’ai rien trouvé. Ce que j’aime le plus dans mon cahier de poésie, c’est quand le maître à imprimé des feuilles dans la machine à rouleau. C’est lui qui a écrit la poésie et après, il met sa feuille dans une machine et il sort une pile de feuilles avec l’écriture bleue qui sent bon. On prend notre pot de colle. Ce pot quand il est tout neuf, il est tellement beau. Il y a une logette, à l’intérieur du pot, dans laquelle on trouve une toute petite pelle, encore plus petite que dans la dinette. La surface toute neuve de la colle est brillante, très blanche et sent l’amande. J’adore glisser mon doigt dessus. Après, avec la petite pelle, on prend la colle et on la met dans les quatre angles de la poésie. Le maître, il dit « dans les angles, les enfants, ça suffit ». Moi, je crois que ça suffit pas et j’en mets aussi au milieu pour que ça soit plus solide. Après, on pose la poésie sur la feuille de droite et on appuie fort avec la main. Parfois la colle déborde et le bleu de l’écriture du maître bave un peu. Ca fait pas très soigné, il faut attendre que ça sèche et ne pas essayer de gommer les bavures parce que ça fait un trou dans le papier. Quelques jours plus tard c’est gondolé mais on n’y peut rien. Dans mon cahier de poésie, j’ai dessiné un hélicoptère parce que la poésie elle parlait d’un avion, C’est un enfant qui demande au pilote de lui dessiner un avion quand ils sont dans le désert. C’est dur de dessiner un avion, moi, j’ai fait un hélicoptère avec ses quatre bras au-dessus de la cabine. J’ai colorié avec du jaune parce que le désert c’est jaune. Le maître, il a froncé les sourcils mais il a rien dit. J’ai bien vu qu’il était pas content. Je dessine aussi des bateaux, des maisons avec des fenêtres où on voit même la lumière et des rideaux. Y’a un poète africain qui parle des enfants de son pays et là, j’ai dessiné des palmiers et des maisons avec un toit en paille, j’ai copié dans mon livre où y’a la maison des trois petits cochons, celle de celui qui a construit sa maison en paille. Je crois que c’est mon plus beau dessin même si je l’ai pas trouvé toute seule. J’ai gardé mon cahier de poésie, le maître, il s’appelait Mr Herblin. Je l’aimais parce que quand il est parti dans une autre ville, il m’a embrassé sur la joue et il sentait le café. Depuis ce jour j’aime le café. J’ai cherché partout un Mr Herblin. Il doit avoir dans les quatre vingt ans maintenant. Je ne l’ai jamais retrouvé. J’aurais voulu lui dire, qu’il était le meilleur des maîtres et le seul qui m’a ouvert les fenêtres du monde. Dom.
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