
Zitoune
Cajamarca, Pérou
Photo/image personnelle du membre Zitoune.
Description de la photo/image: Voyageur au-dessus de la mer de nuages - Caspar David Friedrich
28 mars 2005 à 11:25
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Le problème de la privatisation est plus complexe car si ce genre de site doit être aménagé pour le tourisme, l'état n'est pas en mesure de fournir les infrastructures d'accueuil, les fonds nécessaires à l'entretient du site et au développement des voies d'accés pour les visiteurs. Donc, il faut faire appel à la privatisation pour pouvoir mettre en place les différents éléments nécessaires à cet accueil ou sinon se contenter d'infrastructures de base qui ne seront, de toute façon, jamais rentables. Donc, si un profit veut être retiré de l'exploitation de ce type de site, il faut privatiser (précision : on est dans le contexte du Guatémala, contexte que l'on pourrait étendre à de nombreux pays d'Amérique Latine). Il est sûr que la privatisation va spolier les populations locales mais, de toute façon, elles en dégageront des retombés financières quoiqu'il en soit : formation et emploi de guides, mise en place de petits hôtels, de petits restaurants, de petits magasins,...L'élément le plus à craindre dans ce genre de situation n'est pas de savoir si les populations locales en retireront un bénéfice ou non, mais bien au contraire c'est le risque de les asservir à un revenu facile partie prenante d'un processus de décultartion. Je ne suis pas d'accord quand vous parlez de Disneyland archéologique. Ce type de site forestier ne devient jamais un "disneyland archéologique", ce n'est pas Chichen Itza ou Tikal ; El Mirador a la chance de ne pas être à "proximité" d'un axe routier guatémaltèque. Pour reprendre les propos de Véronique Breuil : Le site récemment restauré de Yaxha, d'un accès beaucoup plus facile et d'une richesse culturelle comparable, est un échec touristique. Il y a donc fort à parier qu'il en sera de même, voire pire, pour El Mirador. Le problème de là où va l'argent est important mais, là aussi, les populations locales et l'état guatémaltèque auront des retombés. Ce qui est toujours mieux que zéro retombé dans le cas d'infrastructures d'état non adaptées, non entretenues et succintes (surtout si elles sont gérées par les populations locales aux quelles l'état ne fournira jamais les fonds nécessaires à l'entretient du site et des infrastructures) qui en plus génèreront des déficits. Après, bien entendu, je met de côté toutes les malversations possibles qui ont, hélas, généralement lieu dans ce genre de situation. Le véritable problème que soulève l'article est en fait tout autre que les points que vous soulignez, bien qu'il soit nécessaire de les dégager comme vous l'avez fait. La question est de savoir si l'on doit créer un contexte idéal pour la visite de ce type de site, contexte privée ou d'état. Développer un contexte facilitant l'accés au site, aux structures qui le composent et facilitant la permanence des touristes sur place entrainera irrémédiablement un processus accéléré d'altération et de dégradation du site. Nous sommes donc bien en face d'un problème de conservation. Un exemple tout récent illustre à merveille cette notion, il s'agit du Machu Picchu au Pérou. Ne vaudrait-il mieux pas laisser le site ouvert aux visites sans développer d'infrastructures qui en faciliteraient l'accés, ceci dans un soucis de conservation? De plus, dans ce cas, les populations locales en dégageront un bénéfice (succint soit, mais présent et géré par leurs soins) ainsi que l'état qui est toujours en mesure de faire payer l'entrée (bien que cela soit difficilement réalisable quand on voit l'étendu et la disséminiation de ce type de site). Reste à savoir qui financera les fouilles et la restauration. Pour ce qui est des fouilles, c'est généralement un financement partagé (ex. : état guatémaltèque + institutions étrangères, tels que les centres de recherches étrangers si ces dernières prennent part aux fouilles bien entendu). Pour la restauration et l'entretient du site, le rôle doit être joué par l'état guatémaltèque mais aussi les institutions telles que l'UNESCO (dans ce cas), les ONG, mais aussi les financiers et les fondations privées. Le nerf de la guerre, c'est l'argent. Il en faut pour la recherche et celle-ci est dénuée d'intérêt (hum, hum, du moins sur le papier). En revanche, les états veulent des retombés financières et, en cela, le tourisme est un moteur de développement économique. Doit-on mettre en péril un passé, une histoire, un patrimoine pour aider au développement économique contemporain d'un pays* ; développement qui est tout à fait relatif à la vue du peu de possibilité de rentabilité de ce type de site? Ne vaudrait-il mieux pas, dans ce cas, laisser le site ouvert aux visites sans développer d'infrastructures qui en faciliteraient l'accés? Ne serait-ce pas là un compromis correct? Je profite de ce post pour rappeler à chacun que notre comportement sur les sites archéologiques doit être exemplaire car c'est aussi au travers de celui-ci que l'on montre notre respect aux peuples visités, à leur culture et à leur histoire. De plus, au travers de ce comportement, nous avons aussi la possibilité d'être acteur de la conservation du patrimoine et nous inscrire ainsi dans la marche de l'histoire en participant à sa conservation. Finalement, cet article met aussi en relief ce problème car si les touristes étaient plus responsables, ces difficultés de conservation seraient considérablement réduites. *Je n'ai pas de réponse tranchée à cette question, mais l'histoire, et ses témoignages, est ce qui crée la spécificité de chacun. ------- El Chachapoyano
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