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Les Algériens n'ont qu'un seul but: avancer!

20 août 2009 à 16:51
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Mon avion pour Lyon devait décoller à 12 h 50 en cette fin du mois d’août mais les employés d’Air Algérie m’avaient conseillée de me présenter à l’enregistrement au minimum 2 h avant le départ. Ayant dû prendre le taxi et faire plus de 200 km, je suis arrivée à 9 heures à l’aéroport d’Oran. Après avoir attendu dans le hall de l’aéroport, vers 10 h je me suis rendue vers la salle d’enregistrement des bagages. Quelques personnes attendaient déjà, mais l’agent nous a fait savoir que l’enregistrement n’avait pas encore commencé. Nous avons donc attendu, et à 10 h 30 environ la destination « Lyon » s’est affichée sur les écrans ; nous avons donc pensé que c’était l’heure de passer, et une dame près de moi l’a fait remarquer à l’agent de sécurité ; mais celui-ci nous a demandé d’attendre encore. Nous l’avons informé que la destination était affichée, ce qu’il a constaté et nous a laissés passer. Nous avons commencé à avancer, certains avec des chariots débordants de bagages. Je n’avais qu’un cabas à roulettes, plus mon sac à main. Une dame qui était derrière moi avec 2 ou 3 enfants commençait à s’exciter et à avancer son chariot ; je lui demandai si elle pouvait éviter d’écraser mon sac ; elle me répondit que je ferais mieux d’avancer, je lui fit remarquer qu’il y avait des personnes juste devant moi et que je ne pouvait donc pas avancer. Je me dis que l’avion devait décoller dans 2 heures et demi et qu’elle semblait déjà anxieuse de le rater ! J’arrivai devant les comptoirs d’enregistrement ; j’eu la surprise de constater que de nombreuses personnes se trouvaient déjà là ; je posai la question à une jeune femme accompagnée de son mari et de ses trois enfants ; elle me répondit qu’ils avaient passés la porte d’entrée il y avait environ 3 quart d’heures mais qu’au bout d’un moment les agents de sécurité avaient décidé que « mazal », il n’était pas encore temps de passer et les personnes suivantes sont donc restés bloqués vers l’entrée. J’attendis donc mon tour et préparai mes papiers. Quatre comptoirs étaient ouverts pour la destination de Lyon. Au comptoir où je me trouvais, une famille avait commencé à faire passer ses nombreux bagages. Devant moi, il y avait le couple avec les trois enfants, une dame d’un certain âge vêtue d’un hidjab jaune. Deux hommes d’une trentaine d’années se trouvaient derrière moi et l’un d’entre eux essayait discrètement de faire avancer son énorme sac rouge alors que je me trouvais exactement devant lui ; je lui demandai ce qu’il faisait. A ma grande surprise car il n’y avait aucun espace devant moi, il me fit remarquer que je ferait mieux d’avancer avec mon bagage. Je répondis que je ne voyais pas où je pouvais avancer étant donné qu’il y avait de nombreuses personnes devant moi dont le couple avec de nombreux bagages et que la famille n’avait pas encore fini l’enregistrement. Il transpirait à grande gouttes comme s’il venait de courir le 100 m, avec une tête d’algérien d’Algérie. Il portait ses lunettes de soleil sur son front. La dame au hidjab jaune observait la scène d’un air amusé et me fit la remarque que les algériens ne changeraient jamais. Nous échangeâmes quelques paroles ; je la trouvais sympathique avec ses yeux rieurs. Tout d’un coup j’entendit des cris derrière moi et me retournai. L’homme aux lunettes sur le front faisait de grands gestes avec ses bras, hors de lui. L’objet de sa colère était un chariot vide qui se trouvait là et étant donné la densité de la foule, il était quasiment impossible de le faire sortir pour libérer de l’espace. Entre les comptoirs d’enregistrement, la foule était agglutinée et aucun couloir, aucune séparation n’avaient été prévus pour laisser un passage entre les files de passagers. L’homme aux lunettes sur le front se mit à hurler que les algériens n’évolueraient jamais car il n’avaient aucune éducation et qu’il n’y avait que des lacunes en Algérie. Je songeai qu’il était l’exemple même de cette lacune. En vérité je le trouvais antipathique car je remarquai depuis le début qu’au lieu de rester à sa place tranquillement, il essayait sournoisement de passer avant les autres, mais je l’avais à l’œil et étais décidée à ne pas le laisser passer avant son tour. Il parlait beaucoup et fort et ne cessait de critiquer le savoir vivre des algériens. De plus il sentait très fort la transpiration. La salle d’enregistrement était archi pleine de vacanciers qui faisaient le trajet Oran-Lyon et un brouhaha constant l’animait. Je remarquai qu’il y avait de nombreuses familles avec des enfants en bas âge et que ceux-ci étaient bien excités. L’enregistrement continuait mais au bout de 15 minutes environ une coupure de courant survint. L’agent qui se trouvait devant le comptoir où je patientais se leva et annonça que ceux qui désiraient retourner s’asseoir pouvaient le faire car la coupure pourrait durer au moins ¼ d’heure ! Il quitta son poste et partit on ne sait où. Les gens autour de moi commençaient à s’énerver et l’homme aux lunettes sur le front se mit de plus belle à critiquer la désorganisation de ce pays. La climatisation fut également en panne et la plupart des voyageurs se mirent à transpirer. Il régnait une atmosphère étouffante. Soudain, l’homme aux lunettes, hors de lui se saisit du chariot indésirable et avec des gestes violents tenta de le dégager de la foule. Des personnes lui conseillèrent de se calmer ; avec l’aide d’autres il réussit enfin à dégager le chariot Au bout d’un quart d’heure environ, comme nous l’avait annoncé l’agent, le courant revint et avec lui la fraîcheur de la clim. Il ne revint pas à son poste immédiatement mais au bout de cinq bonnes minutes ; je me dis qu’avec le monde qu’il y avait dans cette salle, il aurait pu attendre derrière son écran. Il s’installa derrière son ordinateur ; mais à présent c’était le tapis à bagage qui refusait de fonctionner. Il appela plusieurs fois un collègue pour l’aider, mais rien à faire le tapis refusait d’avancer. Je me dis que ce ne devait pas être bien grave et que ce désagrément serait sans doute solutionné rapidement. Mais au bout d’un moment, une nouvelle coupure de courant bloqua à nouveau tout le système. Cette fois ci l’employé resta à sa place ; il transpirait énormément. Je regardai les autres employés derrière leur écran ; tous transpiraient et tous agitaient frénétiquement une feuille de papier pour s’éventer. Ils avaient l’air plutôt résignés et n’avaient pas l’air de s’inquiéter de la situation. De nombreuses personnes dans la salle commençaient à manifester leur impatience. D’autres avaient l’air surtout fatiguées et désabusées, et occupaient leur esprit à observer autour d’eux les différentes scènes en attendant que l’on décide de leur sort. Une « Haja » se mit à crier qu’elle en avait assez et que ce n’était pas normal que l’on nous traite ainsi. Tout d’un coup un homme d’une soixantaine d’année, la silhouette osseuse et le visage décharné perdit tout contrôle ; il se mit à insulter je ne sais trop qui, le gouvernement ou les autorités de l’aéroport, en faisant de grands gestes avec ses bras dans tous les sens. Il les invita ses à aller se faire e******** et associa le geste à la parole. Il avait des gestes tremblotants et agités. Je me dis qu’il était sans doute malade des nerfs. Il était accompagné d’une dame habillée à l’européenne avec les cheveux courts et tous blancs. La scène était assez drôle et fit sourire de nombreux voyageurs. Ce qui détendit un peu l’ambiance. Lorsque le courant revint après environ 10 minutes de coupure, l’agent pu reprendre l’enregistrement. Hélas cette fois ci, c’était son ordinateur qui refusait de fonctionner. Après plusieurs essais il se leva et partit mais je cru l’entendre annoncer qu’il faudrait sans doute changer de comptoir. J’étais inquiète car je songeai qu’avec la foule, ce serait l’anarchie si tous les gens qui se trouvaient à ce comptoir devaient se diriger vers celui du fond en devant traverser la foule des autres comptoirs avec leurs énormes bagages. Mais les gens ne bougeaient pas et je me dis qu’ils n’avaient sans doute pas entendu sinon c’eut été la panique. Je fis comme eux et restai à ma place en espérant que l’ordinateur se déciderait à fonctionner. L’homme aux lunette sur le front à force d’essayer d’avancer, se trouvait à présent devant le comptoir à ma droite, avec son ami et ses papiers à la main ; heureusement ses bagages étaient derrière moi et je me dis qu’il ne pourrait pas passer avant son tour. Le jeune homme aux trois enfants avait remarqué son manège et lui fit savoir qu’il n’était question qu’il passe avant lui. L’autre adopta l’attitude de l’homme civilisé et bien éduqué et lui assura qu’il n’avait pas l’intention de passer devant lui. Il m’était de plus en plus antipathique car s’il avait pu il serait passé devant tout le monde sans vergogne. L’agent revint enfin à son poste, sous notre regard inquiet mais plein d’espoir. A notre grande joie, tout se mit à fonctionner, le pc, le tapis, et l’enregistrement des bagages pu enfin reprendre. Lorsque la famille termina l’enregistrement de ses énormes et nombreux bagages, ce fut au tour de la dame au hidjab jaune, puis le couple avec les enfants. Derrière le couple, un homme d’un certain âge accompagné de son épouse poussait son sac comme s’il avait l’intention de le poser sur le tapis. Je le regardai un air interrogateur. Avec des gestes nerveux, il me fit des signes avec ses mains pour me faire comprendre que je ferais mieux d’avancer également mon sac. Je me demandai bien où puisque le couple avant moi n’avait pas totalement terminé les formalités Je pris la décision de l’ignorer. Lorsque le couple quitta le comptoir je posai enfin mes bagages sur le tapis. L’enregistrement de mes bagages terminé, je fus obligée de traverser la foule pour poursuivre les formalités. Je passai près de la dame aux cheveux blancs dont le mari s’était donné en spectacle ; elle me félicita d’être « sauvée » (slekti !). Je me rendis au contrôle de police. Il devait être 11 h 30 et j’avais le temps puisque le vol était prévu pour 12 h 50. Mais j’avais envie d’être tranquille, débarrassée des formalités. Deux comptoirs étaient prévus pour le contrôle des sacs à main et à cabine avec à chacun, deux agents. Je présentai à nouveau mon passeport et fut surprise de constater que le contrôle et la fouille des sacs se déroula rapidement et sans problème. Je subis également une fouille au corps par une femme policier. Je me dirigeai ensuite vers le contrôle des papiers ; il y avait juste une dame qui patientait avec une adolescente. Je me mis derrière elle tout en constatant qu’aux quatre postes de contrôle aucun policier n’était présent. Un adolescent qui portait un bébé dans un landau, accompagné de sa maman et de son jeune frère surgit derrière nous. Ils avaient l’air surexcités ; on aurait dit que l’avion allait décoller dans la minute. Comme ils se mirent derrière moi et que leur agitation me dérangeait je demandai au jeune homme s’il pouvait cesser de s’exciter. Lui et sa maman me répondirent hors d’eux qu’ils n’étaient pas excités. Tout en s’agitant dans tous les sens ils essayaient de repérer lequel des contrôles de police pouvait les accueillir le plus rapidement. Du coup, les quatre policiers arrivèrent en même temps et prirent ou reprirent leur poste et le contrôle put se dérouler sans problème. Je me dis que le plus dur était passé et allai m’asseoir dans la salle d’embarquement qui était assez grande et correctement climatisée. Quelques personnes étaient assises. Les gens arrivaient petit à petit. Une hôtesse ne cessait pas de faire des annonces au haut parleur pour demander aux personnes en partance pour Lyon de se diriger vers l’enregistrement. Au bout d’un certain temps, la salle fut pleine. Une jeune femme sur un fauteuil roulant électrique accompagné de sa maman et d’un adolescent qui devait être son frère, attira mon attention. Elle était vêtue d’un hidjab et son visage reflétait une forte personnalité. Ils firent plusieurs passages dans la salle et ne pouvaient passer inaperçus. Occupée à observer le comportement des gens, je n’avais pas remarqué que l’heure affichait déjà 12h50. Normalement, nous aurions dû nous trouver dans l’avion. Mais je savais qu’avec Air Algérie il ne fallait pas s’étonner des retards. Je posai la question à une dame assise à ma droite, elle était aussi perplexe que moi puisque aucune annonce n’avait été faite concernant le retard. Puis l’hôtesse annonça que les personnes en partance pour Lyon devaient se diriger vers la salle d’embarquement. Toute la salle se dirigea dans le couloir d’embarquement. Je me trouvai à 2 ou 3 rangs devant vers la porte d’accès à la piste. Au comptoir, aucun agent n’était présent. Je me dis qu’ils n’allaient pas tarder à arriver. Autour de moi les conversations étaient animées. Une dame d’une quarantaine d’année au cheveux blondis et raidis que j’avais remarquée lorsqu’elle était assisse dans la salle parce qu’elle ne cessait de bavarder avec de grands gestes et une voix très aiguë, se trouvait à quelques rangs derrière moi. Son bavardage était incessant et ininterrompu. D’après quelques bribes je compris qu’elle dénonçait les conditions des ses précédents voyages. Au bout d’une vingtaine de minutes environ nous commencions à nous poser des questions puisque aucun agent n’était à son poste ; les enfants étaient très excités et beaucoup pleuraient. Une vieille Haja toute ratatinée derrière moi manifestait de plus en plus sa nervosité. Puis nous aperçûmes l’avion d’Air Algérie qui atterrissait sur la piste. Celui-ci devait d’abord déposer les voyageurs qui arrivaient pour que nous puissions enfin embarquer ; ce qui pouvait prendre ¾ d’heure. Nous comprîmes que nous n’étions pas prêts d’embarquer. Je retournai m’asseoir. D’autres personnes allèrent également s’asseoir. Mais la plupart restaient debout devant la porte, comme si elles craignaient que l’avion ne parte sans elles, alors que celui-ci n’avait encore même pas débarqué les voyageurs précédents. Je remarquai une dame en hidjab qui portait un bébé endormi. Je me demandai quels tourments poussaient certains algériens à se faire souffrir ainsi. Alors qu’elle aurait pu être tranquillement assise avec son bébé Elle savait fort bien que l’avion ne partirait pas sans elle, mais il fallait qu’elle demeura là, car elle avait réussi à obtenir une place au deuxième rang devant la porte d’embarquement et il ne fallait surtout pas la perdre, quit à rester debout des heures avec son bébé dans les bras. C’était d’autant plus étrange que les places étaient numérotées et que donc il n’y avait la possibilité de choisir sa place dans l’avion. Assis en face de moi l’adolescent qui accompagnait sa sœur paraplégique ainsi que sa maman était en train de discuter avec une fillette. Le monsieur malade des nerfs qui avait fait un bras d’honneur à je ne sais trop qui, sortit soudain de la foule, et alla s’asseoir également. Je ne lui prêtai pas attention, mais bientôt, je sentis une odeur de cigarette et regardai dans sa direction ; effectivement il était en train de fumer alors que le panneau d’interdiction de fumer était sous nos yeux. Visiblement gênée, une dame qui était assise à sa gauche se leva contrariée et alla s’asseoir en face. Une autre dame se leva également et s’éloigna de lui. Mais personne ne lui fit remarquer qu’il était interdit de fumer. La dame qui s’était levée me regarda, je lui fis un signe pour lui faire comprendre que ce n’était pas normal que cet homme eut un tel manque de respect ; visiblement tous les gens étaient contrariés. Je me levai et rappelai au monsieur qu’il était interdit de fumer ; la dame en face de lui, le lui fit remarquer également. Il s’agita en marmonnant des paroles incompréhensibles, mais ne voulut pas éteindre sa cigarette. Il tirait sur celle-ci compulsivement, la tête baissée et devait sentir tous les regards réprobateurs. Il se leva alors et se dirigea vers l’autre coin de la salle, mais la maman de la paraplégique qui se trouvait là avec ses enfants, lui annonça vivement qu’il n’était pas question qu’il fume près de sa fille qui avait des problèmes de respiration. Il se mit à gesticuler dans tous les sens, toujours avec de grands gestes des bras, en débitant des propos délirants, en insultant Ben Bella, en se plaignant qu’il ne pouvait fumer ni ici, ni là. Son comportement ne laissait aucun doute sur le fait qu’il souffrait d’une maladie des nerfs. Du coup, il retourna s’asseoir à sa place la tête baissée mais continua obstinément à fumer sa cigarette, jusqu’au bout. Il devait être 13 h 30 lorsque deux très jeunes policières vinrent s’installer derrière le comptoir et commencèrent à prendre les carte d’embarquement et séparer le coupon. Tous les gens qui s’étaient rassis se remirent dans la file. Les deux jeunes policières continuaient à prendre les cartes d’embarquement des passagers, mais au bout d’un quart d’heure aucune personne n’avait avancé. Je ne comprenais pas cette situation et posai la question à l’une des policières ; elle me donna une explication improbable qu’il fallait attendre les policiers, ce qui n’expliquait pas l’immobilité de la foule. Je constatai alors que la porte donnant sur la piste où l’on devait embarquer était fermée et que aucun policier ne se trouvait là. Aussi je ne comprenais pas pourquoi les deux jeunes policières avaient commencé à prendre les cartes d’embarquement. Cela avait surtout pour conséquence de provoquer une bousculade puisque quelques rangs à l’arrière les passagers, croyant que l’embarquement avait commencé, se mettaient à avancer et à pousser. Je demandai donc à l’une des policières pourquoi elles prenaient les cartes puisque personne ne pouvait franchir la porte. Elle me répondit d’un ton vexé que c’était pour gagner du temps ! Je lui fis remarquer que ce n’était pas une solution puisque cela provoquait surtout des bousculades. D’autre part, nous ne comprenions pas pourquoi on avait annoncé aux voyageurs de se diriger vers l’embarquement, alors que depuis plus d’une heure, rien ne se passait et le firent remarquer aux policières. Elles expliquèrent que les annonces étaient destinées aux personnes qui se trouvaient encore dans le hall de l’aéroport et qui n’avaient pas encore commencé à enregistrer leurs bagages ! Visiblement, il y avait un grave problème de communication. Autour de moi, la surexcitation était à son comble. Le malade se donna à nouveau en spectacle en débitant des propos incohérents et en agitant ses bras en l’air. Derrière moi, la dame aux cheveux raidis et blondis se mit à interpeller les jeunes policières de sa voix insupportablement aiguë ; un flot interminable de paroles s’échappait de sa gorge. On n’avait juste envie qu’elle se taise et plusieurs passagers avaient l’air incommodés par son débit ininterrompu. Elle était à bout de nerf et on sentait qu’elle était sur le point de craquer. Elle hurlait que c’était un scandale ce qui se passait et qu’elle ne voyagerait plus jamais avec Air Algérie. Elle se lamentait qu’elle avait déjà réservé son train et qu’elle allait le rater. Je craignais qu’elle ne communique sa nervosité et son agitation à d’autres et que la situation n’échappa à tout contrôle. Sa voix avait le don d’énerver et d’autres personnes dont la petite Haja ratatiné s’excitaient également. J’essayai de faire comprendre à cette dame à la voix aiguë qu’il valait mieux qu’elle se calme, que les policières n’y étaient pour rien, et d’autres personnes essayèrent de la raisonner. Je sentais qu’elle était sur le point de faire une crise de nerfs. Mais je guettais surtout les réactions du monsieur malade des nerfs. Celui-ci gesticulait dans tous les sens et s’en prenait aux jeunes policières en vociférant. Sa femme expliquait à qui voulait l’entendre que c’était un malade, ce que tout le monde avait compris depuis longtemps. La tension était à son comble. Les deux policières qui se sentaient agressées, commençaient également à s’irriter et à élever le ton en clamant qu’elle ne faisaient que leur travail. On sentait leur inquiétude. Craignant que la situation ne dégénère, je leur fis savoir que le monsieur qui les insultait était un malade, et qu’il ne fallait pas prêter attention à ses propos. D’autres personnes autour de moi se mirent également à rassurer les deux jeunes femmes. Visiblement, ces explications semblèrent les calmer et l’une d’elles nous répondit qu’il n’avait qu’à passer devant. Plusieurs personnes se mirent à frayer un passage au malade ainsi qu’à son épouse pour qu’ils puissent passer devant. Lorsqu’il arriva devant le comptoir, toujours avec des gestes agités et tremblants, il se mit à vider un sachet rempli de médicaments sous le nez des policières en continuant à proférer des propos insensés. Les deux femmes faisaient des efforts pour essayer de maîtriser la situation et répondirent au malade que « Lah I Shaffih » ( Dieu le guérisse ). Mais elles semblaient assez inquiètes d’autant qu’elles avaient l’air très jeunes et sans expérience. Arriva enfin un policier d’un certain âge, ce qui sembla soulager les deux jeunes femmes. Celui-ci avait l’air chevronné et donnait l’impression de prendre la situation en main ; il écouta rapidement les doléances du monsieur malade et lui conseilla d’adresser une réclamation aux autorités. Enfin il commença à contrôler les papiers et les premières personnes purent se diriger vers la sortie ce qui dégagea un peu. Mais le contrôle était assez lent et les gens continuaient à se disputer, à pousser et à vouloir passer devant leur voisin. Une dame au hidjab avec un enfant en bas âge n’arrêtait pas de vouloir passer devant tous en expliquant que sa carte d’embarquement avait déjà été séparée (par les policières), je lui répondis que tous ici devant elle avaient leur carte séparée. L’argument eût l’air de la convaincre car elle cessa son manège. La petite Haja ratatinée commençait sérieusement à m’agacer car elle ne cessait de me pousser en me demandant d’avancer ; je la priai de cesser de m’importuner ; elle m’invita à nouveau à avancer et je lui répondis que je ne pouvais pas puisqu’il y avait des gens devant moi. Cette idiote ne voulait rien savoir et m’ordonnait d’avancer. Mais soudain, le policier qui était au contrôle des papiers en eût assez de toute cette agitation et de ce vacarme et se mit à crier que cela suffisait ! Il intima à tous l’ordre de se taire. Ce qui eût pour effet de calmer tout le monde et du coup l’insupportable petite Haja ratatinée. Ce fut mon tour et je présentai juste ma carte d’embarquement puisque les contrôles de passeport avaient été faits mainte fois, mais le policier me pria de le présenter. Je pus enfin monter dans le bus qui nous devait nous amener à l’avion. Lorsqu’il fut rempli, les portes se fermèrent et le bus démarra. Il s’arrêta près de l’avion, et tout le monde se leva en attendant l’ouverture des portes. Je me trouvais à l’arrière du bus. Au bout d’un moment, comme les portes restaient closes l’adolescent qui portait le landau appuya sur certains boutons pour essayer de les ouvrir ; en vain. Je repérai un bouton noir sur lequel j’appuyai et les portes s’ouvrirent. Toutes les personnes à l’arrière se précipitèrent à l’extérieur. Avec Air Algérie, nos bagages sont déposés près de l’avion et nous devons les repérer afin qu’il puissent être transportés dans les soutes par des employés. Mais lorsque nous nous dirigeâmes vers les bagages, un policier courut vers nous en hurlant et en nous ordonnant de remonter dans le bus. Nous le regardâmes, stupéfaits. Il demanda qui avait ouvert la porte ; je me dénonçai ; il me demanda pourquoi j’avais fait cela. Je lui répondis que je ne savais pas qu’il ne fallait pas. L’adolescent au landau demanda au policier la faveur de ne pas remonter dans le bus à cause de la chaleur néfaste pour le bébé ; mais il ne voulut rien savoir ; tout le monde remonta dans le bus et les portes se refermèrent. L’ado était hors de lui et ne cessait de critiquer haut et fort l’attitude des policiers ; sa maman lui hurlait d’une voie très aiguë, presque hystérique de se taire, mais sa colère ne retombait pas. Alors que nous attendions que les policiers daignent nous ouvrir la porte, nous constatâmes que la sortie se faisait uniquement par l’avant et qu’un policier était à nouveau en train de contrôler les passeports pour la ènième fois. Beaucoup ne comprenaient pas cet excès de contrôle, et surtout le contrôle des passeports à l’embarquement. J’entendais des commentaires sur le fait que le policier prenait tout son temps comme pour énerver un peu plus les passagers. Le monsieur malade des nerfs se trouvait dans le bus ; il piqua à nouveau sa crise. Mais plus personne ne lui prêtait attention. La maman de l’adolescent continuait à hurler à son gamin de se taire. Mais il persistait à dénoncer la façon humiliante dont les policiers nous traitaient et nous écrasaient intentionnellement. Lorsque ce fut mon tour, je fis savoir au policier que je ne comprenais pas pourquoi ils perdaient du temps à contrôler encore une fois les passeport juste avant l’embarquement. Il me répondit que c’était son travail, et que lui aussi aurait souhaité éviter tous ces suppléments de tracas. Un policier qui se trouvait près du bus avait entendu ma remarque. Il commença à me donner une explication à laquelle j’avoue que je n’ai rien compris. Je repérai mon bagage, le désignai à l’employé chargé du transport, puis me dirigeait vers l’avion afin d’embarquer. Je dû à nouveau subir un contrôle de mon sac ainsi qu’une fouille au corps par une femme. Avant de monter dans l’avion, je ne pus m’empêcher de faire savoir aux agents de police qui se trouvaient là à quel point la désorganisation de leurs services entraînait de stress et de problèmes et surtout de perte de temps (l’avion décollera avec deux heures de retard). Ils m’assurèrent qu’ils en étaient conscients et comprenaient nos réclamations. La policière qui m’avait fouillée m’assura également de sa compassion pour les malheureux passagers. Visiblement ils étaient habitués à ce genre de commentaires et s’y attendaient. Je montai les escaliers de l’avion en me demandant ce qui nous attendait. Les hôtesses nous accueillirent avec le sourire. La dame aux cheveux raidis et blondis était devant moi, mais elle avait craqué et sanglotait. Les hôtesses essayaient de la réconforter. L’une d’elle me dit en riant que cette dame pleurait parce qu’était triste de quitter l’Algérie. | |
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Bonjour, Tu remplaces Oran par Orly ou Roissy, le foutoir des embarquements easyjet est identique, et j'y ai même vu des fumeuses, qui renvoyaient paitre tous les gens qui leur faisaient des réflexions , et des bagarres au comptoir pour des contestations sur le poids des bagages. Certains embarquements sur la RAM, n'ont rien à envier ceux d'Air Algérie ! à Orly , c'est lon d'etre triste ! Sinon , quand on a subi l'aéroport d'Abidjan , de Kinshasa, ou d'Atar, etc etc.... on ne se formalise plus de grand chose dans ce domaine .... manque d'habitude ??.
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