
Oublieuse
En route vers la Bretagne, France
Photo/image personnelle du membre Oublieuse.
Description de la photo/image: Un bel homme face à de belles montagnes kurdes, Sirnak
14 janvier 2008 à 5:41
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J'ai envie de découvrir, d'apprendre sur la condition humaine. J'ai envie de communier avec la Nature. Je veux faire le ménage en moi, dépoussièrer, déparisiter ce qui m'empêche d'être moi, de penser différemment... Alors en attendant de partir, essaie de le faire là où tu es. Pars un week-end au vert, regarde les gens dans la rue, discute avec la boulangère, ou que sais-je... ça te fera patienter, tout en te menant sur le chemin que tu recherches Sinon pour répondre à ta question sur nos expériences. Pour ma part, pendant toute mon enfance (depuis l'âge de 9/10 ans), je n'avais qu'une seule hâte, "être libre"... J'entendais par là, aller où je veux, quand je veux, avec qui je veux. Je disais à ma mère: "Ah vivement que j'ai 18 ans pour faire ce que je veux"... la pauvre Bref, en attendant, comme je suis d'un naturel très étourdi, la vie m'offrait plein de petits moments de liberté: par exemple, une fois j'ai raté mon arrêt de train. Je faisais Rennes-Carhaix tous les lundis matin pour aller au lycée, et j'avais une correspondance à Guingamp. Ce jour-là, je dormais, ou pensais à autre chose, et je me suis retrouvée à la gare suivante, Morlaix. Arrivée dans la gare, tout d'un coup j'ai pris pleine conscience qu'à tout instant, la vie peut changer, on peut décider de bifurquer. On peut modifier les aiguillages. Je prenais conscience que l'unique conducteur, c'est moi. Je me suis donc demandé si j'allais sécher ma journée de cours, et me balader, voir reprendre un train jusqu'à Brest, aller à la mer, où reprendre le prochain train pour Guingamp. J'y ai réfléchi, et ai choisi l'option la plus sage. Mais je n'avais aucun regret, car en attendant mon train, j'ai pris le temps de "voyager" dans les rues de Morlaix, je me suis acheté une carte postale en souvenir, ai ramassé un bout de marbre dans un atelier pour pierres tombales... Ca peut paraître anodin, mais je crois que c'est tout un tas de petits moments comme ça qui m'ont appris que je ne devais jamais me reposer sur mes lauriers, et croire que la route était tracée. A chaque fois que je me rends compte que je suis en train de m'endormir, bercée par le courant, et que je ne sais plus pourquoi je prends telle ou telle direction, je me secoue, je prends du temps pour réfléchir, et pour choisir la suite. En fait, je crois que le plus important, c'est d'être conscient qu'une infinité de chemins existent, et de se poser pour choisir ce que l'on veut vraiment, et non se laisser pousser parce que nous conseillent les proches, les profs, les collègues. Beaucoup de gens autour de nous, ne font pas des choix qui les rendent heureux, mais font des choix dictés par un besoin de sécurité, par le qu'en dira t'on, par la norme. Souvent ils ne s'en rendent pas compte. Et cela les frustre. Mais le pire, c'est qu'ils te conseillent de faire exactement ce qui les a rendu malheureux. Je crois que le bonheur fait peur à beaucoup de gens, car on est obligé de se remettre sans cesse en question, ça n'est pas toujours de tout repos, et ça mène à des "crises" (en tout cas en ce qui me concerne), c'est à dire des périodes de quelques jours où on est perdu, où on ne sait plus ce qu'on veut, où on va, et à quoi bon tout ça finalement... Mais on en ressort plus fort, et avec une plus grande conscience de ce qui est bon pour soi. Je crois que le pire ennemi du bonheur, c'est la peur. Car elle est inutile (sauf dans de réels moments de danger, où il faut réagir vite et instinctivement) en temps normal, et elle paralyse, elle empêche d'avoir les idées claires. Pour ma part, mon premier "vrai voyage" comme je l'appelle, je l'ai fait à 18 ans, tout juste majeure (et n'ayant donc plus de comptes à rendre à personne). Je suis partie seule en Irlande, à vélo. Autant te dire que tout le monde autour de moi me prenait pour une folle, mais j'ai la chance d'avoir des parents compréhensifs et ils me soutenaient, alors que tous leurs amis les culpabilisaient. Bref je suis partie parce que j'avais besoin de me prouver beaucoup de choses, et j'avais aussi besoin de prouver aux autres que j'étais capable. Et puis j'avais une envie irrésistible de voyager, comme tu l'as si bien décrit, une voix en moi me disait qu'il fallait que je parte voir ailleurs si j'y suis. Ce voyage a été le plus formateur. Je suis devenue une vraie personne, j'ai pris confiance en moi. Car si j'avais été capable de me débrouiller seule à l'étranger, de réaliser un projet qui me tient à coeur, alors j'étais capable d'affronter la vie avec sérénité. Bon mon message est un peu long, je ne sais pas trop s'il te servira à quoi que ce soit. De toutes façons, on a chacun-e nos chemins perso qui nous mènent à faire certains choix. Voilà! Tiens nous au courant de tes projets, et des déclics que ça entraîne ------- "Toute chose se casse en devenant trop mince. L'homme se brise en devenant fort." Proverbe kurde Carnets de route -- SVE en Arménie (carnet)
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