
scourtoi Ourdy, France
7 juin 2007 à 3:38
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Salut Migrador ! Pas de photos à proposer, mais quelques instants au Souk d'Anergui. Dans les montagnes du Haut Atlas marocain. Aujourd’hui, jour de souk. Tous les jeudis. Je retrouve mes amis avec du thé et des galettes. Le petit café au coin domine la place entière. La terre battue et les cailloux se sont mêlés aux eaux de pluie. Nous nous agglutinons à l’abri des rafales. Les rires et les salutations pleuvent entre les familles réunies. Joyeux microcosme bigarré, trop petit pour s’y perdre. Je cherche Moha des yeux. La foule est dense. Nous partons ce soir vers Kousser. Je l’aperçois au fond du souk, où sont vendus les animaux. Moutons, chèvres, mulets, ânes… Les transactions sont graves. Les regards sont sévères. Un vieillard me vend sa chèvre. Une petite chèvre noiraude. Aussi sèche que le vieux. Même regard lumineux, même barbiche. Et je retrouve enfin Moha, sa peau usée, ses vastes sourires et ses yeux couleur de braise. Il ne parle que tamazight. Ni français, ni arabe. Pour ce qui est de rire, les gestes suffisent. Nous faisons quelques achats. Du pain, de l’huile, des pommes de terre et des tomates, des oignons, des épices multicolores, des bougies, du thé, du sucre, un bon quartier de viande, des sardines et du fromage. Tout ce qu’il faut pour vivre bien. Fatima et Aïcha sont là, toujours secrètement aguicheuses. J’aime le souk. Cette manière de parler à tous ceux que l’on croise. Manière de se rencontrer, de vivre l’unité du clan. Et puis le thé, versé de haut, est toujours partagé. Je quitte le petit café les bras chargés de provisions. J’évite à grandes enjambées les flaques sur le chemin. Entre les maisons de terre crue, je ne ressens plus les regards. Je suis ici chez moi. Si je veux faire partie du clan ? Libre à moi d’y entrer. Déroutante liberté, tout seul et venant de loin. Liberté O combien légère lorsque l’on s’en saisit. Sam
Le sable entre mes doigts Colle. Souvenir malgré lui Glissé au fond des poches.
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