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lepiaf
Nantes, France



13 août 2004 à 8:55

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Les Philippines, pour changer Répondre

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Dimanche 19/10/2003

Ouf, nous sommes enfin dans le 747 qui va nous amener à Manille.
L'avion est plein comme un œuf. A Roissy, on nous a dit qu'il était surbooké de 73 places.
Du coup, nous ne regrettons plus d'être arrivés un peu trop en avance. Nous avions prévu plus de temps que d'habitude à cause des factures de médicaments à faire viser par la Douane. En fait, l'opération a pris 5 mn. Aucun contrôle, il fallait seulement le double des factures que j'avais eu la bonne idée d'apporter.

Ensuite 55 mn de vol dans un B737 où nous étions bien serrés pour arriver à Francfort. Une heure plus tard, nous embarquons dans le 747, en premier SVP, grâce au jeune âge de Marc. Plus tard, nous regretterons le temps où voyager avec des enfants nous donnait des petits privilèges.

Lundi 20/10 22H

Manille, grande chambre d'hôtel impersonnelle, deux lits d'une personne seulement, mais deux grandes pièces et une banquette pour 1800P (les chambres à 1500P étant soi-disant toutes prises), et il y a une piscine.
Pour la conversion des pesos en euros, ce n'est pas évident : 1€=63P, mais en francs, c'est très simple puisque 10P=1F. On va se retrouver à penser en francs alors que je fais la guerre à la maison pour qu'on n'en parle plus.

Nous devrions dormir car demain, nous nous levons à 6h pour prendre l'avion à 8h, mais pour notre horloge interne, il n'est que 16h. De plus, on se croirait à New-York à cause des incessants hurlements des sirènes que nous entendons depuis l'arrivée à l'hôtel. Eric a remarqué en descendant à la piscine un énorme incendie à 300m environ. D'où les sirènes. On dirait que tous les pompiers de Manille (12 millions d'habitants) convergent vers notre chambre.
Pour dîner, nous sommes allés dans les rues adjacentes à l'hôtel et nous avons fini par manger dans la rue une soupe avec une assiette de riz et porc adobo, 190P pour nous 4. La sauce adobo est LA sauce philippine : sauce brune au soja, vinaigre et sucre. Nous voilà très vite dans le bain. Pas vu de blanc depuis notre arrivée à l'hôtel.
Les sirènes continuent, le sommeil risque d'être léger.
Vivement demain, Puerto Princesa devrait être beaucoup plus calme.

Mardi 21/10 le soir

Fin de la première journée, souvent la plus délicate dans ce genre de voyage.
L'incendie d'hier était un très gros sinistre, c'est une gare de bus qui a brûlé, le feu s'étendant ensuit au bidonville voisin. Curieusement, la municipalité voulait récupérer le terrain du bidonville pour des projets immobiliers, mais les habitants s'y opposaient. Plus maintenant.

Pour arriver à Palawan, tout s'est passé comme prévu, après une nuit où personne n'a bien dormi sauf … moi. Incroyable. Une heure d'avion et nous voilà dans le petit aéroport provincial de Puerto. Nous récupérons les bagages et sortons.

Nous repérons immédiatement Lucie. Apparence sans surprise : femme brune, alerte, cheveux courts, lunettes, pas de maquillage. Pourrait interpréter une infirmière dans un téléfilm. Premier contact chaleureux. Elle est venue avec un couple d'amis philippins et leur véhicule, sorte de mini-songthaew (pour ceux qui connaissent la Thaïlande) bien pourri appelé ici multicab.
Ouf, c'en est fini des 40 kg de médicaments et de vêtements que nous avons apportés pour le dispensaire.

10 mn plus tard, nous voilà à la pension où habite Lucie quand elle descend à Puerto.
Le temps de poser les bagages et nous nous asseyons à l'extérieur avec Lucie. Nous avons bien sûr beaucoup à nous dire. Nous ne nous connaissons que par internet, il y a donc beaucoup de curiosité réciproque.

Comme nous l'avions deviné, son assoc se résume à 2 membres actifs, Lucie et Bernard, son ex-compagnon qui s'occupe de l'intendance en France. Le projet de dispensaire est un projet personnel de Lucie qu'elle mijote depuis une vingtaine d'années. Elle a attendu que ses 3 enfants (20, 23 et 25 ans maintenant) soient autonomes pour se lancer. Elle a beaucoup voyagé en Asie, avec en arrière-pensée le choix du pays où elle installerait son dispensaire. Elle a finalement choisi Palawan, à cause des besoins bien sûr, mais aussi parce que la majorité des habitants se débrouille bien en anglais.
Le financement est en grande partie personnel. Le projet de couplage du dispensaire avec l'orphelinat a été abandonné, le directeur français de l'orphelinat étant parti avec la caisse après des rumeurs (fondées semble-t-il) de pédophilie (!). L'établissement est maintenant fermé.

Après quelques heures de papotage, nous allons faire un tour en ville. La pension est située en plein centre.
Un bol de nouilles dans un resto viet, pas terribles, rien à voir avec les vietnamiens de l'avenue d'Ivry.
Il y a sur Palawan, une minorité viet. A l'époque des boat people, les Philippines ont accueilli sou la pression "amicale" des USA, un contingent de réfugiés. Une partie d'entre eux a été installée sur Palawan où ils se sont assez bien intégrés. Il y a un quartier vietnamien, à la périphérie de Puerto, après l'aéroport.

Un petit tour chez un money changer pour changer quelques euros.
Tout ça sans quitter l'avenue Rizal, épine dorsale de la ville qui n'a, de ce qu'on a vu aujourd'hui, aucun charme. Le pays est pauvre et ça se voit.
Rizal est saturée de tricycles (prononcer à l'anglaise traillecikeul), sortes de tuk-tuk en plus rustique (si, si, c'est possible) qui créent un nuage de fumée puante nimbant tout le centre ville. Il y en avait 3000 à Puerto, mais le maire a récemment limité le nombre à 2000. C'est LE moyen de transport pour se déplacer en ville. Tarif : 4P/pers si la distance ne dépasse pas 2km ; au-delà, il faut négocier. On peut tenir à 5 dedans dont une personne sur la selle derrière le chauffeur. Ca paraît dingue, mais nous l'avons fait.

Petite sieste, puis nous allons dîner dans un des meilleurs restos de la ville, le Ka Lui, encore sur Rizal. Très belle salle joliment décorée avec parquet de bambou sur lequel nous marchons pieds nus.
Pidio, le petit ami philippin de Lucie, nous accompagne. Il parle si doucement que nous avons du mal à le comprendre. Il est à Palawan pour son travail qui consiste à cartographier les zones de forêt vierge de l'île à partir de photos du satellite Spot, puis à vérifier sur place. Il est originaire de Manille.
Le repas, constitué de plusieurs plats de poissons et crustacés est délicieux. Nous ne laissons rien. En amuse-gueule, nous avons dégusté des algues appelées ici "latok" et complètement inconnues chez nous. C'est croquant avec des vésicules qui craquent sous la dent et un goût de mer, un peu comme de l'huître.
Ne pas confondre latok et lamok (moustique).
Excellent repas, Lucie est étonnée de voir les garçons se régaler autant.

Mercredi 22/10, le soir

Hier, grosse nuit pour tout le monde (10 à 12 heures de sommeil selon les cas).
Temps toujours menaçant. Un typhon passe près de nous, pas de chance.
Déjeuner chez les amis de Lucie qui nous ont accueillis à l'aéroport. Malgré les consignes de Lucie, ils avaient préparé un super repas avec latok, coquillages, poulet adobo, et deux poissons différents servis avec une délicieuse sauce aigre-douce, le tout accompagné d'un légume inconnu (y compris de Lucie) et de riz bien sûr. C'était aussi bon qu'au resto d'hier soir. Accueil chaleureux de toute la famille, frères sœurs, grands-parents, … etc… plus en special guest, un beau-frère soi-disant journaliste pour l'armée et membre des services secrets en réalité. Rond, jovial, gourmand et très sympa, il a déjà rendu pas mal de services à Lucie depuis qu'elle a décidé de s'installer ici.
Nous avons été reçus royalement alors que ce sont des gens très pauvres, Leia ne travaillant pas et Jong n'ayant pas de travail fixe. Leurs 2 fils de 8 et 10 ans (c'était l'anniversaire de ce dernier et nous lui avons offert 200P suivant le conseil de Lucie) étaient tétanisés et sont restés cloîtrés dans la petite maison.
Il occupent 2 pièces d'une maison à loyer réduit appartenant à leur église, les logements voisins étant occupés par les frères de Jong. Si j'ai bien compris, le père, très malade, était le chef de cette communauté religieuse, avant de passer le relais à un de ses fils.

Avec Lucie, Jong et Leia, nous sommes ensuite allés voir un zoo à la sortie de la ville. Sorte de réserve d'animaux spécifiques de Palawan, nous avons vu des crocodiles de mer et de rivière (les plus gros, jusqu'à 9m), un aigle serpentaire, des aigles pêcheurs, …, et un animal que nous ne connaissions pas, le bearcat, petit plantigrade spécifique de Palawan. Sympa et ça nous sortait un peu. Chance, il n'a pas plu pendant la visite.

Le soir dîner au resto Kinabusch, très bon. Calamars grillés sur plaque de bronze pour les garçons, même chose mais avec du poisson en plus pour AM et soupe aigre aux crevettes, spécialité du coin pour moi.
Pidio était avec nous. Il rentre demain à Manille pour 2 semaines de congés. Comme à chaque fois, il ira demain matin tôt au marché pour acheter 20 kg de poisson destiné à sa famille. Le poisson est nettement moins cher ici qu'à Manille.
Lucie semble bien amoureuse.
Au resto , impossible de tout payer malgré nos efforts, Pidio a même payé plus de la moitié (850P en tout pour nous 6).

Pidio est marié, enfin officiellement.
Aux Philippines, le divorce est interdit (toujours l'église catho), ce qui est embêtant quand on veut refaire sa vie. Le couple de Pidio ne marchait plus bien et sa santé non plus. Grosse fatigue et brûlures d'estomac. Pidio va faire des analyses et le médecin lui demande où il prend ses repas. Pidio répond qu'il mange toujours chez lui, le médecin lui conseille alors de manger à l'extérieur pendant quelques temps.
Son épouse avait une liaison et, voulant mettre un terme définitif à leur union, avait commencé à l'empoisonner.
Pidio est devenu méfiant avec les femmes.

Le soir, nous nous sommes esquivés tôt pour les laisser passer la soirée ensemble.
Après le déjeuner, coupure générale d'électricité, il paraît que ça arrive souvent ici. Le courant n'est revenu qu'en fin d'après-midi, juste avant la nuit.

Vendredi 24/10 9h

Sommes dans le bus de Port Barton attendant le départ, il pleut à seaux.
Hier, pluie quasi ininterrompue, ça devient pénible. Sommes allés à Luzviminda (LUZon-VIsaias-MINdanao, 3 îles dont sont originaires les habitants du village) pour voir la maison-dispensaire de Lucie. Elle a loué un multicab car celui de Jong est trop pourri pour faire la route. Il y a environ 80 kg de bagages dont les 2 sacs que nous avons apportés. Jong, Leia et leur plus jeune fils nous accompagnent.

Voyage très lent, 1h30 pour faire 35 km. Luziminda est sur la route du sud, et donne sur la baie de Puerto. C'est un village d'agriculteurs et de pêcheurs. Un petit sentier mène à une première grande maison. C'est celle d'un américain qui n'y passe que quelques jours par an. En son absence, son gardien Greg peut en user à sa guise. Greg est le propriétaire du terrain où Lucie a fait construire. Passé cette maison, nous suivons un sentier jusqu'à la maison de Lucie. La maison de Greg et Deborah est un peu plus loin.
Située sur une petite colline, la maison de Lucie est fonctionnelle. Une partie habitation de 30 m² avec un séjour-cuisine et 2 petites chambres, plus une salle d'eau attenante (non comptée dans les 30 m² ; une pièce de 20 m² pour le dispensaire. Une terrasse orientée ouest. Confort minimum, mais il y a quand même un frigo, une gazinière, une télé et 2 ensembles de fauteuils et canapés en bambou. Pas d'eau courante pour le moment, une pompe à main en contrebas.

Le site est agréable, on domine la verdure de laquelle émerge le toit de 3 habitations éparpillées.
La maison est construite sur une solide base de béton montant jusqu'à 50 cm du sol, puis des panneaux de bambou tressé qu'il faudra revernir régulièrement, de même qu'il faudra traiter souvent toutes les parties en bois contre les termites.
Comme trou perdu, c'est réussi. Il y a un sari-sari (épicerie) pas loin et c'est tout. Tout le reste doit être acheté à Puerto.

Nous aurions bien aimé faire une promenade pour découvrir les alentours et descendre jusqu'au port de pêche distant de 5 km, mais il pleut trop.
Sommes restés sur la terrasse de 11h à 16h avec Lucie, Greg et Deborah, Jong et Leia, et leur fils qui s'est enfin déridé et qui joue bien avec Marc. Ils ont passé des heures à jouer avec 3 élastiques, ça change des tonnes de jouets dont nos enfants ne se servent pas.
Deborah va aider Lucie au dispensaire qui ouvrira dans quelques semaines. Elle a l'air très gentille, mais ne parle pas bien anglais.

De retour à Puerto, je fais un saut au seul hypermarché de l'île, le NCCC qui se trouve tout près de la pension et y achète du rhum et du coca pour prendre l'apéro avec Lucie.
A l'entrée du magasin, il y a une pancarte qui demande de déposer ses armes à la consigne. Tout le monde se fait palper avant de pénétrer dans la grande surface.
Devant chaque banque, il y a un garde armé d'un fusil à pompe. J'ai demandé à Lucie s'il y avait souvent des braquages, réponse : non. C'est peut-être du folklore.

Après l'apéritif, nous allons dîner au Balinsasayaw, grand et excellent resto qui se trouve dans une rue parallèle à Rizal. Eric et moi partageons un plat de poisson cru mariné au kalamansi (petits agrumes de la forme d'une grosse bille et dont le jus a un goût entre le citron et la clémentine) et bien épicé et de succulents travers de porc.

Pendant le dîner, nous reparlons de ce que nous voulons faire le lendemain. Au début, nous avions prévu d'aller à Sabang pour voir la fameuse rivière souterraine, mais la route passe par un gué et il est tombé tellement d'eau que nous risquons de pas pouvoir passer.
Lucie nous parle alors de Narra, un bled à 1h30 de route au sud, où un de ses copains tient un hôtel avec piscine au bord de la plage. Elle lui envoie un SMS pour savoir s'il y a de la place (3 bungalows seulement), auquel cas elle viendrait avec nous. Malheureusement, c'est plein.
Nous décidons alors d'aller à Port Barton. C'est un petit village sur une plage de la côte ouest, à 150km au nord de Puerto, soit entre 4 et 12h (!) de jeepney. De là, nous pourrons éventuellement aller à Sabang en banca (bateaux traditionnels à double balancier) ou repartir vers Taytay et El Nido. Nous avons besoin de bouger, rester coincés à Puerto sous la pluie nous plombe le moral, surtout Anne-Marie qui est arrivée fatiguée et qui a mal dormi depuis.

Retour à l'hôtel. Après le coucher des enfants, nous nous retrouvons dehors avec Lucie et Roberto, le proprio de l'hôtel et ami de Lucie. Je ressors le rhum et nous finissons la soirée en rigolant bien, Roberto est très amusant et le rhum philippin n'est pas mauvais du tout, il fait penser au rhum cubain. Précisons que j'ai acheté la qualité supérieure, vieillie en fûts de chêne, à moins de 2 euros la bouteille. Roberto fait partie d'une des grandes familles de Puerto et il nous raconte plein d'histoires.

Revenons à aujourd'hui.
Nous sommes donc installés dans le jeepney de Port Barton attendant le départ.
Le terminal de bus et le marché ont récemment été déplacés du centre ville vers San Jose, un village à quelques km de Puerto afin de désengorger Puerto.
Mais il y a toujours des bus qui partent du centre et qui font un arrêt à San Jose.
Ici, rien n'est vraiment certain.

Ce matin, Pete, l'employé de nuit de la pension, très gentil et serviable, est allé vérifier que l'unique bus quotidien pour Port Barton partait bien du centre à 9h et nous a réservé des places.
Nous arrivons en tricycle à 8h45. Le chauffeur nous dit qu'il ne partira qu'à 10h.
Il pleut à verse et nous n'avons pas vu Lucie ce matin. La reverrons-nous ? Nous n'en savons rien, n'ayant alors aucune idée de notre itinéraire. De plus, il est possible de quitter Palawan par El Nido en avion ou bateau.
Les conditions de voyage sont beaucoup plus rudes qu'en Thaïlande. Si le temps ne s'améliore pas rapidement, nous allons vers la galère.
A 10h, le chauffeur vient spontanément nous prévenir que nous partirons un peu plus tard car il pleut trop. Pourquoi ?

A 10h30, la pluie est moins forte et nous partons. Nous comprenons tout de suite le problème du chauffeur : il n'y a pas d'essuie-glaces ! D'ailleurs, il n'y a pas de vitres au fenêtres, comme dans tous les jeepneys. Il y a tout de même un pare-brise que le chauffeur soulève en le maintenant ouvert avec un tasseau quand il ne pleut pas trop.

A 11h, nous sommes enfin sur la route, seule route goudronnée de l'île, dénommée sans honte "highway" et correspondant à une départementale en France. Le jeepney roule à bonne allure et à 14h, nous quittons la highway pour la piste de Port Barton. Jusque là, pas de problème, le jeepney s'arrête souvent pour embarquer ou débarquer des passagers et nous avons fait une pause déjeuner de 20 mn.

Maintenant, il s'agit de traverser l'île dans sa largeur (ici 22 km) par une piste de terre. Nous sommes optimistes et pensons qu'une heure suffira. Quelle erreur ! La piste est détrempée, parsemée d'ornières boueuses. Comme l'île est montagneuse, c'est une succession de montées et de descentes assez raides. Le jeepney part plusieurs fois en dérapage. AM et moi sommes assez crispés mais les enfants s'amusent bien. Il faut juste que le passager côté jungle fasse très attention à ne pas prendre de branche d'arbre dans la figure. Après la première fois, on est vigilant.

Une femme nous raconte que, de temps à autre, le jeepney se retrouve coincé ou en panne et que les passagers doivent alors passer la nuit sur place. Elle-même y a eu droit quelques mois auparavant. Entendant cela, AM flippe à l'idée de passer la nuit dans la jungle avec les moustiques, sangsues et autres bestiaux inquiétants.
La femme se marre et je me demande si elle n'est pas un peu taquine.

Le chauffeur Toto est un as et connaît la route par cœur. Il faut dire qu'il ne fait que cet itinéraire avec son propre jeepney dénommé "Tiger" et qu'il habite Port Barton.
Nous avons droit à tout excepté l'accident et la panne, ce qui est déjà bien.
Un pont est endommagé, nous descendons tous et traversons le pont à pied avant d'observer la manœuvre de Toto. Nous nous enlisons 3 fois. La première, les 2 jeunes acolytes du chauffeur et des passagers du bus remplissent les ornières de pierres et nous passons. Les 2 suivantes, le jeepney est bien coincé et se dégage grâce au treuil intégré à l'avant comme sur un 4X4.
Une fois, au moment de descendre, un passager empêche Marc de saisir une barre verticale, montrant nonchalamment un ver qui se tortille sur la barre. C'est une sangsue ! Je la prends avec un mouchoir en papier et la jette.

Nous arrivons finalement à bon port (Barton) à 16h30, donc nous avons mis 2h30 pour 22km.
Nous nous installons à l'Eldorado, au nord du village. La GH est vide de touristes.
Dîner sur place préparé par la patronne Lucy, une veuve philippine d'une cinquantaine d'années, très accueillante. Son mari était un australien né en Norvège dont elle a eu deux enfants, un garçon de 8 ans et une fille de 10. Alors que le garçon fait philippin, la fille, déjà très grande, offre un mélange étonnant, on dirait une scandinave aux yeux bridés et aux cheveux noirs, très jolie.

Très rapidement, Marc joue avec le petit garçon. Souvent, les gens pensent que voyager avec des enfants est un handicap alors que c'est souvent un moyen d'approcher plus vite les locaux.

Espérons que le soleil se montre enfin demain. Port Barton a l'air très sympa et nous n'avons pas vu de touriste, le seul étranger étant Mike qui nous a invité à passer chez lui où il vit avec son jeune compagnon philippin.

Nous voulions venir ici, pour changer des pays un peu trop balisés que sont La Thaïlande, Bali ou la Malaisie, c'est réussi.

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Alan
France

14 août 2004 à 10:17

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

Super, lu deux fois, que du rêve comme je l'aime et vrai que d'enmener les enfants ouvrent la porte aux rencontres, et ceux ci n'en ressortent que plus riches pour leur vie future ......

Palawan une de mes envies ....... tu fais une suite parceque là pour le coup, j'en redemande vraiment .......


Loopkin
Lyon, France



14 août 2004 à 11:29

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

Quel recit! C'est complet, pour le moins! Bonnes aventures pour la suite.
-------
Geantropie, Vivre l'espace
http://geantropie.free.fr


Parvat
Perpette les vaches, Belgique



22 août 2004 à 6:01

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

Miam... J'aurais bien aimé partager ce rhum coca avec Lucie, Pidio, toi, ta petite famille... Vous joindre à ces petits restos de poissons, faire la route dans la jungle pour arriver à un Eldorado sans autres touristes/voyageurs...

Merci pour ces rêves, cher Piaf.

As tu visité les fonds sous marins? Qu'est ce que la nature doit y être belle... J'imagine la mer aux couleurs royales, les petits bateaux à double balanciers, et puis des aigles pêcheurs et des aigles serpentaires...

Merci tout plein Cool On attend la suite!!!
-------
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations...
(N.Bouvier)




lepiaf
Nantes, France



24 août 2004 à 4:35

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Re: [Parvat] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

Ben oui, bien sûr, nous sommes ensuite allés à El Nido et aussi à ....

La suite viendra, mais pour le moment, je suis en vacances.

Merci pour vos commentaires élogieux, surtout venant de 3 des plus fameux publieurs de ce forum.


Fabricia
Alpes Maritimes, France

Photo/image personnelle du membre Fabricia.

Description de la photo/image: Amber Fort, Rajasthan, octobre 1994 : une belle indienne offre aux visiteurs un gobelet d'eau puisée dans sa cruche.

24 août 2004 à 5:38

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

... Sourire Lepiaf en vacances ? Mais où ? A l'autre bout de la planète ? Là où il n'y a pas l'ombre d'un touriste, je suppose ?

Blague à part, quelles aventures pour les deux petits "piafs" qui s'en souviendront toute leur vie, et marcheront sûrement dans les pas de leurs parents baroudeurs : ce gène se transmet automatiquement !...

Bonnes vacances à toute la famille. A bientôt sur VF.
-------
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)



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Sawaddeekha
Tête en Thailande, le reste en, Belgique

Photo/image personnelle du membre Sawaddeekha.

24 août 2004 à 6:15

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

Super récit ! La suite, la suite ...Sourire
-------
"If you look like your passport photo, then in all probability you need the journey" - Earl Wilson.


Seshat
Nice, France

Photo/image personnelle du membre Seshat.

24 août 2004 à 7:53

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

super, cet aperçu des Philippines...

je découvre un peu de cet archipel grâce à toi, et j'aime beaucoup ce que je lis : encore un endroit de plus sur ma liste "projets futurs", qui s'allonge, s'allonge...!

merci d'avoir partagé ces souvenirs avec nous, et si tu as quelques photos dans tes tiroirs, on est preneurs
-------
Seshat

Aimer s'instruire, être curieux, attentif, admirer, s'émouvoir, essayer de comprendre ce qui nous entoure... essayer de se coucher un peu moins con chaque soir !(Anna Gavalda)

(Ce message a été modifié par Seshat le 24 août 2004 à 14:27.)


lepiaf
Nantes, France



30 août 2004 à 10:53

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

Vous avez demandé la suite :

Samedi 25/10, le matin.

Réveil vers 6h, j'entends un bruit d'eau qui tombe à seaux. Aïe, c'est reparti. Je me lève et me rends à la salle d'eau. Le bruit provient du robinet ouvert. L'eau courante est revenue. Je jette alors un coup d'œil dehors, miracle, il fait enfin beau.

Je sors nager. Sable blanc et fin, eau limpide à une température idéale, environ 28°C. La plage de Port Barton est parfaite, assez longue et bordée de cocotiers. Il n'y a évidemment personne. Hélas, pas de snorkelling, pour cela, il faut prendre une banca et aller un peu plus loin dans la baie sur des îlots coralliens.

Ouf, avec le soleil, le moral remonte en flèche. Farniente sur la plage, bains, repas, sieste, plage.
Je passe seul chez Alan un peu avant midi, comme il me l'avait proposé la veille. Sa maison est située à côté de l'église, au centre du village. L'église est marrante, car elle n'a pas de mur. Elle est vaste par rapport à la taille du village et est pleine à chaque messe, et c'est amusant de regarder les fidèles et les entendre chanter.
Alan et Leo, son jeune compagnon philippin en sont au breakfast et m'accueillent aimablement. Alan me fait visiter la maison en expliquant tous ses projets. La maison est déjà bien agréable et le sera encore plus quand la nouvelle cuisine et la salle d'eau seront terminées. Il me rassure quant au palu en m'expliquant qu'il vient ici depuis 8 ans, qu'il ne s'est jamais protégé sinon un coup de bombe dans sa chambre le soir et qu'il n'a jamais eu de problème.
Ayant expliqué à Alan que nous souhaitions nous rendre à El Nido en banca (bateau traditionnel à double balancier), il me dit qu'il connaît des gars de confiance qui pourraient nous y amener, rester avec nous 2 jours pour le island hopping (excursions sur les nombreuses îles de la baie) et nous ramener à Port Barton. Alan l'a fait avec eux en mars dernier pour 6000P. Les gars couchent sur le bateau. Pour le déjeuner, on leur donne de l'argent et ils achètent du poisson qu'il font griller au déjeuner.

Le soir, apéro avec Alan, Leo et les deux boatmen, Luong et Boy. Nous commençons à discuter des dates et des conditions. Quand j'aborde la question du prix, Luong me répond plus tard. OK, nous finissons l'apéro, Lucy nous apporte le repas (grosses crevettes grillées accompagnées de légumes sautés excellents et de riz). Dans l'après-midi, j'ai fait quelques courses et acheté une bouteille de patis, le nuoc-mam local dont nous arrosons le riz.
Puis retour au bar où les 4 lascars ont continué à écluser des bières. Le bavardage avec Alan reprend. Il nous parle de son évolution personnelle, de son boulot d'entrepreneur en BTP avec 23 salariés, du stress, jusqu'à la situation actuelle, 6 mois par an aux Phil et 6 mois à bosser en Australie en indépendant avec main d'œuvre en sous-traitance. Il se fait payer cash et paye ses dépenses cash. Pas d'impôt et tout le fric est déposé dans les banques philippines.
Enfin, je dis qu'il est temps de parler prix. La négociation commence. Alan s'éclipse assez vite. Luong nous propose 9000P. Beaucoup trop cher pour nous.. Après de longues négociations et des parlotes entre Luong et Boy en tagalog, nous obtenons le prix que nous souhaitions, 5000P. Sachant que l'aller simple pour El Nido coûte 2500P, c'est correct. Ce prix nous permet même de ne pas revenir à Port Barton si nous le souhaitons.

Dimanche 26/10, 21h

Journée encore une fois un peu gâchée par la pluie.
Nous avons loué les services d'un boatman, dénommé Bong, pour faire une journée de snorkelling dans la vaste et belle baie de Port Barton. Premier arrêt sur un ilôt, spot pas terrible, peu de coraux vivants et de poissons. Pendant que nous trempons, les 2 boatmen préparent le feu pour le poisson que j'ai acheté le matin avec Bong. Quand le poisson est cuit, nous le mangeons avec le riz que Lucy nous a fourni et notre patis perso.
Entre-temps, 2 bateaux sont arrivés remplis de philippins, une cinquantaine de 1 à 92 ans (nous avons demandé). Ils ont apporté un pique-nique de pros pour fêter un anniversaire. Vers la fin de notre repas, un des philippins nous offre un plateau contenant un assortiment de pâtes en sauce, des gâteaux cuits à la vapeur et du riz de couleur brune, cuit avec de la banane, du lait de coco et du sucre. Le riz et les gâteaux sont délicieux. Voyant que nous apprécions, on nous en rapporte une bonne quantité. C'est beaucoup trop. Ils offrent ensuite du coca aux garçons et du coca/brandy aux adultes. Nous bavardons un moment avec le chef du groupe qui est le vice-maire de San Vicente, bourg le plus proche de Port Barton à 15 mn de banca.
Le fait que beaucoup de phils parlent anglais est vraiment un plus par rapport à d'autre pays d'Asie. Cela facilite grandement les contacts. De plus, les philippins que nous avons rencontrés sont dans l'ensemble ouverts et amicaux.

Nous repartons vers un autre spot de snorkelling appelé "aquarium reef", le récif aquarium, avec un nom comme ça, on devrait voir des poissons. Pour y arriver, nous traversons la grande baie et, en particulier, un gigantesque élevage d'huîtres perlières de 5500 ha à capitaux japonais. Le spot est mieux que le premier, mais l'eau n'est pas limpide à cause du typhon et, en l'absence de soleil, la lumière est insuffisante. Nous voulons du beau temps !

Au retour, nous prenons RV avec Bong pour qu'il nous guide demain jusqu'à une cascade à 1 heure de marche dans la jungle. Alan m'a prévenu hier qu'il y avait des sangsues. Je n'en parle pas à AM qui en a peur, mais je dois penser à prendre du sel. Lucie nous a dit que c'était le meilleur moyen pour les faire tomber, car chacun sait qu'on ne doit jamais arracher une sangsue qui se régale. Alan a un autre truc, il se badigeonne les jambes et les pieds d'huile de table pour empêcher les sangsues de s'accrocher.

En fin d'après-midi, je passe chez Alan boire une bière et discuter. Il se remet à tomber des cordes jusqu'à 19h.
Repas de crabes et bitiks, sorte de grosses cigales de mer à tête plate inconnues chez nous (mais pas en Australie où c'est très recherché d'après Alan), dont la chair est plus fine et moelleuse que celle de la langouste.

Lundi 27/10, 15H

Nous avons attendu Bong, mais il n'est pas venu. Comme il paraît que la cascade est facile à trouver, nous décidons de partir seuls.
Les premiers km sont parcourus aisément sur un large chemin, nous montons un peu et dominons des rizières où travaille un paysan avec son buffle, vision dont ne nous lassons pas.
Nous arrivons à la rivière et passons un premier gué. Plus loin, le chemin disparaît, il faut marcher dans l'eau et AM rebrousse par crainte des sangsues, pourtant je ne lui avais rien dit.
Nous continuons sans elle, cherchant le sentier en remontant le lit de la rivière. Nous trouvons enfin le sentier, mais il est tellement boueux que nous pataugeons. Nous savons être sur le bon chemin grâce à 2, 3 panneaux.
Après un panneau indiquant "waterfall 100m", puis un second identique 200m plus loin, le chemin s'arrête et il n'y a pas de chute, juste un joli torrent avec un bassin où l'on peut se baigner.
Je laisse les enfants et remonte le long du torrent pour essayer de trouver la chute. Première sangsue sur la cuisse, mais je la repère avant qu'elle ne suce et l'éjecte d'une chiquenaude. Ne trouvant rien, je reviens et trouve Marc un peu pâlot, culotte baissée, une tâche de sang sur la hanche. Eric et Marc se sont bien débrouillés. Je leur avais bien dit de ne pas paniquer et surtout de ne pas arracher une sangsue. Eric a trouvé le sel dans mon sac et a fait tomber la sangsue. Je les félicite, réconforte Marc et nous nous baignons dans le bassin. L'eau doit être à 25°C, très agréable. Ensuite nous décidons de revenir par le lit de la rivière, plus sympathique que le sentier boueux. Arrivés sur la piste, c'est moi qui me chope une sangsue au pied. Un peu se sel et on rentre.
Nous arrivons vers 2 heures, AM commençait juste à s'inquiéter. Nous lui disons avoir vu un croco dans la rivière. AM nous croit et prend la nouvelle calmement. Même pas drôle. En tout cas, nous avons démystifié les sangsues et les enfants font les fiers devant leur maman.
Averse juste après notre arrivée, nous avons été chanceux.

Dernière soirée à Port Barton en compagnie d'Alan, Leo et Lucy. Alan semble très attaché à Leo et ce dernier n'a pas l'air malheureux. Alan l'a rencontré il y a 2 ans à Manille où il vivait dans des conditions misérables. Depuis ils ne se quittent plus quand Alan est aux Phil. Il a même le projet de l'emmener en Australie l'an prochain.
Demain départ prévu à 6h. Très peu de pluie aujourd'hui, pourvu que cela dure.

Le lendemain à 5h30, Boy nous réveille. Nous ne serons pas en retard.
C'est parti pour 5h de banca avec un moteur assourdissant, genre marteau-piqueur. C'est long. Heureusement, il fait beau et le paysage est superbe.
En entrant dans la vaste baie de El Nido, nous ne savons où poser les yeux tellement le paysage est splendide avec les ilôts karstiques éparpillés.

Nous arrivons enfin à El Nido, village pauvre avec une plage moins accueillante que celle de port Barton. Nous parcourons tout le village pour trouver un hôtel qui nous plaise, hélas …
Nous choisissons finalement le Gloria's beach cottage et 2 vastes chambres situées au 1er étage avec balcon donnant sur la plage, un peu plus cher et moins bien qu'à Port Barton.
Heureusement, nous avons notre banca personnelle et nous allons faire du snorkelling sur l'île la plus proche, Cadlao. Nous sommes bien, seuls sur une petite plage, beaux coraux mais peu de poissons. L'eau est plus claire qu'à Port Barton, il y a du soleil, nous sommes heureux.
Au retour Boy nous conduit chez un changeur chinois qui tient une épicerie où nous changeons 300 USD. Nous n'avons plus de problème de pesos.
Etonnant, sur un site aussi célèbre que El Nido, il n'y a ni banque, ni accès internet alors qu'il y a un petit aérodrome et 2 resorts de luxe.
Il y a un peu plus de touristes qu'à Port Barton, ce n'est pas difficile, mais assez peu tout de même.

Mercredi 29/10, 18h

Aujourd'hui, "island hopping" sur Miniloc et ses 2 lagons cachés, déjeuner sur Simisu. Snorkelling à gogo, puis poisson grillé par nos boatmen, assaisonné de kalamansi et patis, riz et bananes. Adossés à un tronc de bois flotté, seuls sur une petite plage de sable blanc, nous mangeons avec les doigts. Le bonheur.
Nous voyons approcher un hors-bord qui dépose un jeune couple de japonais. Ils semblent déçus de nous voir. On leur dresse à l'autre extrémité de la plage une table avec nappe, couvert et 2 chaises pour un pique-nique en amoureux. Décalage, nous sommes hilares ainsi que les boatmen.

Puis, le vent ayant forci, nous renonçons à Helicopter island et nous rabattons sur un lagon abrité de Cadlao island. Chouette snorkelling en compagnie d'Eric. Je remonteun bénitier fraîchement ouvert par des pêcheurs. Bien que le site soit protégé, il y du braconnage.
Dîner chez Lali & Abett, le plus gros hôtel de El Nido, où la cuisine est paraît-il correcte. Cet hôtel nous intéresse aussi, car nous savons qu'il y a une famille francophone avec 2 petites filles.
Après le repas, pendant que les garçons rejoignent les filles qui regardent un dessin animé sur le PC portable du père, nous faisons connaissance avec les parents. Ils sont brésiliens, arrivés récemment (en août) à Palawan pour un contrat de 2 ans. Oliver travaille pour un cabinet de consultants chargé par le gouvernement philippin de promouvoir le tourisme dans le nord de Palawan. Il y a de quoi faire. Ils viennent de Paris où ils ont passé 3 ans. Avant, ils avaient vécu 4 ans et demi aux USA où les deux filles sont nées. Ce qui explique qu'ils parlent tous les 4 anglais et français, en plus du portugais.
Les filles sont ravies de parler français, ça leur manque depuis qu'elles sont ici.
Nous les trouvons très sympas et Emilia se montre intéressée par le projet de Lucie dont je donne les coordonnées. La transition Paris/Puerto a été brutale et l'adaptation difficile. Bien qu'étant dans des écoles réputées de Puerto où la langue officielle est l'anglais, beaucoup d'enfants et même l'instit de la plus jeune ne parlent que le tagalog. La maman craint que les filles oublient le français.
La vie d'expat avec enfants n'est pas simple.
Nous nous quittons sans prévoir de nous revoir.

Jeudi 30/10, 18h

Y a-t-il un hasard ? Sur les centaines de plages disséminées sur les îles de la baie, il a fallu que les brésiliens et nous nous retrouvions pour déjeuner sur la même.
Ils sont décidément très sympas et nous passerons les voir à Puerto.
2ème journée de island hopping. Beaucoup plus de banca qu'hier, mais nous avons vu de belles choses. Grottes, poissons, coraux et îles à gogo.
Nous avons juste loupé la secret beach sur Matinloc parce que le boatman n'a pas voulu s'approcher, de crainte d'abîmer son bateau.

Vendredi 31/10, 17h

De retour à Port Barton. 5h de banca, fatigant. Nous retrouvons l'Eldorado avec plaisir.
Lucy est partie pour la Toussaint se recueillir sur la tombe de son mari à Puerto. Dan, son associé chicagoan à gueule de mafioso, la remplace, mais malheureusement il ne cuisine pas. Alan est parti ce matin pour l'Australie.
Pour la suite du voyage, nous avons changé nos plans de nombreuses fois. Nous pouvions partir sur Coron (Busuanga island) puis remonter sur Manille. Nous avons finalement préféré revenir à Port Barton, puis passer à Sabang avant Puerto. Nous voulons revoir Lucie et les brésiliens.
Sur les conseils de Dan qui est adorable, nous partons demain pour un resort situé sur une île déserte à une petite heure de banca de Port Barton. Dan nous a assuré que nous ne le regretterions pas. Nous comptons y rester 2 ou 3 jours.

Samedi 1/11, 14h

Sieste. Nous sommes les seuls clients d'un resort de rêve sur une île déserte. En arrivant, on ne voit même pas les bungalows cachés derrière les cocotiers. L'endroit est aménagé avec goût. Les bungalows sont espacés, jolis extérieurement et corrects intérieurement. Prix négociés à 400P (prix en saison : 640P). Belle plage, chouette snorkelling à 20m. Bungalows adossés à la jungle. Pas de coq, mais un macaque qui n'aime malheureusement pas les enfants (il a mordu Marc). Eric est assez grand pour ne plus être considéré comme un enfant par le singe. Bref, que du bon, sauf pour Marc.
Le personnel est charmant. Les proprios sont un couple suisso (Henri)-philippin (Cora). Seule Cora est là. Le serveur PG est une grande folle de 20 ans qui ne cherche qu'à nous faire plaisir. Déjeuner de poisson avec buco (noix de coco fraîche) cueillie dans l'arbre à la demande. Nous sommes les premiers clients depuis 15 jours.
Nous entamons la 3ème et dernière semaine.

Dimanche 2/11, 10h

Le soir, le générateur s'arrête à 21h, c'est tôt. Donc dodo et lever très tôt.
Grasse matinée jusqu'à 7h puis snorkelling. J'adore ce genre d'endroit où on peut commencer la journée en allant dire bonjour aux poissons. Petit-déjeuner à 8h, puis glande. C'est bon de ne rien faire dans ces conditions.
Un peu d'animation, un bateau accoste à 9h30. A bord, 5 personnes, 1 japonais et 4 philippins dont 1 femme et 1 garde du corps armé d'un PM. Ils viennent de la ferme perlière pour pique-niquer et surtout picoler sur la plage. Ils attaquent tout de suite à la bière. Zut, ils ont pris le coin le plus agréable de la plage avec les hamacs à l'ombre. C'est notre coin, mais n'ayant pas de garde armé, nous ne disons rien.

Le seul problème ici, ce sont les repas. Comme il n'y avait personne, il n'y a pas beaucoup de produits frais d'avance et aujourd'hui, il n'y a même pas de poisson. Un comble ici. Et pas question de trouver un autre resto. Le bateau de l'hôtel est parti ce matin, espérons qu'il revienne avec des vivres.

Le temps est beau et chaud, en amélioration constante depuis une semaine.
Une question : restons-nous 2 ou 3 jours ? Il va falloir en discuter au déjeuner.

17h30

Décision unanime : nous restons 3 jours.
Pour le poisson, déception. Aujourd'hui est férié et personne ne travaille, même pas les pêcheurs.
Le groupe avec le japonais est reparti vers 16h. Après la bière, ils ont bu toute la journée du rhum-coca. Le jap était raide bourré, il a fallu l'aider à monter dans le bateau, ses 2 acolytes étaient allumés, la femme et le garde du corps n'avaient rien bu. Heureusement car ce dernier n'a pas quitté son arme.

Le couple de canards de l'hôtel effectue sa promenade vespérale sur la plage. Ils ne se quittent pas et sont comiques avec leur dandinement très digne. Le soir, ils sont enfermés à l'abri des chats sauvages. Marc court après le mâle et se fait engueuler par la femelle. L'air est délicieux comme tous les soirs et le ciel est très beau ce soir au couchant. Quelle magnifique journée nous avons vécu.

Je commence à penser au retour et ce n'est pas agréable. Je pense aussi à Lucie que j'espère revoir à Puerto. Demain lundi farniente, mardi Sabang, mercredi retour à Puerto pour voir Lucie, les brésiliens Oliver, Emilia et leurs filles Ligia et Georgia (tiens, encore des parents qui choisissent des prénoms aux sonorités voisines), relever et écrire les courriels, effectuer les derniers achats et manger dans les meilleurs restos.
Samedi, retour à Manille et bye bye. Reviendrons-nous un jour aux Phil ?
A chacun de nos voyages en ASE, je suis frustré car j'aimerais rester plus longtemps. Sur le plan financier, pas de problème car la vie est très bon marché, mais c'est impossible à cause des enfants.

Lundi 3/11, 11h

Sea, sex and sun.
J'ai eu la chance de nager avec une tortue ce matin. C'est la 1ère fois. Environ 50 cm de long, nage gracieuse, joie.
Le bateau de l'hôtel est allé à Port Barton. Le boatman Abi a acheté du poisson, mais pour un seul repas.
Constatation générale : l'organisation et la prévoyance ne sont pas des points forts des philippins que nous avons côtoyés.
Un peu plus tard, un bateau de pêcheurs s'arrête pour proposer du poisson fraîchement pêché, ce qui règle le problème pour ce soir. Le poisson est un magnifique lapu-lapu encore vivant, d'un rouge vermillon avec des dessins de couleur turquoise. C'est paraît-il un poisson très recherché, en particulier à Hong-Kong où on paye des fortunes pour pouvoir choisir un lapu-lapu vivant.

Suis allé dire bonjour au singe Jords qui, comme d'habitude, m'a manifesté son amitié en me cherchant les poux. Pour m'amuser, je l'ai pris dans mes bras et lui ai rendu la pareille. Il s'est complètement abandonné. Marrant.

Pour varier un peu, sommes allés faire une promenade dans la jungle par un sentier aménagé, mais pas entretenu depuis un moment. Y suis d'abord allé seul en fin de matinée, aperçu plusieurs singes d'espèces et de taille différentes, un faisan, un écureuil. Retournés en famille + PG en début d'après-midi, mais, hormis un serpent, nous n'avons pas vu d'animaux. Ils doivent faire la sieste.
Au retour, nous sommes en nage et filons à l'eau.

Arrive 16h, l'heure de la bière sur la plage en lisant jusqu'au coucher de soleil. Puis le générateur démarre, nous nous rabattons sur la terrasse. C'est l'heure du rhum-coca. Ensuite, dîner, puis lecture ou jeux de cartes avec PG jusqu'à 20h30. Coucher et extinction des feux.
Finalement, ça passe vite une journée au paradis.
Demain départ pour Sabang vers 8h00 avec le bateau de l'hôtel. Il y a 2h30 de banca et le bateau nous amène directement à la rivière souterraine et nous attend pour nous conduire ensuite à Sabang.


yann
France



30 août 2004 à 13:03

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

J'ai pas lâché le récit depuis le début ! voilà des partages écrits comme je les aime....voyageant également avec nos enfants, je me suis vu un instant aux Philippines....moi aussi je ne dis pas tout à ma femmeClin d'oeil...surtout pour ce qui est des bébêtes....

la suite s'il te plait.....Clin d'oeil

yann
-------
Carnets de voyages en famille

http://www.yannsenant.com
Thailande, Maldives, Malaisie ( péninsule et Sabah), Indonésie ( Sulawesi, Kalimantan, Moluques), Egypte.


lepiaf
Nantes, France



31 août 2004 à 8:34

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Re: [lepiaf] Les Philippines, pour changer [En réponse à] Répondre

3ème et dernière partie

Mardi 4/11

Nous quittons avec regret l'île de Cacnipa. PG est en larmes sur la plage quand la banca s'en va. Nous avons promis de lui écrire de France.
Il s'ennuie sur l'île surtout quand il n'y a pas de client comme en ce moment.
Ce qu'il aime, c'est danser en boîte ! Quand on travaille sur une île déserte, ce n'est pas facile.
Il est originaire d'une famille de pêcheurs de Port Barton.
C'est curieux cette société très coincée par la religion sur beaucoup de plans et qui tolère l'homosexualité bien mieux que nos sociétés occidentales. J'ai déjà remarqué ce fait dans d'autres pays d'Asie.

Nous arrivons sans problème à la rivière souterraine présentée comme la plus large et longue du monde. Elle fait partie d'un parc national. D'énormes varans paressent dans le bois qui jouxte l'entrée. Il paraît que les 2 sentiers traversant la jungle qui mènent du village à la rivière sont très agréables.
Pour visiter, il faut louer un bateau avec guide/pilote.
La rivière est vraiment impressionnante, très large, nous nous enfonçons sous la terre sur 3km. La rivière est 4 fois plus longue, mais la visite ne va pas plus loin.
Des centaines de milliers de chauves souris vivent là-dessous, tout du long, des concrétions calcaires énormes qui ont été nommées en fonction de leur forme, parfois sexuelle. Le guide est un comique qui connaît bien sa partition.

A la sortie, la banca nous attend et nous amène au village de Sabang. Il est midi.
Un car part pour Puerto à (vers) 14h. Que fait-on ? Un coup d'œil sur Sabang, c'est moche ; en plus, nous savons que le coin est très impaludé, donc nous décidons de partir.
En attendant l'heure du départ, nous causons avec un danois de 36 ans, moniteur de plongée en Thaïlande. Il est dégoûté de Palawan et ne pense qu'à se tirer. Chacun son trip.
Trajet effectué en 2h30, sportif, mais de la rigolade à côté de Puerto/Port Barton. Arrivés à Puerto, nous voulons aller à l'hôtel Casa Linda pour trouver un peu plus de confort qu'au El Rey. Le danois, qui veut y aller aussi, téléphone du bus avec son portable, c'est complet. Etonnant.
Nous arrivons de nuit, fatigués, et ne savons où aller. Nous nous rabattons sur El Rey, et retrouvons libres les chambres que nous occupions, le danois obtient aussi une chambre, à sa grande satisfaction.

Lucie n'est pas à l'hôtel, mais elle est à Puerto. Elle arrive un peu plus tard, très surprise de nous voir. Elle ne pensait pas que nous repasserions par Puerto.
Nous dînons au Balinsasayaw, toujours excellent.

Programme de demain : billets d'avion, recherche d'un hôtel plus confortable, internet, poste pour les cartes postales (on ne peut acheter des timbres qu'à la poste et Lucie m'a prévenu que cela risquait d'être long), shopping et copains brésiliens.

Mercredi 5/11

Le Casa Linda est encore complet. Dommage car c'est un hôtel bien agréable, au calme avec toutes les chambres donnant sur un joli jardin intérieur pour un prix très raisonnable (450P/chambre avec fan). Au Cas Linda, nous tombons sur une californienne originaire de Palawan que nous avions rencontrée à El Nido. Elle nous conseille quelques hôtels, dont un avec piscine pas très loin, le Moana. Nous nous y rendons à pied. C'est pas mal. Il y a de l'espace pour que les garçons puissent jouer, ce qui n'est pas le cas à El Rey, toutes les chambres donnent sur une piscine d'une petite vingtaine de mètres de long. Il y a 2 chambres libres avec fan. Prix de 650P/chambre que nous négocions à 585, à peine plus cher qu'à El Rey. La patronne est aimable, son mari Paolo est italien et ils sont associés à l'italien du Swissipini (Port Barton). Le monde est petit à Palawan.
Paolo nous emmène au El Rey avec son 4X4 et nous attend pendant que nous réglons la note et refermons les sacs en vitesse pour l'avant-dernière fois. A El Rey, je tombe sur un philippin d'une soixantaine d'années que nous avions rencontré sur l'île de Matinloc à El Nido. Décidémenyt, c'est le jour des retrouvailles.
Nous demandons à Ching, l'épouse de Pidio, de prévenir Lucie.

Avant la recherche d'un nouvel hôtel, nous sommes allés à l'aéroport acheter les billets d'avion à la PAL. 9280P (2148P/adulte), moins cher qu'à l'aller. L'employée de Manille me l'avait dit, mais je n'ai toujours pas compris pourquoi.

Encore avant, nous avons relevé le courriel. Alice, notre aînée, a eu son permis de conduire du 1er coup, super. Elle a fait une fête avec ses amis pour ses 18 ans. Ca a l'air d'aller, bien qu'elle s'inquiète d'être sans nouvelles depuis 2 semaines, nous l'avions pourtant prévenue.
Avant de nous installer dans notre nouvel hôtel, nous faisons quelques achats au NCCC : 8 cartouches de cigarettes pour AM (1 cartouche vaut le prix d'un paquet en France) et 4 bouteilles de rhum (à 110P !). Bonjour l'exemple pour les enfants !
Pour les timbres, j'ai attendu … 1 minute. Comme d'hab, ça se passe rarement comme prévu.
Ensuite piscine. C'est bon, car il fait beau et chaud, quel contraste avec la première semaine. Nous nous sentons bien dans cet hôtel et les enfants sont ravis de la piscine.

Plus tard.
Vers 16h, nous nous rendons à pied chez les brésiliens (20mn de marche). Emilia nous accueille très gentiment. Elle s'attendait à nous voir plus tôt et nous dit que les filles se désespéraient de nous revoir. C'est l'heure d'aller les chercher à l'école. Nous l'accompagnons dans sa voiture. Puis visite de la maison. Construite entièrement avec un très beau bois, elle est bien conçue avec un grand séjour, une grande cuisine, une buanderie, 2 chambres et 2 salles d'eau avec toilettes. Grande terrasse. Travaux en cours dans le jardin. Ils ont beaucoup investi pour rendre cette maison la plus agréable possible. Ils on fait construire une cabane sur pilotis pour les filles et un labo pour Oliver qui en rêvait (il a une formation de biologiste). Le plus gros défaut de la maison est le bruit, la rue est passante (c'est la deuxième avenue de la ville après Rizal) et les chambres donnent sur une ruelle empruntée matin et soir par plusieurs familles.
Le goût d'Emilia nous convient très bien et nous nous sentons très à l'aise dans cette maison.
Pendant que les enfants jouent, nous bavardons sur la terrasse en attendant Olivero. Emilia nous explique les quelques problèmes rencontrés avec les philippins, en particulier, le mal qu'ils ont à faire comprendre aux propriétaires et à leur nombreuse famille qu'il ne souhaitent pas les voir débarquer chez eux à n'importe quelle heure.

Oliver arrive du travail à vélo, il est lui aussi ravi de nous revoir. Nous dînons ensemble dans un resto que nous ne connaissions pas, le Backyards situé tout près de notre hôtel. Tables très espacées dans un jardin, chanteur à guitare qui égrène le répertoire folk US des années 70, Simon et Garfunkel, America, les Eagles … etc … C'est marrant de voir à quel point les philippins sont restés figés sur cette période musicale.
Ligia et Marc ne se quittent pas, ce qui rend Eric un peu jaloux. Emilia et Oliver sont surpris de voir Marc et Eric manger avec plaisir des plats dont ne veulent pas leurs filles. Le temps passe vite, la conversation est ininterrompue et très agréable. Sympathie réciproque. Ils ont fait le choix de voyager et ont déjà été dans un nombre de pays considérable. Emilia a fait des études en Russie et parle russe. Oliver est fils d'immigrés autrichiens et parle allemand. Ils parlent donc 4 langues chacun ! Et je soupçonne Oliver de se débrouiller dans d'autres langues comme l'espagnol et le néerlandais.
Emilia nous dit souffrir du manque de livres, et particulièrement de livres en français. En revenant à l'hôtel, nous lui donnons le seul livre que nous ayons lu tous les 2, un bon polar de Deon Meyer qui se passe en Afrique du sud.

Jeudi 6/11

Nuit correcte, couchés tôt, réveillés tôt. Nous laissons les garçons à la piscine et allons en ville. 1 heure d'internet, Alice nous a répondu et nous engueule presque de l'avoir laissée sans nouvelles, c'est le monde à l'envers.
Ensuite, nous flânons jusqu'à l'ancien marché couvert qui est en réalité toujours en activité. La règle ici, c'est qu'il n'y en a pas. On y trouve des vivres, mais aussi des vêtements et de l'artisanat. Sympa. Nous demandons le prix des crustacés : langouste à 400P/kg et bitiks à 200P/kg, dommage que nous ne puissions pas en rapporter.
Retour à l'hôtel à 11h30, piscine pour se rafraîchir, puis déjeuner au Badjao Seafront. Ce resto nous a été recommandé par les brésiliens. Il est situé à 5mn de la ville et la grande salle à manger est construite au dessus de la mangrove dans la baie de Puerto. Très agréable, nous commandons un menu collectif annoncé pour 5/6 personnes. Soupe délicieuse, cochon de lait rôti, thon grillé, salade de légumes marinés, kare-kare (tripes de buffle cuisinées avec un légume inconnu dans une sauce jaune très fine, servi avec une pâte de crevettes fermentées), riz bien sûr et assiette de fruits de saison (banane, papaye et ananas). Nous nous régalons sans penser que ce soir, nous dînons au Ka Lui, l'excellent resto du 1er jour. Il va falloir nager pour s'ouvrir l'appétit.
Du resto, nous nous rendons en tricycle à la ferme des papillons située à une petite dizaine de km. Sympa sans plus, mais ça occupe.

Lucie nous rejoint au Ka Lui où, malgré le copieux déjeuner, nous faisons honneur au repas. Elle nous raconte les dernières nouvelles du dispensaire, pas encore en activité. Elle a commandé une voiture, une espèce de jeep fabriquée sur place par un de ses amis philippins. Elle en a besoin pour les allers et retour Puerto/Luzviminda.

Vendredi 7/11

Dernier jour à Puerto.

Nous sommes retournés au marché pour le montrer aux enfants. Puis nous allons à NCCC et tombons sur Emilia. Nous prenons RV pour le dîner. 5 mn plus tard, nous croisons Lucie. Elle dînera avec nous ce soir, ce qui est parfait puisqu'Emilia voulait la rencontrer.
Ce qui est marrant, c'est que tout le monde ici nous prend pour des expats. Les philippins ne voient pas souvent de touristes avec enfants.

23h
Voilà, fin de la dernière soirée à Palawan. Nous avons dîné au Kinabusch et bavardé toute la soirée avec nos nouveaux amis et Lucie. Ligia et Marc ne se sont pas quittés, mais cette fois, Eric s'est occupé de Georgia.
Emilia voudrait faire venir une jeune fille au pair française pendant un an pour que ses filles continuent à parler français. Je lui ai dit que nous l'aiderions.
Nous leur avons donné toute la lecture que nous pouvions, 2 BD et un livre de Marc pour les enfants, plus "Les corrections" de Frantzen pour les parents.
On vient de leur installer une connexion ADSL et Emilia est ravie de retrouver un lien avec ses amis et sa famille.
Demain, début de la partie la plus pénible du voyage, le long retour vers la grisaille froide et humide de novembre chez nous, la routine quotidienne et les soucis.

Samedi 8/11, 14h

Resto de l'aéroport international NAIA.
Sommes partis de Palawan avec 40 mn de retard. En ai profité pour me faire masser dans la salle d'embarquement, sympa pour patienter en se détendant.
Une fois embarqués, le pilote commence par présenter ses excuses pour le retard en expliquant que l'aéroport domestique de la PAL a été complètement fermé pendant 2 heures ce matin pour une raison que je n'ai pas comprise. Le pilote dit aussi que de nombreux passagers sont déjà au courant.
C'est le taxi à Manille qui nous explique : 2 militaires opposants au régime ont investi la tour de contrôle et ont été abattus en direct à la télé par les tireurs d'élite de la police. Les vitres de la tour sont criblées d'impacts, ambiance …

Nous sommes arrivés à NAIA vers midi. Comme notre avion ne décolle qu'à 20h35, nous avions l'intention de laisser les bagages à la consigne, puis de passer l'après-midi dans un grand parc, le Nayon Pilipino, proche de l'aéroport. Simple, mais impossible car il n'y a pas de consigne à NAIA !
Nous ne pouvons même pas pénétrer dans l'aéroport car l'horaire de notre vol est trop tardif. Le garde nous conseille d'essayer au bureau de la Lufthansa, notre compagnie. Nous allons à une autre porte, le nouveau garde nous écoute et nous laisserait bien entrer si le bureau était ouvert, mais c'est la pause méridienne jusqu'à 14h. Pour patienter, il nous conseille d'aller au resto de l'aéroport.
Déjeuner hors de prix par rapport à ce que nous avons connu (1500P), mais par rapport aux prix français, c'est très abordable. Le problème, c'est que nous n'avons alors plus de pesos et qu'il reste à payer la taxe d'aéroport de 550P/personne. Et puis qu'allons nous faire ? Dehors il commence à pleuvoir et, si nous ne trouvons pas le moyen de faire garder nos bagages, nous allons sans doute rester là jusqu'à l'heure de l'embarquement.

NAIA est un aéroport ancien qui n'est pas fonctionnel. Un nouvel aéroport international est achevé, mais il y a un contentieux financier entre la maîtrise d'ouvrage philippine et la maîtrise d'œuvre allemande qui réclame environ 400 M$. Pas facile de faire du business ici pour des étrangers. De toutes les conversations que nous avons eues avec des expats, il ressort qu'il est très difficile de travailler avec des philippins, que cela soit en tant que partenaires ou en tant qu'employés. Les déceptions sont fréquentes et certains sont repartis complètement plumés. Le système économique est aux mains de 6 ou 7 grandes familles. La notion de famille est essentielle ici, et les familles sont très grandes, avoir 6 ou 8 enfants est fréquent.
Par exemple, Oliver nous a parlé d'une collaboratrice qu'il venait de recruter et qui a commencé par lui expliquer les liens familiaux qui l'unissaient aux gens qui comptent à Puerto.

Le tagalog est une langue difficile à apprendre, variable selon les îles, truffées de termes anglais quand ceux-ci sont plus courts que leurs équivalents tagalog. Quand on demande une explication sur un terme ou un usage, la réponse est souvent "ça dépend". Un suisse, à Puerto depuis 3 ans, nous a avoué ne se débrouiller en tagalog que depuis un an.
De plus, il existe de nombreux dialectes et les habitants sont souvent trilingues (dialecte, tagalog et anglais) et passent d'une langue à l'autre dans une conversation.

17h
Il ne nous reste plus qu'une heure et demi à attendre avant de pouvoir enregistrer les bagages. Heureusement, nous avons une table située dans un angle et on nous fiche une paix royale. Avons acheté un jeu de cartes pour occuper les garçons. Bavardé avec une femme qui travaille à l'immigration. Elle nous a appris que nous pouvions payer la taxe d'aéroport directement en $, donc nous n'avons plus besoin de changer d'argent.
Nous aurons donc passé plus de 6 heures dans ce resto. Les garçons se sont très bien comportés. Je repense à une attente de 5 heures dans une salle quasi-déserte de l'aéroport d'Hanoï, c'était nettement plus pénible.

Dans cette société philippine, l'omniprésence de la religion me dérange. La constitution permet à toutes les religions et même aux sectes de faire du prosélytisme.
La grande majorité de la population est catholique avec nombre de coteries plus ou moins tolérantes. Il y a aussi une forte présence des églises protestantes américaines dont certaines semblent très riches. Elles ponctionnent jusqu'à 20% des revenus de leurs fidèles.
A Puerto, j'ai croisé de jeunes mormons, clones de ceux qu'on voit souvent à Nantes pour leurs recherches à l'état civil.
Il n'y a pas d'école publique, toutes les écoles sont confessionnelles et, bien sûr, endoctrinent les enfants. Emilia, qui a mis Ligia dans une école protestante et Georgia dans une catholique (ou l'inverse), est atterrée du contenu de l'enseignement. Dieu est cité dans toutes les matières y compris en sciences. Quelle horreur !

Lors de nos conversations, nous avons été très intéressés par l'opinion d'Emilia et Oliver sur les sociétés américaines et françaises. En arrivant en France, ils ont eu l'impression de retrouver des gens ressemblant aux brésiliens, tellement les américains sont coincés. Ils trouvent que les USA ne sont pas démocratiques, et les rapports entre les gens sont soumis constamment au politiquement correct. Hypocrite e