
KelEssuf
(en ligne!) France
20 juin 2007 à 6:24
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Les rencontres en voyage: vraiment des rencontres?
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Bonjour! Une petite question comme ça, qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps: que pensez-vous de la tendance en voyage à vouloir aller à la rencontre des gens, de se faire inviter chez eux ou de partager un peu de leur quotidien? J'exclus de cette question les rencontres de hasard (qui pour moi sont les seules capables de déboucher sur quelque chose de positif) pour ne retenir que celles qui découlent d'une volonté délibérée, d'une recherche, voire d'une organisation. Je trouve que l'on parle souvent de « voyage équitable », d' « éco-tourisme » où la rencontre des populations est un incoutournable. Hormis les considérations économiques et / ou politiques, que pensez-vous des conséquences humaines d'une telle approche du voyage? J'ai parfois l'impression de déceler une certaine « vantardise »de la part de ceux qui ont eu la « chance » de « découvrir » l' « Autre » (je mets des guillemets partout parce que je ne suis pas sûre de la justesse de mes mots et que je ne voudrais froisser personne), une sorte de « je-vous-raconte-tout-ça-dites-moi-que-c'est-génial-et-que-mon-voyage-était-exceptionnel-et-que-vous-aimeriez-bien-avoir-la-chance-d'en-faire-autant ». Et je m'interroge: peut-on vraiment parler de rencontre, lorsqu'il s'agit de quelque chose d'organisé? Peut-on vraiment parler de rencontre lorsque l'échange se fait essentiellement en sens unique? Lorsque le voyageur s' « enrichit » de la découverte mais que celle-ci, visiblement, n'apporte rien ou pas grand chose à l'interlocuteur (quand ce n'est pas carrément négatif). On va chez les gens, on découvre leur vie, mais eux, qu'apprennent-ils? Ne serait-ce qu'un miroir où se reflète notre envie, besoin ou autre, de faire un voyage « différent »? J'ai revu dernièrement L'Africain de De Broca; cinéma « à la française », sympa et sans prétention, mais surtout qui rejoint mes interrogations; pour ceux qui ne connaissent pas et piqûre de rappel pour les autres, voici ce qui m'a interpellée: Deneuve, cadre Club Med, veut offrir de l'exotisme à ses clients tout en les ouvrant à d'autres cultures; elle jette son dévolu sur le parc des Volcans dans la région des Grands Lacs, où elle pourrait organiser des rencontres avec les Pygmées. De péripéties en péripéties, elle finit par y renoncer, convaincue que ces derniers ne « gagneront » rien à cela, au contraire (« les blancs ont la terre entière, laissez-nous notre forêt »). Alors je me demande s'il n'est pas profondément égoïste et égocentrique de chercher à provoquer des rencontres. Personnellement, je ne suis pas à l'aise à partir du moment où je me transforme en hôte potentielle, j'ai toujours renoncé, prétextant tout et n'importe quoi. J'ai peut-être vexé certains, mais qu'en aurait-il été si j'avais accepté l'invitation? Il est sûr que ma « curiosité » aurait été « assouvie », mais qu'aurais-je apporté humainement? Je crois que je préfère croiser et partager des regards, des sourires, des rires, des rencontres éphémères mais inoubliables, car sincères (tout cela ne se contrôle pas) et n'engageant personne plus que nécessaire. Et vous? J'aimerais savoir si je suis complètement « tarte » (c'est une hypothèse aussi) ou si vous partagez ces scrupules (l'impression de déranger, d'être comme « un cheveu sur la soupe », de recevoir plus qu'on ne donne, de destabiliser, etc.) Je rappelle que seul le critère humain m'intéresse ici; je ne cherche pas à débattre des points économiques et politiques de ces rencontres. Et je ne crois pas non plus que cette question débouche sur une quelconque et simpliste opposition entre "touriste" et "voyageur". Au contraire, elle concerne tout le monde. Merci!
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